LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Juin 2002

Reconstitution des stocks de cabillaud et de merlu
Explication de vote sur le rapport Stihler
par Dominique Souchet, le 13 juin 2002

Préparation du Conseil européen de Séville (21-22 juin)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Elargissement de l'Union : élargissement et agriculture
Explication de vote sur le rapport Olsson
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Elargissement de l'Union : impact financier
Explication de vote sur le rapport Böge
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Elargissement de l'Union : état d'avancement des négociations d'adhésion
Explication de vote sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Apprentissage : "Faire face aux engagements, accélérer le rythme"
Explication de vote sur le rapport Vlasto
par Elizabeth Montfort, le 13 juin 2002

Calendrier des périodes de session du Parlement européen pour 2003
Explication de vote
par Alexandre Varaut, le 12 juin 2002

Calendrier des périodes de session du Parlement européen pour 2003
Explication de vote
par Georges Berthu, le 12 juin 2002

Election des représentants au Parlement européen au suffrage universel direct
Explication de vote sur le rapport Gil-Robles
par Georges Berthu, le 12 juin 2002

Révision générale du règlement du Parlement européen
Explication de vote sur le rapport Corbett
par Georges Berthu, le 12 juin 2002

Élargissement de l'Union
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 12 juin 2002

Procédure de levée de l'immunité parlementaire
Explication de vote sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 11 juin 2002

Programmes spécifiques de recherche, de développement technologique, de démonstration (RDTD) et de formation
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 11 juin 2002

Élection des représentants au Parlement européen au suffrage universel direct
Intervention sur le rapport Gil-Robles
par Georges Berthu, le 11 juin 2002

Procédure de levée de l'immunité parlementaire
Intervention sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 10 juin 2002

Révision générale du règlement du Parlement européen
Intervention sur le rapport Corbett
par Georges Berthu, le 10 juin 2002


Reconstitution des stocks de cabillaud et de merlu
Explication de vote sur le rapport Stihler
par Dominique Souchet, le 13 juin 2002

Le traitement du dossier de la raréfaction du cabillaud et du merlu est caractéristique d'un comportement autiste de la part d'une Commission européenne qui fait de mauvais diagnostics, parce qu'elle est coupée des réalités, et prend en conséquence de mauvaises décisions.

Mauvais diagnostic: il est vrai que les stocks de cabillaud sont, dans certaines zones de pêche, en situation fragilisée, mais il est faux d'en attribuer la cause exclusivement à la surpêche, car bien d'autres facteurs entrent en ligne de compte. Quant au merlu, sa situation est spécifique et différente: les cycles biologiques sont beaucoup plus courts, la reprise est déjà amorcée et les mesures que propose la Commission arriveront complètement à contre-cycle.

Mauvaises décisions: la gestion des TAC dans un cadre pluriannuel est une bonne mesure, que nous réclamons depuis longtemps, mais elle doit se traduire par des variations annuelles limitées à des taux supportables par les métiers concernés.

Quant aux mesures structurelles proposées, elles négligent les conséquences économiques et sociales pour les différents métiers concernés et traduisent le même esprit malthusien que la proposition de réforme de la PCP: elles sont totalement inacceptables.


Préparation du Conseil européen de Séville (21-22 juin)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Dans sa résolution sur la préparation du Conseil européen de Séville (21-22 juin 2002), le Parlement européen vient de lancer un appel à une politique européenne de l'immigration "communautarisée" sur la base des dispositions du traité d'Amsterdam.

Il y a un grave malentendu à ce sujet. Si la situation sur le front de l'immigration dérape en Europe, ce n'est pas à cause de l'absence de politique supranationale. C'est parce que depuis longtemps, ni les pays membres, ni la Commission n'ont voulu donner la priorité absolue à la sécurité des citoyens et à la maîtrise de l'immigration, qui impliquent nécessairement la lutte contre l'immigration clandestine et la régulation des flux légaux.

Au contraire, chez les pays membres comme à la Commission, la priorité était donnée à la circulation sans contrôle, à l'abolition des frontières intérieures, à la bienveillance envers les demandeurs d'asile, même manifestement abusifs, à la croyance que l'immigration massive allait résoudre nos problèmes de dynamisme et de démographie.

On en voit aujourd'hui le résultat. Mais la solution n'est pas l'intégration supranationale de la politique de l'immigration sur la base de mauvaises priorités. La première solution, c'est le changement des priorités. Or nous en sommes encore très loin aujourd'hui.


