LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
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ARTICLES DE PRESSE


> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Mars 2002

Résultats du Conseil européen de Barcelone
Explication de vote sur la résolution commune
par Georges Berthu, le 20 mars 2002

Résultats du Conseil européen (Barcelone, 15/16 mars 2002)
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 20 mars 2002

Priorités en matière de politique fiscale
Explication de vote sur le rapport Della Vedova
par Thierry de La Perrière, le 14 mars 2002

Etat et perspectives des relations transatlantiques, y compris la taxe d'importation sur l'acier
Explication de vote sur les déclarations du Conseil et de la Commission
par Georges Berthu, le 14 mars 2002

Personnalité juridique de l'Union européenne
Explication de vote sur le rapport Carnero Gonzalez
par Georges Berthu, le 14 mars 2002

Tabac en feuilles (2002, 2003 et 2004)
par Dominique Souchet, le 14 mars 2002

Programme législatif et de travail de la Commission européenne
Explication de vote sur le rapport Malmström
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Femmes et fondamentalisme
Explication de vote sur le rapport Izquierdo Rojo
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Ouverture à la concurrence des services postaux
Explication de vote sur le rapport Ferber
par Dominique Souchet, le 13 mars 2002

Ouverture à la concurrence des services postaux
Explication de vote sur le rapport Ferber
par Thierry de La Perrière, le 13 mars 2002

Ouverture à la concurrence des services postaux
Explication de vote sur le rapport Ferber
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

État et perspectives des relations transatlantiques, y compris la taxe d'importation sur l'acier
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 13 mars 2002

Personnalité juridique de l'Union européenne
Intervention sur le rapport Carnero Gonzalez
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Grandes orientations des politiques économiques
Intervention sur le rapport Trentin
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux
Intervention sur le rapport Paulsen
par Dominique Souchet, le 12 mars 2002

Diversité biologique
Intervention sur le rapport Isler Béguin
par Dominique Souchet, le 12 mars 2002

Femmes et fondamentalisme
Intervention sur le rapport Izquierdo Rojo
par Elizabeth Montfort, le 12 mars 2002

Ouverture à la concurrence des services postaux
Intervention sur le rapport Ferber
par Georges Berthu, le 11 mars 2002


Résultats du Conseil européen de Barcelone
Explication de vote sur la résolution commune
par Georges Berthu, le 20 mars 2002

Le Conseil européen de Barcelone qui vient de se tenir les 15 et 16 mars derniers fait partie de ces "sommets techniques" qui prennent des décisions sans que personne n'y fasse attention. En l'occurrence, plutôt que de décisions, il faudrait parler d'un resserrement progressif des disciplines auxquelles sont soumis les États par des procédures fort peu démocratiques.

Le Conseil a été précédé par l'envoi d'une lettre de Romano Prodi aux chefs d'État et de gouvernement indiquant ce que - je cite textuellement - " la Commission attend du Conseil européen de Barcelone". Il s'agit d'une inversion des rôles particulièrement audacieuse.

Dans cette lettre, on trouve notamment un appel au durcissement de la coordination économique, dont j'ai déjà dit ce que je pense au cours du débat, ainsi que l'exigence d'une transposition plus stricte de la législation européenne par les États membres. Le Conseil a repris ces deux points dans ses conclusions sans se poser aucune question, en particulier sur le rôle indispensable des Parlements nationaux dans la transposition.

Enfin, le point 55 des conclusions du Conseil annonce que la ratification du traité de Nice "devrait être menée à bien dans tous les Etats membres d'ici à la fin de 2002", sans se demander si les Irlandais sont disposés à dire "oui". Il est vrai que le nouveau président irlandais du Parlement européen, Patrick Cox, a déclaré à Barcelone qu'il irait lui-même faire campagne pour le "oui", infligeant ainsi une entorse notable à la déontologie de sa charge. Mais dans ce domaine, nous n'en sommes plus à cela près.


Résultats du Conseil européen (Barcelone, 15/16 mars 2002)
par Georges Berthu, le 20 mars 2002

Monsieur le Président, le Conseil de Barcelone a réitéré l'engagement des États membres de parvenir d'ici 2004 à une situation budgétaire proche de l'équilibre ou excédentaire. On imagine aisément le caractère contraignant de cet objectif pour les pays qui se trouvent actuellement en campagne électorale. C'est pourquoi il faut être attentif à la proposition du Premier ministre français qui, toujours à Barcelone, a suggéré de mettre en place - je cite - "un solde public agrégé pour la zone euro, complément nécessaire de la politique monétaire unique".

