LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Septembre I 2002

Culture des protéines végétales
Intervention sur le rapport Stevenson
par Dominique Souchet, le 2 septembre 2002

Emballages et déchets d'emballages
Intervention sur le rapport Corbey
par Nicole Thomas-Mauro, le 2 septembre 2002

Navigation aérienne
Intervention dans la discussion commune
par Georges Berthu, le 3 septembre 2002

Promotions des ventes dans le marché intérieur
Intervention sur le rapport Beysen
par Elizabeth Montfort, le 3 septembre 2002

Culture des protéines végétales
Explication de vote sur le rapport Stevenson
par Georges Berthu, le 3 septembre 2002

Navigation aérienne - Cadre pour la création du ciel unique européen
Explication de vote sur le rapport Fava
par Georges Berthu, le 3 septembre 2002

Citoyenneté de l'Union
Intervention sur le rapport Coelho
par Georges Berthu, le 4 septembre 2002

Promotions des ventes dans le marché intérieur
Explication de vote sur le rapport Beysen
par Nicole Thomas-Mauro, le 4 septembre 2002

Espace européen de la connaissance
Intervention sur le rapport Gutiérrez-Cortines
par Thierry de La Perrière, le 5 septembre 2002

Citoyenneté de l'Union
Explication de vote sur le rapport Coelho
par Georges Berthu, le 5 septembre 2002

Espace européen d'éducation et de formation tout au long de la vie
Explication de vote sur le rapport Van Brempt
par Georges Berthu, le 5 septembre 2002

Espace européen d'éducation et de formation tout au long de la vie
Explication de vote sur le rapport Van Brempt
par Elizabeth Montfort, le 5 septembre 2002

Environnement : participation du public lors de l'élaboration de certains plans et programmes
Explication de vote sur le rapport Korhola
par Nicole Thomas-Mauro, le 5 septembre 2002


Culture des protéines végétales

Intervention sur le rapport Stevenson
par Dominique Souchet, le 2 septembre 2002

Monsieur le Président, la place du secteur des oléoprotéagineux en Europe n'est pas seulement un problème agricole, c'est, à plusieurs titres, un enjeu de société.

C'est tout d'abord un enjeu de sécurité alimentaire. Le consommateur européen exige, à juste titre, une traçabilité de tous les éléments de la chaîne alimentaire. Dans le cas des protéines fourragères nécessaires à nos productions animales, l'Europe ne peut pas se satisfaire de dépendre de l'extérieur pour plus des trois quarts de ses besoins. Il est indispensable que les productions communautaires reconquièrent une part prépondérante de ce marché afin d'en exclure les risques liés à la présence de résidus, de contaminants ou d'OGM.

L'Union a décidé d'appliquer un moratoire interdisant l'usage de nouveaux OGM dans l'alimentation humaine et animale. Or, on sait que les pays exportateurs de soja cultivent très majoritairement des OGM.

Le second enjeu est celui de la sécurité quantitative du marché mondial. L'offre de protéines fourragères s'est concentrée dans quelques pays très peu nombreux, au premier rang desquels les États-Unis, qui représentent 45% de la production mondiale et dont 90% de la trituration est entre les mains de quatre groupes industriels. Que des aléas climatiques y surviennent et l'Europe se trouvera en situation de grande vulnérabilité.

Il s'agit en outre d'un marché en croissance de 5% par an et il serait d'autant plus insensé d'accepter que l'Europe se tienne à l'écart de cette croissance que la demande interne de l'Union, en incluant la demande des futurs États membres, où la consommation de viande va s'accroître avec leur entrée dans l'Union européenne, est appelée à connaître une croissance soutenue.

C'est également un enjeu environnemental important. Rappelons que le développement de la culture des oléoprotéagineux favorise la biodiversité, améliore la structure des sols, permet de contrecarrer la tendance à la monoculture céréalière et de diminuer l'utilisation d'intrants.

