LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Décembre 2002


Préparation du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)

Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 4 décembre 2002

Statut des députés
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 4 décembre 2002

Secteur de la pêche
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 4 décembre 2002

Contribution de la Commission européenne aux travaux de la Convention européenne
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 5 décembre 2002

Programme de travail 2003 de la Commission
Explication de vote
par Georges Berthu, le 5 décembre 2002

Typologie des actes et hiérarchie des normes dans l'Union européenne
Intervention sur le rapport Bourlanges
par Georges Berthu, le 16 décembre 2002

Fièvre aphteuse : leçons à tirer et mesures à prendre
Intervention sur le rapport Kreissl-Dörfler
par Dominique Souchet, le 17 décembre 2002

Typologie des actes et hiérarchie des normes dans l'Union européenne
Explication de vote sur le rapport Bourlanges
Par Georges Berthu, le 17 décembre 2002

Fièvre aphteuse : leçons à tirer et mesures à prendre
Explication de vote sur le rapport Kreissl-Dörfler
par Dominique Souchet, le 17 décembre 2002

Réunion du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 18 décembre 2002

Sécurité maritime et mesures pour pallier les effets de la catastrophe occasionnés par le pétrolier Prestige
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 18 décembre 2002

Politique d'immigration et d'asile
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 18 décembre 2002

Services d'intérêt général en Europe
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 19 décembre 2002

Budget 2003 (modifié par le Conseil)
Explication de vote sur le rapport Göran Färm
par Elizabeth Montfort, le 19 décembre 2002

Accord CE/Chine sur la réadmission des personnes en séjour irrégulier
Explication de vote sur le rapport Watson
par Georges Berthu, le 19 décembre 2002

Réunion du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 19 décembre 2002

Réunion du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)
Explication de vote
par Dominique Souchet, le 19 décembre 2002

Sécurité maritime et mesures pour pallier les effets de la catastrophe occasionnés par le pétrolier Prestige
Explication de vote
par Dominique Souchet, le 19 décembre 2002


Préparation du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)

Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 4 décembre 2002

Monsieur le Président, le Conseil de Copenhague qui se réunit la semaine prochaine aura une première grande mission : conclure les négociations d'adhésion avec dix pays candidats.

Il faudra vaincre quelques difficultés financières de dernière minute, mais nous avons bon espoir et nous nous réjouissons notamment que la France se montre disposée à examiner favorablement les dernières propositions de la présidence danoise. Elles représentent certes quelques dépenses supplémentaires, mais l'enjeu en vaut la peine et il ne faut pas oublier que le Conseil de Bruxelles, en octobre dernier, avait retiré un montant à peu près équivalent de l'aide structurelle aux nouveaux membres. Tout devrait donc finalement s'équilibrer.

Le deuxième grand sujet à l'ordre du jour de Copenhague sera la candidature de la Turquie. Nous partageons le sentiment de Valéry Giscard d'Estaing pour qui, dans l'état actuel des choses, l'adhésion de la Turquie signifierait la fin de l'Union européenne. Nous l'avions déjà exprimé d'ailleurs à plusieurs reprises dans cet hémicycle. Le Conseil d'Helsinki, en 1999, a commis une lourde erreur, hélas non pas corrigée, mais confirmée depuis. Cette erreur de la part de l' Union montre la méconnaissance de ce qu'elle est et l'ignorance de ce qu'elle veut.

Vous, Monsieur le Président du Parlement européen, vous avez laissé entendre que Valéry Giscard d'Estaing, en prenant cette position, serait sorti de son rôle. Je ne le crois pas, car, précisément, comment la Convention pourrait-elle élaborer des propositions sur l'avenir de l'Union, sur ses institutions, sur ses politiques, si elle n'a pas répondu d'abord aux questions : qu'est-ce qui nous rassemble ? Quel est notre modèle pour l'Union à échéance de cinquante ans ? Où doivent s'arrêter nos frontières ? Valéry Giscard d'Estaing est donc exactement dans son travail lorsqu'il soulève indirectement ces questions. En fait, à notre avis, Monsieur le Président, la Convention, sous l'influence de je ne sais qui, s'est lancée trop vite dans la préparation de propositions techniques sans avoir répondu d'abord aux questions politiques fondamentales qui les commandent. Il faut rapidement redresser la barre dans l'intérêt même de l'Europe.


Statut des députés
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 4 décembre 2002

Monsieur le Président, le serpent de mer du statut des députés européens revient une fois de plus devant cet hémicycle sans que l'on voie très bien quelle sera l'issue de la discussion avec le Conseil. À notre avis, si les négociations piétinent, c'est fondamentalement, au-delà des détails techniques, parce que le Parlement européen veut obtenir pour ses membres un statut purement européen avec rémunération sur le budget communautaire, alors même que cet objectif est contraire à l'esprit et à la lettre des traités. Les articles 189 et 190 précisent bien en effet que les députés ici présents sont représentants, pour chacun, du peuple qui les a élus.

