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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Octobre II 2002

Pacte de stabilité et de croissance
Déclaration annexée au débat
par Georges Berthu, le 21 octobre 2002

Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Intervention sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 21 octobre 2002

Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Opinion minoritaire sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 7 Octobre 2002

Statut de réfugié pour les ressortissants des pays tiers et les apatrides
Intervention sur le rapport Lambert
par Georges Berthu, le 21 octobre 2002

Médicaments
Déclaration annexée au débat
par Nicole Thomas-Mauro, le 22 octobre 2002

Statut de réfugié pour les ressortissants des pays tiers et les apatrides
Explication de vote sur le rapport Lambert
par Georges Berthu, le 22 octobre 2002

Conditions de police sanitaire applicables aux mouvements non commerciaux d'animaux de compagnie
Explication de vote sur le rapport Evans
par Thierry de La Perrière, le 22 octobre 2002

Lutte contre le terrorisme
Déclaration annexée au débat
par Dominique Souchet, le 23 octobre 2002

Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Explication de vote sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 23 octobre 2002

Lutte contre le terrorisme
Explication de vote
par Georges Berthu, le 24 octobre 2002

Projet de budget général 2003 (section III)
Explication de vote sur le rapport Färm
par Georges Berthu, le 24 octobre 2002


Pacte de stabilité et de croissance

Déclaration annexée au débat
par Georges Berthu, le 21 octobre 2002

Certains orateurs viennent de critiquer Romano Prodi, qui a déclaré que "le Pacte de stabilité est stupide". Certes, venant du gardien du Pacte, ces propos peuvent surprendre. Mais ce n'est pas un dérapage verbal. Romano Prodi cherche visiblement, par une manoeuvre désespérée, à sauver le Pacte de stabilité aujourd'hui dans une impasse.

En effet, en ajoutant aussitôt que pour avoir un Pacte flexible, il faudrait à Bruxelles une autorité ayant le pouvoir de décider, Romano Prodi montre bien qu'il cherche à rebondir en direction du super-État.

On voit bien le blocage aujourd'hui: d'une part le Pacte de stabilité perd chaque jour de sa pertinence; d'autre part les pays membres n'ont guère envie d'abandonner à Bruxelles leurs compétences économiques et budgétaires, comme le montrent les débats difficiles du groupe de travail "Gouvernance économique" à la Convention. Romano Prodi ne fait donc que chercher à progresser dans le sens qui avait toujours été prévu par les fédéralistes lorsqu'ils ont voulu la mise en place de l'euro.

C'est habile dans l'immédiat. Mais à terme, c'est s'enfoncer dans l'erreur. Le super-État économique ne serait qu'une rigidité de plus après celle du Pacte de stabilité et, osons le dire, après celle de l'euro.


Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Intervention sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 21 octobre 2002

Monsieur le Président, dans la ligne préconisée par le rapport Duff, le commissaire Vitorino vient d'annoncer que le groupe de travail qu'il préside à la Convention tendait à proposer l'intégration de la Charte des droits fondamentaux dans les traités, voire dans une future constitution européenne.

Cette annonce me paraît prématurée car des questions majeures ne sont toujours pas résolues. On nous dit que l'intégration de la Charte dans les traités, qui la rendrait contraignante au niveau européen, ne conférerait aucune compétence nouvelle à l'Union. Mais, ce n'est pas crédible. On nous dit qu'elle ne nécessiterait aucune réécriture du texte arrêté à Nice, mais c'est impossible. Une réécriture serait bel et bien nécessaire sur certains points et elle ouvrirait la boîte de Pandore. On nous dit enfin que cette intégration ne dessaisirait en rien les démocraties nationales, mais c'est un mirage.

En réalité, Monsieur le Président, la Charte risque de s'imposer de manière rigide aux démocraties nationales et cela nous paraît très dangereux; c'est ce que j'expose dans l'opinion minoritaire qui est jointe au rapport Duff.


Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Opinion minoritaire sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 7 Octobre 2002

Le rapport Duff demande principalement que la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne soit incorporée dans les traités, et qu'elle devienne ainsi d'application obligatoire.