Le déficit protéique croissant de l'Union devrait donc être une préoccupation tout à fait prioritaire pour la Commission. Or, il n'en est rien. Face à ces enjeux et pour remplacer les farines animales, la Commission ne propose rien d'autre que de nous résigner à voir une part grandissante de notre consommation se reporter sur des importations dont nous ne contrôlerions ni les prix, ni les conditions de production, ni le respect des cahiers des charges sociales et environnementales que nous imposons à nos propres agriculteurs.

C'est tout simplement inadmissible. Voilà pourquoi notre commission de l'agriculture a retenu une stratégie beaucoup plus dynamique en adoptant le rapport Stevenson qui ambitionne d'insuffler un peu de volontarisme dans la pâle communication de la Commission.

Les amendements que nous avons déposés en commission soulignent le contraste entre la gravité de la situation européenne et les aides importantes que les États-Unis ont mises en place, notamment dans le cadre du Farm Bill en faveur de leurs producteurs d'oléagineux. Ils demandent à la Commission d'examiner comment renégocier l'accord de Blair House en vue d'accroître la production de protéines dans l'Union et de renforcer l'aide complémentaire aux protéagineux qui ne sont pas concernés par l'accord de Blair House. Ils suggèrent de mettre en place un filet de sécurité au profit des producteurs d'oléagineux et de protéagineux et de consacrer, enfin, à ces derniers, les efforts de recherche nécessaires.

Nous attendons maintenant, Monsieur le Président, de la Commission qu'elle fasse son profit de notre travail.


Emballages et déchets d'emballages

Intervention sur le rapport Corbey
par Nicole Thomas-Mauro, le 2 septembre 2002

Monsieur le Président, permettez-moi de me pencher sur l'approche française en matière d'emballages, qui m'est plus familière que les autres. En France, les industriels ont mis en place une politique de réduction à la source des emballages via la procédure d'attestation de conformité à la norme de prévention 13428. La conformité à cette norme est obligatoire uniquement en France et en Grande-Bretagne. Les amendements que j'ai déposés en commission de l'environnement visaient à généraliser cette procédure à l'ensemble des États membres. Mes collègues n'ont pas retenu ma proposition, mais ils y ont néanmoins été sensibles, puisque le rapport souligne, à juste titre, à l'amendement 16, au paragraphe 5 de la disposition concernée, que la Commission évaluera avant fin 2004 l'introduction de la norme CEN 13428 sur la prévention dans tous les États membres. J'attire l'attention de mes collègues sur la nécessité d'écarter la modification introduite par l'amendement 16 à l'article 4, paragraphe 1, point a) , car une limitation arbitraire de la quantité d'emballages ne tient compte ni de la croissance économique, ni de l'évolution sociologique. En effet, les ventes à l'unité augmentent rapidement dans un monde où l'on vit de plus en plus seul. C'est par le respect notamment de la norme CEN 13428 sur la prévention que le volume des emballages, le tonnage global, diminuera, comme le montre l'exemple français. Or, c'est bien là le défi auquel nous devons faire face.

J'attire encore votre attention sur les dangers qui résulteraient de l'adoption d'un indicateur environnemental pour les emballages, comme le propose la modification introduite par l'amendement 16 à l'article 4, paragraphe 3 bis. Un tel indicateur additionnel pour les emballages ne se justifie pas, dans la mesure où un outil de normalisation existe déjà maisdoit être davantage mis en œuvre par les industriels. En outre, sa définition complexe devrait prendre en compte tous les critères pertinents, tels que la nature du produit, les besoins en matière première, les procédés de fabrication et les systèmes de collecte et de recyclage disponibles. Les décalages entre pays ont sans doute conduit à des résultats non représentatifs.

Enfin, concernant la réutilisation, ce mode de valorisation ne devrait pas être encouragé de manière systématique, car l'impact environnemental d'un emballage réutilisable n'est pas nécessairement meilleur que celui d'un emballage à usage unique. Différentes études le démontrent, notamment dans le secteur des boissons embouteillées, et je ne reviendrai pas sur le recours introduit par la Commission contre certains États membres ayant fait naître, via la consigne obligatoire, des distorsions de concurrence.