C'est pourquoi nous avons présenté depuis longtemps une proposition qui, nous persistons à le penser, représenterait un bon compromis. Elle comprend trois parties. Premièrement, les députés européens devraient continuer de percevoir comme aujourd'hui leur rémunération principale de leur État d'élection avec imposition de la fiscalité nationale. Il serait en effet extravagant – et je pèse mes mots – à nos yeux que le représentant d'un pays puisse être rémunéré autrement que par son propre pays et qu'il puisse, pour ce qui est de sa rémunération principale, ne pas être imposé comme ses concitoyens. Deuxièmement, les frais de déplacement et autres devraient être remboursés selon leur montant réel, dans la limite évidemment d'un plafond raisonnable. Enfin, le cas échéant, à titre complémentaire, on pourrait identifier une indemnité limitée versée par le Parlement européen par jour de présence. Elle constituerait un revenu – mais cette fois un revenu clair et transparent – qui pourrait subir l'impôt communautaire. Il nous semble depuis longtemps que cette proposition offre un bon compromis entre plusieurs objectifs. Elle est rationnelle, elle est compréhensible, elle est transparente. Et enfin, pour nous, elle permet de préserver un principe essentiel : le rattachement statutaire et financier de chaque député au peuple qui l'a élu.


Secteur de la pêche
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 4 décembre 2002

Monsieur le Président, le rapport Souchet, que nous avons adopté récemment à une majorité très large, s'est déjà prononcé fermement pour le maintien des aides publiques à la modernisation de la flotte de pêche. Le rapport Varela va dans le même sens et nous nous en félicitons. Le Parlement européen doit en effet confirmer son attachement au maintien de ces aides et ne pas cautionner les propositions de la Commission qui voudrait les supprimer sous prétexte de
préserver l' environnement marin. Les aides à la modernisation sont encore nécessaires. Ce ne sont pas elles qui sont un facteur de surpêche. Au contraire. C'est avec des navires modernes et convenablement équipés, pratiquant une pêche sélective et contrôlée, que l'on participera à une gestion durable des ressources et à la lutte contre la fraude. Ce ne sont pas elles, ces aides, qui sont un facteur de surcapacité. Elles contribuent à améliorer les conditions de travail , d' hygiène et de sécurité à bord. Elles participent à la conservation et à la qualité des produits de la pêche. Elles ont donc une fonction indispensable.

Plus largement, ayant entendu tout à l'heure l'exposé de politique générale de M. Fischler, nous voulons souligner avec lui qu'une bonne gestion de la ressource est évidemment nécessaire, mais avec objectivité, transparence, association des professionnels et avec des réductions ou des augmentations de quotas, selon les évolutions des stocks.

Dernière remarque: si l'on encadre la pêche plus sévèrement, la demande des consommateurs diminuera-t-elle ou au contraire les importations venant de pays tiers ne vont-elles pas s'aggraver encore? Pour le profit de qui? Comment éviter cet effet pervers? Nous voudrions avoir des réponses à toutes ces questions.


Contribution de la Commission européenne aux travaux de la Convention européenne
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 5 décembre 2002

Monsieur le Président, le projet de réforme institutionnelle que la Commission présente aujourd'hui à la Convention et au Parlement, et que les journalistes ont déjà en leur possession depuis deux jours au moins dans sa substance, contient une innovation apparente: la responsabilité de la Commission devant le Conseil. Cependant, cette "innovation" sert de prétexte dans tous les domaines à l'augmentation des pouvoirs du Collège considéré a priori comme
seul détenteur de l'intérêt général européen. Or, c'est là une idée biaisée.

Prenons le cas du monopole d'initiative que la Commission propose de consolider et d'étendre à l'ensemble de ce qu'elle appelle le domaine législatif. Pourquoi faudrait-il que vingt commissaires connaissent mieux l'intérêt général européen que l'ensemble des gouvernements réunis au Conseil ? Certes, on nous dit que chaque gouvernement défend son intérêt national, mais leur débat, précisément, permet d'aller au-delà. Il en va de même sur le marché: chaque consommateur défend son intérêt égoïste, mais néanmoins l'ensemble de leurs transactions donne des prix qui fournissent la meilleure orientation générale. La Commission, avec son monopole d'initiative, se trouve donc dans la position d'un planificateur qui prétendrait connaître les prix mieux que le marché. Dans un monde d'ouverture, de liberté et de démocratie, c'est inacceptable.