Effectivement, l'idée d'un solde budgétaire européen unique se situe dans la logique du nouveau système monétaire intégré. Mais en même temps, tout le monde voit bien le but de la manœuvre : il s'agit de diluer le déficit des États laxistes dans les excédents des États vertueux. On constate ici un effet pervers de l'euro, la déresponsabilisation des gestionnaires nationaux, déjà bien engagée du fait de la disparition du taux de change de chaque pays. La discipline spontanée exercée par le marché sur les gestions nationales disparaissant peu à peu, elle doit être remplacée par la mise en place d'une autorité administrative centrale qui procédera par injonctions.

C'est ainsi que, dans la suite logique de ce qui précède, le Conseil de Barcelone a décidé de renforcer les mécanismes existants de la coordination budgétaire et a chargé la Commission de présenter des propositions à ce sujet après les élections françaises et allemandes. L'engrenage de l'euro, Monsieur le Président, commence à dérouler ses conséquences.


Priorités en matière de politique fiscale
Explication de vote sur le rapport Della Vedova
par Thierry de La Perrière, le 14 mars 2002

D'entrée de jeu, le titre de ce rapport affiche clairement son objectif : doter l'Union d'une politique fiscale harmonisée.

Il est dès lors troublant que la lecture du rapport Della Vedova s'ouvre par une sorte d'aveux à demi sincères : la politique fiscale doit demeurer du ressort des États membres. Or, tout le reste du texte préconise les moyens permettant à l'Union de s'arroger cette même prérogative.

Certes, on revient de loin. Le texte voté en Commission a nettement amélioré la proposition du rapporteur qui voyait dans un impôt européen l'occasion d'affirmer le principe fédéral de la construction européenne. La majorité de ce Parlement a jugé plus prudent d'effacer cet excès de franchise et de le remplacer par un texte qui, finalement, s'abrite derrière une certaine forme de libéralisme, en prônant la baisse des impôts pour finalement demander le passage des instruments de la politique fiscale sous le contrôle des autorités communautaire, la Commission et le Parlement lui-même.

Dans sa stratégie habituelle des petits pas, cette Assemblée avance certes, mais en crabe. Et encore n'avance-t-elle qu'à moitié. S'agissant de la TVA, les propositions ne sont pas assez audacieuses. Il aurait fallu, d'une part, affirmer que chaque nation est souveraine en la matière et, d'autre part, faire des propositions plus larges que celles visant à exonérer les ONG de TVA et inclure, par exemple, toutes les manifestations culturelles produites par des associations à but non-lucratif.

Un rapport affirmant clairement le caractère national de la politique fiscale et recommandant une amélioration de la coordination entre États membres dans ce domaine aurait pu recueillir mon suffrage. Je n'ai malheureusement rien lu de tel.


Etat et perspectives des relations transatlantiques, y compris la taxe d'importation sur l'acier
Explication de vote sur les déclarations du Conseil et de la Commission
par Georges Berthu, le 14 mars 2002

On ne peut que regretter l'instauration par les États-Unis d'une taxe sur les aciers importés, qui lèse les intérêts européens et s'affranchit apparemment des règles de l'OMC. Néanmoins, en sens inverse, nous avons été effarés par l'assurance et la bonne conscience avec lesquelles le commissaire Lamy donnait hier, dans cet hémicycle, des leçons de morale libre-échangiste aux Américains. Il faudrait rappeler quelques réalités que l'on oublie, et qui devraient conduire à plus de discrétion.

1- Tout d'abord, la surtaxe américaine, susceptible de s'élever jusqu'à 30 %, correspond à peu près à la dépréciation de l'euro depuis son entrée en vigueur, qui impose un véritable "dumping monétaire" à nos partenaires commerciaux. Bien entendu, personne n'en parle en Europe parce que, pour inattendue qu'elle soit, cette dépréciation nous favorise commercialement. Il n'en reste pas moins qu'elle cause un grave préjudice à nos partenaires. Certes, les États-Unis ont souhaité le "dollar fort", mais ils ne voulaient pas pour autant un dollar surpuissant, pénalisant gravement leurs propres industries.

2- Dans l'affaire de l'acier, les États-Unis ont invoqué la nécessité de mesures de sauvegarde pour éviter des désordres intérieurs. Sans doute en l'espèce détournent-ils des règles de l'OMC qu'ils ont eux-mêmes adoptées, et par lesquelles ils se retrouvent piégés. Mais il n'en reste pas moins qu'ils posent un vrai problème. Au lieu de les accabler, ne faudrait-il pas plutôt saisir la balle au bond, et proposer d'ouvrir une réflexion sur les exceptions légitimes au libre-échangisme, pour les pays développés, et encore plus pour les pays sous-développés ? L'Europe, en particulier, ferait bien d'y réfléchir si elle veut à l'avenir sauver son modèle agricole.

