> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES >
Avril 2003
Session plénière à
Strasbourg du 7 au 10 Avril 2003 :
Droit au regroupement familial
Intervention sur le rapport Morterero
par Georges Berthu, le 8 avril 2003
Mieux légiférer 2000-2001 : application
des principes de subsidiarité et de proportionnalité
Explication de vote sur le rapport Zimeray
par Georges Berthu le 8 avril 2003
Police sanitaire applicable aux échanges
intracommunautaires et aux importations de sperme d'animaux
de l'espèce bovine
Explication de vote sur le rapport Kindermann
par Dominique Souchet, le 8 avril 2003
Droits à l'importation de certaines
céréales
Explication de vote sur le rapport Souchet
par Dominique Souchet, le 8 avril 2003
Sécurité et défense :
priorités et lacunes
Intervention sur le rapport Morillon
par Dominique Souchet, le 9 avril 2003
Calendrier des périodes de session du
Parlement européen pour 2004
Explication de vote
par Georges Berthu, Thierry de La Perrière,
Elizabeth Montfort, Dominique Souchet et Alexandre Varaut,
le 9 avril 2003
Europol
Explication de vote sur le rapport von
Boetticher
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Droit au regroupement familial
Explication de vote sur le rapport Cerdeira
Morterero
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Elargissement - République tchèque
Explication de vote sur la recommandation
Schröder
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Elargissement - Adaptation des perspectives
financières en fonction de l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Böge
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Elargissement - République d'Estonie
Explication de vote sur le rapport
Gahler
par Georges BERTHU, le 9 avril 2003
Elargissement - République de Chypre
Explication de vote sur la recommandation
Poos
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Elargissement - République de Chypre
Explication de vote sur la recommandation
Poos
par Dominique Souchet, le 9 avril 2003
Elargissement - Conclusions des négociations
de Copenhague sur l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Brok
par Dominique Souchet, le 9 avril 2003
Assistance au transit dans le cadre de mesures
d'éloignement par voie aérienne
Explication de vote sur le rapport Kirkhope
par Georges Berthu, le 10 avril 2003
Sécurité et défense :
priorités et lacunes
Explication de vote sur le rapport Morillon
par Georges Berthu, le 10 avril 2003
Sécurité et défense :
priorités et lacunes
Explication de vote sur le rapport Morillon
par Dominique Souchet, le 10 avril
2003
Essais comparatifs communautaires en matière
de commercialisation de semences, plants et divers matériels
Explication de vote sur le rapport Auroi
par Dominique Souchet, le 10 avril
2003

Droit au regroupement familial
Intervention sur le rapport Morterero
par Georges Berthu, le 8 avril 2003
Monsieur le Président, la proposition
de directive sur le regroupement familial revient périodiquement
comme le serpent de mer depuis 1999 devant le Parlement
européen. La raison de ces allers et retours est
simple: à l'origine, la Commission fait une proposition
laxiste, le Parlement européen l'approuve et surenchérit,
enfin le Conseil - qui paraît le plus responsable
des trois - dit non et le cycle recommence.
Cette fois, la Commission pense avoir trouvé l'arme
imparable. Elle prend un profil bas sur la plupart des dispositions
contestées par le Conseil comme si elle cédait,
mais elle introduit à la fin du texte un article
19 qui explique que tous ces points seront réexaminés
deux ans ou moins plus tard. On voit la tactique. Il s'agit,
dans un premier temps au moins, de faire accepter une réglementation
européenne minimale du regroupement familial afin
de faire reconnaître le principe d'un droit européen
et d'une intervention européenne.
Dans un second temps, la Commission utilisera ces points
d'appui pour revenir à la charge, d'autant que l'article
19 désigne déjà nommément les
dispositions qu'il faudra modifier. Du côté
du Conseil, on risque de laisser passer ce texte, chacun
se disant - comme trop souvent - "Dans l'immédiat,
nous sauvons l'essentiel et pour le reste, nous verrons
bien dans deux ans."
Nous estimons, pour notre part, que
le Conseil ne doit pas se laisser entraîner dans cet
engrenage. Le regroupement familial est aujourd'hui une
source d'immigration abondante et il importe que chaque
État membre garde la capacité d'une surveillance
étroite pour l'adapter à ses capacités
d'accueil. Il ne peut être question pour les États
de se laisser imposer un élargissement a priori de
ce droit comme en rêvent la Commission et le Parlement
européen. Nous pensons donc que cette directive serait
inutile et dangereuse pour les États, d'autant que
la Convention sur l'avenir de l'Europe manifeste la volonté
de faire passer tous ces sujets à la majorité
qualifiée.