J'invite donc mes collègues à voter contre l'amendement 17. Nous vivons dans une société qui fonctionne selon un rythme digne de la machine des Temps modernes de Chaplin: produire, emballer, rejeter et, de plus en plus, heureusement, recycler, valoriser.

Ne perdons cependant pas de vue que l'emballage n'est pas seulement un subtil avatar de notre société de consommation. Il n'est pas seulement là pour faire joli ou appâter le client; les emballages répondent pour la plupart à une fonction essentielle. La solution au problème qui nous préoccupe consiste à soumettre ce produit à des exigences environnementales efficaces et à le considérer dans l'intégralité de son processus de vie.


Navigation aérienne
Intervention dans la discussion commune
par Georges Berthu, le 3 septembre 2002

Monsieur le Président, l'intensification des transports aériens ces dernières années et la saturation du ciel européen exigent un certain nombre de mesures de désengorgement, parmi lesquelles des mesures de meilleure coordination réglementaire entre les pays d'Europe.

De ce point de vue, l'initiative "Ciel unique" prise par la Commission dans le but d'offrir un espace aérien plus sûr et plus fluide paraît reposer sur une évidence. L'évidence s'avère cependant beaucoup moins claire quand on se penche sur les détails pratiques de l'opération et qu'on s'aperçoit qu'il existe déjà un organisme de régulation du trafic aérien, Eurocontrol, qui possède une grande expertise technique et couvre un territoire plus vaste que celui de l'Union, puisqu'il regroupe 31 États du continent.

Il existe là une très grande ambiguïté qu'à vrai dire les textes présentés par la Commission ne lèvent pas. Dès l'article 1 du règlement fixant le cadre général, cette ambiguïté déploie toute son ampleur, puisqu'il est dit à la fois qu'il donne à la Communauté les moyens nécessaires pour créer le ciel unique, mais aussi qu'il tient compte de la mission d'Eurocontrol d'établir un espace aérien paneuropéen. Quand on avance dans le texte, la question de l'articulation entre la Commission, qui représente la Communauté, et Eurocontrol ne s'éclaire pas davantage. On pourrait la résumer d'une phrase: pour l'élaboration de la réglementation, qui commande, qui est dominant ? Bien que le texte cherche à suggérer l'inverse, nous ne voyons en réalité qu'une seule réponse possible. C'est Eurocontrol qui commande, auquel la Communauté doit adhérer à côté des États membres qui conservent le rôle premier.

Nous avons le sentiment que la majorité des États membres partagent le même avis. Il faut maintenir Eurocontrol et ses prérogatives et il faut donc d'abord éclaircir le préalable des relations réglementaires avec cet organisme. Si on ne procède pas ainsi, on risque de compliquer la situation au lieu de la simplifier.



Promotions des ventes dans le marché intérieur
Intervention sur le rapport Beysen
par Elizabeth Montfort, le 3 septembre 2002

Monsieur le Président, toute liberté repose sur un équilibre. La liberté économique repose sur un équilibre entre l'intérêt des consommateurs et celui des entrepreneurs et des distributeurs. Établir une distorsion abusive au profit de l'un ou de l'autre de ces acteurs, c'est assurément perdre cette liberté. C'est ce que la Commission a tout simplement cherché à faire sous le prétexte fallacieux, une fois de plus, de l'harmonisation forcée.

En cherchant à lever les restrictions aux promotions des ventes établies par les États, la Commission lève les garde-fous essentiels que les législations nationales avaient mis en place afin de protéger conjointement l'intérêt des consommateurs, des petits producteurs et des commerçants. La revente à perte ou la non-réglementation des périodes et des conditions de soldes entraîneraient des pratiques commerciales dangereuses et irresponsables dont à terme nos économies pâtiraient. Il ne faudrait pas non plus que le passage à l'euro serve d'alibi à une augmentation abusive des prix.