On peut d'ailleurs se demander à cet égard si les déclarations tonitruantes du commissaire Lamy, attaquant "l'unilatéralisme" des mesures américaines, ne vont pas aboutir (ou ne sont pas destinées), au-delà du cas présent, à renforcer la discipline multilatérale d'un libre-échangisme simpliste, tel qu'il a été adopté, par manipulation de l'opinion, à l'issue de l'Uruguay Round. Et nous nous apercevrons demain que ces disciplines renforcées nous retiennent prisonniers, par contrecoup, sur d'autres sujets vitaux pour nous, comme l'agriculture. La manipulation continue.


Personnalité juridique de l'Union européenne
Explication de vote sur le rapport Carnero Gonzalez
par Georges Berthu, le 14 mars 2002

S'il y avait un doute sur la portée du rapport Carnero González - qui demande que l'Union européenne possède désormais la personnalité juridique - il a été levé par le débat d'hier. Les orateurs ont fait assaut de zèle fédéraliste, démolissant ainsi toutes les démonstrations précautionneuses que le rapporteur avait construites pour prouver que sa réforme était tout à fait innocente.

Giorgio Napolitano a parlé de l'établissement d'une "entité supranationale". Andrew Duff a évoqué la nécessité que l'Union devienne une "partie contractante" à part entière sur la scène internationale. Jo Leinen a déclaré qu'effectivement l'octroi de la personnalité juridique à l'Union n'était qu'une pièce complétant les autres, dans l'ensemble des propositions fédéralistes. Et pour terminer, la Commission a déclaré qu'il s'agissait là d'une réforme "essentielle", et qu'elle s'engageait à soutenir le projet.

Il est donc clair que l'octroi de la personnalité juridique à l'Union européenne, en plus des Communautés, a pour but de créer sur la scène internationale un acteur nouveau de pleine capacité, qui notamment utilisera toutes les potentialités de l'article 24 TUE (surtout révisé après Nice) pour enlever peu à peu aux États membres l'autonomie de leur politique étrangère. L'Europe serait alors entrée, sans que les citoyens ne l'aient décidé clairement, dans l'ère du super-État.

Nous pensons au contraire, comme nous l'avons exposé dans l'opinion minoritaire jointe au rapport, que l'Union européenne doit demeurer une organisation sui generis d'États majeurs et responsables - c'est-à-dire de démocraties nationales majeures et responsables - organisés en réseau. Ce sera le travail de la Convention réunie dans les mois à venir, que de trouver la combinaison favorisant le mieux la synergie volontaire sans tuer la liberté de choix des peuples.


Tabac en feuilles (2002, 2003 et 2004)
Intervention sur le rapport Cunha
par Dominique Souchet, le 14 mars 2002

Monsieur le Commissaire, nous partageons évidemment les préoccupations de la Commission - qui sont celles de tout le monde - concernant les dangers du tabagisme pour la santé publique. Mais, étant donné le déficit de l'Union européenne en tabac, c'est évidemment sur la demande qu'il faut agir et non sur l'offre.

Rappelons deux chiffres : 800 000 tonnes de tabac brut consommées, 250 000 tonnes produites dans l'Union européenne. L'Europe importe 70 % de ses besoins en tabac brut, l'Union européenne est de loin le premier importateur mondial. Il est donc évident que toute action visant à réduire la production aurait pour seul effet d'augmenter notre dépendance vis-à-vis des importations.

Mais ce sont surtout les effets sociaux de telles mesures qui me préoccupent. Faut-il rappeler que la culture du tabac très intensive en main-d'œuvre concerne 130 000 exploitations et 400 000 saisonniers, donc plus de 500 000 emplois ? Faut-il rappeler que la première transformation emploie en zone rurale 18 000 permanents et 40 000 saisonniers ? Faut-il rappeler que la culture du tabac est pratiquée dans de petites exploitations familiales comportant entre un et deux hectares de tabac, où le tabac représente en moyenne 60 % du revenu familial ? Faut-il rappeler que la plupart de ces exploitations se situent dans des régions défavorisées connaissant l'exode rurale, la désertification, des problèmes d'occupation de l'espace rural des villages dortoirs ? Faut-il rappeler que la culture du tabac, qui apporte des revenus stables, contribue aujourd'hui fortement au maintien de la population agricole et donc aux activités de commerce et service public ?

Voilà pourquoi nous ne devons toucher à l'architecture de l'OCM du tabac qu'avec la plus extrême prudence. Lors de l'adoption de la réforme de l'OCM du tabac en 1998, le Parlement et le Conseil ont prévu une évaluation de cette réforme fin 2002. Seule cette évaluation sera en mesure de constituer une base de réflexion pertinente pour l'avenir de la tabaculture européenne.