Mieux légiférer 2000-2001 : application des
principes de subsidiarité et de proportionnalité
Explication de vote sur le rapport Zimeray
par Georges Berthu le 8 avril 2003
Les rapports 2000 et 2001 de la Commission
sur l'application des principes de subsidiarité et
de proportionnalité sont affligeants. Il en ressort
une conception réductrice de la subsidiarité,
qui ne devrait jamais remettre en cause l'acquis communautaire,
qui ne devrait pas contrarier les projets de la Commission
et qui ne devrait surtout pas être décidée
par les Parlements nationaux.
La diminution du nombre de textes communautaires
dont la Commission fait état depuis 1990 n'est que
le contrecoup mécanique de la fin de la mise en place
de l'Acte unique. Mais la subsidiarité est encore
constamment violée aujourd'hui.
Actuellement, la Cour de Justice, c'est-à-dire une
institution communautaire non contrôlée par
les peuples, est le juge ultime de la subsidiarité,
en cohérence habituelle avec la Commission. L'actuelle
Convention sur l'avenir de l'Europe voudrait encore renforcer
ce rôle. Nous ne sommes pas d'accord.
Comme je le disais déjà dans ma "contribution
sur la subsidiarité" présentée
dès 1995 à la commission institutionnelle
du Parlement européen, le vrai critère de
la subsidiarité est tout simplement la décision
que doivent prendre librement les Parlements nationaux.
Ce sont les peuples qui ont ratifié le traité.
Ce sont eux qui doivent être les juges de ses limites.

Police sanitaire applicable aux échanges intracommunautaires
et aux importations de sperme d'animaux de l'espèce
bovine
Explication de vote sur le rapport Kindermann
par Dominique Souchet, le 8 avril 2003
Le texte que nous venons de voter a
pour objet principal d'assurer la sécurité
sanitaire de l'insémination artificielle bovine;
mais il est un autre aspect de cette activité qui
est insuffisamment pris en compte jusqu'à présent,
c'est celui de la biodiversité ou diversité
génétique des races bovines.
Laissé aux règles libérales du marché,
le secteur de l'insémination artificielle bovine
recherche la performance au moindre coût, ce qui induit
une pression en vue de la réduction du nombre de
géniteurs; d'où un risque accru de consanguinité,
une menace d'extinction pour les races rares, un appauvrissement
de la biodiversité.
Il y a dans la sélection génétique
des races animales une dimension de service public mal prise
en compte par une organisation purement marchande de la
profession; il y a dans le maintien de la biodiversité
au sein des races d'animaux domestiques un des aspects de
la multifonctionnalité de l'agriculture que les États
membres doivent avoir à cur de soutenir. C'est
pourquoi je demande aux États membres, tout en favorisant
la liberté d'entreprendre au sein de cette profession
et tout en appliquant les règles nécessaires
à la parfaite sécurité sanitaire de
l'insémination artificielle, de favoriser la conservation
d'un patrimoine génétique aussi divers que
possible au sein des troupeaux bovins.

