LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Juillet 2002

Présidence espagnole
Intervention dans la discussion commune
par Georges Berthu, le 2 juillet 2002

Banque centrale européenne (rapport annuel 2001)
Intervention sur le rapport Kauppi
par Georges Berthu, le 2 juillet 2002

Santé et droits sexuels et génésiques
Intervention sur le rapport Van Lancker
par Elizabeth Montfort, le 2 juillet 2002

Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Intervention sur les rapports Scheele et Trakatellis
par Dominique Souchet, le 2 juillet 2002

Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Intervention sur les rapports Scheele et Trakatellis
par Nicole Thomas-Mauro, le 2 juillet 2002

Biocarburants
Explication de vote sur le rapport Mayol i Raynal
par Dominique Souchet, le 2 juillet 2002

Programme d'activité de la Présidence danoise
Intervention suite à la déclaration de la Présidence en exercice du Conseil
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Politique commune de la pêche
Intervention sur les rapports Attwooll et Busk
par Dominique Souchet, le 3 juillet 2002

Banque centrale européenne (rapport annuel 2001)
Explication de vote sur le rapport Kauppi
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Explication de vote sur le rapport Scheele (denrées alimentaires et aliments génétiquement modifiés pour animaux)
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Explication de vote sur le rapport Trakatellis (organismes génétiquement modifiés - OGM)
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Santé et droits sexuels et génésiques
Explication de vote sur le rapport Van Lancker
par Thierry de La Perrière, le 3 juillet 2002

Lutte contre le racisme et la xénophobie
Explication de vote sur le rapport Ceyhun
par Georges Berthu, le 4 juillet 2002

Conseil européen de Séville
Explication de vote sur la résolution relative aux résultats du Conseil de Séville
par Georges Berthu, le 4 juillet 2002

Biocarburants
Explication de vote sur le rapport Ayuso Gonzalez
par Elizabeth Montfort, le 4 juillet 2002


Présidence espagnole
Intervention dans la discussion commune
par Georges Berthu, le 2 juillet 2002

Monsieur le Président, la présidence espagnole a eu le mérite de savoir modifier ses priorités en cours de mandat en élevant la lutte contre l'immigration illégale au sommet de l'ordre du jour du Conseil de Séville. Elle a eu raison. Et ce Conseil, à son tour, a eu raison de laisser de côté les projets mal orientés et mal bâtis présentés par la Commission et de préférer prendre des décisions pratiques et opérationnelles. On n'imagine pas le mal fait à l'idée européenne dans les opinions publiques au cours des années récentes par les projets intégrateurs de la Commission, qui affichaient comme priorités la libre circulation intérieure sans contrôle et l'accueil le plus large des ressortissants de pays tiers, avant même la protection de la sécurité des citoyens et de la cohésion sociale des pays d'Europe.

J'espère sincèrement que cette époque est révolue, encore que j'ai des doutes, car si le Conseil voit mieux les priorités nécessaires, me semble-t-il, la Commission ressemble en revanche à un paquebot qu'il est difficile de faire changer de direction.

Nous ne pouvons qu'encourager le Conseil à réviser, à l'avenir, sévèrement les projets en suspens de la Commission sur l'asile, le regroupement familial, le statut de résident de longue durée, la protection temporaire et même à jeter aux oubliettes le corps supranational de garde-frontières. Il faut donner la priorité à des projets concrets, efficaces, respectant la souveraineté territoriale des États, et au besoin à géométrie variable, par exemple un fichier commun des visas qui permettrait enfin de savoir qui est entré et qui est sorti de l'Union.

Enfin, je rappelle, Monsieur le Président, que la déclaration du Conseil sur l'Irlande n'est faite que pour amadouer les Irlandais en vue de leur second référendum sur Nice. Elle paraît accepter une Europe à la carte pour la politique de sécurité et de défense, mais en réalité il ne s'agit pas du tout de la philosophie sous-jacente ni de la lettre du projet de Nice.


