> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES >
Septembre 2007
Session plénière I à
Strasbourg du 3 au 6 Septembre 2007 :
Lutte contre le terrorisme
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 5
septembre 2007
Session plénière II à
Strasbourg du 24 au 27 Septembre 2007 :
Immigration - Immigration légale - Priorités
politiques dans le cadre de la lutte contre l'immigration
clandestine de ressortissants de pays tiers
Intervention dans le débat
par Patrick Louis, le 26 septembre
2007

Lutte contre le terrorisme
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 5
septembre 2007
Monsieur le Président,
je ne désapprouve, certes, pas les litanies de bons
sentiments, d'incantations et de vux pieux qui dominent
ce débat mais, enfin, je n'y vois guère le
recul qui serait à mon avis nécessaire à
la compréhension d'un phénomène qui
occupe brutalement nos esprits. Si brutalement, d'ailleurs,
que nous ne prenons pas la peine d'en déterminer
les tenants et les aboutissants, les causes et les conséquences.
Or, mes chers collègues, qu'est-ce que la politique
si ce n'est précisément la détermination
patiente des causes et des conséquences des phénomènes
immédiats ?
On installe un peu partout, dans les lieux
publics et jusque dans les rues, d'effrayants systèmes
de vidéosurveillance. Pourquoi? Lutte contre le terrorisme!
On fiche les citoyens, on développe les services
de police et, quelque fois, de police secrète. Pourquoi?
Lutte contre le terrorisme! On restaure la torture. Pourquoi?
Lutte contre le terrorisme! On modifie les lois et, de plus
en plus souvent, on les bafoue, bafouant même les
droits élémentaires des hommes qui sont supposés
avoir remplacé nos anciennes bibles. Pourquoi? Lutte
contre le terrorisme! On installe un peu partout des boucliers
antimissiles, même dans les pays comme la République
tchèque, au grand dam de sa population qui ne connaît
d'ailleurs nullement le terrorisme, tout cela au nom de
la lutte contre le terrorisme. Bref, on divise les nations,
on installe la méfiance entre les peuples et, surtout,
on les enrégimente, ce qui est le cas de nos nations
européennes, hélas, à l'Est comme à
l'Ouest. Pourquoi? Lutte contre le terrorisme !
Constatons, mes chers collègues, cette
évidence que ce n'est pas le terrorisme qui accapare
nos esprits, c'est la lutte contre le terrorisme. C'est
un voile insidieux qui brouille nos regards sans même
que nous nous en apercevions. Certes, je ne nie pas ce qu'ont
d'odieux les attentats qui ont touché nos nations,
l'Espagne ou la Grande-Bretagne. Mais, précisément,
ces exemples sont parlants car le terrorisme a touché
ces pays parce qu'ils avaient soutenu une opération
de guerre: l'invasion d'un pays souverain. Je ne crains
d'ailleurs pas de dire que ce qui s'est passé en
Irak n'est pas tant la réponse au terrorisme qu'une
autre forme de terrorisme séculaire et barbare qui
a fait monter d'un cran la tension internationale.
En vérité, le terrorisme est
lui-même la conséquence d'un monde profondément
déséquilibré, dominé par un
empire qui, comme tous les empires du monde, nie les frontières
et nie les peuples, tendant à créer partout
un monde unidimensionnel, uniforme, obsessionnellement tendu
vers la valeur unique de la marchandise. Un monde si étouffant
et si violent pour la singularité des peuples que
la seule réponse est une autre violence, bien entendu
tout aussi inadmissible: la terreur.
Ayons donc le courage de nous interroger!
Et si le terrorisme n'était pas aussi, n'était
pas d'abord la conséquence de ce nouvel impératif
catégorique qu'impose la loi du marché et
qui est inclus dans sa logique: la suppression des frontières.
Non seulement l'abolition des frontières, le transfrontièrisme
à la mode, abolit la diversité du monde et
pousse à la fureur ceux qui s'en veulent les dépositaires,
mais en plus, la disparition des frontières favorise
les menées des bandes. Est-ce que ce n'est pas là,
chers collègues, un point de réflexion à
verser au débat de la lutte contre le terrorisme
?

Immigration - Immigration
légale - Priorités politiques dans le cadre
de la lutte contre l'immigration clandestine de ressortissants
de pays tiers
Intervention dans le débat
par Patrick Louis, le 26 septembre
2007
Monsieur le Président,
mes chers collègues, renonçons à la
langue de bois! Le droit d'asile et l'immigration issue
d'une même civilisation ne sont pas le problème.
La question porte essentiellement sur l'immigration extra-civilisationnelle,
qu'elle soit légale ou illégale, et celle-ci
n'est une chance pour personne.
L'immigration de travail commet une double
injustice: elle vole les compétences payées
par les pays d'origine et, dans le pays d'accueil, elle
tire le marché du travail vers le bas et soustrait
aux chômeurs locaux l'occasion d'un emploi.
L'immigration d'allocations présente
deux erreurs: elle déracine les pauvres gens, hypnotisés
par le miroir aux alouettes de la ville occidentale, et,
dans le pays d'accueil, elle déséquilibre
les budgets sociaux, qui sont nés et ne peuvent perdurer
que dans le cadre restreint et protecteur de la nation.
Ainsi, et contrairement à ce
qui a été écrit sur les murs du restaurant
des députés à Bruxelles il y a un mois,
l'Union européenne n'a pas besoin d'immigration.
Au contraire: l'Europe a besoin d'une grande politique familiale
et démographique, de coopération souveraine
entre les nations, de frontières et non pas de Frontex,
et le monde a besoin de comprendre, d'une part, que la paix,
ce n'est pas l'immigration, mais le développement
autocentré et, d'autre part, que la vraie prolétarisation,
c'est le déracinement culturel.