Aussi, je ne peux que me féliciter des amendements qui ont été adoptés dans les différentes commissions parlementaires concernées par ce texte et qui vont dans le sens d'un respect des législations nationales à cet égard. L'harmonisation par le bas, telle que semble la souhaiter la Commission, est contraire au bon sens et à la bonne respiration des acteurs économiques, et en particulier des plus fragiles d'entre eux. Les commerces de proximité et les petites entreprises sont le moteur de notre économie. Il me paraît nécessaire de le souligner et de rappeler que, sans eux, c'est la diversité de l'offre et l'assurance de la qualité qui disparaîtront. Mais ils assurent aussi un équilibre social et économique qu'ils assurent dans notre société. Prenons garde de ne pas rompre cet équilibre, ce ne serait l'intérêt d'aucun d'entre nous, ni en tant que consommateurs, ni en tant que responsables politiques.


Culture des protéines végétales

Explication de vote sur le rapport Stevenson
par Georges Berthu, le 3 septembre 2002

Nous soutenons les orientations du rapport Stevenson, qui veut promouvoir dans l'Union européenne la culture des protéines végétales, essentielles pour l'alimentation du bétail (soja, mais aussi pois, fèves, féveroles, lupins, ou encore, à un moindre degré légumineuses, céréales, graminées...). Il apparaît en effet que nous sommes aujourd'hui très dépendants des importations (à plus de 77 %), alors même que la production de protéines végétales se développe dans le monde et que nous pourrions faire beaucoup mieux.

Cette dépendance nous pose de graves problèmes stratégiques, mais aussi de santé publique, car il est difficile, dans ces conditions, d'établir une traçabilité du produit, ce qui peut nous amener, par exemple, à acheter volens nolens, des sojas OGM.

Mais d'où vient la limitation de la production européenne dans ce domaine ? Des accords de Blair House, qui ont eu en plus un autre effet désastreux puisqu'ils ont incité en contrepartie à utiliser des farines animales, d'où a découlé la maladie de la vache folle. Il faut impérativement réviser ou contourner ces accords. Malheureusement la Commission n'y semble pas prête. Une fois de plus, on se demande dans quel camp elle joue, et si le système communautaire n'aboutit pas encore à nous affaiblir.


Navigation aérienne - Cadre pour la création du ciel unique européen

Explication de vote sur le rapport Fava
par Georges Berthu, le 3 septembre 2002

J'ai voté contre l'initiative "Ciel Unique", qui ressemble plus à une manœuvre de la Commission pour accroître son pouvoir (avec le soutien inconditionnel du Parlement européen, comme d'habitude) qu'à une opération réellement destinée à renforcer la sécurité aérienne et accroître la fluidité du trafic.

Au cours du débat d'hier, j'ai déjà insisté sur une difficulté majeure, non résolue, celle des relations avec Eurocontrol. Il faudrait en ajouter une autre: celle des relations avec les militaires. La Commission affiche en effet l'intention, dès qu'elle aura les pouvoirs conférés par le "Ciel Unique", de modifier la répartition de l'espace aérien entre les utilisations civiles et militaires. On voit bien l'objectif: empiéter sur les zones militaires, ou les supprimer parfois, pour faciliter le trafic civil.

Cette méthode nous choque doublement. Sur le fond, elle paraît supposer que les utilisations militaires seraient moins importantes aujourd'hui en Europe, idée qui suppose à son tour que nous sommes en paix durable. Voilà une dangereuse naïveté. Sur la procédure, rappelons que la Commission ne possède pas de compétence militaire (et c'est heureux, on le voit bien ici). Cette compétence appartient aux Etats souverains. Les procédures communautaires n'ont rien à faire dans ce domaine.


Citoyenneté de l'Union

Intervention sur le rapport Coelho
par Georges Berthu, le 4 septembre 2002

Monsieur le Président, je trouve que ce rapport sur la citoyenneté européenne a un aspect un peu schizophrénique. D'un côté, il s'inquiète du constant déclin du taux de participation aux élections européennes, qui traduit un désintérêt des citoyens et peut, s'il se poursuit, je cite: "délégitimer l'élection du Parlement européen". Il rappelle aussi, dans le même ordre d'idées, que la citoyenneté européenne ne peut être créée uniquement d'en haut et qu'il faut quand même un minimum de participation des citoyens. Tout cela est parfaitement exact.