Je pense donc, avec notre rapporteur, qu'aucune décision sur l'avenir du régime en vigueur dans le domaine du tabac ne saurait être prise avant que nous soyons en possession des résultats des études actuellement en cours. Et je rappelle que la Commission doit présenter une nouvelle proposition relative au secteur du tabac en 2003. C'est pour ces raisons que je me réjouis que notre commission de l'agriculture ait refusé les réductions de quotas et de primes prévues qui auraient frappé trop durement les revenus des producteurs, auraient gêné la restructuration des plantations et n'auraient pas encouragé la reconversion des producteurs.

Nous nous sommes opposés également au projet d'augmenter la contribution des producteurs de tabac au Fonds communautaire de tabac constatant que ce fonds doté d'un budget annuel de 20 millions d'euros a été grandement sous-utilisé. Nous avons enfin rejeté le plan de la Commission visant à réorienter la destination de ce fonds.

En résumé, Madame la Présidente, la Commission nous proposait une réforme bâclée et, disons-le, teintée d'un peu de démagogie et d'hypocrisie risquant d'avoir des conséquences sociales graves sur ce secteur. La commission de l'agriculture a suivi les recommandations de sagesse de notre rapporteur qui a élaboré des propositions sérieuses et solides qui ne confondent pas tabac et tabagisme, et j'espère que notre Assemblée plénière fera de même.


Programme législatif et de travail de la Commission européenne
Explication de vote sur le rapport Malmström
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Le rapport Malmström sur la présentation au Parlement européen du programme de travail annuel de la Commission offre à première vue un côté sympathique : il aboutit en effet sans le dire à écorner le monopole d'initiative du collège, et à exposer au grand jour son caractère unilatéral et antidémocratique.

Mais d'un autre côté, il omet l'essentiel : rien n'est dit sur le droit du Conseil d'approuver ce même programme de travail.

Le rapport Malmström montre d'abord que, au fur et à mesure où le Parlement européen prend des forces, le monopole d'initiative de la Commission lui pèse de plus en plus. Il cherche donc à imposer ses priorités. Cette volonté avait d'ailleurs provoqué une certaine tension en décembre dernier, au moment de la présentation par la Commission de son programme pour 2002.

Aujourd'hui, l'accord Commission/Parlement européen qui vient d'être approuvé prévoit un échéancier, pendant l'année N-1, pour l'élaboration concertée du programme de travail de l'année N. C'est une bonne initiative. Mais elle conduit à poser une autre question : où est l'échéancier équivalent pour le dialogue avec le Conseil ?

Un tel échéancier serait encore plus justifié, pour trois raisons : 1) le Conseil est, parmi les institutions européennes, celle dont les racines démocratiques sont les plus profondes, puisqu'il s'appuie sur les parlements nationaux ; 2) il possède déjà, en théorie, à la différence du Parlement européen, un vrai pouvoir d'impulsion et d'orientation du travail de la Commission, en application de l'article 4 TUE ; 3) enfin, le Conseil possède une vue d'ensemble du travail à réaliser au niveau européen dans les trois piliers du traité, y compris les initiatives des États membres dans le pilier intergouvernemental.

En l'absence de clarification sur ce point, le rapport Malmström apparaît donc surtout comme une manœuvre des deux vieux complices, la Commission et le Parlement européen, pour faire passer à la trappe les droits primordiaux du Conseil.


Femmes et fondamentalisme
Explication de vote sur le rapport Izquierdo Rojo
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Le rapport Izquierdo Rojo sur "les femmes et le fondamentalisme", qui vient d'être adopté à une faible majorité malgré notre vote contraire, témoigne d'une bonne idée de départ complètement pervertie au fil des discussions.

À l'origine, il s'agissait d'affirmer notre volonté de faire respecter rigoureusement les droits des femmes sur les territoires de l'ensemble des pays membres, au moment où des flux d'immigration dense et inassimilée tendent à y implanter des conceptions qui avilissent la femme, ou qui équivalent à une torture cruelle, comme l'excision.

Malheureusement, le Parlement européen a finalement reculé à nommer le mal dont nous souffrons - une immigration inassimilée, souvent issue de pays à culture islamique. Dans ces conditions, il s'est réfugié dans des déclarations aseptisées ou, pire encore, a prononcé des condamnations générales paraissant s'appliquer à tous les Européens sans distinction, et qui culpabilisent à tort tout le monde.

Il en va ainsi de la notion même de "fondamentalisme" : elle mélange allègrement la pratique rigoriste d'une religion qui place la personne au centre de la société, le christianisme, et la pratique rigoriste d'une autre, qui soumet la personne à la communauté, l'Islam. Ce n'est pourtant pas la même chose.

Pour couronner le tout, le Parlement européen recommande que les prochaines directives sur le droit d'asile, prises en application du traité d'Amsterdam, permettent l'accueil des femmes du monde entier qui "souffrent de persécutions fondamentalistes". Pour être cohérent, il aurait fallu demander en même temps l'abolition du Pacte de stabilité budgétaire !