Banque centrale européenne (rapport annuel 2001)
Intervention sur le rapport Kauppi
par Georges Berthu, le 2 juillet 2002

Monsieur le Président, le rapport annuel de la Banque centrale européenne pour 2001 qui apparaît pondéré, technique et serein ne laisse guère deviner que cette année-là, comme la précédente, ont été désastreuses pour l'euro sur les marchés des changes. Un discret graphique page 59 montre cependant la chute du cours de la monnaie européenne, bien plus profonde que toutes les turbulences qu'ont connues depuis 1994 les monnaies nationales participantes. De même le graphique de la page 65 relatif aux flux financiers nets de la zone euro en 2000 et 2001 montre d'importantes sorties qui témoignent du peu de goût des investisseurs pour notre zone, ou notre monnaie, ou les deux.

Mais, va-t-on sans doute me répondre, le rapport de la Banque centrale européenne a eu raison de ne pas insister sur ces aspects peu réjouissants puisque maintenant l'euro va mieux, et que la période noire est terminée. C'est une affirmation qu'il faudra vérifier. Pour le moment, ce que l'on voit, ce n'est pas un enthousiasme des investisseurs envers l'euro, mais plutôt une prise de distance envers le dollar lié au dégonflement de la bulle technologique, aux scandales financiers et surtout, il ne faut pas l'oublier, à l'important différentiel de taux d'intérêts qui joue contre la monnaie des États-Unis.

Les malheurs du dollar font donc momentanément le bonheur de l'euro, mais il faut rester prudent car les problèmes sous-jacents de la monnaie européenne demeurent entiers. Tout d'abord, la croissance européenne reste faible, et l'entrée en vigueur de l'euro ne l'a pas stimulée, contrairement aux promesses. Et surtout, demeure entier le grand point d'interrogation pour l'avenir, celui de la coexistence problématique d'une monnaie unique et d'une zone économique et sociale disparate, dont les sous-parties peuvent diverger.

Pour y remédier, certains rêvent à une intégration plus ou moins forcée. Pour notre part, Monsieur le Président, nous espérons que l'Europe, malgré cette situation inconfortable, saura rester flexible et libérale.



Santé et droits sexuels et génésiques
Intervention sur le rapport Van Lancker
par Elizabeth Montfort, le 2 juillet 2002

Ce rapport relève d'un curieux procédé: tout d'abord le mépris du principe de subsidiarité, car il s'agit bien, en effet, d'ingérence de l'Union européenne non seulement dans les États membres, mais aussi dans les pays candidats, par sa volonté de les contraindre à intégrer des dispositions contraires à leur éthique comme conditions à leur adhésion à l'Union. Ensuite, la mention de droits sexuels et génésiques n'est présente dans aucun traité, dans aucune convention européenne, ni dans la Charte européenne des droits fondamentaux. Il est curieux d'ailleurs que le droit à la reproduction consiste en un catalogue de procédés empêchant précisément cette reproduction.

Enfin, il est irresponsable de dispenser à de très jeunes enfants une pédagogie de la sexualité sans discernement. Les choix éducatifs dans ce domaine relèvent de la responsabilité des parents et du cercle familial. En outre, l'on ne peut réduire l'éducation sexuelle à la contraception, ni considérer l'avortement comme une méthode de planification familiale. L'avortement serait-il la seule réponse à la détresse d'une femme enceinte? Au contraire, l'éducation sexuelle est un apprentissage de la liberté, de la responsabilité ainsi que du respect de son corps et de celui de l'autre. Le respect de la dignité humaine et l'attention portée aux femmes en difficultés nous auraient conduits à des mesures plus responsables et plus respectueuses de la vie. Hélas, il n'en est rien, et c'est pourquoi je voterai contre ce rapport.


Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Intervention sur les rapports Scheele et Trakatellis
par Dominique Souchet, le 2 juillet 2002

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, considérer que les deux rapports soumis aujourd'hui à notre examen posent seulement des problèmes de sécurité alimentaire serait singulièrement restrictif. Les véritables enjeux des manipulations génétiques sont en effet d'ordre éthique et environnemental. Éthique, car la manipulation de l'information chromosomique relève d'autres limites que de celles du techniquement possible; environnemental, parce qu'en introduisant des gènes étrangers dans les plantes cultivées, on prend délibérément le risque de diffuser dans la flore sauvage des gènes indésirables.

Je ne méconnais pas les possibilités nouvelles qu'apporte le génie génétique en matière d'amélioration des plantes cultivées par rapport aux méthodes classiques de sélection végétale. La recherche doit bien évidemment se poursuivre mais, par la suite, la question de savoir jusqu'où on a le droit de jouer à l'apprenti-sorcier au cœur même du vivant doit être posée. Il faut bien constater que, jusqu'à présent, les bénéfices des OGM sont bien plus réels pour les firmes semencières américaines que pour les agriculteurs ou les consommateurs.

Un courant très fort de réticences envers les OGM se manifeste chez les consommateurs, les agriculteurs et les citoyens. Le législateur doit l'entendre. Vis-à-vis de l'industrie, il doit fixer les limites que celle-ci doit respecter et veiller à ce que ces limites s'imposent avec la même rigueur aux produits importés de pays tiers et aux productions de l'Union européenne. Vis-à-vis des consommateurs, le législateur doit exiger un étiquetage correspondant à des doses effectivement mesurables, le plus précis que permette l'état de la connaissance scientifique.


Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Intervention sur les rapports Scheele et Trakatellis
par Nicole Thomas-Mauro, le 2 juillet 2002

Monsieur le Président, en nous prononçant sur les rapports Scheele et Trakatellis relatifs aux produits génétiquement modifiés, nous nous devons de contribuer à la définition d'une stratégie crédible de sécurité des aliments génétiquement modifiés afin de restaurer l'autorité du discours politique en la matière.

Concernant le champ d'application de la législation proposée, nous estimons que l'étiquetage doit s'appliquer aux OGM et à leurs dérivés dans l'alimentation humaine et animale, et qu'il doit être fondé sur la traçabilité complète des OGM, sans limitation aux critères de détectabilité d'ADN génétiquement modifié, ce afin de respecter le pur principe de précaution.

Nous rejetons, en revanche, les amendements visant à promouvoir un étiquetage de type "non-OGM" et/ou "sans OGM" car cette mesure imposerait des surcoûts de production à la filière "sans OGM".

Pour ce qui est des OGM non autorisés dans l'Union européenne, nous prônons la tolérance "zéro". Il serait contradictoire, en effet, de renforcer la procédure d'autorisation des OGM d'un côté et d'accepter de l'autre que des OGM non autorisés soient présents dans denrées alimentaires. Quant au seuil d'exemption d'étiquetage en cas de dissémination fortuite d'OGM autorisés en Europe, nous soutenons le seuil de 0,5%.

Nous ne perdons toutefois pas de vue que l'identification des produits OGM étant problématique, l'existence même d'un tel seuil pose un problème. Ce type d'ambiguïté propre au débat sur les OGM doit être résolu de manière urgente dans nos sociétés qui ont de plus en plus tendance à se déterminer face aux peurs et aux menaces, à tel point que celles-ci sont devenues, aujourd'hui, plus structurantes que la notion de risque elle-même.


Biocarburants
Explication de vote sur le rapport Mayol i Raynal
par Dominique Souchet, le 2 juillet 2002

Il est parfaitement légitime que les États membres appliquent une taxation différentielle visant à favoriser la compétitivité des carburants d'origine végétale, qui sont renouvelables et ne contribuent pas à l'effet de serre. Les États membres doivent pouvoir faire évoluer les accises sur les carburants automobiles vers une sorte d'écotaxe, frappant plus lourdement les carburants fossiles, en raison de leurs externalités négatives, que les carburants renouvelables.

