LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
P. de Villiers
INTERVENTIONS ET TRAVAUX
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BIBLIOGRAPHIE
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ARTICLES DE PRESSE


> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Mai 2002

Produits phytopharmaceutiques
Explication de vote sur le rapport Lannoye
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 30 mai 2002

Traitement de base, allocations et indemnités du personnel d'Europol
Explication de vote sur le rapport Deprez
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Office européen de police (Convention Europol)/Développement futur d'Europol
Explication de vote sur le rapport Deprez
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Agenda 2000 (développement rural)
Explication de vote sur le rapport Rodriguez Ramos
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 30 mai 2002

Agenda 2000 (développement rural)
Explication de vote sur le rapport Rodriguez Ramos
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Agenda 2000 (réforme des OCM)
Explication de vote sur le rapport Fiori
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 30 mai 2002

Agenda 2000 (réforme des OCM)
Explication de vote sur le rapport Fiori
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Politique commune de la pêche
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 29 mai 2002

Sécurité/Europol
Intervention sur les rapports Deprez
par Georges Berthu, à Bruxelles le 29 mai 2002

Convention, avenir de l'Union
Intervention lors de la Conférence des Présidents ouverte à tous les députés
par Georges Berthu, à Bruxelles le 22 mai 2002

L'Irak onze ans après
Explication de vote sur le rapport Nicholson of Winterbourne
par Dominique Souchet, le 16 mai 2002

Economie
Explication de vote sur le rapport Trentin relatif aux grandes orientations des politiques économiques
par Georges Berthu, le 16 mai 2002

Délimitation des compétences entre l'Union européenne et les Etats membres
Explication de vote sur le rapport Lamassoure
par Georges Berthu, le 16 mai 2002

Réforme du Conseil
Explication de vote
par Georges Berthu, le 16 mai 2002

Développement durable
Intervention sur le rapport Lannoye
par Dominique Souchet, le 16 mai 2002

Espace européen de la recherche (2002-2006)
Explication de vote sur le rapport Caudron
par Elizabeth Montfort, le 15 mai 2002

Economie
Explication de vote sur le rapport Marinos relatif à l'évaluation annuelle de la mise en oeuvre des programmes de stabilité et de convergence
par Georges Berthu, le 15 mai 2002

Situation au Moyen-Orient
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 15 mai 2002

Relation transatlantique
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 15 mai 2002

Délimitation des compétences entre l'Union européenne et les Etats membres
Intervention sur le rapport Lamassoure
par Georges Berthu, le 15 mai 2002

Réforme du Conseil
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 15 mai 2002

Nomination du vice-président de la Banque centrale européenne
Explication de vote sur le rapport Randzio-Plath
par Georges Berthu, le 14 mai 2002

Registre du Parlement européen
Explication de vote sur le rapport Maij-Weggen
par Georges Berthu, le 14 mai 2002

Tourisme européen
Explication de vote sur le rapport Torres Marques
par Georges Berthu, le 14 mai 2002

Progrès et perspectives dans la politique d'immigration et d'asile
Intervention dans le débat
par Alexandre Varaut , le 14 mai 2002

Tourisme européen
Intervention sur le rapport Torres Marques
par Georges Berthu, le 13 mai 2002


Convention, avenir de l'Union

Intervention lors de la Conférence des Présidents ouverte à tous les députés
par Georges Berthu, à Bruxelles le 22 mai 2002

Monsieur le Président, dans votre communication, et notamment en page 9, vous établissez une quasi-équivalence entre un besoin de coopération accru en Europe, besoin qui est avéré, et un besoin de communautarisation accru. Mais cette communautarisation nécessite quand même un certain nombre de conditions de base pour se réaliser, notamment l'existence d'une démocratie supranationale qui n'existe pas en l'absence d'un peuple européen unique. D'ailleurs, vous-même vous l'avez dit en commençant votre exposé, vous avez dit : il faut jeter les bases d'une démocratie supranationale. Jeter les bases, cela veut bien dire qu'elle n'existe pas encore aujourd'hui.
Ne croyez-vous pas qu'il est un peu dangereux de tout miser sur une forme de coopération qui nécessite, pour bien fonctionner, une démocratie nationale, supranationale qui n'existe pas ? Est-ce que le rôle de la Convention ne devrait pas être, au contraire, de rechercher une forme de coopération différente qui donnerait la priorité aux seules véritables démocraties effectives existantes aujourd'hui, c'est-à-dire les démocraties nationales ?


Produits phytopharmaceutiques

Explication de vote sur le rapport Lannoye
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 30 mai 2002

L'article 20 du texte que nous venons de voter demande qu'il soit tenu compte, lors de la procédure d'homologation des matières actives, de leur impact sur les populations d'abeilles domestiques et des remarques des organisations professionnelles d'apiculteurs. Il ne s'agit pas là d'un problème concernant uniquement l'avenir, mais d'un problème très actuel: en effet, on observe dans l'ouest et le centre de la France depuis plusieurs années, et cette année avec une intensité redoublée dans le sud-ouest, les conséquences extrêmement graves pour les populations d'abeilles domestiques de plusieurs insecticides systémiques utilisés dans le traitement de certaines semences de grandes cultures, tournesol et maïs en particulier. Il est maintenant prouvé que ces produits, dont les matières actives sont l'imidaclopride et le fipronil, ont un effet ravageur sur le système nerveux des insectes butineurs, non seulement pour la culture dont la semence a été traitée, mais également pour les cultures suivantes dans la rotation, ces produits systémiques ayant une rémanence de plusieurs années dans les résidus de récolte enfouis dans le sol, puis dans l'humus.