Ce monopole d'initiative, consolidé par l'exigence d'unanimité au Conseil pour repousser les propositions de la Commission et par l'extension de la majorité pour les accepter, fausse toute la prise de décision européenne et contribue sans aucun doute au décalage ressenti entre l'Union et les citoyens. Il faut, à notre avis, le réformer en prenant une vue globale des institutions. Soit on ouvre ce monopole d'initiative à d'autres intervenants comme le Parlement européen et les parlements nationaux, qui possèdent une légitimité démocratique indéniable, soit on le maintient, mais alors, en contrepartie, on officialise un droit de veto pour chaque parlement national. En tout cas, il semblait qu'à la Convention, ces derniers temps, le débat sur le monopole d'initiative de la Commission était clos avant même d'avoir été ouvert. Espérons, Monsieur le Président, que ce nouveau document de la Commission aura pour effet non prévu de le rouvrir.


Programme de travail 2003 de la Commission
Explication de vote
par Georges Berthu, le 5 décembre 2002

Nous avons voté contre la résolution du Parlement européen relative au programme de travail 2003 de la Commission, d'abord parce qu'elle approuve ce programme que j'ai déjà critiqué dans mon intervention du 20 novembre dernier, et aussi parce qu'elle ajoute d'autres propositions que nous n'approuvons pas, comme la demande d'un statut et d'un financement pour les soi-disant partis politiques européens.

Dans mon intervention du 20 novembre, j'avais notamment mis en cause les dispositions du programme de travail relatives à l'immigration, qui ne me paraissent pas à la hauteur du problème. Le Président de la Commission avait aggravé son cas en répondant aux orateurs en fin de débat. Il s'était lancé en effet dans un éloge dithyrambique de l'immigration, dans lequel il avait notamment déclaré: "l'intégration complète est un grand objectif d'une société ouverte, dans le respect absolu de toutes les cultures, afin d'obtenir des sociétés non conflictuelles...". On peut lui faire remarquer que le "respect absolu" de toutes les cultures ne conduit pas à "l'intégration complète", mais à la société multiculturelle. Et que la société multiculturelle est en réalité une société multiconflictuelle.


Typologie des actes et hiérarchie des normes dans l'Union européenne
Intervention sur le rapport Bourlanges
par Georges Berthu, le 16 décembre 2002

Monsieur le Président, le rapport Bourlanges est à la fois brillant et technique, deux qualités qu'il est normalement quasiment impossible de réunir dans un seul texte. C'est donc là un premier exploit dont il faut féliciter le rapporteur. Monsieur Bourlanges réussit ensuite un second exploit - mais là, je l'en félicite moins - qui consiste à séduire sans dire l'essentiel de ses intentions. Car, finalement, ce rapport repose tout entier sur un présupposé implicite, celui d'une Europe pyramidale où les nations occupent la partie inférieure, cette même Europe pyramidale qui est condamnée si vigoureusement par le rapport Napolitano lorsque le modèle risque d'en être appliqué aux régions et aux pouvoirs locaux.

Le sommet de la pyramide est occupé par une constitution européenne dont le rapport, avec habileté, ne dit pas directement qu'elle subordonne les nations. Au contraire, il précise même au paragraphe 4 qu'il s'agirait d'un acte de droit
international signé par les États membres. Mais cette phrase ne dit pas l'essentiel : les États consentiraient ainsi à un abandon fondamental de souveraineté, puisque la constitution européenne dominerait les constitutions nationales et que, par exemple, elle imposerait des décisions prises à la majorité pour tous les actes dits législatifs.

Or, cette évolution souhaitée par le rapport pose un problème essentiel. Que se passe-t-il lorsqu'une décision prise à la majorité au niveau européen contredit une constitution nationale ou un principe fondamental auquel un peuple tient particulièrement ? Le rapport ne dit rien à ce sujet, parce que, s'il disait quelque chose, il serait obligé de reconnaître qu'il propose ici un abandon de souveraineté sans aucun filet de sécurité.

Ce modèle d'Europe est pour nous inacceptable ; et d'ailleurs, dans une Europe élargie toujours plus hétérogène, il ne pourrait pas fonctionner, tout simplement. Dans une telle Europe, l'extension des décisions à la majorité ne pourrait fonctionner que si, en contrepartie, était clairement reconnu un droit de veto des parlements nationaux, comme je l'expose dans l'opinion minoritaire que j'ai fait annexer au rapport Bourlanges.

Plus largement, ce rapport prend prétexte de simplifications pour faire passer des propositions d'unification supranationale. C'est aussi la méthode bien rodée au sein de la Convention, qui nous explique à tout moment que l'unification des traités, c'est plus simple, la personnalité juridique unique, c'est plus simple, la fusion des piliers, c'est plus simple, la généralisation de la codécision, c'est plus simple, la suppression de l'unanimité, y compris pour la révision des traités, c'est plus simple. On pourrait tout résumer en un slogan, unique lui aussi : le super-État, c'est plus simple.