Droits à l'importation de certaines céréales
Explication de vote sur le rapport Souchet
par Dominique Souchet, le 8 avril 2003
L'affaire des blés de la mer
Noire est emblématique du refus systématique
de la part de la Commission d'appliquer le principe de la
préférence communautaire, dont elle est pourtant,
en vertu des traités, la gardienne.
Il est rare cependant de disposer, en dehors des cycles
de négociation à l'OMC, d'exemples aussi flagrants
de cette attitude laxiste. En tardant à réagir,
en refusant d'utiliser tous les instruments de régulation
à sa disposition, la Commission a volontairement
laissé entrer sur le territoire de l'Union européenne
de très importantes quantités de blé
russe et ukrainien (près de 10 millions de tonnes),
dont nous n'avions aucun besoin puisque nous disposions
de stocks d'intervention parfaitement mobilisables.
Ce "laissez-faire, laissez-entrer" de la Commission
pendant la campagne 2001-2002 a été pérennisé
sous la forme, pour le moment atténuée, de
contingents tarifaires portant sur des catégories
de céréales dont nous sommes producteurs excédentaires.
L'institutionnalisation de cette brèche remet en
cause la place jusqu'ici reconnue à l'Europe en matière
de commerce de céréales. Il nous appartiendra
de veiller à ce que la brèche ne s'élargisse
pas et ne fasse pas l'objet de fraudes massives dans le
cadre de l'élargissement.
Je suis heureux que mon rapport ait été adopté
à la quasi-unanimité par notre Assemblée
(voir
le projet de rapport de D. Souchet)

Sécurité et défense : priorités
et lacunes
Intervention sur le rapport Morillon
par Dominique Souchet, le 9 avril 2003
Madame la Présidente, entre le
moment où le rapport Morillon a été
élaboré et aujourd'hui, des développements
internationaux majeurs sont intervenus, qui font que les
questions de défense de l'Europe ne peuvent plus
désormais être abordées de manière
globale et uniforme. On ne peut plus faire comme s'il s'agissait
encore de définir une politique de défense
commune, destinée à mettre en uvre une
politique extérieure et de sécurité
commune à l'ensemble
des États membres. Les affrontements qui ont eu lieu
au Conseil de sécurité sur des enjeux essentiels,
puis le déclenchement
d'une nouvelle guerre après celle du Kosovo, cette
fois-ci contre l'Irak, en violation des dispositions de
la Charte de San Francisco, ont constitué un formidable
révélateur des clivages profonds qui divisent
les États membres de l'Union européenne actuels
et futurs en matière de politique étrangère.
Deux conceptions de l'Europe et de son rôle, deux
types de politique étrangère, deux visions
de l'ordre international se sont manifestés avec
une grande netteté. Il faut en prendre acte et nous
ferions fausse route en voulant à tout prix n'y voir
qu'une crise circonstancielle qui, une fois passée,
nous permettrait d'en revenir aux concepts
anciens et de reprendre les jeux essentiellement sémantiques
que nous affectionnons autour de la PESC et de la PESD.
Désormais, tout ce qui relève, à l'échelle
de l'Union, des affaires extérieures et de la défense
ne peut plus être envisagé qu'à l'aune
de la géométrie variable. De facultative,
cette approche est devenue incontournable. Elle est désormais
le point de passage obligé. Une géométrie
variable qui débouchera d'ailleurs sur plus d'efficacité
et moins de verbalisme. La Convention
devrait exercer désormais ses talents dans cette
direction. Il convient donc de faire le tri, parmi les propositions
du rapport Morillon, entre ce que les évolutions
récentes ont rendu totalement obsolète et
ce qui demeure pertinent. Sous la première rubrique,
je rangerais notamment le paragraphe 54 proposant l'attribution
d'un siège de membre permanent du Conseil de sécurité
à l'Union européenne. Cette proposition va
manifestement à l'encontre des besoins actuels de
l'Europe, qui doit continuer à bénéficier
de deux sièges de membres permanents permettant d'exprimer
les deux conceptions différentes, les deux grandes
voies entre lesquelles se partagent les pays européens.
Sous la seconde rubrique, je retiendrais les propositions
relatives aux indispensables coopérations à
développer en matière, d'abord, de lutte contre
le terrorisme, que les conséquences de la guerre
en Irak vont rendre encore plus impérative, et, en
second lieu, en matière de production et d'achat
d'armement. Les événements actuels sont aussi
un formidable révélateur des dégâts
qu'a provoqués, en Europe, l'idéologie
des dividendes de la paix. Je salue donc la réapparition
opportune de la notion de préférence communautaire
dans le rapport Morillon, regrettant simplement que celle-ci
coïncide avec sa disparition dans un autre domaine,
pourtant lui aussi stratégique, celui de la PAC,
c'est-à-dire celui de l'indépendance alimentaire
ou, pour reprendre la terminologie américaine, de
l'arme alimentaire. La sécurité des approvisionnements,
je cite le rapport Morillon, doit s'appliquer aux aliments
comme aux armements. Il faudra veiller à ce que le
commissaire Lamy s'en souvienne dans le cadre de la négociation
du cycle de Doha.

