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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Septembre II 2002

Politique agricole
Intervention dans le débat sur le projet de budget 2003 de l'Union européenne
par Dominique Souchet, le 24 septembre 2002

Mouvements transfrontières des OGM
Intervention sur le rapport Sjöstedt
par Nicole Thomas-Mauro, le 24 septembre 2002

Procédure commune d'asile et sécurité intérieure
Explication de vote sur le rapport Evans
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

Procédure commune d'asile et sécurité intérieure
Explication de vote sur le rapport Angelilli
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

Sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine
Explication de vote sur le rapport Paulsen
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

PESC (Politique Etrangère et de Sécurité Commune)
Intervention dans le débat suite aux déclarations du Conseil et de la Commission sur le Moyen-Orient
par Georges Berthu, le 25 septembre 2002

Procédure commune d'asile et sécurité intérieure
Explication de vote sur le rapport Santini
par Georges Berthu, le 25 septembre 2002

Cour pénale internationale (CPI)
Explication de vote suite aux déclarations du Conseil et de la Commission
par Georges Berthu, le 26 septembre 2002

Progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Politique Etrangère et de Sécurité Commune (PESC)
Explication de vote sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 26 septembre 2002

Conclusions du sommet mondial sur le développement durable
Explication de vote suite aux déclarations du Conseil et de la Commission
par Georges Berthu, le 26 septembre 2002

Conclusions du sommet mondial sur le développement durable
Explication de vote suite aux déclarations du Conseil et de la Commission
par Nicole Thomas-Mauro, le 26 septembre 2002

Qualité de l'essence et des carburants diesel
Explication de vote sur le rapport Hautala
par Nicole Thomas-Mauro, le 26 septembre 2002


Politique agricole

Intervention dans le débat sur le projet de budget 2003 de l'Union européenne
par Dominique Souchet, le 24 septembre 2002

Au sujet de la réforme de la PAC, je voudrais m'élever contre une tendance à l'autocritique trop fréquente en cette enceinte concernant le volume des budgets agricoles de l'Union européenne. Je m'insurge lorsque j'entends dire qu'il est scandaleux que l'Union consacre 45% de son budget à l'agriculture. Ces 45% ne représentent en effet que 3% des budgets publics de l'Union et des États membres. Trois pourcent des budgets publics consacrés à 5% de la population, 3% des budgets publics consacrés à 60% du territoire de l'Union, 3% des budgets publics consacrés à notre alimentation, à notre sécurité alimentaire, au maintien des revenus agricoles, à l'orientation des marchés agricoles.

Trois pourcent des budgets publics consacrés à l'agriculture, c'est moins qu'aux États-Unis. Selon l'OCDE, la politique agricole américaine coûte 338 Dollars par contribuable contre 276 dans l'Union européenne.

Alors, au moment où nos partenaires américains, constatant la faillite de leur précédente loi agricole, le Fair Act, viennent de décider une augmentation de 70% de leurs aides à l'agriculture au moment où des pays bénéficiant de grands espaces, utilisant des technologies agricoles avancées, profitant de coûts de main-d'œuvre extrêmement bas, pratiquent des politiques de dumping qui déstabilisent les cours mondiaux, ne remettons pas en cause les accords de Berlin en voulant imposer à l'Union européenne une baisse de nos budgets agricoles. Il ne faut pas non plus laisser dire que nos budgets agricoles sont un obstacle au développement des PVD. Notre PAC et les budgets qui y sont attachés ont pour rôle de compenser les contraintes sociales et environnementales que nous faisons supporter à nos agriculteurs, et de tenter de leur assurer un niveau de vie comparable au reste de la population de l'Union. Les pays en développement, et surtout les plus pauvres d'entre eux, sont des pays où la proportion de paysans pauvres est élevée. Et ce dont ces paysans pauvres ont besoin, ce n'est pas d'un surcroît de libéralisme les mettant en concurrence avec les latifundia à haute technologie du monde entier mais, au contraire, de pouvoir accroître leur productivité en vendant sur leurs marchés régional ou national, leurs productions vivrières. Ne nous trompons pas de cible, ce n'est pas notre prétendu protectionnisme qui affame les paysans pauvres du tiers monde, c'est au contraire un libre échange dogmatique qui voudrait mettre en concurrence des agriculteurs de niveaux technologique et de productivité trop différents. C'est ce que rappelaient d'ailleurs opportunément à Johannesburg les ministres de l'agriculture du Sénégal et de l'Inde.