Mais, d'un autre côté, si l'on cherche les causes du désintérêt des citoyens, on les trouve dans les propositions du rapport Coelho lui-même. Par exemple, l'avis de la commission constitutionnelle joint au rapport demande une fois de plus l'institution de listes transnationales aux élections européennes, ce qui serait le meilleur moyen pour accroître le sentiment d'éloignement des citoyens envers l'Union. Dans le rapport lui-même, on trouve le traditionnel appel à donner une valeur juridique contraignante à la Charte des droits fondamentaux, ce qui aurait pour particularité d'enlever aux démocraties nationales la définition d'une bonne partie des droits de leurs citoyens. Au passage, je rappelle que cette Charte ignore superbement les citoyennetés nationales et ne mentionne même pas le droit fondamental des citoyens à s'exprimer démocratiquement dans le cadre de leur nation.

C'est encore dans le rapport Coelho, au paragraphe 3, que nous lisons un appel en faveur de l'octroi aux immigrants de pays tiers de droits aussi proches que possible de ceux conférés par la citoyenneté européenne. Autrement dit, la citoyenneté européenne serait accordée dans ses effets, sinon dans son principe, à des immigrants qui n'ont pas la nationalité d'un État membre. Ce genre de proposition peut-il faire aimer l'Europe par nos concitoyens? Je ne vous demande pas de réponse publique maintenant, mes chers collègues, mais je vous demande d'y réfléchir.

Bref, pour résumer, toutes ces propositions et bien d'autres que je pourrais citer tendent à rabaisser ou à limiter les droits des nations. Mais les institutions de l'Union jusqu'ici ne semblent pas comprendre ce fait fondamental que les citoyens sont profondément attachés à leurs nations et qu'en attaquant celles-ci ou en les minorant, elles blessent les citoyens et les détachent de l'Europe. Ainsi, alors même que nos concitoyens sont convaincus, comme nous, de l'intérêt et de la nécessité de la coopération européenne, c'est l'attitude de l'Union elle-même qui les dégoûte de l'Europe.

Mes chers collègues, il faut que l'Union change radicalement d'attitude si elle veut renouer avec les citoyens. La Convention qui se réunit pour préparer la CIG de 2004 va nous en offrir l'occasion dans les mois qui viennent. Il faut que
les propositions qui en sortiront offrent un signal clair que l'Europe doit être fondée sur ses nations et qu'elle respectera leurs droits. Notamment, il doit être clair, non seulement que la citoyenneté européenne ne remplace pas les citoyennetés nationales, mais aussi qu'elle leur reste subordonnée.


Promotions des ventes dans le marché intérieur

Explication de vote sur le rapport Beysen
par Nicole Thomas-Mauro, le 4 septembre 2002

Les États, et en particulier la France, qui ont souverainement légiféré pour réglementer les ventes à perte et les soldes, l'ont fait avec l'objectif clairement affiché de préserver l'équilibre entre les producteurs, les distributeurs et les consommateurs. C'est l'intérêt de chacun d'entre eux que les parlements nationaux ont cherché à protéger.

Aussi, la volonté de la Commission de lever les restrictions aux promotions des ventes, au motif d'un renforcement de l'harmonisation économique, menace-t-elle directement les intérêts et l'équilibre des acteurs économiques.

C'est aussi, au motif d'un intérêt du consommateur mal compris, l'image de nos produits de grandes marques qui risque de pâtir de la politique en avant de certains distributeurs peu scrupuleux des producteurs - et de leurs propres contraintes économiques - sur lesquels ils prospèrent.

Les amendements adoptés par les commissions parlementaires, dont ceux que j'ai eu l'occasion de présenter, ont heureusement permis de restaurer le respect de nos législations nationales et c'est n'est qu'à la condition de leur adoption par le Parlement que je soutiendrai ce texte.