Calendrier des périodes de session du Parlement européen
pour 2004
Explication de vote
par Georges Berthu, Thierry de La Perrière,
Elizabeth Montfort, Dominique Souchet et Alexandre Varaut,
le 9 avril 2003
Une fois de plus, le vote du calendrier
des réunions du Parlement européen pour 2004
vient d'être exploité par les anti-Strasbourg
pour réduire le temps de présence dans cette
ville.
Mais une fois de plus, ce vote est contraire au traité.
En effet, le protocole sur le siège des institutions
fixe la tenue à Strasbourg de 12 périodes
de sessions plénières mensuelles. Une tolérance
à 11 est traditionnellement admise pour les années
électorales. Les anti-Strasbourg sont allés
encore plus loin cette fois en ne prévoyant que 10
sessions.
C'est le résultat, entre autres, d'une manoeuvre
absurde des socialistes qui ont voulu supprimer la dernière
session d'avril pour ne pas travailler le 1er mai.
Le paradoxe est encore plus grand quand on constate que
le calendrier adopté prévoit la tenue à
Bruxelles en 2004 de 5 "mini-sessions" qui pourtant,
en théorie, ne devraient pouvoir être ajoutées
que si les 12 sessions normales à Strasbourg sont
surchargées.
Nous appelons le gouvernement français à exercer
auprès de la Cour de Justice un recours contre ce
vote illégal. En effet, le Parlement européen
n'est pas une assemblée souveraine. Il ne dispose
que de compétences d'attribution précises
conférées par le traité, auquel il
doit obéir.

Europol
Explication de vote sur le rapport von
Boetticher
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Le rapport von Boetticher marque son
accord, sur le fond, avec l'initiative du Danemark, qui
propose des modifications, dans l'ensemble utiles, à
la convention Europol. Mais finalement, il rejette néanmoins
cette initiative pour des raisons typiques de la démarche
habituelle du Parlement européen: il ne veut pas
d'un protocole qui amenderait une convention (instruments
juridiques intergouvernementaux respectueux des souverainetés
nationales), mais il veut d'abord que soit adoptée
une constitution européenne qui, espère-t-il,
permettrait d'opérer toutes ces modifications à
la majorité qualifiée des membres, dans le
cadre du système communautaire.
Nous pensons, pour notre part, que les
questions de coopération policière, comme
toutes celles qui concernent la circulation des personnes
et l'immigration, doivent demeurer dans les compétences
des États et sous leur contrôle. La nécessaire
coopération européenne devrait donc être
organisée, comme nous l'avons proposé dans
nos contributions à la Convention (voir notre site
Internet: www.autre-europe.org) dans le cadre d'un "pilier
interparlementaire", où les décisions
seraient prises directement par les parlements nationaux
organisés en réseau.
Dans ces conditions, nous ne pouvions pas donner notre aval
au rapport Von Boetticher.