C'est tout un secteur d'activité, celui de l'apiculture, qui est sinistré par la mortalité de plusieurs dizaines de milliers de ruches chaque année, avec des conséquences incalculables sur la pollinisation des cultures et de la flore sauvage, une réelle catastrophe écologique causée par ces produits. Je demande donc à la Commission de faire de toute urgence le nécessaire pour que ces produits soient retirés du marché.


Traitement de base, allocations et indemnités du personnel d'Europol

Explication de vote sur le rapport Deprez
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Avec les rapports Deprez sur Europol, nous nageons en pleine incohérence. Tout à l'heure nous avons vu les gouvernements espagnol et belge, qui pourtant ne passent pas pour modérément fédéralistes, se faire sévèrement corriger par le Parlement européen pour insuffisance de sentiment communautaire : ils avaient en effet le malheur de vouloir respecter les textes qui placent Europol dans les relations intergouvernementales. C'était en quelque sorte une lutte fratricide entre fédéralistes juristes et fédéralistes idéologues.

Dans ce deuxième rapport Deprez, nous voyons le Conseil, qui conteste à juste titre toute compétence du Parlement sur le budget d'Europol (alimenté directement par les contributions des États membres), venir spontanément le consulter pour une affaire financière minuscule, une éventuelle augmentation des salaires des fonctionnaires de cet organisme. Nous nous sommes abstenus car nous pensons que le Parlement européen n'a pas compétence.

Tout cela montre que le statut d'Europol devrait être clarifié et stabilisé. Selon nous, il ne devrait relever ni du pilier intergouvernemental stricto sensu, ni du pilier communautaire, mais d'un pilier interparlementaire à créer, où les parlements nationaux travailleraient en réseau. Dans ce cadre, Europol serait suivi, outre les contrôles actuels, par une assemblée composée de représentants des parlements nationaux.


Office européen de police (Convention Europol)/Développement futur d'Europol

Explication de vote sur le rapport Deprez
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Nous avons voté contre la recommandation du Parlement européen relative à "l'intégration d'Europol dans le système institutionnel de l'Union européenne", car elle cherche à enlever Europol à la sphère strictement intergouvernementale, où il est placé par sa convention, pour l'attirer dans le statut ambigü du troisième pilier, intergouvernemental mâtiné d'aspects communautaires, qui constituerait un sas vers une communautarisation plus complète, ultérieurement.

Cette manoeuvre nous paraît juridiquement très blâmable : le Parlement européen suggère en effet que le Conseil substitue d'office à la convention (qui est un traité spécifique) la base juridique de l'article 34, paragraphe 2, point c) qui est interne au traité et permet dans certains cas l'utilisation de la majorité qualifiée. Mais ce changement de nature et d'effet juridique n'est pas possible sans la ratification des peuples. D'où il résulte que la manoeuvre est aussi politiquement déplorable : on n'a pas le droit sur un point aussi fondamental - et sur aucun d'ailleurs - de modifier la décision des peuples derrière leur dos.

Ce genre de comportement, de la part du Parlement européen, augure mal de son respect des peuples si davantage de pouvoirs lui étaient confiés.


Agenda 2000 (développement rural)

Explication de vote sur le rapport Rodriguez Ramos
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 30 mai 2002

Je voudrais souligner à quel point la réaction exprimée dans ce débat par le commissaire Fischler à propos du "Farm Bill" américain me paraît contraire aux intérêts de l'agriculture européenne. Fondamentalement, même s'il entraîne des distorsions commerciales qu'il faut examiner, le "Farm Bill" traduit une évolution importante de la position américaine, qui reconnaît désormais que la pérennité de l'agriculture ne peut être assurée par les seules règles du libre échange.

Une attitude européenne responsable aurait consisté à prendre acte de cette reconnaissance par les États-Unis de la spécificité de l'agriculture, de l'impossibilité de l'assimiler à l'industrie ou aux services et à leur proposer de tirer les conséquences de ce constat commun en étudiant ensemble comment traduire au niveau mondial ce droit à la protection nationale ou régionale du modèle agricole choisi par les peuples concernés : révision des règles de l'OMC pour en exclure l'agriculture, création d'une Organisation mondiale spécifique pour l'agriculture...

Au lieu de cela, le commissaire Fischler se drape dans la posture de héraut du libre échangisme et préconise que l'Europe prenne la place des États-Unis comme défenseur inconditionnel de l'ouverture agricole mondiale, c'est-à-dire d'un principe qui demain sera invoqué contre nos intérêts et achèvera, si on lui laisse libre cours, de détruire notre agriculture.


Agenda 2000 (développement rural)

Explication de vote sur le rapport Rodriguez Ramos
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Le commissaire Fischler vient de déclarer dans cette assemblée que l'initiative européenne d'accepter en franchise de droits les importations de produits des pays les moins avancés - dite initiative "Tout, sauf les armes" - risquait d'inclure l'acceptation d'importations de produits agricoles OGM. En effet, selon lui, ces pays seraient obligés de produire des OGM pour accroître leur productivité, ils ne pourraient pas faire autrement, et nous, de notre côté, nous serions obligés de les acheter et de les manger pour aider au développement !

S'il en allait ainsi, on voit bien le danger : l'aide au développement servirait de prétexte pour nous amener à importer des OGM, et pour subvertir les protections dont les peuples européens ont voulu se munir à leur égard. Et dans un deuxième temps, il serait sans doute tiré argument de ces importations dérogatoires pour dire que, par cohérence, nous devons abolir toutes nos interdictions de culture et de commercialisation d'OGM.