Ouverture à la concurrence des services postaux
Explication de vote sur le rapport Ferber
par Dominique Souchet, le 13 mars 2002

Chaque État membre doit conserver la pleine maîtrise de l'organisation de ses services publics. Il lui appartient, et à lui seul, de définir les domaines et les modalités de cette organisation. Sans doute, doit-il s'assurer que ces services, pour répondre pleinement aux besoins de sa population, ne puissent être paralysés par des préoccupations exclusivement corporatistes. Mais il n'est pas acceptable qu'au nom d'une conception extensive des compétences qui lui ont été transférées en matière de concurrence, la Commission s'arroge le droit de définir la nature des services publics dont un peuple peut ou non bénéficier.

Nous refusons l'application de la méthode Monnet, aujourd'hui aux services postaux et demain à d'autres services publics. La méthode Monnet, c'est-à-dire, en l'occurrence, l'aventure d'une déréglementation généralisée par étapes sans qu'aucune étude sérieuse n'ait été réalisée au préalable sur les conséquences d'une telle politique. La Commission, du moment que le marché intérieur progresse, est prête à prendre le risque, demain, d'une non prise en compte de la fonction sociale des services postaux, d'une dégradation de la couverture territoriale de nos pays, d'une baisse de la qualité des services rendus et d'un accroissement sensible des coûts. L'étude d'impact sera réalisée, comme d'habitude, lorsque tout sera joué et qu'on ne pourra plus revenir en arrière.

C'est parce que nous nous opposons à cette logique du fait accompli, que nous avons voté contre le rapport Ferber et contre la proposition commune du Conseil et de la Commission, dont je note d'ailleurs qu'elle est activement soutenue par une composante du gouvernement français et ardemment combattue par ses deux autres composantes...


Ouverture à la concurrence des services postaux
Explication de vote sur le rapport Ferber
par Thierry de La Perrière, le 13 mars 2002

Le compromis qui s'était dégagé lors de la réunion du Conseil du 15 octobre dernier sur l'ouverture à la concurrence des services postaux des pays membres, soutenu entre autres par le gouvernement socialiste de la France, nous paraît bâti sur une série d'ambiguïtés qui peuvent cacher bien des dangers.

Au nom de l'exception française et du principe de précaution pour le maintien de l'égalité de nos concitoyens, je n'ai pas soutenu ce compromis bancal qui n'est rien d'autre qu'un chèque en blanc donné à la Commission pour mener à bien, à l'horizon 2006, le démantèlement du service postal français.

L'économie ne doit pas être le seul fil conducteur de la politique européenne.

La France a fait le choix d'une poste de qualité, répartie sur l'ensemble de son territoire, accessible à tous et à un prix unique. C'est notre conception du service public. C'est notre volonté de maintenir coûte que coûte notre système.

Je souhaite que soit acté que, comme les services publics dans leur ensemble relèvent de la compétence de chaque État membre, chacun d'eux restera libre de l'organisation finale de son service postal.


Ouverture à la concurrence des services postaux
Explication de vote sur le rapport Ferber
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

L'histoire des directives européennes sur l'ouverture à la concurrence des services postaux montre bien la méthode de la Commission : de coups de force en dissimulations, elle utilise savamment les armes que lui donne le traité, notamment le monopole d'initiative, pour imposer ses thèses et faire reculer peu à peu ses adversaires, y compris en l'occurrence le Parlement européen, qui dans cette affaire était plutôt partisan de la modération.

C'est d'autant plus regrettable, ici comme souvent, que sur le fond la position de la Commission est parfaitement unilatérale et contestable. Elle n'a pas apporté la preuve que la mise en concurrence complète de la distribution postale serait globalement profitable dans un pays comme la France. Pourtant c'est vers cet objectif qu'elle nous conduit de facto. Et de quel droit ? Autant il paraîtrait défendable que la Commission veuille s'occuper de la distribution transnationale du courrier, autant il nous semble que la distribution interne doit relever de la responsabilité de chaque État.

De telles distinctions n'existent pas, cependant, aux yeux de la Commission. Le commissaire Bolkestein vient d'expliquer à notre Assemblée qu'il faudrait "aller vers l'achèvement du marché intérieur pour les services postaux". Ce marché intérieur n'existerait-il pas aujourd'hui ? Serait-il impossible d'envoyer une lettre de France au Danemark ou en Angleterre dans de bonnes conditions? Tout cela est risible. Le marché intérieur existe déjà, et le commissaire Bolkestein trahit seulement que, pour la Commission, le véritable objectif est tout autre, c'est l'unification, dont nous n'avons nul besoin.