Au Conseil de Nice, en décembre 2000, devant les multiples difficultés et les effets pervers d'une éventuelle "légalisation" de la Charte, les chefs d'Etat et de gouvernement avaient décidé de conserver à ce document, pour le moment, le statut d'une simple référence politique. Or les objections alors émises sont toujours valables aujourd'hui. Nous pensons donc que le statut non obligatoire doit être conservé.

En effet, l'incorporation de la Charte dans les traités reviendrait à imposer une définition unique des droits fondamentaux dans toute l'Union, en théorie pour les seules activités européennes, mais en réalité pour tout. La Charte actuelle le cache si peu, d'ailleurs, qu'elle traite directement de nombreuses compétences nationales.

Cette réforme élèverait au niveau de l'Union la compétence "droits fondamentaux", inhérente jusqu'ici aux Constitutions nationales, et associée très étroitement à l'histoire et à la culture de chaque peuple. En élevant cette compétence, elle rendrait les définitions uniformes et rigides ; elle les éloignerait des peuples ; elle donnerait un pouvoir immense à la Cour de Justice, au détriment des démocraties nationales.

Il nous semble que c'est le principe même d'une Charte uniforme qui est inadapté à la réalité d'une zone où coexistent des peuples distincts. Une telle Charte correspond bien aux idées de Constitution, de centralisation, d'Etat européens, mais pas du tout à une Europe où coopèrent librement des peuples souverains.


Statut de réfugié pour les ressortissants des pays tiers et les apatrides
Intervention sur le rapport Lambert
par Georges Berthu, le 21 octobre 2002

Monsieur le Président, la proposition de directive présentée par la Commission pour définir les conditions d'octroi du statut de réfugié ne correspond ni à l'état du monde, ni aux besoins actuels de l'Europe.

En effet, ce texte n'a de cesse d'élargir la définition des réfugiés qui a été donnée par la Convention de Genève. Par exemple, le persécuteur ne devrait plus être seulement un État, il pourrait être aussi une organisation non étatique. Autre exemple, les causes possibles de persécution ont été rédigées de manière large et ouverte, comme le reconnaît l'exposé des motifs lui-même, qui explique, par exemple, que la persécution, en raison de l'appartenance à un groupe social, peut s'appliquer aussi à l'appartenance à un sexe ou à une orientation sexuelle.

Mais ce n'est pas tout. La proposition de directive crée carrément une nouvelle catégorie: la protection subsidiaire, qui vient s'ajouter au statut de réfugié prévu par la Convention de Genève.

Alors, Monsieur le Président, je crois qu'il faut arrêter. Le monde est traversé de crises multiples et souvent tragiques que nous avons le devoir d'essayer d'apaiser. Mais les pays de l'Union européenne ne peuvent plus accueillir davantage de réfugiés. Combien, d'ailleurs? On ne sait pas. Le texte ne présente aucune évaluation. Quelle sera la charge financière pour les contribuables? Mystère. On ne sait pas. Aucune évaluation n'est proposée, non plus.

Il est tout de même curieux qu'au moment où les États membres cherchent à juguler les demandes d'asile infondées - qui sont devenues la première source d'immigration illégale - la Commission cherche, de son côté, à ouvrir les vannes. Cela n'est pas responsable. Nous pensons, pour notre part, que notre mission principale consiste à protéger nos peuples.

Dans ces conditions, la communautarisation de la politique d'immigration au moment d'Amsterdam, avec monopole d'initiative à la Commission après 2004, apparaît comme une lourde erreur. Si les États membres ne veulent pas la payer très cher, il faut qu'ils trouvent le moyen de réviser cette situation à la faveur de la prochaine conférence intergouvernementale.


Médicaments
Déclaration annexée au débat
par Nicole Thomas-Mauro, le 22 octobre 2002

C'est un fait, la politique du médicament se décide désormais au niveau européen. Il s'agit d'accompagner cette évolution sans remettre en cause le fonctionnement des systèmes nationaux de santé et tout en respectant l'impératif de sécurité maximale.

Concernant les médicaments à usage humain, l'amendement 71, dont je suis l'auteur, s'inscrit dans cette démarche. Il vise à tirer les leçons de la dramatique "affaire Bayer" au moment même où les problèmes posés par la molécule ceristatine sont relancés aux États-Unis.

Il s'agit de réfléchir à la nécessité de standardiser les procédures s'appliquant aux essais cliniques et pré-cliniques. Si la traçabilité de la procédure de mise sur le marché est mieux assurée, la sécurité des patients européens y gagnera en fiabilité.