Elargissement de l'Union : élargissement et agriculture
Explication de vote sur le rapport Olsson
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Le rapport Olsson et la Commission proposent d'étendre progressivement la politique agricole commune actuelle aux nouveaux membres, pendant les 10 ans suivant leur adhésion, en réfléchissant parallèlement à une nouvelle PAC applicable à tous, qui de toute façon, pour des raisons financières et techniques, ne pourrait entrer en vigueur avant 2006.

Il paraît difficile de faire autrement dans l'immédiat: on ne peut ni appliquer à tous immédiatement les règles en vigueur dans l'Union, car ce serait insupportable financièrement, ni accepter durablement une PAC à deux vitesses, car ce serait inacceptable politiquement. Mais en même temps, il faudrait éviter que, sous prétexte de prendre des mesures transitoires inévitables, on ne se retrouve à terme avec une usine à gaz administrative et financière étendue à l'échelle du continent.

Affirmons donc dès à présent les principes futurs d'une nouvelle PAC : la recherche de la qualité, le respect de la nature, le soutien à la multifonctionnalité, le maintien de l'équilibre social en milieu rural, en un mot la défense du modèle agricole européen, assumée par la protection aux frontières, et donc financée par le consommateur, plutôt que par un budget communautaire en expansion infinie, financé par le contribuable.


Elargissement de l'Union : impact financier
Explication de vote sur le rapport Böge
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Les perspectives financières établies à Berlin en 1999 pour les années 2000-2006 prévoyaient l'arrivée de six nouveaux membres dans cette période, à partir de 2002. En réalité, il pourrait bien en arriver 10, mais en 2004 seulement, de sorte que l'économie sur la durée de présence compenserait la surcharge des membres supplémentaires. Nous approuvons cet équilibrage, qui permettra de demeurer sous le plafond budgétaire de 1,27 % des PIB des Etats membres.

Nous pouvons admettre aussi l'adaptation progressive des paiements de la politique agricole aux nouveaux pays membres, telle que la prévoit le rapport Böge, sachant que l'on raisonne ici à politique constante. Mais nous voudrions aussi la réforme de cette politique, pour la transformer en "PAC durable" (voir mon explication de vote sur le rapport Olsson).

Nous réprouvons en revanche la petitesse des efforts consentis par les Etats membres bénéficiaires aujourd'hui des fonds structurels et de cohésion, qui devraient mieux comprendre la nécessité de déplacer ces crédits vers l'Est. Il faut clairement prévoir l'extinction du fonds de cohésion actuel, qui d'ailleurs était destiné à faciliter l'accès de ces pays à la monnaie unique, mission aujourd'hui terminée.


Elargissement de l'Union : état d'avancement des négociations d'adhésion
Explication de vote sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 13 juin 2002

Le rapport Brok exhorte les pays membres et candidats aux efforts nécessaires pour conclure les négociations d'adhésion à la fin de cette année, afin de signer les traités d'adhésion vers avril 2003, en vue d'une entrée de dix nouveaux membres en 2004. Nous approuvons chaudement cette démarche.

En effet, au Conseil de Berlin, en 1999, il avait été prévu que six Etats candidats devraient entrer dans l'Union en 2002. Or nous y sommes, et aucun n'est entré. Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Il faut faire sauter les derniers verrous, tout en demeurant réalistes, comme je l'exposerai dans mon explication de vote sur le rapport Böge.

En tout cas, il y a au moins un faux problème : la non-ratification du traité de Nice par le peuple irlandais. S'il advenait qu'il rejette encore ce mauvais traité par un second référendum (malgré l'opération de séduction que prépare le Conseil de Séville, avec une déclaration en trompe-l'oeil affichant le respect de la neutralité militaire irlandaise), l'élargissement ne serait pas compromis pour autant : il suffirait d'inclure les parties correspondantes du traité de Nice dans le futur traité d'adhésion. On pourrait en profiter d'ailleurs pour les réviser, ce qui serait un bien.


Apprentissage : "Faire face aux engagements, accélérer le rythme"
Explication de vote sur le rapport Vlasto
par Elizabeth Montfort, le 13 juin 2002

La communication de la Commission 'Faire face aux engagements, accélérer le rythme' a permis de dresser un état des lieux complet des 'dipositions particulières de la stratégie de Lisbonne dans le domaine de l' entreprenariat' et de mettre en exergue les carences qui subsistent vis-à-vis des petites entreprises et de l' artisanat.