Nous connaissons ce genre de manoeuvre depuis longtemps de la part de la Commission. Ces manoeuvres sont dirigées par on ne sait quels intérêts, mais en tout cas on sait bien qui en seront les victimes : les peuples d'Europe.


Agenda 2000 (réforme des OCM)

Explication de vote sur le rapport Fiori
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 30 mai 2002

Puisqu'il s'agit de faire l'évaluation à mi-parcours de l'Agenda 2000, partons d'un examen de la situation de l'agriculture européenne telle qu'elle résulte des réformes de la PAC engagées depuis 1992. Que constatons-nous ?

Le prix des principaux produits agricoles a chuté. Le revenu global des agriculteurs communautaires a fortement baissé, alors que celui des autres catégories professionnelles continue d'augmenter. Sur des productions essentielles (viande ovine, protéines végétales) notre déficit, donc notre dépendance envers des importations de qualité incertaine, s'est creusé. Nous sommes devenus importateurs nets de céréales. En conséquence, la chute du nombre d'agriculteurs s'est accélérée d'une façon dramatique ces dernières années et, fait nouveau, de plus en plus d'agriculteurs jeunes cessent leur activité.

L'Agenda 2000 est un échec et le principe de sa réforme doit être une politique des prix qui intègre à la fois les exigences des consommateurs pour davantage de sécurité, de qualité et de traçabilité, les exigences des citoyens pour une agriculture durable, respectueuse de l'environnement, occupant l'ensemble du territoire et les exigences des agriculteurs pour des revenus décents. Cette réforme ne sera possible que si l'on revient sur l'application à l'agriculture des règles du libre-échangisme.




Agenda 2000 (réforme des OCM)
Explication de vote sur le rapport Fiori
par Georges Berthu, à Bruxelles le 30 mai 2002

Nous avons soutenu le rapport Fiori, qui va globalement dans le sens des intérêts de notre agriculture, tout en nous avouant épouvantés par la déclaration préalable du commissaire Fischler qui, lui, va dans un sens opposé.

En effet, nous l'avons entendu critiquer le "Farm Bill" du président Bush (qui augmente de 80 %, sur la période 2002-2007, les soutiens à l'agriculture américaine), mais au nom des sacro-saints principes du libre-échangisme qui constituent la charte de l'OMC. Nous pensons qu'il ne faut pas aborder le problème de cette manière.

À notre avis, les Américains seraient dans leur droit, dès lors qu'ils n'envahiraient pas d'autres pays avec leurs produits. Au lieu de les condamner sans nuance, nous devrions plutôt faire la distinction effets internes/effets externes. Nous devrions aussi nous demander si nous n'avons pas besoin, nous aussi, de soutenir notre agriculture d'une manière ou d'une autre, et si, dans cette perspective, il ne faudrait pas saisir l'occasion du "Farm Bill" pour demander à nos partenaires une renégociation des principes de l'OMC.

Si nous n'agissons pas ainsi, ces principes que les commissaires Fischler et Lamy brandissent aujourd'hui contre les Américains, reviendront contre nous comme des boomerangs, et détruiront l'agriculture des pays d'Europe.


Politique commune de la pêche
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, à Bruxelles le 29 mai 2002

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, le plan d'euthanasie de la pêche artisanale européenne que vient de nous présenter tranquillement le commissaire Fischler doit être rejeté en bloc dans sa philosophie générale comme dans son dispositif technique. Ce plan est d'abord caractéristique d'une méthode - une méthode supranationale détestable -, celle de la désinvolture et de l'arrogance technocratiques capables, après une large consultation pour la galerie des professionnels, de décréter la condamnation pure et simple d'une filière à partir d'une généralisation abusive d'expertises techniques fragmentaires et contestées, partielles et partiales, souvent fausses - je vous renvoie à l'anchois et au lieu noir de l'Atlantique.

Ce plan est absurde et contradictoire, puisque, prétendant préserver le poisson, il condamne en fait la pêche la plus encadrée et la plus soucieuse de préserver la pérennité de la ressource au profit des flottes tierces, les moins respectueuses en matière de conservation, appelées demain, si on suit M. Fischler, à approvisionner quasiment seules un marché européen du poisson en pleine expansion. Ce plan est dangereux parce qu'il est impraticable. Il repose en effet sur une notion centrale, le taux d'effort de pêche, qui ne peut être mesuré par aucun indicateur sûr, par aucun instrument statistique fiable - et vous le savez, Monsieur le Commissaire. Ce plan reflète enfin les contradictions croissantes que connaît l'Union et le danger que présente pour les atouts européens l'adoption de solutions uniformes. Au nom de quoi les États membres qui ont sacrifié leur pêche artisanale au profit d'une pêche industrielle empêcheraient-ils ceux qui souhaitent garder comme élément fondamental d'identité et d'aménagement du territoire une pêche artisanale vivante de le faire ?

Une mobilisation générale des forces vives de nos États membres s'impose donc, un véritable sursaut des amis de la pêche, pour que le Conseil condamne sans équivoque, le 11 juin prochain, la vieille nouvelle PCP proposée par M. Fischler et exige qu'un plan ambitieux lui soit substitué. Ce plan doit prendre l'exact contre-pied des présupposés de la Commission que sont le catastrophisme sans bases sérieuses concernant la ressource et le refus de prendre en considération les facteurs autres que la pêche pesant sur la ressource. Prenant acte de la carence de nos connaissances en matière de ressources, d'ailleurs avouée dans le Livre vert de la Commission, ce plan volontaire doit prévoir le développement substantiel d'une recherche non inféodée à la Commission et une association étroite des professionnels aux scientifiques. On pourra ainsi affiner le système des quotas et rendre inutile la destruction de nouveaux bateaux. Ce plan doit aussi prévoir l'indispensable volet de modernisation de la flotte que les fonds propres des pêcheurs ne leur permettent pas d'assumer seuls. L'aide publique est donc nécessaire et légitime si nous voulons éviter de voir se multiplier les naufrages dus au vieillissement de notre flotte. Ce plan, Monsieur le Président, doit enfin, comme en agriculture, comporter un volet "installation des jeunes" et un volet "traçabilité" du pêcheur au consommateur. Ainsi seulement pourra être préservé le modèle artisanal de pêche auquel de nombreux États membres sont attachés.