Enfin, peut-être est-il temps, si l'on veut vraiment abaisser les budgets publics consacrés à l'agriculture, de rouvrir la réflexion sur la préférence communautaire, en définissant une préférence communautaire rénovée et actualisée qui permette d'internaliser, dans les prix agricoles sur le marché communautaire, les surcoûts imposés à notre agriculture par nos exigences élevées en matière de sécurité alimentaire, en matière sociale, en matière environnementale, et en matière de bien-être animal. Il faudra pour cela, Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, Madame le Commissaire, tourner le dos résolument au dogme aberrant du cours mondial.


Mouvements transfrontières des OGM
Intervention sur le rapport Sjöstedt
par Nicole Thomas-Mauro, le 24 septembre 2002

Monsieur le Président, nous voilà à nouveau réunis pour discuter des OGM. Aujourd'hui, il est question des mouvements transfrontières de ces marchandises pas comme les autres. Demain, sera-t-il question de légiférer sur les cas de dissémination fortuite, de risques non intentionnels en matière d'OGM ? Je caricature, certes. Mais, assurément, nous n'en sommes là qu'au début d'une longue série de débats qui, avouez-le, prennent parfois une tonalité surréaliste.

Nous approuvons le sens de la proposition de règlement relative aux exigences du protocole de Carthagène, mais nous tenons à relever l'aspect paradoxal du processus. Cet accord est en effet censé garantir le cadre juridique nécessaire aux mouvements transfrontières d'OGM, mais, en même temps, il reconnaît la notion contradictoire de mouvements transfrontières non intentionnels. On le voit bien, de telles dispositions reviennent à gérer des situations d'incertitude scientifique, démarche que les pays du Sud n'ont pas les moyens d'entreprendre aussi sereinement que nous. D'ailleurs, lors du vote en juillet dernier sur la fixation du seuil de contamination fortuite des OGM à 0,5 ou 1 %, avons-nous fait preuve de sérénité ? De même, ne tourne-t-on pas en rond, en ce moment, au Conseil "Agriculture", au sujet de la proposition relative aux produits génétiquement modifiés destinés à l'alimentation animale? Quelle procédure choisir pour l'autorisation de ces produits ? Faut-il prévoir une tolérance concernant les traces involontaires d'OGM non autorisés mais estimés sans danger ?

La Communauté a décidé de jouer un rôle de premier plan dans le commerce des biotechnologies, mais le paradoxe de la démarche est tout de même de taille: alors que ni l'innocuité ni la dangerosité des OGM n'est établie, on suppute déjà sur leur fabuleux destin commercial. Il est vrai aussi que la Commission commence à demander une levée du moratoire. Le protocole laisse, certes, une marge d'appréciation réelle aux États, fondée sur le principe de précaution. Or, le rapport Sjöstedt réduit cette marge de manœuvre. Restons vigilants en rappelant que le droit communautaire utilise le concept de
précaution comme bon lui semble et que, lorsque les États veulent s'en prévaloir, il lui enlève soudain toute portée. L'actualité de l'embargo français contre le bœuf britannique en est l'illustration préoccupante.

Il appartient aux États de veiller à ce que l'incertitude scientifique ne se transforme pas en une problématique stérile d'indétermination sociale face aux risques, voire d'organiser une coexistence acceptable des cultures OGM et non OGM. Nous ne fermons la porte ni aux biotechnologies ni à leur transfert, mais souhaitons marquer notre réticence face à un texte qui n'est qu'un maillon faible d'une législation bancale construite au coup par coup et qui ne craint pas de mettre la charrue avant les bœufs. Nous choisissons donc de nous abstenir sur ce rapport.


Procédure commune d'asile et sécurité intérieure
Explication de vote sur le rapport Evans
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

Nous nous réjouissons du rejet, à une courte majorité de droite, du rapport Evans sur l'asile. Dès le paragraphe 1 de sa résolution, il demandait "à la Commission et aux États membres de donner la priorité à l'élaboration d'une politique commune d'immigration afin de réduire la pression exercée sur le système d'asile". Ainsi, la première solution proposée par la gauche de cette Assemblée pour diminuer le nombre des faux demandeurs d'asile, c'était d'ouvrir plus largement nos frontières, et de recevoir ces personnes comme immigrants légaux !