En tant que rapporteur pour la commission de l'agriculture, je me réjouis de voir le Parlement adopter les principaux amendements que j'ai proposés et que notre commission avait approuvés à l'unanimité: la détaxation totale des carburants utilisés pour la production de biocarburants, comme cela se pratique déjà pour la production de produits pétroliers; la suppression de la limite, totalement arbitraire, de 50 % du différentiel de taxation; la nécessité d'éviter que la promotion des biocarburants ne se traduise par une importation de biomasse qui priverait l'Union européenne du bénéfice des réductions des émissions de gaz à effet de serre et de la coproduction de protéines fourragères, utilisables pour l'alimentation animale et pour lesquelles nous sommes lourdement déficitaires.


Programme d'activité de la Présidence danoise
Intervention suite à la déclaration de la Présidence en exercice du Conseil
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Monsieur le Président du Conseil, vous avez fixé, pour votre présidence, la priorité à l'élargissement, je vous en félicite, et nous vous soutiendrons chaleureusement.

Au sujet de cette priorité, je voudrais vous poser trois questions. Pour la première, je ne vous demande pas forcément une réponse immédiate, car elle est épineuse, elle concerne le budget agricole. Comme vous le savez, si l'on voulait transposer à l'identique les règles de la PAC, le budget agricole devrait être augmenté considérablement, ce dont personne ne veut. Réformer la PAC, nous n'en avons pas le temps et d'ailleurs, comme vous l'avez dit, il ne faut pas différer l'élargissement. Renationaliser les aides directes, c'est séduisant à certains égards mais pas satisfaisant à cent pour cent, car ce sont justement les pays les plus pauvres qui pourraient payer le moins. Alors, est-ce qu'il n'y aurait pas une autre voie complémentaire à explorer qui serait la mise en œuvre d'une nouvelle forme de préférence communautaire qui permettrait à la fois de préserver les revenus des agriculteurs tout en imposant des règles de qualité très élevées? Nous avons enregistré récemment un plan américain de soutien à l'agriculture qui est assez contestable mais qui pourrait nous fournir l'occasion de demander une révision des règles de l'OMC, afin que chaque pays ou chaque zone puisse défendre son modèle agricole. Que pensez-vous d'une réflexion de ce genre à l'échéance de 2006 ?

Deuxièmement: au sujet de l'immigration illégale, la présidence précédente s'était fixé comme une de ses priorités la lutte contre l'immigration illégale. Vous, vous avez comme priorité l'élargissement. À la jonction des deux, il y a le problème de la Turquie: c'est un pays qui se veut candidat et qui, pourtant, est une plaque tournante de l'immigration illégale en Europe. Que comptez-vous faire à cet égard ?

Et troisièmement, vous avez déclaré dans votre exposé qu'un nouveau "non" en Irlande mettrait l'élargissement en danger. Est-ce que c'est bien certain, Monsieur le Président? Est-ce qu'il ne serait pas possible d'inscrire les parties correspondantes de Nice dans le traité d'adhésion en les améliorant au passage, et sous cet angle, est-ce qu'un "non" des Irlandais ne serait pas plutôt une chance pour l'Europe ?


Politique commune de la pêche
Intervention sur les rapports Attwooll et Busk
par Dominique Souchet, le 3 juillet 2002

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, comme l'a souligné notre collègue M. Niels Busk, rapporteur de la commission de la pêche sur les questions de contrôle de l'application de la politique commune de la pêche, il est essentiel que les règles de la politique commune de la pêche soient perçues comme justes, équitables et proportionnées par les pêcheurs, afin que ceux-ci y adhèrent. Je cite notre rapporteur : "les pêcheurs soutiendront et respecteront davantage les règlements relatifs à la pêche si les organisations de pêcheurs sont associées au processus de prise de décision".