Sécurité/Europol
Intervention sur les rapports Deprez
par Georges Berthu, à Bruxelles le 29 mai 2002

Monsieur le Président, les deux rapports Deprez sur Europol sont l'occasion pour le Parlement européen de demander qu'on lui donne des compétences de contrôle sur cet organisme. Sur ce point, il a reçu, au mois de février dernier, un soutien assez habile de la Commission. Dans sa communication relative à l'exercice d'un contrôle démocratique sur Europol, elle propose en effet de renforcer les pouvoirs de contrôle du Parlement européen, mais en même temps fait diversion en évoquant la création d'une commission mixte Parlement européen/parlements nationaux, réforme apparemment séduisante mais en réalité vide de sens, car la commission mixte ainsi proposée n'aurait aucun pouvoir. À notre avis, la cohérence exige au contraire que le contrôle de la coopération policière européenne, comme celui des polices nationales, soit confié aux parlements nationaux. Ce contrôle pourrait s'organiser à l'intérieur du pilier interparlementaire dont l'intergroupe SOS Démocratie a proposé la création à la Convention qui réfléchit actuellement à l'avenir de l'Union. J'y reviendrai, Monsieur le Président, dans mon explication de vote.


Délimitation des compétences entre l'Union européenne et les Etats membres
Explication de vote sur le rapport Lamassoure
par Georges Berthu, le 16 mai 2002

Nous avons voté contre le rapport Lamassoure, pour les raisons qui apparaissent dans nos réponses au questionnaire de la Convention sur les missions de l'Union. Ce rapport n'a tenu aucun compte de nos nombreux amendements déposés en commission, mais rejetés par la majorité fédéraliste de celle-ci.

Dans ces amendements, nous lancions en particulier un appel en faveur d'un traité fondamental qui reconnaîtrait le rôle premier des démocraties nationales et en tirerait les conséquences logiques pour les institutions de l'Union, notamment pour un véritable contrôle de la subsidiarité. Les députés MPF ont rédigé les grandes lignes de ce traité fondamental, qui est à la disposition du public à notre secrétariat.

De même, nous demandions la création dans le traité, entre le pilier communautaire et le pilier intergouvernemental, d'un pilier interparlementaire, où les décisions européennes seraient prises par les Parlements nationaux organisés en réseau. Ce pilier respecterait scrupuleusement les souverainetés nationales. En relèveraient de nombreuses questions, de niveau national mais qui méritent des échanges européens, comme par exemple certains aspects de coordination du droit social. Ce serait aussi le lieu de traitement privilégié de toutes les questions de circulation des personnes et d'immigration, dont une partie devrait être reprise au pilier communautaire.


Réforme du Conseil
Explication de vote
par Georges Berthu, le 16 mai 2002

Le rapport Solana qui sera présenté au Conseil européen de Séville, en juin prochain, présente des réformes du fonctionnement du Conseil qui nous paraissent judicieuses.

En particulier, nous approuvons les mesures de transparence (publicité des débats des conseils lorsqu'ils siègent en formation législative), de recentrage du Conseil européen sur son rôle d'impulsion, de plus grande efficacité par séparation de l'actuel Conseil affaires générales (CAG) en deux formations : un Conseil de coordination générale (avec les ministres nationaux des affaires européennes) et un Conseil des relations extérieures (avec les ministres des affaires étrangères).

Par ailleurs, la rapide rotation des présidences nationales nuit certes à la continuité des travaux du Conseil, mais elle profite aussi à la bonne identification de l'institution et à son succès dans les opinions. Il est possible à notre avis de tout concilier 1) en allongeant la présidence de tous les Conseils techniques (à 3 ans par exemple), et en la confiant dans chaque cas au plus qualifié, mais aussi 2) en maintenant la rotation des présidences pour le Conseil européen et peut-être pour le nouveau Conseil de coordination générale - pourquoi pas à un rythme plus rapide encore (3 mois), afin de tenir compte de l'élargissement.


Economie
Explication de vote sur le rapport Trentin relatif aux grandes orientations des politiques économiques
par Georges Berthu, le 16 mai 2002

Les grandes orientations économiques pour 2002 sont moins attrayantes que ne le dit la Commission. Dans plusieurs pays membres, dont la France, on voit resurgir une nette menace d'inflation, qui peut inciter la Banque Centrale Européenne à relever ses taux d'intérêt, avec des répercussions négatives sur la croissance. Celle-ci, justement, reste faible, car la reprise se fait attendre en Europe, alors qu'elle est déjà présente aux Etats-Unis.

Sur ces deux points, l'euro a eu un impact mitigé, ou défavorable : l'échange des pièces et des billets semble bien avoir été à l'origine d'une poussée des prix, espérons-le passagère ; quant à la croissance, on attend encore l'effet de "dopage" que, selon ses zélateurs, l'unification monétaire était censée provoquer.

