> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES >
Mai 2007
Session plénière à
Strasbourg du 21 au 24 Mai 2007 :
Situation en Palestine
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 22
mai 2007
Débat sur le futur de l'Europe avec
la participation du premier ministre italien, membre du
Conseil européen
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 22
mai 2007

Situation en Palestine
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 22
mai 2007
Madame la Présidente,
la situation en Palestine confirme tristement ce que les
souverainistes disent depuis des lustres au sujet du conflit
proche-oriental, à savoir quil serait faux
de croire que ce conflit puisse avoir pour grille de lecture
la simple opposition entre Palestiniens et Israéliens
et encore moins, bien entendu, entre musulmans et juifs.
La vraie ligne de fracture, de plus en plus
béante dailleurs, oppose, dun côté,
les partisans de la conciliation, comme plusieurs hommes
dÉtat israéliens en ont montré
lexemple - je ne peux manquer de citer ici le nom
glorieux de Yitzhak Rabin -, mais aussi des hommes dÉtat
palestiniens, comme Yasser Arafat et Mahmoud Abbas, et,
de lautre côté, les fanatiques, aussi
bien les fanatiques musulmans que les fanatiques du grand
Israël, dont les connivences, dailleurs, ne sont
plus à démontrer puisque lon sait que
des mouvements extrémistes palestiniens ont été
voulus, et même financés, par certains radicaux
israéliens.
Il y a donc deux camps: dun côté,
le camp de la solution politique et, finalement, de la paix;
de lautre, celui de laffrontement, de la haine
et de la guerre sans fin. Le malheur a voulu que, malgré
de bonnes paroles, les États-Unis jouent le jeu des
faucons, celui des extrémistes israéliens
et des intégristes musulmans, tandis que lEurope,
je veux dire les principaux États européens
sont, pendant ce temps, restés muets. La seule voix
européenne tant soit peu unie fut celle de la déclaration
de Venise, en juin 1980, par laquelle les Européens
se prononcèrent pour la création dun
État palestinien. Toutefois, nos divisions reprirent
de plus belle et, désormais, lEurope, une fois
encore, ne peut parler dune seule voix que pour ne
rien dire.
Eh bien, il est temps de libérer
la souveraineté des États dEurope, pour
quils puissent de nouveau jouer leur jeu librement
dans cette partie du monde, où se joue une bonne
partie de leur avenir.

Débat sur le futur
de l'Europe avec la participation du premier ministre italien,
membre du Conseil européen
Intervention dans le débat
par Paul-Marie Coûteaux, le 22
mai 2007
Monsieur le Président, il y a deux
ans presque jour pour jour, le non français condamnait
à mort la Constitution européenne. Il y eut
ensuite la confirmation des Pays-Bas, celle de la Grande-Bretagne,
puis les refus tchèque et polonais. Il y eut aussi
le peu dempressement des deux seuls pays qui ont dit
oui par référendum, le Luxembourg et lEspagne.
Ainsi, en Espagne, seulement 32 % des électeurs inscrits
ont approuvé le texte. Bref, cétait
léchec, puis lenlisement du processus
constitutionnel, échec duquel nous sommes principalement
redevables à la France.
Dès lors, tout fut clair pour nous,
souverainistes français, au nom desquels je parle
ici: cest la France quil fallait circonvenir,
les Français quil fallait tromper! Eh bien,
ce fut fait, par une ruse gigantesque. Lors de la présidentielle,
deux candidats furent présélectionnés
dentrée de jeu, pour que, une fois lun
dentre eux élu et fort alors dune fraîche
légitimité, il dise oui là où
les Français ont voulu dire non. Cest le sens
de linsupportable geste de M. Sarkozy se précipitant
chez Mme Merkel le jour même de son intronisation.
Il faut que lon sache que ce oui arraché
à la France par le détour présidentiel
est un oui illégitime. Je sais très bien que
lon va sarranger entre soi, dans le petit aquarium
silencieux et grouillant des oligarchies bruxelloises, pour
concocter un nouveau texte, que lon ne baptisera certainement
pas constitution mais réforme institutionnelle, ce
qui revient au même.
Cependant, les partisans du non ne
sont pas morts. Que M. Barroso ne sy trompe pas, et
ne vous y trompez pas davantage, Monsieur Prodi: la France
donnera tôt ou tard de nouveau de la voix car la France,
envers et contre tout, tient à ses libertés.
Et ces libertés-là, les libertés nationales,
finiront bien, malgré vos pauvres manigances, par
triompher.