Espace européen de la connaissance

Intervention sur le rapport Gutiérrez-Cortines
par Thierry de La Perrière, le 5 septembre 2002

Madame la Présidente, le rapport de Mme Cristina Gutiérrez-Cortines sur les universités et l'enseignement supérieur dans l'espace européen de la connaissance est pavé de bonnes intentions. Prenons garde cependant de ne pas tomber dans le piège du principe dogmatique cher aux européistes: là où il y a un espace européen, tout doit obligatoirement se fondre et se confondre.

Concernant les universités, beaucoup est déjà fait, notamment avec les programmes Socrates et Erasmus, pour promouvoir la mobilité des étudiants et des professeurs, l'élaboration de cours communs, la programmation de cours intensifs et la participation à la constitution de réseaux thématiques. Faut-il pour autant aller plus loin dans une voie centralisatrice et bureaucratique qui imposerait des critères uniques et rigides dans un domaine où la diversité des cultures, des méthodes et des concepts est la garantie d'une culture de qualité, non adossée à une idéologie ?

L'Europe a fait dans ce domaine jusqu'à présent ce qu'elle avait à faire en mettant à la disposition de chacun des outils efficaces avec les programmes dont j'ai parlé précédemment. Il faut maintenant développer des formes originales de coopération dans le respect des libertés et des volontés de chacune des nations de l'Union. Les écoles de commerce et d'ingénieurs nous fournissent un exemple de réussite d'écoles qui, en dehors de tout cadre juridique européen, ont merveilleusement réussi à s'intégrer dans ce nouvel espace en créant librement des passerelles, des échanges, des filières et des diplômes communs.

Est-ce à l'Europe de décider ce qui appartient à la sphère privée? Est-ce à l'Europe de s'occuper de la pratique sportive dans les universités? Est-ce à l'Europe de définir ce que doit être l'enseignement des études artistiques? Je ne le crois pas. Cependant, je reconnais qu'il y a deux points positifs dans ce rapport: tout d'abord, l'élaboration d'un Livre vert, à condition qu'il ne devienne pas un outil au service de la réalisation d'une uniformisation de nos universités, et ensuite, l'octroi des bourses d'étude du troisième cycle en fonction du mérite plutôt que des revenus familiaux. Mais ces deux points ne suffiront pas à nous convaincre de voter en faveur de ce rapport.


Citoyenneté de l'Union
Explication de vote sur le rapport Coelho
par Georges Berthu, le 5 septembre 2002

La résolution Coelho se félicite, à son paragraphe 29, de l'arrêt du Tribunal de première instance des Communautés du 3 mai 2002, qui reconnaissait un droit de recours direct à la société Jego-Quéré contre un règlement européen. Cette société, certes, n'était pas "directement et individuellement" visée, mais si le recours n'avait pas été déclaré recevable, elle n'aurait disposé d'aucun autre moyen de se défendre en justice, de sorte qu'il y aurait eu "déni d'accès au juge".

Nous nous félicitons nous aussi de cette appréciation, en regrettant seulement qu'elle ne soit pas venue plus tôt, par exemple au moment où nous avions déposé un recours, manifestement justifié sur le fond, contre le changement de nom de la monnaie unique.

Malheureusement, la Commission, sentant probablement sa tranquillité menacée, a aussitôt demandé l'annulation de l'arrêt Jego-Quéré, et elle a d'ailleurs obtenu tout de suite un arrêt conforme à ses voeux pendant les vacances judiciaires...

Ainsi, les institutions européennes ont réussi à se mettre en situation de déstabiliser les nations membres en permanence, tout en plaçant pratiquement leurs règlements généraux à l'abri des recours individuels des citoyens. C'est une perversion du système actuel qui protège l'entreprise supranationale, mais devra être corrigée dans l'avenir.


Espace européen d'éducation et de formation tout au long de la vie
Explication de vote sur le rapport Van Brempt
par Georges Berthu, le 5 septembre 2002

Nous avons voté contre le rapport Van Brempt sur "un espace européen d'éducation et de formation tout au long de la vie" car il présente un bon exemple d'extension indue des compétences européennes.