C'est là un point essentiel, Monsieur le Président. Si les professionnels concernés ne sont pas étroitement associés à l'élaboration des décisions, à la définition des mesures de protection des stocks et des mesures techniques, s'ils constatent que la politique commune de la pêche est inéquitable et qu'elle se construit contre eux, s'ils ont le sentiment d'être considérés a priori comme des contrevenants, alors les règles de la politique commune de la pêche ne seront jamais convenablement appliquées, et aucun dispositif répressif n'y changera rien.

Hélas, le chemin choisi par la Commission pour lancer le processus de réforme de la politique commune de la pêche est aux antipodes de cette nécessaire élaboration concertée des nouvelles règles. Pourtant, les organisations des pêcheurs ont pris une part très active et très constructive à la concertation lancée par la Commission après la publication de son Livre vert. Elles pensaient que la réforme de la politique commune de la pêche offrait l'occasion de rétablir la confiance en rompant avec la triste tradition des politiques assenées. Elles n'en sont que plus amères de se trouver aujourd'hui placées devant un projet de réforme qui ignore en fait leurs propositions. L'erreur de fond de la Commission se double donc d'une erreur de méthode.

Concernant les mesures de protection et de reconstitution des stocks, au lieu de progresser vers les procédures consensuelles et responsabilisantes que les pêcheurs souhaitent, c'est, malgré quelques faux-semblants, tels que les comités consultatifs régionaux, vers plus d'autoritarisme et de centralisation que la Commission veut nous entraîner.

Concernant les mesures de régulation de l'effort de pêche, ce sont des décisions brutales et arbitraires qui sont imposées, orientées vers toujours plus de destruction de navires et d'élimination de marins. Si de telles mesures étaient adoptées, il y a tout lieu de craindre que le contrôle de l'application de la future politique commune de la pêche, Monsieur le rapporteur, soit demain beaucoup plus problématique qu'aujourd'hui. Mais il est encore temps, Monsieur le Commissaire, de vous reprendre et d'écouter les messages que vous adresse la base. Vous le savez, vos propositions n'ont pas suscité l'enthousiasme, mais la révolte dans nos ports et sur nos côtes. Si vous savez entendre le sens de cette révolte, alors, vous constaterez rapidement que nos pêcheurs ont encore plus à cœur que vos environnementalistes en chambre la volonté de pratiquer une pêche durable.


Banque centrale européenne (rapport annuel 2001)
Explication de vote sur le rapport Kauppi
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Dans l'introduction du rapport annuel de la Banque Centrale Européenne pour 2001, Wim Duisenberg présente une intéressante opinion personnelle sur l'intégration. Il estime qu'elle va connaître une impulsion nouvelle, car la monnaie unique va inciter les citoyens à demander "de supprimer les obstacles subsistants entre leurs pays". Et il conclut : "L'intégration européenne pourrait à l'avenir tenir davantage d'un processus issu de la base, à l'initiative des citoyens européens, que d'un processus émanant du sommet, piloté par les hommes politiques et les experts".

Ce texte contient deux aveux : premièrement, le montage institutionnel actuel est instable; deuxièmement, jusqu'ici, la construction européenne a surtout été une affaire "d'hommes politiques et d'experts".

Cependant, l'idée que les citoyens européens puissent, à cause de la monnaie unique, demander davantage d'intégration nous paraît discutable. C'est sans doute le voeu des eurocrates, qui souhaiteraient que les citoyens leur disent enfin qu'ils ont eu raison depuis le début. Mais ce n'est pas du tout ce que l'on constate sur le terrain pour le moment.

D'ailleurs, le processus décrit par M. Duisenberg n'est pas vraiment spontané, mais plutôt téléguidé par le haut, à travers l'existence de la monnaie unique. Toujours la manipulation.


Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Explication de vote sur le rapport Scheele (denrées alimentaires et aliments génétiquement modifiés pour animaux)
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Le rapport Scheele avalise une procédure européenne centralisée très critiquable pour autoriser les OGM, conformément à la proposition de la Commission COM (2001) 425 final. En effet, cette proposition renvoie de manière obscure à une décision 1999/468/CE sur la comitologie, selon laquelle:

1) les décisions d'autorisation sont prises par la Commission sur avis conforme de la majorité qualifiée d'un "Comité de réglementation" composé de représentants des États membres ;

2) si le comité n'est pas d'accord, l'affaire remonte au Conseil lui-même ; mais si le Conseil n'adopte pas la proposition de la Commission (à la majorité qualifiée), ou s'il ne s'y oppose pas (à l'unanimité), la décision revient à la Commission, qui la prend seule.

Ainsi, l'autorisation d'un OGM peut être donnée contre la volonté d'une minorité d'États membres et même, dans certains cas, contre la volonté d'une majorité. Aucune clause de sauvegarde nationale n'est prévue à ce niveau même si, par exemple, un pays exprimait par référendum son opposition à un OGM.

Cette procédure est visiblement destinée à laisser les mains libres à la Commission pour donner des autorisations dont les gouvernements diront ensuite "Nous n'y pouvons rien, c'est la règle européenne". Ainsi va la démocratie à Bruxelles.


Sécurité alimentaire en matière d'alimentation humaine et animale
Explication de vote sur le rapport Trakatellis (organismes génétiquement modifiés - OGM)
par Georges Berthu, le 3 juillet 2002

Les rapports Trakatellis et Scheele se réfèrent à deux propositions de règlements imbriquées l'une dans l'autre, qui traitent en se chevauchant des questions d'autorisation, de traçabilité et d'étiquetage des organismes génétiquement modifiés.

Cette présentation, qui rend le sujet encore plus difficilement compréhensible, n'est due semble-t-il qu'à des rivalités de compétences au sein de la Commission. À l'égard des citoyens qui ont déjà du mal à comprendre l'Europe, cette méthode est intolérable, et aurait dû justifier à elle seule un renvoi de ces textes. Le Parlement européen n'ayant pas eu cette dignité, il en a été réduit à voter dans une certaine confusion.

Sur le fond, l'idée consiste à donner certaines garanties de rigueur dans la procédure d'autorisation et d'étiquetage des OGM. Dans l'ensemble, j'ai soutenu les amendements tendant à durcir le texte, qui ont souvent été adoptés, de sorte que, de ce point de vue, le résultat ne paraît pas mauvais.

Malheureusement, la Commission a inséré dans les deux règlements une méthode de vote et de décision qui va balayer le libre choix des États. Je l'exposerai dans mon explication de vote sur le rapport Scheele. C'est pourquoi je me suis abstenu sur ces deux rapports.


Santé et droits sexuels et génésiques

Explication de vote sur le rapport Van Lancker
par Thierry de La Perrière, le 3 juillet 2002

Ce rapport identifie hommes et femmes aux animaux, incapables de dominer leurs pulsions sexuelles, qui les conduisent inéluctablement au coït.

En proposant une concertation entre États membres, élargie aux futurs adhérents, sur le thème de la santé et des droits sexuels et génésiques, la Commission décrit la direction dans laquelle les débats devront avoir lieu : banalisation du recours à l'avortement et déconstruction de la cellule familiale.

La volonté pour la Commission de rapprocher les différentes politiques nationales sur ce thème participe à la rationnalisation - normalisation - de la vie sociale au sein des États, ce au mépris des différences identitaires. Tout en généralisant la pratique de l'avortement, le rapport préconise la mise en place de services d'assistance pour l'encadrer, alors que les mères en détresse sont délaissées. L'absurde atteint son paroxysme quand la Commission appelle les États à ne pas engager de poursuites lors d'avortements illégaux !

Par ailleurs, le rapport annonce des politiques de sensibilisation et d'informations des jeunes dès l'enfance. Ces mesures portent alors atteinte à l'intégrité de l'enfant et ne feront que le déconnecter de la cellule familiale, dont le rôle essentiel d'éducation est largement bafoué.