Il reste de nombreux progrès à accomplir pour soutenir et développer l' apprentissage, qui souffre dans de nombreux pays d' Europe d' une mauvaise image. Il est temps de promouvoir l' apprentissage comme une formation moderne et dynamique.

Aussi, je me réjouis que le Parlement européen, en adoptant le rapport de Mme Vlasto, offre, au travers des mesures que j' ai proposées via divers amendements, de mettre en place une vraie politique en faveur de l' apprentissage: programme d' échange de type Erasmus afin d' encourager la mobilité des apprentis; statut européen de l' apprenti et bourses d' échange de formation entre apprentis et entrepreneurs; politique de soutien aux petites entreprises et aux artisans dans le cadre des 'parcours européens' que j' ai valorisés; et enfin, mise en place de réseaux de formation dans le cadre de ces 'parcours' pour servir de relais à des formations professionnelles dispensées tout au long de la vie.


Calendrier des périodes de session du Parlement européen pour 2003
Explication de vote
par Alexandre Varaut, le 12 juin 2002

A nouveau, le lobby anti-Strasbourg se déchaîne pour tenter de raccourcir et dévaloriser les sessions strasbourgeoises, et à terme, de les supprimer. Tout est bon, donc, de l'utilisation du scrutin secret à la menace de la légionellose.

Je souhaiterais rappeler qu'il n'appartient pas à une assemblée de décider elle-même du lieu où elle siège. Ce n'est pas aux parlementaires de décider pour je ne sais quelle raison de confort, d'humeur ou d'orientation gastronomique du lieu où ils légifèrent. Imaginerait-on un instant que le Parlement européen décide, parce que cela est plus plaisant, de siéger l'hiver à Courmayeur et l'été à Saint-Tropez ? Une assemblée ne peut que se soumettre à ce que les gouvernements, donc les peuples, ont fixé à travers les textes fondamentaux. En l'occurrence, ce que les textes ont fixé pour le Parlement européen est que son siège est à Strasbourg, ce siège ne peut être rendu virtuel par le lobby du waterzooi obligatoire.


Calendrier des périodes de session du Parlement européen pour 2003
Explication de vote
par Georges Berthu, le 12 juin 2002

Le Parlement européen vient, une fois de plus, de s'opposer à la séance du vendredi matin dans les semaines de réunion plénière à Strasbourg. Il n'a pas le droit de procéder ainsi, puisqu'il doit obéir au traité. Or il le viole ici sur deux points.

Tout d'abord, comme la Cour de Justice l'a fait remarquer en 1997, lorsque le traité évoque " les douze périodes de sessions plénières mensuelles", il fait référence à la pratique existante, qui est celle de périodes durant une semaine.

En second lieu, les sessions plénières additionnelles qui peuvent se tenir à Bruxelles ont pour but de fournir un complément lorsque le temps de travail à Strasbourg est saturé. Il n'est donc pas possible de vider les semaines de Strasbourg tout en ajoutant dans le même temps des mini-sessions à Bruxelles. Et même, il n'est pas correct de prévoir un an à l'avance des sessions à Bruxelles, sans savoir si l'ordre du jour de Strasbourg sera ou non saturé.

Je regrette que le précédent gouvernement français n'ait pas saisi la Cour de Justice lorsque les vendredis de Strasbourg ont été supprimés en 2000 et en 2001, et j'espère que le prochain fera mieux.


Election des représentants au Parlement européen au suffrage universel direct
Explication de vote sur le rapport Gil-Robles
par Georges Berthu, le 12 juin 2002

Le projet de décision du Conseil sur l'organisation des élections européennes prévoit la possibilité de circonscriptions électorales régionales, à l'initiative et à la discrétion de chaque pays. Dans la mesure où il s'agit d'une simple faculté, déjà utilisée d'ailleurs par une minorité de pays, cette disposition peut être acceptée.

Pour la France, nous sommes cependant opposés à une telle réforme, qui favoriserait le morcellement du pays face à Bruxelles. C'est le sens de l'amendement que j'avais déposé, et dont j'ai déjà parlé au cours du débat.

