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FRANCOPHONIE
La francophonie est un atout pour la France, car elle crée un lien amical et direct avec de nombreux pays du monde entier, nous ouvre une fenêtre naturelle sur le monde et en même temps attire vers nous tous ceux qui, à travers la langue, sont amenés à aimer la culture française, et finalement la France. C'est un facteur de rayonnement pour notre pays. C'est aussi - ne négligeons pas l'aspect matériel - un moyen d'établir plus facilement des liens économiques. Depuis la fondation de l'Agence de coopération culturelle et technique (ACCT), par Georges Pompidou en 1970, en passant par la tenue du premier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement des pays ayant le français en partage, à Paris en 1986, cette communauté s'est organisée, et a bâti de nombreux programmes multilatéraux de coopération, dont l'esprit vise à déboucher sur une véritable "préférence francophone" pour la circulation des biens et services culturels en son sein, ou même sur une vaste communauté à vocation politico-culturelle très large. Cette ouverture distingue la France de nombreux autres pays européens, et notamment de l'Allemagne. Pourtant, nous laissons trop cet atout s'étioler, pour deux raisons semble-t-il : - le marasme économique dans lequel la France s'enfonce, l'ankylose structurelle et peut-être spirituelle, les difficultés budgétaires tendent à la replier sur elle-même. Tous ces facteurs nuisent à son influence générale (pas de pays fort sans économie prospère !), donc à celle de sa langue. Plus spécifiquement, ils la détournent d'entretenir financièrement comme il le faudrait l'enseignement de la langue française à l'étranger ; - l'obsession européenne de nos diplomates fait négliger la communauté francophone. En particulier, nous nous laissons peu à peu accaparer par une "politique étrangère et de sécurité commune" (PESC) décidée au niveau européen, au sein de laquelle la francophonie ne sera jamais une priorité pour nos partenaires. Ce biais défavorable pour nous deviendrait clairement un handicap majeur si cette PESC venait un jour à être complètement décidée à la majorité. Non seulement l'Union européenne ne se sent aucune motivation à défendre la francophonie, mais pis encore la francophonie recule au sein des institutions européennes. Bien que chacun y ait le droit de s'exprimer et d'être compris dans sa langue maternelle - règle effectivement observée au Parlement européen - dans d'autres institutions, telle la Commission, on s'est replié depuis longtemps sur la pratique de trois "langues de travail" principales : anglais, français et allemand. Toutefois, l'égalité n'est même plus respectée entre ces trois langues, et elle risque de l'être encore moins avec l'élargissement : les nouveaux pays membres ont tendance à privilégier l'anglais, malgré les liens de certains avec l'Allemagne. Le français résiste même mieux que l'allemand à la pression, en raison sans doute de la localisation principale des institutions européennes à Bruxelles et Strasbourg, villes francophones. Néanmoins, nous devons agir, afin de ne pas laisser planer le doute, dans la communauté francophone, sur notre volonté de défendre notre identité.
1. Investir davantage sur le "cercle de coopération" francophone, qui nous fournit une heureuse diversification par rapport au cercle de coopération européen, trop centré sur une étouffante uniformisation. 2. Sur la scène mondiale, défendre le plurilinguisme et la diversité culturelle ; militer pour une "Convention mondiale sur la diversité culturelle" (idée lancée par nos amis québécois) permettant à chaque pays de faire passer la défense de sa langue et de son identité avant l'application des accords commerciaux internationaux, quels qu'ils soient (voir aussi à ce sujet la fiche 17 "Mondialisation"). 3. Défendre aussi le multilinguisme en général, et le français en particulier, au sein des institutions européennes ; dans ce but : - demander l'inscription dans le traité sur l'Union
des principes suivants : - lancer une politique favorisant l'apprentissage du français (cours gratuit, voyages en France...) par les fonctionnaires européens (le gouvernement français vient d'esquisser une action en ce sens) ; - par nos votes au Conseil, refuser systématiquement toute collaboration ou tout financement à des services ou organismes ne respectant pas les règles linguistiques de l'Union. 4. Maintenir au niveau européen une politique étrangère décidée à l'unanimité, impliquant donc la "géométrie variable" des pays participant aux différentes actions ; conserver ainsi notre liberté d'action pour défendre nos intérêts propres, en particulier la francophonie. 5. Refuser le nouvel article III-216 du projet de Constitution européenne qui, malgré des apparences lénifiantes, porte en réalité atteinte à la souveraineté nationale en matière de langues, à travers la négociation d'accords intgernationaux dans les domaines des services culturels et audiovisuels (voir détails à la fiche 19 "Politique commerciale commune". 6. Lors de la prochaine révision constitutionnelle
française, reprendre la proposition d'article additionnel qui a
été abandonnée en janvier 1999 pour ne pas retarder
la ratification du traité d'Amsterdam. Cet article serait ainsi
rédigé :
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