Dans cet environnement défavorable, la France est prise au piège de l'héritage budgétaire socialiste. Les avertissements de la Commission au nouveau gouvernement Raffarin, qui tendent à réduire encore sa marge de manoeuvre, devraient montrer à tous les Français que le carcan uniforme du Pacte de stabilité peut être, dans certains cas, contraire à l'intérêt national. Nous sommes devant les conséquences néfastes, mais logiques, des accords que nous avons signés, à Maastricht et après.


L'Irak onze ans après
Explication de vote sur le rapport Nicholson of Winterbourne
par Dominique Souchet, le 16 mai 2002

Tout en espérant que les ciseaux de la censure exercée par certains fonctionnaires sur les moyens dont disposent les élus du suffrage universel pour faire connaître leurs positions à ceux qui les ont choisis démocratiquement pour les représenter au Parlement européen voudront bien laisser à cette explication de vote un minimum de cohérence, je tiens à souligner que le rapport Nicholson aurait certainement gagné en crédibilité à poser plus clairement la question de l'opportunité du maintien de l'embargo contre l'Irak aujourd'hui. Pourquoi, tout en recommandant de manière raisonnable la levée de "la plupart des restrictions" économiques et commerciales et le maintien de l'embargo sur les armes, ne pas dresser un constat clair de l'échec de cet embargo généralisé à atteindre l'objectif fondamental qu'il était censé atteindre : empêcher l'Irak de redevenir une puissance susceptible de menacer la sécurité d'autres États, et qui justifie une telle recommandation ? Pourquoi ne pas reconnaître en même temps les différents effets pervers extrêmement graves entraînés par cet embargo et susceptibles de nourrir une frustration dangereuse : dégradation de la situation alimentaire et sanitaire de la population civile ; destruction du tissu économique et des infrastructures ; développement d'une économie malsaine vivant du contournement de l'embargo ? Ce n'est plus une politique de sanctions punitives qui s'impose en Irak, mais une politique de vigilance et de contrôle, sous l'autorité du Conseil de Sécurité.


Développement durable
Intervention sur le rapport Lannoye
par Dominique Souchet, le 16 mai 2002

Monsieur le Président, le concept de développement durable traduit au départ une intuition juste, celle de l'existence au niveau de la planète entière, d'équilibres fondamentaux qui doivent être respectés. Il faut prendre garde, cependant, au risque de perversion de ce concept logomachie idéologique, tentaculaire et incantatoire et en support de propositions techniques contestables. L'extrême diversité des champs d'activité abordés par le rapport Lannoye souligne ce risque d'égarement.

Or, pour être opérationnel, la notion de développement durable doit s'appliquer à des priorités clairement sériées. La première d'entre-elles me paraît être la nécessité, que souligne bien le rapporteur, de ne pas se résigner à la persistance et même à l'accroissement d'une pauvreté, dont l'éradication doit demeurer une priorité absolue et durable de notre action.

À cette fin, nous devons contribuer à la définition du bon équilibre entre une aide publique, qui demeure indispensable, et un développement du commerce international, qui ne doit pas être caricaturé en épouvail systématique. Il ne s'agit évidemment pas de considérer l'APD comme un substitut mais comme un complément nécessaire au commerce international. Ce dernier ne saurait en effet constituer, dans les conditions actuelles, l'unique moteur du développement, pour la bonne et simple raison que l'on ne peut pas mettre en concurrence des économies et des États qui n'ont pas du tout la même structure de coût de production.

Il faut absolument éviter le développement de mécanismes pervers, telle que la disparition de cultures vivrières en raison de produits agricoles importés à bas prix, et corrolairement, l'orientation des pays en développement vers l'exportation de cultures de rente qui ne sont pas génératrices de développement local ou de matières premières, sur lesquelles il est extrêmement difficile de fonder un développement durable en raison de la grande variabilité de leurs cours.

Si l'on estime indispensable de ne pas s'en remettre au seul jeu du commerce international pour réduire la pauvreté, il est donc indispensable d'enrayer l'érosion de l'APD. Les pays européens ont là, une mission particulière qu'ils doivent exercer, à la fois ensemble et séparément. Les États membres doivent prendre garde à la tentation de s'en remettre exclusivement à l'aide communautaire en renonçant aux coopérations bilatérales, dont l'apport propre et les expertises spécifiques ont une valeur irremplaçable. Il ne suffit pas, cependant, d'enrayer la baisse de l'APD en s'en tenant à des considérations globales sur l'évolution des taux. Il est essentiel de réorienter cette aide sur le confortement des structures étatiques nationales des pays en développement, qui demeurent encore fragiles dans de nombreux cas, et sur le développement du monde rural qui doit être absolument prioritaire. L'aide publique a un rôle déterminant à jouer pour enrayer le fléau de l'exode rural et la paupérisation de ces populations dans les grandes villes, qui nourrit ensuite une émigration de désespoir.

Le développement de l'agriculture vivrière accompagné de celui des services publics fondamentaux, notamment dans les domaines de la santé, de l'éducation et de la protection sociale est la voie la plus sûre pour réduire la pauvreté en créant de l'emploi en zone rurale. Au sein de cette aide publique, un rôle particulier doit être reconnu à la coopération décentralisée, celle que mènent les collectivités locales telles que les communes, les départements ou les régions. Ces collectivités disposent d'expertises de terrain, elles ajustent les projets aux besoins réels, elles assurent un suivi rigoureux des actions, elles créent des relations humaines chaleureuses et durables entre pays du nord et pays du sud. Cette forme de coopération doit donc être fortement encouragée.

Au milieu de l'ensemble des questions évoquées par le rapport Lannoye, telles me paraissent être, Monsieur le Président, les priorités qui doivent être retenues pour que le concept de développement durable contribue effectivement à la réduction de la pauvreté dans notre monde actuel.