Une application crédible de la procédure centralisée de mise sur le marché des médicaments ne peut se passer d'une telle démarche.

Cependant, je suis opposée à une disparition pure et simple de la procédure décentralisée au profit exclusif de l'autorisation centralisée de mise sur le marché. Le choix entre ces deux mécanismes doit être maintenu afin que l'Agence européenne ne mette pas fin aux prérogatives de nos agences nationales.


Statut de réfugié pour les ressortissants des pays tiers et les apatrides

Explication de vote sur le rapport Lambert
par Georges Berthu, le 22 octobre 2002

Le Parlement européen vient d'approuver assez largement le rapport Lambert qui approuve et amplifie la très mauvaise proposition de la Commission sur les réfugiés. Nous nous y sommes opposés, ainsi que l'essentiel de la droite.

Ce vote, qui heureusement n'est que consultatif en l'état des textes actuels, risque néanmoins d'affaiblir politiquement la position du Conseil qui, depuis quelques temps essaie de résister au déferlement des propositions laxistes de la Commission.

À l'issue du débat d'hier, le commissaire Vitorino, sans contester l'ensemble de mes arguments à ce sujet, s'est borné à déclarer que la Commission ne proposait pas de créer de toutes pièces le système de la protection subsidiaire.
Effectivement, une protection complémentaire, qui s'ajoute à celle de la Convention de Genève, existe déjà dans certains pays, par exemple en France "l'asile territorial". Mais il s'agit d'extensions de faible portée. Ce que je reproche à la Commission, c'est d'introduire ce système au niveau du droit communautaire, et qui plus est de mettre en place toutes les conditions pour qu'il soit élargi.

La Commission, une fois de plus, joue un rôle destructeur, qui devrait nous amener à une réflexion générale sur l'articulation des institutions européennes.


Conditions de police sanitaire applicables aux mouvements non commerciaux d'animaux de compagnie
Explication de vote sur le rapport Evans
par Thierry de La Perrière, le 22 octobre 2002

En avance sur leur époque, nos chiens et nos chats pourront circuler librement sur le territoire de l'Union, à condition d'être munis d'une puce électronique. Dans 8 ans, le tatouage deviendra hors-la-loi et nos hamsters et cochons d'Inde seront les bienvenus dans tous les États membres, en attente d'une ligne budgétaire pour animaux demandeurs d'asile? On se le demande....

La grande question demeure: dans quelle catégorie classer le furet? Le suspens est insoutenable. On en oublierait le moratoire sur les OGM ou la menace de guerre en Irak! Car voilà certainement un rapport crucial pour la construction européenne au lendemain du "oui" irlandais et à la veille de l'élargissement.

On peut certes ironiser mais, comme toujours dans ce type de texte quelque peu folklorique, des enjeux sérieux apparaissent en filigrane. Il s'agit ici de décider de la période de quarantaine concernant la rage. Derrière la fable de La Fontaine se retrouve la tentation de la Commission de faire le bonheur sanitaire des États membres malgré eux, en les empêchant de protéger leurs citoyens comme ils l'entendent.


Lutte contre le terrorisme
Déclaration annexée au débat
par Dominique Souchet, le 23 octobre 2002

Les attentats islamistes récents (Bali, Yemen, Koweït) confirment que la communauté des États doit désormais affronter de manière permanente la volonté et la capacité de destruction de nombreux acteurs non étatiques. La coopération interétatique doit donc se faire encore plus active, pour que les islamistes ne puissent disposer d'aucun sanctuaire. Le renversement des Talibans en Afghanistan n'a été de toute évidence qu'une première étape dans cette lutte, qui doit être conduite prioritairement à l'intérieur de nos propres États. A cet égard, le commissaire Patten, si généreux en conseils vis-à-vis des pays non européens, devrait commencer par s'interroger sur les facilités que trouvent au sein du système britannique les filières terroristes.

Loin de prôner ce renforcement de la vigilance de nos États et de leur coopération, le projet de résolution commune s'engage dans une direction dangereuse en recommandant l'extension de la méthode du quartet, qui pourrait aboutir à terme à un contournement du Conseil de sécurité. Et la même résolution fait sourire lorsqu'elle tente de faire croire qu'un des principaux obstacles à la lutte contre le terrorisme serait la structure en trois piliers du traité de l'Union européenne ! Tout est bon à instrumentaliser, même le terrorisme, pour pousser la charrette fédéraliste.


Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne
Explication de vote sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 23 octobre 2002

Le rapport Duff, qui demande l'intégration de la Charte des droits fondamentaux dans une Constitution européenne, a été voté largement malgré notre opposition. Si ses conclusions passaient ultérieurement dans les faits, à l'issue de la prochaine conférence intergouvernementale, il logerait au cœur des institutions européennes une contradiction, dont on verrait bientôt les effets négatifs.

Il se trouve qu'avant-hier, nous avons discuté du pacte de stabilité budgétaire, et que finalement, beaucoup d'intervenants ont trouvé, comme Romano Prodi, qu'il est stupide parce que trop rigide. Or que serait une Charte intégrée dans les traités, sinon l'équivalent d'un pacte de stabilité appliqué aux droits politiques? Nous verrions bientôt que cette Charte rigide n'est pas mieux adaptée à la réalité d'une Union de peuples distincts que ne l'est aujourd'hui le pacte de stabilité budgétaire.

Ainsi, même quand elle a sous les yeux les résultats nocifs de la rigidité, notre assemblée, emportée par ses vieilles déformations et son objectif ultime de super-État, retombe toujours dans les mêmes ornières.

La délégation MPF a pour sa part proposé un traité refondateur pour l'Europe, qui serait très différent de la constitution d'un super-État, car il reconnaîtrait la nécessité de relations flexibles entre des démocraties nationales souveraines.


Lutte contre le terrorisme

Explication de vote
par Georges Berthu, le 24 octobre 2002

J'ai soutenu la résolution du Parlement européen relative à la lutte contre le terrorisme pour montrer mon engagement dans cette lutte, mais à vrai dire plusieurs aspects de ce texte m'apparaissent très déplaisants.

Au paragraphe 6, le Parlement européen semble dire que le droit à la légitime défense d'un État agressé ne pourrait être exercé qu'avec l'autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies, ce qui me paraît complètement faux. En cas d'agression, le Conseil de sécurité ne doit décider que de l'usage collectif de la force, et non du droit d'autodéfense de l'État agressé.

Au paragraphe 36, le Parlement européen suggère que la structure dite "en piliers" des institutions européennes entraverait la lutte contre le terrorisme, ce qui n'a guère de sens. Le "désarmement" général auquel l'Union a procédé en supprimant les contrôles aux frontières internes et en fermant les yeux, au nom des droits de l'homme, sur les flux de personnes "sans papiers", lui est beaucoup plus nuisible.

Enfin, au considérant P, s'il faut effectivement éviter les amalgames entre le terrorisme et le monde musulman, il faudrait aussi avoir la lucidité de dénoncer les ambiguïtés de la notion de "djihad", qui forment un terreau extrêmement malsain.


Projet de budget général 2003 (section III)

Explication de vote sur le rapport Färm
par Georges Berthu, le 24 octobre 2002

J'ai cosigné, avec mes collègues du MPF, l'amendement supprimant le crédit de 7 millions d'euros inscrit dans le projet de budget 2003 en faveur des "partis européens".

En effet, le traité de Nice, qui prévoit un financement public pour les partis politiques "au niveau européen", n'est pas encore en vigueur, et encore moins l'indispensable règlement d'application. Nous savons bien que les "partis" existants ont besoin d'argent depuis que la Cour des comptes a déclaré illégal leur financement par certains groupes parlementaires de notre Assemblée. Mais nous ne pensons pas que ce soit une raison suffisante pour passer outre aux règles fondamentales du droit.

Par ailleurs, le règlement d'application qui avait été préparé l'année dernière par anticipation n'obéissait pas aux conditions de respect des règles constitutionnelles nationales de neutralité à l'égard du financement de la vie politique nationale, et d'égalité envers toutes les forces politiques représentées au Parlement européen, telles qu'elles étaient définies par la déclaration N° 11 du traité de Nice.

Sur le fond, nous ne pouvons que récuser à nouveau ce type de financement, qui va coûter cher aux contribuables pour donner un semblant de vie à des partis européens sans consistance réelle.

 


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