Droit au regroupement familial
Explication de vote sur le rapport Cerdeira
Morterero
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Malgré le vote négatif
des députés MPF, et aussi d'une grande partie
de la droite, le Parlement européen vient d'adopter
le rapport Cerdeira Morterero qui approuve la directive
sur le regroupement familial proposée par la Commission
et qui ajoute de nombreux amendements extensifs.
En particulier, ces amendements élargissent la définition
des membres de la famille susceptibles de bénéficier
du regroupement familial, ils accélèrent la
possibilité d'exercice du droit par le regroupant
et ils réduisent les marges de refus pour les États
membres.
De toute façon, pour nous, la proposition initiale
de la Commission était déjà très
mauvaise, dans son principe et dans ses modalités.
Ce vote devrait ouvrir les yeux du Conseil.
Même s'il n'est pas obligé d'adopter les amendements
du Parlement européen (car ce dernier n'est que consulté
sur ce point), le Conseil devrait bien se rendre compte
que, s'il admet le principe d'une réglementation
du regroupement familial au niveau européen, il s'engage
dans un engrenage redoutable. Il est évident que
demain, la Commission et ses alliés n'auront de cesse
de pousser, avec leur inconscience habituelle et leur absence
de véritable sens des intérêts européens,
en faveur de l'élargissement continuel de ce prétendu
droit.

Elargissement - République
tchèque
Explication de vote sur la recommandation
Schröder
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
J'ai voté "oui" à
tous les rapports relatifs à l'adhésion de
dix nouveaux membres car il s'agit pour nous d'un impératif
historique de réunification avec les pays de l'Est,
que nous ne pouvons pas différer davantage, et que
nous ne devons pas polluer par des querelles subalternes.
Cet élargissement a déjà beaucoup trop
tardé. Au début des années 90, il aurait
fallu, comme nous le proposions, admettre immédiatement
tous les pays de l'Est libérés dans une confédération
de la Grande Europe, jouant un rôle de forum et développant
les coopérations concrètes selon des formules
à géométrie variable, selon les possibilités
de chacun.
Cependant, cette formule aurait imposé
une réorientation complète de la construction
européenne, dans le sens de la flexibilité.
La Commission ne l'a pas voulu, et a trouvé le moyen
d'imposer une autre stratégie: faire attendre les
pays de l'Est pour les faire entrer ensuite dans un super-État
préparé d'avance.
Nous répétons que cette stratégie est
mauvaise. Elle n'aura réussi qu'à faire naître
l'amertume du côté des pays candidats, sans
pour autant leur permettre de se trouver aujourd'hui au
bon niveau. Mais nous devons dire "oui" maintenant,
avec l'espoir qu'ils nous aideront à changer l'Union
de l'intérieur.

Elargissement - Adaptation des perspectives financières
en fonction de l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Böge
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
Le Parlement européen vient de
se livrer à un psychodrame ridicule (voir mon intervention
et mon explication de vote des 26 et 27 mars derniers).
Comme le bon sens l'exigeait, il vient d'y être mis
fin, mais au prix d'une déclaration commune avec
le Conseil, dans laquelle celui-ci admet l'idée d'une
codécision pour l'adoption des futures perspectives
financières, et en profite pour faire glisser l'aide
financière à la Turquie dans la catégorie
de la "pré-adhésion".
Nous ne sommes d'accord sur aucun de ces points, et c'est
pourquoi j'ai voté contre le rapport Böge.
Je souligne au passage que l'élargissement devrait
être l'occasion d'une révision financière
importante: les fonds structurels devraient être supprimés
par mesure d'économie, chaque pays redevenant maître
de l'aménagement de son territoire; une partie seulement
de ces financements serait conservée, mais uniquement
pour aider les nouveaux pays membres, et pour une période
limitée aux nécessités de leur mise
à niveau.
C'est ce que le gouvernement britannique vient de proposer
judicieusement à la Convention. C'est d'ailleurs
aussi ce que nous avions proposé depuis longtemps
dans notre Livre blanc "Europe-Providence ou Europe
des nations ?" publié par le groupe EDN en 1997.