La suite de la résolution était de la même veine. Dès le paragraphe 3, il était demandé à la Commission de proposer des "meilleures pratiques" en matière d'asile qui "tendent d'abord et avant tout (notez bien cette expression : avant tout) à garantir le respect par les États membres de leurs obligations internationales en matière de protection ". Ainsi, pour la gauche de cette Assemblée, l'objectif prioritaire est de recevoir les personnes persécutées quel que soit leur nombre. Elle fait passer au second plan, de manière claire et avouée, les objectifs de sécurité intérieure et d'équilibre de nos sociétés.


Procédure commune d'asile et sécurité intérieure
Explication de vote sur le rapport Angelilli
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

J'ai déjà dit dans mon explication de vote du rapport Evans, qu'en matière d'asile, un premier devoir des gouvernements responsables, aujourd'hui, est de prendre garde qu'un afflux de réfugiés ne déstabilise nos pays.

A cet égard, et dans la perspective du rapport Angelilli, la première tâche, et la plus facile, serait de ne pas aggraver nous-même les dispositions de la Convention de Genève. Par exemple, on apprend que les ministres "justice et affaires intérieures" (JAI) réunis le 13 septembre dernier, il y a donc 10 jours seulement, se seraient mis d'accord sur une définition extensive de la notion de réfugié, en adoptant des critères plus larges que ceux de la Convention de Genève. En particulier, selon leurs conclusions, la menace de persécution ne devrait plus provenir obligatoirement d'autorités étatiques. Elle pourrait provenir aussi "d'agents non étatiques".

On aimerait qu'avant de procéder à de telles extensions, nos gouvernements réfléchissent bien aux millions de personnes qui sont susceptibles de faire appel à ce nouveau droit, et aux coûts financiers et sociaux que, dans de tels cas, leurs initiatives pourraient infliger à nos pays. Là encore, il vaudrait mieux réfléchir dès aujourd'hui à des protections alternatives au droit d'asile.


Sous-produits animaux non destinés à la consommation humaine
Explication de vote sur le rapport Paulsen
par Georges Berthu, le 24 septembre 2002

Nous venons de recevoir l'énorme texte (environ 200 pages) du projet de règlement établissant des règles sanitaires applicables aux produits destinés à l'alimentation des animaux. Sur le fond, ce texte est plutôt bon, et nous l'avons soutenu, puisqu'il institue des règles strictes, qu'il interdit l'emploi, pour l'alimentation des animaux, de matières déclarées impropres à la consommation humaine, et qu'il proscrit le "cannibalisme animal".

C'est plutôt la forme de ce texte qui est critiquable: il s'agit d'un règlement, directement applicable dans tous les pays membres. Il est en plus extrêmement détaillé. Et, enfin, il est obligé d'admettre certaines dérogations qui compliquent encore plus ses dispositions, par exemple pour l'alimentation des animaux par des déchets de cuisine en Allemagne et en Autriche.

Nous pensons qu'il serait plus judicieux, dans de tels cas, de prévoir seulement au niveau européen des textes-cadres fixant des objectifs, quitte à présenter en même temps un modèle de règlement indicatif que les pays membres transposeraient en lui apportant les modifications liées à leurs spécificités nationales. Cette formule serait beaucoup moins rigide, et laisserait une plus grande marge de manoeuvre aux pays membres. Elle satisferait probablement tout le monde, sauf les enragés de l'unification.


PESC (Politique Etrangère et de Sécurité Commune)
Intervention dans le débat suite aux déclarations du Conseil et de la Commission sur le Moyen-Orient
par Georges Berthu, le 25 septembre 2002

Monsieur le Président, les déclarations sur le Moyen-Orient, du Conseil et de la Commission, ont fait une large part à la feuille de route pour la paix, établie par l'Union européenne et reprise par nos partenaires du quatuor États-Unis-Russie-Nations unies.

Le cheminement ainsi tracé vers la coexistence de deux États nous paraît digne du plus grand intérêt, mais nous craignons qu'il ne soit pas appliqué mieux que les plans antérieurs, car il lui manque un point de départ concret. Pour amorcer le processus, pour que l'armée israélienne évacue les territoires occupés, il faudrait que cessent en même temps, et vraiment, les attentats suicides qui bloquent tout. Or non seulement les attentats ne cessent pas, mais les terroristes ne font l'objet, de la part de l'Autorité palestinienne, que d'une condamnation du bout des lèvres, quand même ils ne sont pas ostensiblement
protégés.