Et effectivement, cette solution paraît plus simple, mais il ne faut pas occulter non plus son inconvénient majeur : elle évacue largement la démocratie. Certes, le rapport Bourlanges affirme, au paragraphe 1, fonder ses propositions sur un principe de "démocratisation". Mais, à lire la description qu'il en fait, on voit qu'il s'agit de ce que le Président Prodi appelle par ailleurs, dans ses discours et dans son projet de constitution, la démocratie supranationale. En un mot, il s'agit d'enlever des pouvoirs aux parlements nationaux pour les donner au Parlement européen, ce qui constitue le coeur de la procédure de codécision avec majorité au Conseil. Or, malheureusement, Monsieur le Président, cette démocratie supranationale apparaît largement artificielle, car les peuples accordent aujourd'hui la légitimité principale à leur démocratie nationale. Elle se résume donc à un tour de passe-passe qui permet d'éloigner le pouvoir des peuples pour mieux le capter.

Finalement, au rapport Bourlanges comme à la Convention, nous répondons qu'il n'est pas acceptable de mettre en avant des considérations techniques de
simplification pour escamoter le débat sur les questions politiques essentielles. Et la question politique essentielle est aujourd'hui celle-ci : les peuples demandent effectivement une Europe plus proche, mais on ne rendra pas l'Europe plus proche en simplifiant quelque peu des procédures par nature éloignées des nations et qui les privent de leurs pouvoirs. On rendra l'Europe plus proche tout simplement en donnant aux parlements nationaux le droit d'intervenir directement dans la procédure de décision européenne. Tout le reste n'est que détails.


Fièvre aphteuse : leçons à tirer et mesures à prendre
Intervention sur le rapport Kreissl-Dörfler
par Dominique Souchet, le 17 décembre 2002

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, il était indispensable de tirer les leçons de l'épizootie de fièvre aphteuse qui s'est déclarée en 2001 en Grande-Bretagne, parce qu'elle a pris dans ce pays une ampleur sans précédent, par suite, notamment, de négligences - aussi bien du gouvernement britannique que de la Commission - en matière de planification d'urgence ; parce qu'elle a gravement menacé d'autres pays européens ; parce qu'enfin elle nous a rappelé combien cette maladie est effrayante par sa soudaineté, par sa vitesse de propagation et par les pertes économiques et les drames psychologiques qu'elle entraîne.

Notre commission a fait globalement du bon travail. Le rapport Kreissl-Dörfler souligne notamment, et c'est essentiel, que le gigantisme et la spécialisation des troupeaux, la concentration des élevages dans certaines régions, la disparition des abattoirs de proximité, le développement vertigineux des transports d'animaux vivants sont des facteurs qui, en l'absence de vaccination prophylactique, facilitent la propagation d'une épidémie comme des broussailles sèches un incendie. Lorsque nous aurons à examiner les futures orientations concernant la politique agricole, nous devrons nous en souvenir, afin de veiller à favoriser une agriculture harmonieusement répartie sur l'ensemble du territoire et de refuser d'encourager la concentration des élevages comme l'extrême spécialisation des régions. Ainsi, par exemple, il est clair que la suppression des quotas laitiers, que la Commission européenne envisage avec une certaine prédilection, semble-t-il, aurait très rapidement pour conséquence la disparition du troupeau laitier des zones souffrant de handicaps naturels (zones de montagnes, zones humides) et l'accélération de la concentration des élevages en plaine. Veillons donc à maintenir un tissu d'exploitations familiales à taille humaine ; c'est la meilleure prévention possible contre la fièvre aphteuse.

Notre commission temporaire a eu raison de recommander la vaccination d'urgence comme moyen prioritaire de lutte contre l'épidémie, qui permet d'éviter ces abattages massifs qui ont tant choqué, à juste titre, l'opinion publique et tant traumatisé les éleveurs. Alors que des centaines de millions d'hommes souffrent de la faim, il est inadmissible de détruire la viande de millions d'animaux sains, comme cela a été le cas en 2001. Avec la vaccination d'urgence, on créera autour d'un foyer d'épidémie un anneau où les animaux seront vaccinés, animaux qui pourront éventuellement être ensuite abattus et destinés à la consommation sans que l'on soit soumis à la pression de l'urgence. Cependant, sur ce point, je regrette que la Commission n'ait pas été plus audacieuse. Avec les progrès des vaccins - vaccins à plus large spectre, vaccins à plus longue durée d'action, vaccins marqueurs permettant de reconnaître les animaux vaccinés des animaux infectés -, il est maintenant possible de laisser aux États membres la liberté d'autoriser ou même de rendre obligatoire la vaccination prophylactique, c'est-à-dire la vaccination préventive, comme cela se pratiquait avant 1992, là où les risques d'épidémies
sont les plus élevés. Cette possibilité devrait être laissée à l'appréciation des États membres, qui sont le plus à même d'apprécier les conséquences de risques spécifiques pour leurs élevages.