Elargissement - République d'Estonie
Explication de vote sur le rapport
Gahler
par Georges BERTHU, le 9 avril 2003
Je me suis abstenu sur le rapport
Brok car autant je soutiens le principe de l'élargissement
(j'ai d'ailleurs voté positivement sur chacun des
10 avis conformes demandés), autant je trouve que
le rapport Brok cherche à profiter de la situation
pour faire prendre aux anciens et aux nouveaux membres des
engagements de type hyper-fédéraliste.
Elmar Brok l'a d'ailleurs dit clairement
ce matin : "Nous allons pratiquement mettre en place
un véritable Etat" (selon la traduction
simultanée).
Les membres de l'intergroupe SOS Démocratie,
dont je fais partie, souhaitent au contraire que l'élargissement
soit l'occasion d'une réorientation fondamentale
de l'Union européenne dans le sens de la flexibilité.
C'est pourquoi ils ont accompagné leur approbation
de principe d'un texte énonçant dix demandes
essentielles pour une Europe plus libre.
Nous demandons en particulier que le
traité fondamental qui sortira de l'actuelle Convention
et de la future CIG ne soit signé qu'après
l'élargissement, c'est-à-dire après
le 1er mai 2004, lorsque l'Union comptera vingt-cinq pays.
Ainsi, les nouveaux membres pourront-ils participer à
part entière à l'élaboration finale
du texte. Ainsi pourrons-nous contrer la stratégie
fédéraliste qui voudrait prédéterminer
nos choix futurs.

Elargissement - République de Chypre
Explication de vote sur la recommandation
Poos
par Georges Berthu, le 9 avril 2003
La République de Chypre se trouve
dans une situation juridique inextricable, puisque le Nord
de l'île est occupé illégalement par
la Turquie. Cette occupation a d'ailleurs été
condamnée aussi bien par les Nations unies que par
l'Union européenne.
Pourtant, j'ai pensé qu'il fallait voter "oui"
à l'adhésion, parce que le vote "non"
aurait pénalisé doublement les Chypriotes,
occupés par les Turcs d'un côté, et
rejetés par l'Union de l'autre.
En réalité, il aurait fallu établir
avec la Turquie une relation de force, puisqu'elle ne comprend
que cela, en lui disant clairement qu'elle perdrait son
statut de partenaire associé de l'Union européenne
si elle n'évacuait pas immédiatement le Nord
de l'île. Je regrette qu'on n'ait pas eu le courage
de le dire dans le passé, et j'espère qu'on
le dira dans l'avenir.
Hélas, ce n'est pas le chemin
que prend l'Union pour le moment, puisqu'elle joue encore
la conciliation, en maintenant la perspective de l'adhésion
de la Turquie, en doublant son aide financière, et
en inscrivant celle-ci dans la catégorie "pré-adhésion".
Dans ces conditions, nous exigeons que,
dans tous les pays d'Europe, un référendum
soit tenu avant (je dis bien: "avant") l'ouverture
d'éventuelles négociations d'adhésion
avec la Turquie.

Elargissement - République de Chypre
Explication de vote sur la recommandation
Poos
par Dominique Souchet, le 9 avril 2003
Si nous nous sommes abstenus sur l'adhésion
de Chypre à l'Union europénne, ce n'est pas
que nous ayons quelque grief que ce soit à l'encontre
du peuple chypriote.
Non, c'est à l'irresponsabilité dont les dirigeants
de l'Union européenne ont fait preuve que nous en
avons.
Se résigner à admettre dans l'Union européenne
un pays divisé, un pays dont le problème existentiel
n'est pas réglé, tout en le regrettant, est
la marque (une marque supplémentaire) de l'incapacité
de l'Union européenne en tant que telle à
exercer une véritable volonté politique. L'entrée
de Chypre dans l'Union aurait évidemment dû
être subordonnée à sa réunification.
Au lieu de poser cette condition, et d'utiliser la question
de l'adhésion de Chypre comme un levier, l'Union
européenne se borne à "déplorer"
qu'elle-même accueille un pays divisé en son
sein. On croit rêver!
Cette nouvelle occasion perdue va avoir pour conséquence
de faire entrer dans l'Union un pays occupé par une
puissance étrangère, de donner à la
Turquie un moyen de chantage supplémentaire et permanent
vis-à-vis de l'Union européenne et de fixer
de facto la frontière extérieure de l'Union
sur la ligne verte, une frontière que ne reconnaît
pas l'Union européenne et
que d'ailleurs personne ne reconnaît en dehors de
la Turquie!