Nous demandons en conséquence une politique de sagesse, qui commence par la fin, véritable, des demi-mesures envers les terroristes. Nous demandons une condamnation claire du Hamas et du Djihad Islamique, et des mesures en
conséquence. Et nous demandons aussi la réforme et la responsabilisation de l'Autorité palestinienne, faute de quoi le dialogue, indispensable, Monsieur le Président, ne pourra pas être renoué.


Procédure commune d'asile et sécurité intérieure

Explication de vote sur le rapport Santini
par Georges Berthu, le 25 septembre 2002

Au lendemain des attentats du 11 septembre, le Conseil avait invité la Commission à examiner d'urgence les relations entre le maintien de la sécurité intérieure et le respect des obligations internationales en matière de droit d'asile. Elle l'a fait de manière décevante, en ne traitant qu'une seule question: comment exclure du droit d'asile les terroristes et autres criminels ? C'est voir le problème par le petit bout de la lorgnette.

En revanche, il est une autre question, bien plus grave, que le document de la Commission passe complètement sous silence: que se passerait-il si toute une partie de la population d'un pays tiers demandait l'asile dans un ou plusieurs États membres, parce qu'elle serait confrontée chez elle à un risque d'oppression ?

Depuis 1950, nous avons changé de monde. La Convention de Genève était conçue pour protéger des individualités persécutées. Aujourd'hui, avec la globalisation et la facilité des transports, nous devons envisager que son application soit un jour revendiquée par des populations tout entières, des millions de réfugiés qui déstabiliseraient nos pays.

Telle est la question majeure aujourd'hui. Les gouvernements ont le devoir d'y répondre en complétant les règles existantes par des protections alternatives à l'asile traditionnel.


Cour pénale internationale (CPI)

Explication de vote suite aux déclarations du Conseil et de la Commission
par Georges Berthu, le 26 septembre 2002

Il est assez désagréable, lorsqu'on lit la résolution du Parlement européen relative à la Cour pénale internationale (CPI), de découvrir à chaque ligne une certaine arrogance de l'Union, qui veut forcer la main des Etats, membres, candidats ou tiers, pour qu'ils adhèrent aux statuts de la Cour, ou refusent de signer des accords bilatéraux avec les non-adhérents. Comme si l'Union européenne avait seule accès à des principes universels supérieurs qui lui ont dit que la Cour doit avoir une compétence universelle. Or il n'en va pas ainsi.

La CPI repose sur un traité qui n'engage que ses parties. Par conséquent, les États-Unis sont en droit de faire préciser que, s'ils ne signent pas, leurs ressortissants ne peuvent pas être déférés devant la Cour sans leur accord. En prétendant ou en laissant croire l'inverse, l'Union a tort, et complique inutilement les relations transatlantiques.

D'ailleurs, quand on voit cette arrogance européenne, on se dit que les États-Unis ont raison de se méfier. Jusqu'où n'irait-elle pas ? Il est bon de lui rappeler tout de même qu'il pourrait être dangereux d'abandonner les règles traditionnelles de l'ordre international au profit d'une justice mondiale qui, sans le consentement des nations, ne reposerait sur rien.


Progrès réalisés dans la mise en oeuvre de la Politique Etrangère et de Sécurité Commune (PESC)
Explication de vote sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 26 septembre 2002

Lorsqu'il traite de l'organisation institutionnelle de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), le rapport Brok reste conforme au modèle-type des positions traditionnelles du Parlement européen: il tire la PESC autant qu'il peut dans le sens de la communautarisation, demandant notamment "une diplomatie commune, sinon unique" (paragraphe 12), le vote à la majorité qualifiée au Conseil (paragraphe 14), le transfert du poste de Haut représentant pour la PESC du Conseil vers la Commission (paragraphe 11).

Ces propositions résultent d'une projection abstraite au niveau européen de la conception d'un État fédéral, et non pas d'une appréhension réfléchie des réalités concrètes. La politique étrangère et de sécurité commune ne peut pas tirer sa force de procédures communautaires artificielles. Elle ne la tirera, le cas échéant, que de l'adhésion des nations. Dans ces conditions, elle doit reposer sur celles-ci, ce qui implique: le maintien de la fonction coordinatrice au Conseil; la décision à l'unanimité, ou, à défaut, la géométrie variable; la localisation des instruments auprès du Conseil, et non pas de la Commission.

La Convention réunie sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, si elle veut être efficace, devra rester lucide en résistant au pilonnage fédéraliste.