Je regrette aussi que le rapport ne remette pas plus clairement en cause le cadre actuel, défini par l'Office international des épizooties, dont les règles sont manifestement trop rigides, trop contraignantes, trop dogmatiques en ce qui concerne les conditions d'attribution du certificat de zone indemne de fièvre aphteuse. À l'évidence, elles favorisent outrageusement les pays du Nouveau Monde, qui disposent de grands espaces, où l'occupation du territoire est moins dense qu'ici et qui sont donc moins confrontés au risque de propagation d'une épidémie. Ces règles, nous devons absolument les faire évoluer.

Monsieur le Président, nous sommes désormais appelés à vivre en permanence sous la menace de nouvelles épizooties de fièvre aphteuse, car de nouvelles souches apparaissent sans cesse. C'est vrai tout spécialement de l'Europe, qui est environnée de pays où la fièvre aphteuse est endémique. C'est tout particulièrement le cas de la Turquie, qui représente un danger permanent, et aussi du reste du Proche-Orient et du Maghreb. Les foyers endémiques sont également nombreux en Asie et en Amérique latine. La mondialisation des échanges d'animaux vivants ne peut donc que favoriser et accentuer la mondialisation des maladies et des virus. C'est pourquoi la préférence pour les circuits courts, le refus d'une certaine forme aberrante de spécialisation extrême qui multiplie les transports d'animaux sur de grandes distances, la préférence pour le naissage et l'engraissement sur la même exploitation et l'abattage dans la région de production sont autant de comportements dictés par la sagesse, qui constituent la meilleure prévention qui soit contre le développement de nouvelles épizooties. Il faudra nous en souvenir, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, lorsque nous débattrons de la future PAC, si nous ne voulons pas revivre le cauchemar de 2001.


Typologie des actes et hiérarchie des normes dans l'Union européenne
Explication de vote sur le rapport Bourlanges
Par Georges Berthu, le 17 décembre 2002

Dans l'opinion minoritaire annexée au rapport Bourlanges, j'avais notamment dénoncé la proposition du paragraphe 5 tendant à permettre les révisions du traité à la majorité (superqualifiée certes), et non plus à l'unanimité. Il s'agit en effet d'une méthode qui, prolongeant la trajectoire de l'Europe actuelle, achèverait de déconnecter les nations du processus de décision européen.

Un de nos collègues luxembourgeois, M. Jacques Poos, ancien ministre des Affaires étrangères de son pays, et ancien président du Conseil de l'Union européenne, a écrit à Jean-Louis Bourlanges pour le lui dire. Rappelant "qu'aucun État membre n'acceptera qu'une modification de la loi fondamentale lui soit imposée contre son gré", il ajoute: "les citoyens d'un tel État minorisé se détourneront d'une Europe à velléités autoritaires. Au fur et à mesure de plusieurs modifications constitutionnelles successives, un nombre croissant d'États membres pourrait ainsi se voir vassalisé. On peut imaginer le résultat en termes d'adhésion au projet communautaire".

La résolution adoptée contient finalement un passage plus vague sur ce point, mais l'intention reste. De toute façon, l'esprit de cette proposition persiste plus largement dans l'idée du rapport (et de la Convention) de généraliser la codécision avec majorité qualifiée au Conseil, sans le contrepoids d'aucun veto national.


Fièvre aphteuse : leçons à tirer et mesures à prendre
Explication de vote sur le rapport Kreissl-Dörfler
par Dominique Souchet, le 17 décembre 2002

Je suis heureux que le rapport Kreissl-Dörfler ait été adopté à une large majorité, y compris l'important volet consacré à la nécessité de renforcer fortement les contrôles des importations d'animaux et de produits animaux en provenance des pays sensibles et des pays limitrophes, qui sont à l'origine de l'épizootie qui a frappé l'Europe en 2001.

Cependant aucun contrôle sur les produits importés ne pourra jamais être aussi exhaustif, aussi précis, aussi rigoureux que ceux que les États membres et les organisations professionnelles appliquent eux-mêmes. Jamais les contrôles sur les importations ne donneront la même garantie de sécurité que le contrôle continu et la traçabilité qui se pratiquent sur les productions nationales, sur les productions localisées en Europe.

C'est un encouragement supplémentaire pour appliquer effectivement la préférence communautaire et garder le maximum de production agricole sur le territoire de l'Union européenne.

La préférence communautaire, inscrite au cœur de nos Traités, doit être demain le moyen privilégié de satisfaire les nouvelles exigences des consommateurs européens en matière de sécurité alimentaire. Raison de plus pour la défendre énergiquement à l'OMC et pour faire reconnaître le droit que nous avons de faire supporter aux produits d'importation le coût des contrôles que nous sommes amenés à leur appliquer.