Cette affaire pose une autre question d'ordre général : l'articulation entre les pouvoirs de la Commission en matière de concurrence (pouvoirs aujourd'hui exorbitants), et ceux des États en matière d'organisation des services publics nationaux. Nous pensons que, lorsqu'il y a incertitude, c'est l'État qui doit avoir le dernier mot, à condition bien entendu qu'il s'appuie sur une claire volonté populaire. Il ne faut pas laisser la Commission développer, et imposer, une conception tentaculaire de ses pouvoirs de mise en concurrence.

C'est pourquoi la Convention qui va se réunir pour réfléchir à l'avenir de l'Europe devrait inscrire cette importante question à son ordre du jour.


État et perspectives des relations transatlantiques, y compris la taxe d'importation sur l'acier
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 13 mars 2002

Six mois, pratiquement jour pour jour, après les événements du 11 septembre on ne peut qu'être extrêmement étonné de constater que, dans l'état des lieux des relations transatlantiques que dresse la présidence de l'Union européenne, une part relativement faible soit consacrée aux leçons à en tirer. On aurait pu penser que la tragédie du 11 septembre amènerait les pays européens à s'interroger en profondeur sur les raisons pour lesquelles l'internationale terroriste islamique a choisi l'Europe pour y installer les bases à partir desquelles l'Amérique a été frappée. Quelles facilités particulières offrent donc nos pays et comment les supprimer ? Quelles conséquences tirer de l'instrumentalisation des procédures d'asile par les filières terroristes, etc. ?

Certes, nos polices ont bien travaillé, en coopération étroite avec les services américains. Leurs enquêtes révèlent l'étendue de la domiciliation terroriste dans nos pays. En revanche, sur l'analyse de la signification du 11 septembre un écart important se creuse entre les deux rives de l'Atlantique : accident pour les uns ; révélation de la nature profonde de la nouvelle scène mondiale, dominée par l'hyperterrorisme, pour les autres. La communication du Conseil reflète ce décrochage. Les mesures effectives pour faire face à la menace commune et à son ampleur n'en occupent pas le centre et paraissent très minimalistes. Il n'est question que d'un vague mandat de négociation visant à élaborer, pour on ne sait quand, une convention d'assistance judiciaire mutuelle. Il s'agit là, Monsieur le Président, d'un étrange et dangereux décalage qui risque d'hypothéquer lourdement les relations transatlantiques et notre propre sécurité.


Personnalité juridique de l'Union européenne
Intervention sur le rapport Carnero Gonzalez
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Monsieur le Président, l'octroi de la personnalité juridique à l'Union européenne, en plus des Communautés européennes qui l'ont déjà, apporterait vraiment peu de chose, du moins si l'on considère cette modification isolément. Pour qu'elle modifie les institutions en profondeur, il faudrait en réalité, comme le suggère à plusieurs reprises le rapport de M. Carnero González, qu'elle soit combinée avec plusieurs autres réformes beaucoup plus importantes : la fusion des piliers, le pouvoir de conclure des traités de son propre chef, la communautarisation générale des prises de décision, l'adoption d'une constitution supranationale.

C'est pourquoi le rapport a raison, en un sens, de dire que cette réforme n'impliquerait pas en elle-même des transferts de compétences au profit de l'Union. Il est vrai, en effet, qu'une simple association d'États délibérant à l'unanimité pourrait avoir la personnalité juridique. Mais en revanche, il est faux de dire qu'elle procurerait à elle seule les caractères de cohérence, d'unité de représentation et de visibilité que le rapport lui impute. Autrement dit, cette réforme n'est rien, ou bien si elle est quelque chose, c'est qu'elle est accompagnée de fusion des piliers, communautarisation et constitutionnalisation qui seraient les signes distinctifs, qu'on l'appelle comme on voudra, d'un super-État ou de quelque chose qui lui ressemblerait fortement.

C'est pourquoi j'ai rédigé une opinion minoritaire qui est annexée au rapport. Et c'est pourquoi je propose un marché à M. Carnero González. Je veux bien accepter la personnalité juridique de l'Union si, en échange, vous acceptez, Monsieur Carnero González, de dire qu'une éventuelle constitution européenne, si elle advenait, devrait reconnaître prioritairement la supériorité des constitutions nationales, la liberté de choix des États membres sur la scène mondiale et la décision à l'unanimité ou la géométrie variable dans le cadre du troisième pilier.

Si vous acceptiez de dire tout cela, Monsieur Carnero González, je voterais peut-être pour votre rapport, mais voilà, vous ne le direz pas, car votre rapport cache en réalité autre chose que ce qu'il prétend.


Grandes orientations des politiques économiques
Intervention sur le rapport Trentin
par Georges Berthu, le 13 mars 2002

Monsieur le Président, six mois après les attentats du 11 septembre, les États-Unis renouent avec la croissance et les créations d'emploi alors que l'Europe reste à la traîne en proie aux incertitudes et aux signaux contradictoires. Dans ce contexte, on aurait pu imaginer que le rapport Trentin, qui veut contribuer à la préparation des grandes orientations des politiques économiques pour 2003, donne des indications sur des réformes très fortes qui puissent produire des électrochocs.