Espace européen de la recherche (2002-2006)
Explication de vote sur le rapport Caudron
par Elizabeth Montfort, le 15 mai 2002

Les retombées économiques, pour les entreprises de l'Union, d'une politique européenne de la recherche sont considérables. C'est pourquoi, dans ce domaine peut-être plus que dans tout autre, nous devons favoriser la mise en place d'une coopération renforcée entre les États membres. Car la réussite de cet espace de recherche européen est l'une des clefs de notre croissance économique de demain.

Toutefois, la définition et la portée des principes éthiques fondamentaux, dans le respect desquels la position commune du Conseil précise que ces recherches doivent être menées, ne sont pas clairement précisées.

En effet, tous les États membres n'ont pas la même approche en ce qui concerne la recherche sur les embryons humains. Or, de récentes découvertes scientifiques nous offrent une alternative à l'utilisation de cellules souches embryonnaires : les cellules souches adultes. On peut donc aujourd'hui concilier recherche scientifique et principes éthiques.

Aussi estimé-je regrettable qu'une majorité n'ait pas voulu rouvrir ce débat essentiel pour l'avenir de la recherche. De facto , cela ouvre la voie au financement par tous les États membres de recherches que certains réprouvent sur leur propre territoire. C'est une atteinte au respect des souverainetés nationales mais également de la souveraineté morale des États et de leurs citoyens.


Economie
Explication de vote sur le rapport Marinos relatif à l'évaluation annuelle de la mise en oeuvre des programmes de stabilité et de convergence
par Georges Berthu, le 15 mai 2002

Le rapport Marinos que le Parlement européen vient d'adopter présente une vue très lénifiante de la mise en oeuvre des programmes de stabilité et de convergence dans le cadre de l'UEM. Nous ne partageons pas cette vue. Certes, le pacte de stabilité découle de l'interdépendance que l'euro crée entre les pays membres - pour le meilleur et pour le pire. Il exprime la recherche d'une orthodoxie budgétaire qui, dans son principe, est saine.

Malheureusement, on voit aussi que les premiers mois de mise en oeuvre sont émaillés d'incidents de plus en plus sérieux, avec l'Irlande, l'Italie, l'Allemagne, le Portugal. Aujourd'hui, c'est la France qui est sur la sellette. Ces divergences expriment avec une force croissante le besoin, pour les économies et les sociétés nationales, d'évoluer à leur propre rythme, selon leurs propres caractères, sans être enfermées dans un carcan rigide et uniformisant.

Ainsi, la logique de l'euro commence à contrarier - et demain va heurter de front - la logique des nations. Laquelle est la plus importante pour la démocratie ? C'est évidemment la logique des nations. Mais laquelle est la plus puissante ? La réponse est plus difficile, et c'est pourquoi l'aventure de l'euro nous a toujours paru inquiétante.


Situation au Moyen-Orient
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 15 mai 2002

Nous ne pouvons que nous réjouir de la levée de l'occupation et du siège de la basilique de la Nativité à Bethléem: c'est un rayon de lumière dans un paysage qui reste extrêmement sombre. La perspective de la paix au Proche-Orient s'éloigne dès qu'est remis en cause l'un des deux fondements également nécessaires à l'établissement d'un règlement politique: la légitimité et la sécurité de l'État d'Israël et la nécessité pour le peuple palestinien de disposer d'un État.

Or, ces deux fondements viennent de subir des assauts particulièrement redoutables. En adoptant, avec la deuxième intifada, une stratégie de terreur, dans laquelle des bombes humaines se donnent la mort pour perpétrer d'affreux carnages de civils, les Palestiniens ont fait franchir à la violence anti-israélienne un véritable saut qualitatif, qui se double désormais d'un saut qualitatif dans la négation de l'État palestinien. La majorité du parti majoritaire en Israël vient de se prononcer contre un État palestinien, sapant ainsi une des bases d'un règlement politique. Il faut sortir de cette double impasse.

Vous avez parlé, Monsieur le Haut Représentant ­ et c'est la clé d'une reprise du processus de paix ­, de la nécessaire réforme de l'Autorité palestinienne. Cela implique l'exercice d'un véritable sens des responsabilités et l'abandon du terrorisme. Personne ne pourra accomplir cette évolution à la place des Palestiniens, mais notre aide devra être rigoureusement liée à ces changements. Les contribuables européens, Monsieur le Président, n'accepteront plus de continuer à apporter une aide ambiguë à une Autorité ambiguë, mais seulement une aide justifiée à une Autorité se comportant comme un État en devenir.


Relation transatlantique
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 15 mai 2002

Monsieur le Président, pour que le dialogue Union européenne/États-Unis qui réunit deux partenaires, très inégaux en compétences, prenne quelque substance, il faudrait le centrer sur les domaines où les responsabilités sont de même nature.C'est apparemment la direction qui a été retenue le 3 mai, avec le programme économique concret adopté lors du Sommet de Washington.

L'agriculture, si souvent placée de manière polémique sur le devant de la scène dans les négociations commerciales multilatérales, devrait y faire l'objet de débats approfondis et pas seulement, comme prévu, dans le domaine de la reconnaissance mutuelle de normes pour l'agriculture biologique. Il ne faudrait pas que les Européens se bornent à voir dans le nouveau farm bill un instrument perturbateur en matière de commerce car il est aussi, par ses objectifs, son ampleur et sa durée, la reconnaissance du droit pour chaque pays à soutenir son agriculture, en raison d'enjeux spécifiques, notamment d'équilibre social, territorial et environnemental, qui ne peuvent être laissés au seul jeu des mécanismes du libre échange.