Le Conseil a précisé que la création de circonscriptions régionales dans un pays ne devrait pas porter atteinte "globalement" au caractère proportionnel du scrutin (article 2). Le Parlement éclaire ce "globalement" en expliquant qu'il ne faut pas "porter atteinte à la représentation proportionnelle des familles politiques considérées au niveau de l'État membre" (considérant C). Nous en tirons la conclusion qu'en cas de création de circonscriptions régionales, il faut éviter les effets de seuils, par exemple en instituant un mécanisme de "récupération des restes" au niveau national. Mais tout cela serait bien compliqué. Le système actuel est plus simple, plus clair, plus efficace pour la représentation de la France.


Révision générale du règlement du Parlement européen
Explication de vote sur le rapport Corbett
par Georges Berthu, le 12 juin 2002

La révision du règlement proposée par le rapport Corbett aura pour effet, sous prétexte de simplifier et d'alléger les procédures, de renforcer le duopole des "grands groupes" à majorité fédéraliste au sein du Parlement européen.

En effet, les conditions de constitution des groupes sont durcies, ce qui rend plus compliquée la création de petits groupes. En même temps, la vie parlementaire va être rendue plus difficile pour les minoritaires et les non-inscrits.

Jusqu'ici, ces derniers pouvaient trouver un exutoire dans les explications de vote par écrit. Mais la tolérance qui prévalait traditionnellement sur la longueur de ces explications a été révoquée par l'administration sans qu'aucune justification claire n'ait été fournie. Ce revirement pénalise en fait les minoritaires et les non-inscrits bien plus que les autres. Ici comme ailleurs, le sens de la manoeuvre est limpide : c'est une chasse aux sorcières discrète et silencieuse contre tout ce qui n'est pas estampillé fédéraliste.

Enfin, comme je l'ai dit dans le débat, cette révision du règlement élargit les droits du Parlement européen au-delà de ce que permet le traité, sans qu'apparemment nul pays membre ne s'en soucie.


Élargissement de l'Union
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 12 juin 2002

Monsieur le Président, la logique de l'élargissement doit tout naturellement se traduire, pour l'agriculture comme dans les autres domaines, par l'application de règles du jeu identiques dans les anciens États membres et les nouveaux, tout en ménageant les transitions nécessaires pour éviter, chez les uns comme chez les autres, les conséquences déstabilisatrices de la mise en œuvre concrète de cet impératif politique historique.

Deux problèmes particulièrement délicats se posent en matière agricole. Celui, tout d'abord, de l'ouverture des marchés de l'ouest aux produits de l'est. Cette ouverture doit être conduite filière par filière et pays par pays au fur et à mesure que les producteurs sont à même de mettre sur le marché des produits répondant aux mêmes normes de qualité et de sécurité que celles que nous imposons déjà à nos propres producteurs. La seconde question est celle dite du premier pilier de la PAC, c'est-à-dire du soutien des marchés et des aides compensatoires. Il faut ici que les principes qui gouvernent la PAC, les aides et soutiens qui sont justifiés par les contraintes et exigences de nature environnementale, sociale et sanitaire qui pèsent sur nos agriculteurs, s'appliquent sans discriminations aux anciens et aux nouveaux États membres, dès lors que ces derniers respectent les mêmes contraintes. Dans combien de temps seront-ils en mesure de le faire? Autrement dit, quelle doit être la durée de la phase de transition? La Commission nous propose une phase de transition totalement uniforme pour tous les pays quant au calendrier et aux modalités, dont les conséquences consisteraient d'abord en une restructuration extrêmement brutale et douloureuse pour les pays qui comptent un grand nombre d'exploitations. Il faut au contraire, nous semble-t-il, répondre à cette question pays par pays, en tenant compte de la situation particulière et de la structure spécifique de l'agriculture de chaque pays, de l'impact social de leur basculement dans la PAC, du rythme souhaitable, souhaité et supportable pour chacune de leurs agricultures.

Aborder ce problème sous le seul angle de la logique comptable, comme tendent aujourd'hui à le faire certains États membres, tels que l'Allemagne et les Pays-Bas, témoigne d'une étroitesse d'approche qui est dangereuse pour l'avenir de l'Union, parce qu'il s'agit de questions essentielles pour l'avenir et l'équilibre des sociétés des États candidats. L'ennemi de la grande Europe de demain, Monsieur le Président, c'est la volonté d'uniformité.