Ce n'est pas le cas. On n'y voit que des propositions de réforme déjà bien connues comme, entre autres, la formation permanente, le renforcement de la recherche, l'achèvement du marché des services financiers ou l'ouverture des marchés de l'énergie et des transports qui ne donnent guère de résultats dans l'immédiat. On y voit aussi le traditionnel appel à davantage de coordination budgétaire européenne qui est censée libérer, je cite, "des synergies positives" alors que, concrètement, il se pourrait bien qu'elle ajoute des rigidités.

Pour notre part, nous voulons surtout saisir cette occasion pour appeler à une forte réduction des prélèvements obligatoires puisque dans les pays où la croissance est faible, c'est le problème numéro 1. Ce thème va nécessairement s'imposer, en particulier dans la campagne électorale française. Bien sûr, la fiscalité n'est pas de la compétence directe de l'Europe. On n'en regrette que davantage l'intervention intempestive du commissaire Solbes dans un quotidien français d'hier où il a semblé dire que les promesses de baisses d'impôts d'un candidat n'étaient pas gagées par des baisses de dépenses correspondantes.

C'est un coup bas injustifié, d'abord, parce que les projets de nos candidats ne sont pas encore complètement connus et, ensuite, parce que le commissaire Solbes n'est pas président d'un gouvernement économique de l'Europe qui n'existe pas. Qu'il laisse le peuple français décider !


Règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux
Intervention sur le rapport Paulsen
par Dominique Souchet, le 12 mars 2002

Monsieur le Président, sous des apparences très techniques, ce rapport consacré aux règles sanitaires applicables aux sous-produits animaux nous confronte à un véritable problème de société puisque nous devrons prendre en compte deux réalités difficilement conciliables : d'une part, la légitime inquiétude des consommateurs face à l'épidémie d'ESB et à sa terrifiante maladie humaine - la maladie de Kreutzfeldt-Jacob - et, d'autre part, la nécessaire préoccupation envers les éleveurs et l'ensemble des opérateurs de la filière viande, dont l'activité se trouve mise à mal par la surcharge effrayante de contraintes qu'au nom du principe de précaution on accumule sur leurs épaules. Alors qu'il y a quelques années le cinquième quartier - c'est-à-dire les coproduits de la viande - trouvait une valorisation qui couvrait les coûts de fonctionnement des abattoirs, voici que nous envoyons désormais ces coproduits à grands frais - et sans doute à juste titre - à la destruction, de sorte que la viande est sans cesse plus chère pour les consommateurs alors que les éleveurs n'obtiennent plus une juste rémunération pour leurs animaux.

La position commune sur laquelle nous avons à nous prononcer aboutit, en se fondant sur une conception extrême du principe de précaution, à un certain nombre d'impasses techniques. Par exemple, est-il raisonnable de s'interdire toute valorisation agricole par épandage des lisiers, fumiers et matières stercoraires issus d'abattoirs et de destiner ces vingt millions de tonnes exclusivement à l'incinération, alors que déjà nous ne savons pas traiter nos deux millions de tonnes de farines animales ? Est-il raisonnable d'engager plusieurs milliers d'abattoirs de municipalités et de régions dans la construction de centaines de stations d'épurations et d'incinérateurs à l'heure même où les tests de détection de l'ESB progressent très rapidement.

Nous serons donc, Monsieur le Président, réservés sur ce texte extrêmement tatillon et excessivement précautionneux qui va faire peser, sur les abattoirs, des contraintes tellement lourdes qu'elles risquent d'en faire disparaître plus d'un, avec toutes les conséquences qu'auront ces fermetures sur le transport des animaux et la diffusion des épidémies.


Diversité biologique
Intervention sur le rapport Isler Béguin
par Dominique Souchet, le 12 mars 2002

Oui, Madame le Rapporteur, les cris d'alarme lancés de toutes parts concernant l'appauvrissement de la biodiversité sont justifiés. Oui, il y a des espèces végétales qui disparaissent, des espèces animales qui sont menacées et, même au sein des espèces et des races qui ne risquent pas l'extinction, la diminution des effectifs, la consanguinité et la diffusion incontrôlée d'OGM introduisent un appauvrissement génétique qui constitue une menace pour l'environnement. Mais, pour préserver la biodiversité, les parachutages de réglementations sans véritable consultation des acteurs locaux, l'objectif affirmé de sanctuariser de larges zones où vit et travaille une population qui a fortement contribué à façonner les écosystèmes actuels ainsi que les procédures incohérentes de mise en œuvre du dispositif Natura 2000 dans un certain nombre de pays constituent-ils les bonnes orientations pour y parvenir ? Ne risquent-ils pas, au contraire, de produire l'effet inverse de celui qui est recherché et de provoquer un abandon de l'activité agricole qui nuira à la biodiversité ?