Elargissement - Conclusions des négociations de Copenhague
sur l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Brok
par Dominique Souchet, le 9 avril 2003
Notre opposition au rapport Brok traduit
notre opposition au processus d'élargissement tel
qu'il a été mené. Depuis toujours,
nous avons été d'ardents défenseurs
de la réunification de l'Europe. Nous avons toujours
combattu la fracture artificielle de Yalta et milité
pour que l'Europe retrouve l'usage de ses deux poumons.
Mais l'Union européenne a commencé par gâcher
une occasion historique: il fallait offrir aux PECO d'accéder,
dès leur libération, à la partie intergouvernementale
des traités. Une fois posé cet acte solennel,
chaque État aurait dû avoir la faculté
d'adhérer à telle ou telle des politiques
communes, avec des délais suffisants, en fonction
de ses spécificités, afin d'éviter
des chocs sociaux dramatiques et d'éliminer la corruption.
Au lieu de cela, après des négociations interminables
menées par la Commission dans un esprit bureaucratique,
on impose à tous la même toise et le même
calendrier, on supprime d'un coup frontières et protections,
tout en hérissant les traités de multiples
clauses de sauvegarde. L'Union européenne aura ainsi
réussi un tour de force: substituer à la joie
des retrouvailles une inquiétude diffuse. Il serait
irresponsable de se cacher que cet élargissement
retardé et uniforme est aujourd'hui perçu
par beaucoup, à l'Ouest comme à l'Est, davantage
comme une menace que comme une chance.

Assistance au transit dans le cadre de mesures d'éloignement
par voie aérienne
Explication de vote sur le rapport Kirkhope
par Georges Berthu, le 10 avril 2003
J'approuve l'initiative prise par l'Allemagne de proposer
une directive permettant de mieux organiser le transit des
ressortissants de pays tiers expulsés par un pays
membre, lorsque l'avion qui les transporte doit faire escale
sur le territoire d'un autre pays membre.
Sur la forme, ce texte montre une utilisation intelligente
du droit d'initiative que l'article 67 du traité
CE conserve provisoirement aux États membres dans
ce domaine. En théorie, ce droit devrait être
aboli au 1er mai 2004 et le monopole
d'initiative revenir intégralement à la Commission.
Nous espérons que les États sauront arrêter
ce processus désastreux lors de la prochaine conférence
intergouvernementale.
Malheureusement, la gauche a profité de l'occasion
pour faire voter des amendements limitant le droit d'expulsion,
annexant même une opinion minoritaire qui demande
"l'arrêt total des expulsions (vers les pays
d'origine)... et un droit de séjour permanent pour
tous en Europe". Une fois de plus, nous voyons là
un état d'esprit qui influence sournoisement bien
des propositions européennes, comme justement le
texte sur le regroupement familial que le Parlement européen
vient d'adopter hier.
Nous avons donc été obligés de voter
contre le rapport Kirkhope qui, par une conjonction bizarre,
a finalement été rejeté.

