Alexandre Varaut
Avocat des "sans défense"

Article paru dans Famille Chrétienne n° 1338 du 6 au 12 septembre 2003

"Vous voulez un exemple d'handiphobie ? A la rentrée scolaire 2001, mille postes supplémentaires d'auxiliaires d'intégration scolaire pour les enfants handicapés étaient imposés par la loi, les crédits existaient, les personnels étaient disponibles, et mon fils François, 3 ans, s'est vu refuser le droit d'en obtenir une pour la première rentrée de sa vie, quand il en avait le plus besoin." Alexandre Varaut est monté au créneau ; il a découvert qu'on n'avait retenu, arbitrairement, que les demandes pour handicap physique (c'est bien moins dérangeant !) ; il a menacé d'un scandale... et le dossier de son fils, trisomique, a été accepté.

Mais ce n'est pas seulement pour François que se bat son papa. Alexandre Varaut est certain que cette discrimination a encore de tristes jours devant elle, et il dénonce, avec sa flamme d'avocat, un "véritable système d'exclusion" et même un "eugénisme à la française" vis-à-vis des personnes atteintes d'un handicap. "Car nous sommes dans une société où règne le principe de domination des faibles par les forts." Comme il a, lui, les épaules solides, le bagage intellectuel, la "tchatche" soutenue et le tempérament puissant - mais aussi les valeurs morales, soutenues par la Foi et l'Espérance -, pour ramer à contre-courant, il a choisi de lancer toutes ses forces dans la défense des plus faibles.

Déjà très investi dans le Collectif contre l'handiphobie, il vient de succéder au Dr Xavier Mirabel à la présidence de ce "commando médiatico-politico-juridique" : les "trotskistes du handicap", spécialisés dans "l'agit'propre" (sic) ainsi qu'il le brosse lui-même. Ce Collectif pouvait déjà se féliciter d'avoir atteint l'objectif de sa création en obtenant le vote de la loi du 4 mars 2002 mettant terme à la tristement fameuse jurisprudence Perruche (qui introduisait une sorte de droit à ne pas naître).

En cette rentrée scolaire, il s'attaque à la grave carence éducative que représente l'absence de scolarisation de 30 % des enfants handicapés mentaux. "Nous sommes prêts à nous déplacer au fin fond de la France et à mettre tout en oeuvre pour que tel petit élève handicapé soit admis - et bien intégré - dans l'école qui le refuse, à réunir les parents, à organiser une conférence de presse, éventuellement intenter une action en justice..." Mais pour agir, le "commando" a besoin de sentinelles sur le terrain - donc de nous tous. "Prévenez-nous le plus tôt possible des problèmes de cet ordre, et mobilisez votre entourage", appelle Alexandre Varaut.

Et comme son cabinet d'avocat, son engagement de député français au Parlement européen (élu à 32 ans, en 1999, il y reste le plus jeune), et ses cinq enfants qu'il met son point d'honneur à accompagner lui-même tous les matins à l'école, lui laissent encore un peu d'énergie, il se soucie aussi, avec le Collectif, de se pencher sur le sort des personnes handicapées adultes de plus de 50 ans. Et affûte déjà ses armes pour lutter contre un autre scandale : près de cent millions d'euros sont dépensés en France chaque année pour le dépistage de la trisomie 21 (quatre-vingt-cinq mille caryotypes foetaux effectués, pour mille cas de trisomie décelés) au seul but de pouvoir en éliminer le plus possible avant la naissance. Mais pas un euro de crédits publics n'est affecté à la recherche contre cette maladie génétique, qui concerne pourtant cinquante mille personnes, alors que son découvreur, le Pr Jérôme Lejeune, disait déjà, quant à une thérapie : "Il est impossible que nous ne trouvions pas. C'est un effort intellectuel beaucoup moins important que d'envoyer un homme sur la Lune".

 

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