Procédure de levée de l'immunité parlementaire
Explication de vote sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 11 juin 2002

Le nouvel article 6 bis, paragraphe 13, du règlement de notre Assemblée, tel que voté à la suite du rapport Duff, déclare : "Après consultation des États membres, la commission (compétente du Parlement européen) peut dresser une liste indicative des autorités des États membres habilitées à présenter une demande de levée d'immunité d'un député".

Comme je l'ai dit hier, cette formulation alambiquée a un but : ne pas reconnaître clairement une compétence nationale qui gêne le Parlement européen. Pour ne pas l'admettre, on commence par dire que le Parlement européen a le droit de dresser une liste. Mais comme ce droit est purement inventé, on s'empresse d'ajouter que la liste est "indicative". Dans un troisième temps, comme cette minoration du Parlement européen déplaît encore, on précise que les États membres sont "consultés", ce qui semble signifier qu'ils ne décident pas. D'ailleurs on ne sait pas non plus sur quoi ils sont consultés: sur le principe d'une liste ou son contenu.

C'est une des méthodes classiques des institutions européennes pour accaparer des compétences nationales : on commence par tout embrouiller, puis on déclare que la situation est trop compliquée et que pour simplifier il faut donner la compétence à Bruxelles.


Programmes spécifiques de recherche, de développement technologique, de démonstration (RDTD) et de formation
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 11 juin 2002

Monsieur le Président, dans la proposition de décision du Conseil relative au programme Euratom de recherche dans le domaine de l'énergie nucléaire que nous soumet la Commission, je relève que les besoins de l'Union apparaissent correctement identifiés pour le court et le long terme, mais j'observe une impasse totale s'agissant de la vision à moyen terme.

Pour le court terme, si les moyens devraient être plus importants, les thèmes de recherche retenus sont en tout cas pertinents. Ils s'imposent d'ailleurs d'eux-mêmes. Il s'agit, d'une part, de la gestion des résidus ultimes et des combustibles usés: retraitement poussé, transmutation en produits de moins en moins radioactifs et à durée de vie de plus en plus courte. C'est la priorité des priorités et il nous faut absolument nous donner les moyens d'aboutir à une désactivation de ces déchets finaux.

Il s'agit, d'autre part, de la sûreté des installations nucléaires et de la radioprotection. Même si les installations nucléaires européennes ont déjà démontré leur haut niveau de sécurité, et si des mesures de contrôle et de protection de l'environnement très rigoureuses y sont appliquées, il y a lieu de poursuivre cet effort.

Pour le long terme, c'est-à-dire à partir de 2050, lorsque les gisements de pétrole facilement accessibles seront épuisés, c'est la fusion nucléaire qui prendra le relais et il importe que les Européens ne se laissent pas distancer par leurs partenaires américains et japonais dans la mise au point de cette technologie.

En revanche, la carence est complète et paradoxale sur le moyen terme, sur le chaînon central, c'est-à-dire sur les moyens consacrés à la recherche touchant la nouvelle génération de réacteurs à fission appelés à remplacer ceux qui sont actuellement en fonctionnement.

Dans une dizaine d'années en moyenne, les réacteurs qui nous éclairent et nous chauffent aujourd'hui seront en fin de vie. Il conviendra alors de les remplacer par des réacteurs faisant appel à de nouveaux concepts: réacteurs à haute température, nouveaux réacteurs à eau pressurisée, nouveaux réacteurs à neutrons rapides, cette dernière technologie faisant actuellement l'objet ­ je le souligne ­ de recherches avec financement public aux États-Unis, alors que le précédent gouvernement français l'avait stupidement abandonnée.

Nous sommes ici dans un domaine où l'Europe détient une compétence réelle et reconnue, une position de leader mondial, et nous devons avoir pour objectif de maintenir notre avance technologique. Il convient donc de consentir les efforts de recherche nécessaires. Nos partenaires américains et japonais se sont engagés dans des politiques volontaristes par rapport auxquelles, Monsieur le Président, l'Union et les États membres ne doivent prendre aucun retard.

Élection des représentants au Parlement européen au suffrage universel direct
Intervention sur le rapport Gil-Robles
par Georges Berthu, le 11 juin 2002

Madame la Présidente, le rapport Gil-Robles propose à notre Assemblée de donner son avis conforme au projet de décision du Conseil relatif à la procédure des élections européennes et, sur ce point précis, nous le suivons. En effet, ce projet, dans son état actuel, apparaît suffisamment souple pour respecter la souveraineté de chaque pays.