Réunion du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 18 décembre 2002

Monsieur le Président, avec la décision de faire entrer dans l'Union dix nouveaux membres, le Conseil de Copenhague a ouvert une nouvelle époque, celle de l'Europe réunifiée. Et avec la décision programmée de faire entrer la Turquie, il a aussitôt décidé de mettre fin à cette époque et peut-être à l'Union elle-même.

À Copenhague, en effet, a été mis en place un engrenage qui, accompagné du doublement immédiat de l'aide financière à la Turquie, pourrait conduire à des négociations d'adhésion avec ce pays dès le début de l'année 2005. Pour le justifier on se cache hypocritement derrière une promesse datant de 1963 qui en réalité n'existe pas. Car ce qui était envisagé en 1963, ce n'est pas l'adhésion de la Turquie à l'Europe de l'Acte unique, à l'Europe de Maastricht, à l'Europe d'Amsterdam, à l'Europe de Nice. Ces Europe n'existaient pas alors, ce qui a été envisagé c'est seulement sa participation à l'Europe du marché commun.

Les peuples d'Europe qui ne veulent pas de l'adhésion turque ont été trompés par le Conseil de Copenhague. Le rendez-vous de décembre 2004 a été fixé avec le cynisme habituel pour enjamber l'année électorale 2004. Cela n'empêchera probablement pas les citoyens d'ouvrir eux-mêmes le débat à cette occasion.


Sécurité maritime et mesures pour pallier les effets de la catastrophe occasionnés par le pétrolier Prestige
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 18 décembre 2002

Monsieur le Président, la Commission a reconnu la nécessité de prendre des initiatives complémentaires, et par là même implicitement reconnu l'insuffisance des directives qu'elle avait elle-même proposées en 2000, notamment en ce qui concerne le transport du fuel lourd pourtant déjà en cause lors du naufrage de l'Erika et le calendrier d'élimination des navires à simple coque.

La Commission reconnaît par ailleurs à juste titre que deux éléments essentiels pour assurer la sécurité maritime ne sont pas du ressort de l'Union. Il s'agit, d'une part, de la protection des eaux côtières contre les navires en transit constituant une menace pour l'environnement marin, comme c'était le cas du Prestige; en l'occurrence, il est clair que l'article 220 de la partie 12 de la convention de Montego Bay permet aux États côtiers d'exercer des contrôles sévères. C'est ce que la France et l'Espagne, auxquelles se sont joints le Portugal et l'Italie, ont décidé de faire. Le succès dans ce domaine repose sur la volonté politique durable des États concernés.

La seconde question est celle de la responsabilité. L'affaire du Prestige présente la même complexité et la même opacité que celle de l'Erika et tant que la responsabilité de l'affréteur ne sera pas clairement établie, ces circuits ne pourront pas être assainis. En conséquence, ou bien l'OMI se révèle capable de traiter cette question, ou bien les États européens doivent envisager de reprendre leur liberté pour mettre en place leur propre système, comme l'ont fait avec succès les Américains.


Politique d'immigration et d'asile
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 18 décembre 2002

Monsieur le Président, n'ayant qu'une minute de temps de parole, j'irai directement à un sujet de préoccupation majeure: l'accord de réadmission signé par la Commission avec le gouvernement de la Région de Hong-Kong, aujourd'hui partie intégrante de la Chine.

A priori, nous devrions nous réjouir de cette signature du premier accord bilatéral permettant de ramener chez eux des immigrants clandestins, trois ans après la demande initiale du Conseil de Tampere. Mais, en réalité, lorsque nous lisons l'exposé des motifs de l'accord, nous sommes épouvantés d'apprendre que, parallèlement à sa signature, en contrepartie visiblement, les ministres de la justice et des affaires intérieures ont exonéré de l'obligation de visa les titulaires de passeports de Hong-Kong. Les deux décisions parallèles nous paraissent absolument disproportionnées. Combien de ressortissants chinois peuvent entrer chez nous grâce à l'exemption de visa pour y rester illégalement, et combien peuvent être ramenés à Hong-Kong - à nos frais d'ailleurs - grâce à l'accord de réadmission? Cet accord global nous paraît donc extrêmement défavorable. Comment de telles concessions ont-elles pu être négociées? On aimerait bien le savoir. En tout cas, c'est inadmissible.

Nouvelle question de Georges Berthu : Monsieur le Président, j'avais posé une question précise au Conseil et à la Commission. À cette question, il ne m'a pas été apporté de réponse. La question était: comment a-t-on pu signer en même temps, d'un côté l'exonération de visas pour les ressortissants de Hong-Kong et, d'autre part, un accord de réadmission sachant que, je le crains, l'exonération de visas nous amène beaucoup plus de clandestins que l'accord de réadmission ne pourra jamais en ramener dans leur pays? Puis-je avoir une réponse précise à cette question?