Lutte contre le racisme et la xénophobie
Explication de vote sur le rapport Ceyhun
par Georges Berthu, le 4 juillet 2002

La proposition de décision-cadre sur la lutte contre le racisme et la xénophobie, présentée par la Commission, nous paraît dépourvue de base légale à un double point de vue.

1. Elle tend à rapprocher les règles de droit pénal, et notamment les sanctions, entre les États membres, en se fondant sur les articles 29, 31 et 34, paragraphe 2, du Traité sur l'Union européenne. Mais ces articles n'accordent pas une telle compétence pour la lutte contre le racisme.

2. La coopération policière et judiciaire du titre VI TUE a bien pour mission, entre autres, de lutter contre "le racisme et la xéonophobie", mais la proposition de la Commission élargit de son propre chef la définition de ces mots, en ajoutant à l'aversion motivée par la race ou l'origine nationale, l'aversion motivée par "la religion ou les convictions" (article 3). S'il suffisait de changer le sens des mots a posteriori pour étendre les compétences visées par le traité, ce serait un peu trop facile, et cela se saurait.

Enfin, cette tentative d'extension abusive de la définition du racisme fait craindre une police de la pensée au niveau européen, et pour cette raison aussi, elle doit être rejetée.


Conseil européen de Séville
Explication de vote sur la résolution relative aux résultats du Conseil de Séville
par Georges Berthu, le 4 juillet 2002

Nous avons voté contre la résolution sur les résultats du Conseil de Séville car elle approuve les déclarations fallacieuses qui visent à égarer les Irlandais à la veille de leur second référendum sur le traité de Nice.

En effet, ces deux déclarations - celle, unilatérale, de l'Irlande, et celle du Conseil qui prend connaissance de la précédente (ou en prend acte, selon les versions linguistiques) - paraissent garantir le libre choix de chaque pays pour la politique de sécurité et de défense en général, et pour chaque opération en particulier. Mais ce n'est pas l'esprit de Nice. S'ils disent "oui" au second référendum, les Irlandais vont se retrouver prisonniers de textes piégés qui les entraîneront forcément peu à peu vers une intégration dont ils ne veulent pas.

Je ne peux malheureusement pas en dire davantage ici, car l'administration du Parlement européen a décidé de raccourcir sans aucune tolérance les explications de vote dépassant 200 mots. Mais les personnes intéressées par la vérité sur les affaires européennes, et qui sont lassées de ne pas la trouver dans les débats officiels de notre assemblée, peuvent se reporter au site Internet des députés français MPF à l'adresse suivante : http://www.autre-europe.org


Biocarburants
Explication de vote sur le rapport Ayuso Gonzalez
par Elizabeth Montfort, le 4 juillet 2002

Je crois très fortement aux possibilités de développement des bio-carburants issus de matières premières agricoles; un des aspects de la multifonctionnalité de notre agriculture est de pouvoir produire nourriture et énergie; pour l'énergie, c'est une filière qui, avec 570.000 tonnes produites par an, n'en est qu'à ses débuts et est appelée à connaître dans les années futures une croissance importante, en volume, en rendement énergétique et en amélioration de son écobilan.

J'ai soutenu les mesures qui tendent à une fiscalité différentiée; on devra de plus en plus considérer les taxes sur les produits pétroliers comme une écotaxe destinée à sanctionner les carburants d'origine fossile pour leurs externalités négatives: non durabilité et contribution à l'effet de serre; les bio-carburants en revanche sont une ressource propre, renouvelable, autochtone, et parfaitement neutre vis à vis de l'effet de serre.

J'ai soutenu les mesures qui donnent aux États-membres des objectifs précis et croissants d'utilisation des bio-carburants dans le pool carburants, et je regrette que le Parlement ait atténué le côté contraignant de ces mesures.

Enfin, je regrette que nous n'ayons pas été suivis dans les dispositions visant à empêcher que les mesures prises ne se traduisent par une augmentation des importations de bio-carburants et de leurs matières premières.


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