Sécurité et défense : priorités
et lacunes
Explication de vote sur le rapport Morillon
par Georges Berthu, le 10 avril 2003
Le rapport Morillon propose une nouvelle
architecture européenne de sécurité
et de défense de type unitaire et centralisé,
qui apparaît à la fois irréaliste et
dépassée.
En effet, le rapport se situe d'emblée dans le cadre
communautaire. Aucun développement n'est consacré
à ce qui devrait être le principe central,
la liberté de participation des pays et la géométrie
variable des associations. On ne trouve qu'une allusion
à "l'abstention constructive", légère
flexibilité que le traité d'Amsterdam avait
introduite pour préserver le cadre général
centralisé. Mais, en sens inverse, sont affirmées
hautement la nécessité de développer
les compétences des institutions européennes
existantes et l'inclusion des coûts dans le budget
communautaire (paragraphes 40, 56 et 57 de la résolution).
La crise irakienne a montré à quel point ce
montage était dépassé. Mais de toute
façon, ce rapport n'était guère réaliste,
car il affirmait à la fois la compétence des
parlements nationaux en matière d'emploi des forces
nationales et celle du Parlement européen à
l'égard de l'approbation des opérations. Tout
cela est contradictoire.
Il faut choisir. La seule solution possible pour nous, c'est
la légitimité supérieure des nations
et la responsabilité principale de leurs parlements.
Tout le reste doit en découler.

Sécurité et défense : priorités
et lacunes
Explication de vote sur le rapport Morillon
par Dominique Souchet, le 10 avril
2003
Il faudra retenir de cette session que nous y aurons longuement
débattu d'un rapport sur la sécurité
européenne, dont le contenu est pour l'essentiel
totalement dépassé et que nous nous serons
interdits, à une belle majorité, de débattre
de la guerre en Irak au moment où son issue se joue
et alors que ses conséquences concernent au premier
chef notre sécurité.
On retiendra également le silence du Parlement sur
le sommet tripartite France-Allemagne-Russie, qui commence
demain à Saint-Pétersbourg avec le Secrétaire
général des Nations unies. Est-ce parce qu'il
s'agit d'une initiative intergouvernementale, donc idéologiquement
incorrecte ? Pourtant, si le Parlement se souciait réellement,
comme il le prétend, de voir l'Europe exercer une
influence diplomatique propre et substantielle dans l'après-guerre,
il devrait attacher plus d'importance au sommet de Saint-Pétersbourg
qu'au prochain Conseil européen.
On retiendra enfin le doublement de l'aide financière
à la Turquie, destiné probablement à
remercier Ankara pour son refus de lever l'occupation de
Chypre par ses troupes. Ce n'est pas à l'adhésion
qu'il faut lier l'aide, comme l'a fait le Parlement, mais
à une attitude constructive de la Turquie permettant
d'aboutir à une réunification de Chypre avant
l'entrée de Nicosie dans l'Union. Si nous avions
fait cela, nous aurions travaillé concrètement
en faveur de la sécurité de l'Europe.

Essais comparatifs communautaires en matière de commercialisation
de semences, plants et divers matériels
Explication de vote sur le rapport Auroi
par Dominique Souchet, le 10 avril
2003
L'examen de ce texte sur les essais comparatifs
et la commercialisation des semences doit être l'occasion
de rappeler quelques lignes directrices concernant les semences.
Tout doit être fait pour préserver la biodiversité
des plantes cultivées. Laissée à la
seule libre concurrence, la sélection génétique
a tendance à se concentrer entre les mains de quelques
entreprises, le nombre de variétés mises sur
le marché se restreint et les variétés
locales disparaissent. Les firmes semencières ont
bien naturellement tendance à privilégier
les variétés captives, hybrides ou génétiquement
modifiées, qui leur permettent d'assurer la rentabilité
de leurs obtentions. Il appartient donc aux États
membres de maintenir la dimension de service public dans
la sélection végétale, d'assurer la
pérennité des variétés locales
menacées et de permettre la multiplication à
la ferme des semences.
Il faut enfin faire preuve de la plus extrême prudence
envers l'enrobage des semences avec des produits phytosanitaires,
technique qui peut se révéler nuisible pour
l'environnement et la faune : on le voit particulièrement
dans le cas des enrobages contenant de puissants insecticides
systémiques, qui ont des effets désastreux
sur les insectes pollinisateurs, en particulier les abeilles
domestiques.