Il part d'un article 150 TCE qui prévoit, de manière d'ailleurs obscure et contestable, la mise en oeuvre d'une politique européenne de formation professionnelle "respectant pleinement la responsabilité des États membres", puis il s'efforce d'étendre cette compétence au reste de l'éducation. Il propose notamment que la Commission établisse ("en étroite collaboration avec les États membres", tout de même) un "cadre européen des compétences de base" que tous les élèves devraient avoir acquises avant de quitter l'éducation scolaire obligatoire.

Dans de telles conditions, l'engrenage d'extension des compétences est sans fin. D'ailleurs, le Parlement européen redit encore une fois que la situation actuelle dans le domaine des qualifications "entrave sérieusement la mobilité entre les États membres et l'instauration d'un marché du travail à l'échelle européenne" (considérant F). Pourtant, on avait cru comprendre que le marché du travail européen fonctionne déjà. En réalité, on voit bien que, l'objectif étant celui d'une mobilité intégrale sur un marché du travail totalement unifié, ce sont les nations elles-mêmes qui bientôt deviendront l'obstacle.


Espace européen d'éducation et de formation tout au long de la vie
Explication de vote sur le rapport Van Brempt
par Elizabeth Montfort, le 5 septembre 2002

Réaliser un espace européen de l'éducation et de la formation tout au long de la vie est devenu une priorité pour le siècle qui s'ouvre et l'on ne peut qu'encourager les initiatives allant dans ce sens.

Cette priorité est double: elle sous-tend la prise de conscience de la nécessité d'une formation tout au long de la vie pour tous et l'inscription de cette formation dans le cadre de l'espace européen et non plus seulement d'un seul État. En mettant l'accent sur la mobilité, ce rapport souligne l'importance qu'il y a désormais à former les personnes en tenant compte des expériences et des méthodes différentes propres à chacun de nos États. C'est à la fois une voie d'enrichissenment individuel et un élargissement du marché de l'emploi pour chacun.

Enfin, même si ce rapport ne met pas suffisamment l'accent sur l'apprentissage, il l'inscrit néanmoins dans cette prise de conscience de la nécessité de renforcer les politiques de formation professionnelle au niveau européen et conforte ma conviction de l'absolue nécessité de mettre en place, dans les années à venir, un véritable Erasmus de l'apprentissage qui permette une formation professionnelle en réseau, conjointement pointue et ouverte sur la multiplicité des expériences de chaque peuple.


Environnement : participation du public lors de l'élaboration de certains plans et programmes
Explication de vote sur le rapport Korhola
par Nicole Thomas-Mauro, le 5 septembre 2002

Le droit des citoyens à l'information et à la participation s'est longtemps heurté au prétendu droit secret prétendu droit secret derrière lequel se retranchaient les pouvoirs publics. La progression des réformes tendant à l'amélioration des relations entre l'administration et les usagers a transformé cette pratique en exception. Les cloisons des "bureaux" cèdent peu à peu, en matière d'environnement également.

Cette évolution est bien entendu la bienvenue. C'est pourquoi je soutiens la proposition de directive de la Commission du 19 janvier 2001 visant à transposer dans le droit communautaire le second pilier de la convention d'Aarhus du 25 juin 1998. Cette proposition est novatrive, mais c'est aux États membres qu'il revient de donner au public des occasions effectives de participer au processus décisionnel.

Cependant, je souhaiterais formuler quelques réserves au sujet des amendements du rapport Korhola qui vont au-delà de la Convention d'Aarhus et qui confirment l'option retenue par le rapporteur lui-même. La délégation du MPF estime bien entendu que la transparence de l'information et la participation des citoyens à la prise de décisions doivent être encouragées et encadrées. Il ne faudrait néanmoins pas aboutir à des procédures trop lourdes qui iraient à l'encontre même des objectifs de la proposition. Imposer des dispositions trop contraignantes risque, en effet, de bloquer le processus d'accès à l'information et à la décision tout entier. Il s'agit de se limiter à transposer dans le droit communautaire les dispositions, tout à fait appropriées, de la Convention d'Aarhus afin de favoriser l'application effective de celle-ci.


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