Ce rapprochement sensible des conceptions, de part et d'autre de l'Atlantique, ne peut que favoriser le dialogue, Monsieur le Président, notamment dans le cadre de l'OMC.


Délimitation des compétences entre l'Union européenne et les États membres
Intervention sur le rapport Lamassoure
par Georges Berthu, le 15 mai 2002

Monsieur le Président, n'ayant qu'une minute de temps de parole, je serai très direct. Nous n'approuverons pas le rapport Lamassoure pour deux raisons principales. Premièrement, il ne traite qu'à peine la question, pour nous primordiale, du contrôle démocratique des compétences: rien sur le contrôle de la subsidiarité par les démocraties nationales, rien ou presque rien sur l'exercice des compétences européennes par les parlements nationaux, notamment par la création d'un pilier interparlementaire. Deuxièmement, ce rapport traite de la répartition des compétences sous un angle de technique abstraite, sans jamais évoquer la souveraineté des démocraties nationales. Ce parti-pris de technique abstraite conduit à des solutions fédéralistes erronées, négatives pour la démocratie.

C'est pourquoi les députés de SOS Démocratie ont présenté une opinion minoritaire qui est annexée au rapport. C'est pourquoi aussi les députés français MPF ont rédigé un contre-rapport, sous forme de réponses au questionnaire de la Convention sur les missions de l'Union "L'Europe, pour quoi faire?" Ce contre-rapport sera distribué par courrier électronique à tous les membres du Parlement, aux membres de la Convention et à tous ceux qui en feront la demande.


Réforme du Conseil
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 15 mai 2002

Monsieur le Président, les fédéralistes européens ne sont pas très contents du rapport sur le fonctionnement du Conseil préparé par son Secrétaire général, M. Solana. Il y a écrit, en effet, je cite: "Le Conseil européen est l'autorité politique suprême de l'Union, il est le détenteur d'un pouvoir de décision légitime, il assure l'unité la plus étroite entre l'Union, d'une part, et ses États membres, d'autre part."

Ce jugement est pourtant parfaitement exact et il pourrait s'appliquer aussi aux différents Conseils, notamment pour le lien essentiel, voire vital, qu'il établit avec les États membres. J'irais même encore plus loin. Dans la perspective d'une Europe élargie, qui sera nécessairement une Europe flexible, le Conseil jouera naturellement un rôle pivot car il est facilement adaptable à la géométrie variable, tandis que la Commission est une institution plus rigide, de même d'ailleurs que le Parlement européen, du moins dans sa conception actuelle.

Donc, les réformes à venir doivent tenir compte de cette place centrale du Conseil pour améliorer son efficacité, sa visibilité et sa transparence; celles proposées par M. Solana nous paraissent bien orientées sous quelques réserves, comme je le dirai dans mon explication de vote.


Nomination du vice-président de la Banque centrale européenne
Explication de vote sur le rapport Randzio-Plath
par Georges Berthu, le 14 mai 2002

Je me suis abstenu sur la nomination de M. Papademos à la vice-présidence de la Banque Centrale Européenne, non seulement par volonté de garder mes distances vis-à-vis du fonctionnement de l'euro, mais aussi en raison de certaines déclarations du postulant au cours de son audition.

A plusieurs reprises il a évoqué, comme s'il s'agissait d'une évidence, le "principe de responsabilité" auquel obéirait la BCE. Je tiens à souligner que ce principe n'existe pas, puisque la responsabilité doit normalement être assortie de sanctions. En fait, il s'agit d'une simple obligation de faire rapport devant le Parlement européen. Ces rapports ne sont d'ailleurs même pas transparents, car on ne sait pas comment les gouverneurs ont voté au Conseil de la BCE.

En second lieu, M. Papademos a confirmé que la BCE étudiait une réforme des modalités de vote au sein du Conseil des gouverneurs, ce que le projet de traité de Nice laissait d'ailleurs entrevoir. En particulier, on semble s'acheminer vers l'abandon de l'égalité des voix des gouverneurs, règle vantée à l'origine, mais qui s'avère à la pratique engendrer de nombreux efferts pervers dans les décisions, notamment relatives aux taux d'intérêt. Encore une illusion de Maastricht qui s'envole !


Registre du Parlement européen
Explication de vote sur le rapport Maij-Weggen
par Georges Berthu, le 14 mai 2002

Le Parlement européen vient de voter un rapport apparemment fort louable sur la liste de ses documents directement accessibles au public. Mais si les formes de la transparence sont respectées, une censure insidieuse s'exerce à différents stades du travail parlementaire.

Par exemple, les explications de vote par écrit sont en théorie limitées à 200 mots par le règlement du Parlement, mais depuis toujours cette limite était surveillée avec tolérance, afin de laisser les députés exprimer convenablement leurs opinions. Cette tolérance semble déplaire quelque part : alors que par ailleurs les institutions européennes jettent souvent l'argent par les fenêtres, le Parlement vient de décider de faire des économies d'encre et de papier en supprimant 100 mots par ci, 50 mots par là, dans les explications de vote des députés.

J'ai cité des cas me concernant dans le compte-rendu de la séance du 25 avril 2002.

Rappelons seulement que des sommes considérables sont consacrées par l'Union à subventionner des associations qui ne servent qu'à faire de la pure propagande. Evidemment, elle préfère entendre sans limite des associations serviles, plutôt que de connaître les opinions des élus du peuple. C'est tout un programme de "nouvelle gouvernance" que l'on voit se dessiner ici.