En revanche, l'avis conforme serait assorti de considérants dont beaucoup sont contestables, par exemple celui qui regrette que le projet du Conseil ne prévoie pas la possibilité de listes européennes transnationales. Au contraire, nous pensons que de telles listes couperaient encore plus le Parlement européen des électeurs des pays membres.

Si nous avons un regret, pour notre part, c'est que le Conseil ait oublié de rappeler que, conformément aux articles 189 et 190 TCE, même dans les cas où un pays crée des circonscriptions régionales pour les élections européennes, ces députés ainsi élus représentent leur pays en son entier et non pas leur seule circonscription, comme le rappelait d'ailleurs tout à l'heure M. Méndez de Vigo. De toute façon, cette règle est là, puisqu'elle est inscrite dans le Traité, mais nous avons tout de même présenté un amendement pour la rappeler, afin que nul ne la perde de vue.


Procédure de levée de l'immunité parlementaire
Intervention sur le rapport Duff
par Georges Berthu, le 10 juin 2002

Monsieur le Président, le rapport Duff s'efforce de rationaliser la procédure de levée de l'immunité parlementaire d'un député européen et en même temps d'introduire des protections complémentaires contre l'arbitraire, ce qui ne peut que nous convenir.

Toutefois, il résout assez mal, à notre avis, la question technique précise qui, à l'origine, avait donné le branle à toute cette réflexion, à savoir comment déterminer l'autorité nationale compétente pour transmettre au Parlement européen la demande de levée d'immunité d'un de ses membres. Le bon sens politique nous suggère que c'est à l'État membre concerné de désigner lui-même cette autorité. D'ailleurs, le rapport Lamassoure, voté pas plus tard que lors de notre dernière session, déclare que lorsqu'une compétence n'a pas été explicitement attribuée aux institutions européennes, elle est réputée appartenir aux États membres. Mais le rapport Duff, au paragraphe 13 de l'article 6 bis, embrouille le problème et réussit à obscurcir cette règle pourtant simple. Évidemment, nous ne pouvons pas l'admettre, Monsieur le Président, comme je le dirai dans mon explication de vote.


Révision générale du règlement du Parlement européen
Intervention sur le rapport Corbett
par Georges Berthu, le 10 juin 2002

Monsieur le Président, le rapport Corbett sur la révision du règlement de notre Assemblée apporte certaines améliorations techniques, mais obéit à trois orientations politiques générales que nous ne partageons pas.

Premièrement, il voudrait donner au Parlement européen de nouveaux pouvoirs que le Traité ne lui accorde pas. C'est le cas notamment des propositions d'amendement 14, 29, 33, 45, 48, 49, 52, 53 et 56. Par exemple, à l'amendement 56, on voit que le Parlement européen se donne à lui-même le droit d'inviter le Conseil à mettre en œuvre l'article 7 TUE relatif aux violations éventuelles des droits de l'homme. Or, comme vous le savez, et comme l'a déjà rappelé la Cour de justice des Communautés, le Parlement européen ne peut pas procéder ainsi car il n'est pas une Assemblée de pleine souveraineté. Il ne possède que les compétences d'attribution que lui accorde le Traité.

Deuxième orientation erronée: de nombreuses propositions d'amendement supposent, pour entrer en vigueur, la ratification ­ encore hypothétique à ce jour ­ du traité de Nice. C'est le cas, par exemple, des propositions 8, 9, 41 et 58. Certes, me direz-vous, si le traité de Nice n'est pas ratifié ultérieurement, ces amendements n'entreront pas en vigueur et il n'y aura pas de problèmes juridiques. Je crois cependant qu'il y a là un problème de comportement politique: notre approbation de ces amendements par anticipation témoignerait d'une désinvolture certaine envers le peuple irlandais.

Enfin, troisième orientation négative: ce rapport révèle une certaine propension dans ce Parlement à réduire les minorités au silence, ce que M. Corbett a joliment appelé tout à l'heure l'allégement des procédures. Cette propension regrettable apparaît notamment dans les propositions 6, 59, 63, 68, 74, 85 et 101. La proposition 59, en particulier, rend plus difficile, pour les minoritaires, de déposer des amendements à un texte en séance plénière s'ils n'ont pas recueilli plus de 10% des voix en commission. Et tout est à l'avenant. On le voit, Monsieur le Président, ce rapport, à notre avis, n'est pas en état pour être adopté.

 



 

 


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