Réponse du Commissaire Vitorino : Très brièvement, Monsieur Berthu, la signature n'a pas été simultanée du tout. La décision sur la liste des visas a été prise il y a deux ans. La décision relative à l'accord de réadmission vient d'être signée aujourd'hui.

En plus, les statistiques indiquent que le nombre de clandestins en provenance de Hong Kong est vraiment très mineur dans tous les États membres.


Services d'intérêt général en Europe
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 19 décembre 2002

Monsieur le Président, le Conseil de Nice, en décembre 2000, avait demandé à la Commission de considérer, je cite: "en coopération étroite avec les États membres, les moyens d'assurer une plus grande prévisibilité et une sécurité juridique accrue dans l'application du droit de la concurrence relatif aux services d'intérêt général."

En langage clair, cela signifiait qu'il fallait mettre fin à l'arbitraire découlant des hésitations de la jurisprudence et des tentatives perpétuelles de la Commission d'utiliser ses compétences en matière de concurrence pour empiéter sur la définition et le fonctionnement des services d'intérêt général.

Deux ans plus tard, après un rapport au Conseil de Laeken et une demande du Conseil de Barcelone que soit préparée une directive-cadre, nous en sommes à peu près au même point et la Commission se propose seulement de différer encore toute solution en élaborant un Livre vert pour procéder à une vaste consultation. C'est extrêmement décevant.

La solution est pourtant simple, mais, visiblement, il faudra que les États membres l'imposent. Il faudra dire clairement dans le traité que, premièrement, l'Union reconnaît la libre administration des États et de leurs collectivités, ce qui implique leur droit de définir et d'organiser leurs services publics; deuxièmement, ne sont pas considérés comme des aides d'État les financements destinés à compenser le surcoût lié à l'accomplissement des services d'intérêt général.

Parallèlement, il faut aussi mettre fin à l'arbitraire de la Commission au niveau international. Actuellement, les négociations en cours à l'OMC, relatives à un futur accord général sur le commerce des services-AGCS, risquent fort de déraper et de glisser de la libéralisation des services privés à la remise en cause détournée des services publics. Or ces discussions sont menées par la Commission dans la plus parfaite obscurité, sans mandat démocratique clair sur lequel les parties prenantes se seraient entendues après un débat large et public. Cette situation rappelle étrangement d'ailleurs ce qui se passe en agriculture pour appliquer les soi-disant décisions de Doha qui n'ont été démocratiquement ratifiées par personne.

Sur tous ces points, Monsieur le Président, les États membres réunis au Conseil doivent rapidement reprendre les choses en main.


Budget 2003 (modifié par le Conseil)
Explication de vote sur le rapport Göran Färm
par Elizabeth Montfort, le 19 décembre 2002


Le projet de budget pour 2003 est en soi un bon projet. Pour la première fois, le Parlement européen accomplit un véritable travail de rigueur, soucieux de la situation économique et des contraintes qui pèsent sur les États membres et traite les finances européennes avec une austérité dont on ne peut que se féliciter.

Néanmoins, il n'est pas exempt de quelques dispositions contestables, dont la plus inacceptable concerne l'aide aux populations et aux soins de santé en matière de procréation pour laquelle a été proposée une augmentation de 200%, augmentation qui a été rejetée par le Conseil.

En effet, si l'on rapproche cette ligne budgétaire des objectifs du rapport Sandbaek, qu'elle finance, rien ne nous garantit que l'avortement (sa pratique comme sa promotion) n'est exclu de ce financement. Or, notre Parlement ne permet pas de telles pratiques et a "solennellement" rappelé lors du vote du rapport sur "les sciences du vivant et des biotechnologies", "le respect de la vie et de la dignité de tout être humain quel que soit son stade de développement et son état de santé".

Face à un tel doute et en l'absence d'éclaircissement de la part du Commissaire Nielson, on ne peut voter en faveur cette ligne budgétaire.


Accord CE/Chine sur la réadmission des personnes en séjour irrégulier
Explication de vote sur le rapport Watson
par Georges Berthu, le 19 décembre 2002

J'ai voté contre le rapport Watson, qui approuve l'accord signé entre la Communauté européenne et Hong-Kong relatif à la réadmission des immigrants irréguliers, parce qu'il est accompagné d'une disposition parallèle très dangereuse: l'exemption de visas au profit des ressortissants de Hong-Kong.

La Commission a tenté de me donner au cours du débat des explications qui ne sont pas convaincantes:

1) Elle prétend que les deux décisions ne sont pas liées parce que non concomitantes. Il est vrai qu'un an les sépare, mais elles sont tout à fait liées logiquement. D'ailleurs elles sont présentées comme telles au début de l'exposé des motifs de l'accord.

