> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES >
Juin 2007
Session plénière à
Strasbourg du 18 au 21 Juin 2007 :
Travaux de l'Assemblée parlementaire
paritaire ACP-UE (2006)
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 19
juin 2007

Travaux de l'Assemblée
parlementaire paritaire ACP-UE (2006)
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 19
juin 2007
Monsieur le Président,
chers collègues, Mesdames et Messieurs les représentants
des États membres et fonctionnaires de la Commission,
nous sommes d'accord avec l'inspiration générale
du rapport Cornillet, qui est frappé au coin du bon
sens, de la bonne volonté, de bons sentiments qui,
il faut bien le dire, sont le plus souvent des vux
pieux.
Insistons cependant sur un point, à
savoir le trop grand contraste entre l'importance et même
la gravité que revêt aujourd'hui la question
de nos rapports avec les pays d'Afrique, et l'indifférence
des oligarchies européennes, en particulier de ce
Parlement, vis-à-vis de notre Sud.
Oui, mes chers collègues, nous péchons
par indifférence. Il n'y a aucune commune mesure
entre l'intérêt des questions, quelquefois
minuscule, qui accaparent les neuf dixièmes et plus
de nos débats et de nos votes, et la gravité
du déséquilibre qui s'aggrave entre le continent
européen et l'Afrique. Je dis l'Afrique, d'ailleurs,
car je ne pense pas qu'il faille par trop élargir
le champ des ACP, l'essentiel devant être consacré
au cur initial des accords de Lomé, qui est
et qui doit rester l'Afrique subsaharienne.
Sans doute la question est-elle trop authentiquement
politique, trop crûment politique, pour être
traitée par des institutions supranationales qui
sont, par nature, trop faibles pour traiter de questions
autres que techniques. De ce point de vue, il est bien normal
que l'on se tourne vers les États et que nous en
soyons à demander, comme le fait excellemment le
rapport Cornillet, une plus grande implication des parlements
nationaux, car à force de vouloir évoquer
les grands problèmes à l'échelle européenne,
nous finirions par ne plus les traiter du tout, tout en
désengageant les États.
Oui, mon cher collègue Cornillet,
la solution, là comme ailleurs, est de faire confiance
aux États et aux institutions authentiquement démocratiques
que sont les parlements nationaux.