> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES >
Juillet 2007
Session plénière à
Strasbourg du 9 au 12 Juillet 2007 :
Achèvement du marché intérieur
des services postaux de la Communauté
Intervention dans le débat
par Patrick Louis, le 10 juillet 2007
Présentation du programme de la présidence
portugaise
Intervention dans le débat
par Patrick Louis, le 11 juillet 2007

Achèvement du marché
intérieur des services postaux de la Communauté
Intervention dans le débat
par Patrick Louis, le 10 juillet 2007
Monsieur le Président,
chers collègues, la concurrence a des vertus mais,
en économie de marché, avant de laisser faire,
il faut beaucoup faire. Et, à ce titre, laménagement
du territoire est une des conditions de lattractivité,
de lefficacité économique et de la qualité
de vie. La privatisation intégrale du service postal
peut porter atteinte à cet aménagement du
territoire et, partant au bien des nations.
La France nest pas un plat pays, avec
une topologie homogène. Ainsi, selon les lieux, les
coûts de livraison du petit courrier diffèrent
largement. Privatiser le service signifie que, tôt
ou tard, il sera facturé au coût réel
ou abandonné. En conséquence de quoi, les
zones rurales ou reculées, déjà menacées
de désertification économique, subiront un
désavantage compétitif qui les enfoncera dans
la spirale déflationniste.
Il nous faut donc, dans cette Assemblée,
admettre une fois de plus que nos pays sont différents
par leur nature et leur culture. Il faut donc donner à
chacun deux la liberté souveraine de trouver
la solution qui leur convient. Le marché intérieur
nest pas une finalité en soi, ce nest
quun outil au service du bien des nations. Sachons
ne pas loublier dans lintérêt supérieur
de nos compatriotes !

Présentation du programme
de la présidence portugaise
Intervention dans le débat
par Patrick Louis, le 11 juillet 2007
Monsieur le Président, chers collègues,
un journal polonais publiait récemment lhistoire
suivante. Quel a été le premier référendum
européen? Réponse: quand Dieu, ayant crée
Ève, dit à Adam: «choisis ta femme».
Limage est juste. Aujourdhui,
bien loin du paradis terrestre, la Présidence portugaise
a pris le relais de la Présidence allemande. Cette
dernière aura été marquée par
un tour de passe-passe qui veut que lon impose aux
Français et aux Néerlandais un texte à
peine maquillé et élagué quils
ont rejeté par référendum. Ce mini-traité
nest rien dautre que la Constitution travestie.
Il y a quelques années, M. Padoa-Schioppa, le père
de lEuro, écrivait en substance dans une revue
française: la construction européenne procède
davantage du despotisme éclairé que de la
démocratie. Nous en trouvons aujourdhui une
éclatante illustration avec cette manipulation grossière.
Comment peut-on dire que le nouveau texte correspond au
désir exprimé par les Français et les
Néerlandais lors des référendums si
lon ne le soumet pas à une même épreuve
référendaire?
Si vous me le permettez, Monsieur le
Président, je formulerai ici un vu à
laube de la Présidence portugaise: si lon
ne veut pas que les peuples dEurope se détournent
définitivement de la classe politique, il faut que
la Présidence portugaise rompe totalement avec les
méthodes dun autre âge et entreprenne
immédiatement la seule vraie réforme européenne
quattendent les peuples: moins de technocratie, plus
de démocratie.