2) Elle déclare que le nombre de clandestins provenant de Hong-Kong serait tout à fait minime. Même si c'était vrai (je ne le crois pas), cette décision d'exemption serait quand même irresponsable, compte tenu de la situation particulière de Hong-Kong, aujourd'hui Région administrative spéciale de la Chine.

Pour couronner le tout, on apprend que l'approbation finale aurait été donnée début décembre par un conseil des ministres "agriculture".

Voilà où nous allons si nous continuons à abandonner nos pouvoirs de négociation et de ratification nationaux au profit d'un système éloigné des peuples et incontrôlable.


Réunion du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 19 décembre 2002

Nous avons voté contre la résolution relative aux résultats du Conseil européen de Copenhague, car elle profite de ce que la plupart des députés approuvent évidemment l'entrée dans l'Union de dix candidats de l'Est, pour chercher à glisser des paragraphes qui approuvent en même temps le processus d'adhésion de la Turquie.

Ces paragraphes se félicitent notamment du doublement de l'aide financière à ce pays, dans le cadre d'une stratégie qui, selon les conclusions de Copenhague, n'est même plus de "pré-adhésion", mais "d'adhésion". Ils se félicitent aussi que "la procédure normale ait été confirmée à Copenhague pour la demande d'adhésion de la Turquie". En réalité, l'article 49 du traité sur l'Union européenne est inapplicable en l'espèce: il prévoit en effet la procédure d'adhésion pour des États "européens". Les autres cas ne sont pas prévus. Il aurait fallu à notre sens ouvrir d'abord une réflexion d'ensemble sur les finalités et les limites de l'Union européenne, qui aurait pu se tenir au sein de la Convention.

Enfin, la résolution se félicite de "l'accord global dégagé avec l'OTAN" en oubliant de préciser que l'Union européenne s'est engagée en même temps à associer autant que possible la Turquie à la politique européenne de sécurité et de défense.


Réunion du Conseil européen (Copenhague, 12 et 13 décembre 2002)
Explication de vote
par Dominique Souchet, le 19 décembre 2002

Le Sommet de Copenhague restera dans l'histoire comme celui de l'incohérence. À peine a-t-il posé les bases de la réunification de l'Europe qu'il met en place le processus de sa dénaturation, en étendant abusivement son périmètre à un pays asiatique.

Refusant les évidences de la géographie et de l'histoire, Copenhague, non seulement n'est pas revenu sur le faux pas d'Helsinki, mais a confirmé l'erreur d'aiguillage de 1999 et mis en place un engrenage qui aboutira à faire d'Ankara la puissance dominante de l'Union européenne.

Au lieu de proposer à la Turquie d'occuper la place qui lui revient au sein d'un partenariat euro-méditerranéen étroit, mais respectueux des spécificités de chacun, bref adapté aux réalités géopolitiques, le Conseil européen a préféré l'idéologie de l'indistinction, assaisonnée d'une pointe d'anti-christianisme.

Au lendemain du Sommet de Copenhague, un grand quotidien parisien pouvait titrer : "Bush ouvre à la Turquie la porte de l'Europe". Le Conseil européen a en effet cédé aux pressions américaines. La lettre OTAN-Union européenne consécutive au Sommet en témoigne. Elle indique que la Turquie devra désormais être pleinement associée à la politique extérieure de sécurité et de défense de l'Union. Copenhague a donc mis en place tous les éléments nécessaires pour que l'Europe européenne ne voit jamais le jour.


Sécurité maritime et mesures pour pallier les effets de la catastrophe occasionnés par le pétrolier Prestige
Explication de vote
par Dominique Souchet, le 19 décembre 2002

Le Président des Armateurs de France indique que 20 % de la flotte mondiale ne devraient pas être autorisés à naviguer faute d'entretien et de contrôle. Or, ces navires poubelles bénéficient d'une tolérance coupable de la part de certains affréteurs et de certains États du pavillon, notamment la Turquie, qui vient en tête sur la liste noire.

J'ai parlé hier de la nécessité d'établir clairement la responsabilité des affréteurs pour les inciter à la rigueur.

Mais les marées noires sont aussi le révélateur d'un véritable abandon du rôle souverain des États du pavillon, qui ne veillent pas à ce que leurs navires respectent le droit de la mer.

C'est pourquoi les États victimes de marée noire devraient systématiquement engager la responsabilité internationale de l'État du pavillon concerné devant le Tribunal international du droit de la mer. Ainsi l'Espagne devrait-elle aujourd'hui - et la France demain, sans doute - assigner les Bahamas devant le Tribunal de Hambourg.

Le rétablissement de la responsabilité de l'affréteur et la mise en jeu de celle de l'État du pavillon sont sans doute deux voies parmi les plus prometteuses pour préserver l'environnement marin. Les États les plus exposés devraient les défendre et les utiliser conjointement.


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