Conclusions du sommet mondial sur le développement durable
Explication de vote suite aux déclarations du Conseil et de la Commission
par Georges Berthu, le 26 septembre 2002

Nous avons approuvé la résolution sur les résultats du sommet mondial de Johannesbourg consacré au développement durable, car elle montre, et c'est très positif, que les pays européens ont une perception largement commune de ces questions, et qu'ils manifestent un niveau élevé de sensibilité. Sur cette base, l'Union européenne et ses membres peuvent agir et devenir demain, espérons-le, des acteurs de pointe pour le respect de l'environnement au niveau mondial.

Bien que les résultats effectifs de Johannesbourg ne soient pas à la hauteur des besoins (car on ne peut qu'être épouvantés par l'ampleur des problèmes mondiaux d'environnement), l'Union a pu y jouer un rôle de stimulateur, par exemple pour le lancement de partenariats sur l'eau, l'assainissement et l'énergie.

Parmi les réserves particulières à émettre, je tiens à en souligner trois :

- la principale porte sur le rôle trop grand que l'Union a laissé donner à l'OMC pour l'arbitrage entre les règles commerciales et celles d'environnement ;
- en second lieu, le démantèlement progressif des subventions agricoles à l'exportation est un objectif souhaitable, mais certainement pas celui de l'ensemble des aides internes ;
- enfin les parlementaires n'ont pas suffisamment été associés aux travaux de coordination préparatoire.


Conclusions du sommet mondial sur le développement durable
Explication de vote suite aux déclarations du Conseil et de la Commission
par Nicole Thomas-Mauro, le 26 septembre 2002

Le concept de développement durable procède d'une nécessité: répondre par une solidarité soucieuse de l'avenir au sentiment de complexité et de dépendance qui caractérise la globalisation.

Mais quel projet de communauté mondiale proposer aux générations futures? Des "antidotes terminologiques" sont brandis en guise de panacée; le concept de développement durable en fait partie.

Dans un discours environnemental où le principe de précaution devient une politique et où la bonne gouvernance un mythe, cette notion a beau jeu de se nourrir d'elle-même et de s'autojustifier. Car ce principe aux contours flous, qui prône la transparence des décisions, est parfois bien opaque.

La résolution de ce jour constitue le type même des textes qui nous sont soumis sur le sujet. Articulés autour de déclarations d'intention qui ne peuvent que faire l'unanimité, ils ouvrent la porte à des éléments techniques, parfois discutables. Aujourd'hui, il s'agit d'une une réforme de la PAC et de la politique commerciale communautaire et en filigrane, de la politique de la pêche.

Il n'est pas question de dénigrer une notion forte et mobilisatrice, mais de marquer sa vigilance face au risque d'instrumentalisation qui la guette. Aussi proposons-nous de revenir à l'interprétation du rapport Brundtland, qui définissait le développement durable en termes d'orientation à donner à l'action. Or, celle-ci revient aux États, dans l'enceinte des organisations internationales ou par le biais de la coopération bilatérale.


Qualité de l'essence et des carburants diesel
Explication de vote sur le rapport Hautala
par Nicole Thomas-Mauro, le 26 septembre 2002

Nous tenons à prendre certaines distances face au rapport Hautala. L'objectif de la réduction de la teneur en soufre de l'essence et du diesel est certes louable, mais les problèmes logistiques importants posés par la proposition ne semblent pas apporter d'amélioration environnementale avérée. Lors de l'examen du rapport en commission de l'environnement, ni le rapporteur ni la Commission elle-même ne furent en mesure de se prononcer sur les différents aspects coûts-avantages d'une telle initiative.

Nous sommes défavorables à l'inclusion des carburants destinés aux engins non routiers dans la directive à compter de 2005. Cette proposition, qui n'est pas réaliste, risque de fragiliser encore plus les entreprises agricoles. Il serait approprié de revoir la question de l'alignement complet des véhicules lors de la date intermédiaire de 2005.

De même, nous nous opposons au démantèlement de dérogations acquises concernant la teneur en soufre de l'essence et du diesel, et ce afin de continuer à répondre aux contraintes liées à l'approvisionnement des régions ultrapériphériques.

Enfin, nous déplorons que n'ait pas été reconnue la nécessité de changer la limite de volatilité des mélanges d'éthanol et d'essence. Cette mesure vise à permettre aux États membres d'inclure l'essence additionnée d'éthanol dans le but d'atteindre les objectifs fixés par la proposition de directive sur les biocarburants. Si ce problème technique n'est pas réglé, la promotion des biocarburants, qui participe à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, sera entravée.


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