Tourisme européen
Explication de vote sur le rapport Torres Marques
par Georges Berthu, le 14 mai 2002

Les députés MPF ont voté contre le rapport Torres Marques qui demande une politique européenne du tourisme. Nous estimons qu'il s'agit là d'une compétence nationale, voire régionale ou locale, et que les coopérations doivent être libres.

Pourtant, depuis des années, la Commission et le Parlement européen oeuvrent sans relâche, de "communication" en "livre blanc", de "réunion informelle" en "rapport d'initiative", pour attirer cette compétence dans leur giron. La première a créé en son sein une "Unité Tourisme". Le second a confié l'attribution du tourisme à une de ses commissions parlementaires. Ils ont réussi à glisser la mention d'un "tourisme pour tous" dans les conclusions du récent Conseil de Bruges. La présidence espagnole vient de produire un "document de travail" sur le sujet, incluant même la "dimension éthique" du tourisme. Tous veulent pour le tourisme des compétences européennes, de l'argent européen, du personnel européen.

Le rapport Torres Marques examiné aujourd'hui conclut en appelant la Convention sur l'avenir de l'Union à proposer "pour le secteur touristique... une solide base juridique qui puisse donner de la force aux actions communautaires". N'est-ce pas avouer que tout ce qui a été fait jusqu'à présent dans ce domaine ne repose sur aucune base légale ?


Progrès et perspectives dans la politique d'immigration et d'asile
Intervention dans le débat
par Alexandre Varaut , le 14 mai 2002

Madame la Présidente, l'immigration dans nos pays était, à l'origine, essentiellement une immigration de travail. C'était, entre l'immigré et le pays d'accueil, une relation où chacun trouvait son compte. Puis ce fut une immigration d'assistance marquée par une période d'incertitude et de compromis. Enfin, depuis quelques années, c'est devenu véritablement une immigration d'esclavage: travailleurs clandestins, prostituées et esclaves comme on les voit par centaines dans les rues de toutes nos capitales. Cette situation, où l'on voit les immigrés et les pays d'accueil victimes des partisans d'une immigration incontrôlée, est évidemment insupportable. C'est le résultat de trente années d'angélisme de la gauche européenne dont les bons sentiments n'ont d'équivalent que les résultats désastreux.

En parler ici est certainement une bonne chose, mais en conclusion, je vous dirai qu'il faut manipuler tout cela avec la plus grande attention. Nous ne pouvons pas décider à la place des peuples de qui portera leur nom de famille, de qui sera leur voisin de palier. Ce sont là des choses essentielles et à trop avancer et à prendre le risque de tuer les nations, vous prendriez également - vous y serez peut-être plus attentifs - le risque de tuer l'Europe.




Tourisme européen
Intervention sur le rapport Torres Marques
par Georges Berthu, le 13 mai 2002

Monsieur le Président, la communication de la Commission et le rapport du Parlement européen sur le tourisme montrent bien comment les compétences européennes peuvent s'étendre au mépris de toute subsidiarité.

Point de départ: le traité ne prévoit pas de compétences communautaires dans le domaine du tourisme puisque n'y figure qu'une allusion ponctuelle à l'article 2, qui ne peut pas servir de base juridique. Cette position est conforme au bon sens: le touriste qui vient visiter une région est attiré par les spécificités locales et c'est pourquoi, dans les pays membres, cette compétence est locale ou régionale, à la rigueur nationale. Si des coopérations internationales s'avèrent parfois souhaitables, elles doivent rester souples entre partenaires publics et privés, sans être obligatoirement enfermées dans les rigidités administratives du système communautaire.

Évidemment le Parlement européen et la Commission ne l'entendent pas de cette oreille. Ils veulent intégrer le tourisme dans les politiques communautaires et créer un programme-cadre doté d'une ligne budgétaire appropriée (voir le paragraphe 12 du projet de résolution) avec des moyens administratifs communautaires (voir le paragraphe 44) et même, dirait-on parfois, une sorte de planification. Quelles sont leurs raisons ?

Le tourisme est important pour la croissance. Il peut être un outil de développement ou il est créateur d'emploi: il est déjà indirectement touché, de près ou de loin, par plusieurs politiques communautaires. Le rapport qui nous est soumis ajoute même que les attentats du 11 septembre ayant par contre-coup affecté le tourisme, une politique touristique européenne serait devenue nécessaire pour répondre au choc. Ces arguments sont intéressants, mais aucun n'est déterminant pour décider si une telle politique doit être menée au niveau communautaire.

En fait, l'article 5 TCE ne connaît qu'un seul critère. L'action envisagée sera-t-elle menée plus efficacement si elle est traitée à Bruxelles ? Sur ce point, l'argumentation présentée par le rapport apparaît très faible, voire inexistante. Notre commission de l'industrie, dans l'avis qu'elle a donné, a eu une phrase révélatrice. Après avoir remarqué, à juste titre, qu'on voit mal ce que recouvrirait une politique communautaire du tourisme, elle ajoute, je cite: "Il n'en demeure pas moins que des besoins communs existent, qu'il s'agit d'identifier." Autrement dit, on ne sait pas de quoi on a besoin, mais on en a
besoin.


Pour conclure, on voit bien à travers ce rapport que la Commission et le Parlement européen sont capables de démontrer que tout et n'importe quoi fait partie de leurs compétences. Si on les laissait faire, l'extension serait infinie. C'est pourquoi il est capital qu'à l'occasion de la prochaine conférence intergouvernementale soit mis en place un véritable contrôle de la subsidiarité, c'est-à-dire un contrôle extérieur aux institutions communautaires.


 

 


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