Nous vous soutiendrons donc, Madame le Rapporteur, dans votre réaffirmation du principe du "pollueur-payeur", dans votre prudence envers les OGM, et dans votre appel à la subsidiarité, mais nous ne vous suivrons pas dans votre invitation à durcir les propositions de la Commission touchant l'agriculture, ce qui équivaudrait à un démantèlement complet de la PAC dès 2003. On ne préservera pas la biodiversité en se passant des agriculteurs.


Femmes et fondamentalisme
Intervention sur le rapport Izquierdo Rojo
par Elizabeth Montfort, le 12 mars 2002

Monsieur le Président, le débat est tout à fait passionnant mais je constate que peu de personnes parlent du texte, sans doute parce que le rapport laisse plusieurs d'entre nous perplexes. L'histoire de ce rapport, en premier lieu, démontre que cette initiative n'est pas opportune. D'un rapport sur l'Islam et les femmes on est arrivé finalement à un rapport alambiqué, ambigu et sans véritable cohérence.

Ne voulant pas attaquer l'Islam de front - ce que je comprends - la définition du fondamentalisme reste vague. Or, le fondamentalisme n'est-il pas la caricature de la religion ? Nous sommes tous d'accord pour séparer le temporel du spirituel et, dès lors, il n'est pas vraiment dans le rôle du Parlement de se lancer dans une démarche ambiguë de théologie comparée. Cependant, certains points méritent un accord, notamment l'affirmation que, sur le territoire des États membres, les coutumes et les croyances opposées aux droits de la personne - et en particulier à ceux des femmes - ne peuvent pas être tolérées et que les droits familiaux des États membres prévalent sur ceux des pays d'origine des migrants.

En conclusion, l'égalité des hommes et des femmes n'est pas affaire de théorie. Ce n'est pas seulement en tant que femmes qu'il faut promouvoir les femmes, ainsi que leur place et leur rôle dans la société, mais parce qu'elles participent, comme les hommes, à une même humanité et donc à une même dignité.


Ouverture à la concurrence des services postaux
Intervention sur le rapport Ferber
par Georges Berthu, le 11 mars 2002

Monsieur le Président, la position commune dégagée par le Conseil le 15 octobre dernier sur l'ouverture à la concurrence des services postaux des pays membres représente un bon compromis, nous dit notre rapporteur, comme d'ailleurs les gouvernements, y compris le gouvernement socialiste français, qui nous engagent tous à l'approuver. Pourtant, ce texte nous paraît bâti sur une série d'ambiguïtés qui peuvent cacher bien des dangers.

Tout d'abord, le secrétaire d'État français chargé du dossier, M. Piret, prétend que moins de 10 % du chiffre d'affaires de la poste sera soumis à la concurrence en 2009, alors que le commissaire Bolkestein de son côté, évalue cette part à 50 % du marché européen dès 2006. Qui a raison ? Certes, le premier parle de la France et le second de l'ensemble de l'Union, mais tout de même l'énormité de l'écart laisse penser qu'il y a quelque part malentendu ou dissimulation.

Seconde ambiguïté : on nous dit que la nouvelle directive permettra de conduire une ouverture graduelle et maîtrisée. Mais, si nous examinons de près les modalités proposées, nous pouvons avoir un doute sur la qualité de cette maîtrise. En effet, l'étape intermédiaire du premier janvier 2006, qui verra l'abaissement de 100 à 50 grammes, donc la division par deux, du poids du courrier demeurant hors concurrence, sera une étape automatique déjà prédécidée par le texte d'aujourd'hui sans que l'impact en ait été véritablement et sérieusement évalué.

Dans ces conditions l'étude prospective, qu'il est prévu de réaliser à partir de 2006, risque de conclure que les décisions essentielles sont déjà prises, qu'elles seront déjà derrière nous et, encore une fois, nous aurons avancé dans le brouillard sans savoir exactement à quel moment et dans quelles conditions nous aurons franchi les balises essentielles. Ce sera en quelque sorte un nouvel exemple de méthode Monnet à plus petite échelle.

Pour conclure, nous sommes favorables à une ouverture qui permettrait d'aiguillonner les services postaux, mais nous ne voulons pas jeter le bébé avec l'eau du bain. Nous ne voulons pas prendre le risque que cette ouverture mal contrôlée détruise le service universel, ce qui serait encore plus désastreux pour l'usager surtout dans un pays comme la France, où de vastes zones rurales pourraient voir leur desserte postale se dégrader. C'est pourquoi nous pensons que l'étape de 2006 ne doit pas être automatique, mais qu'elle doit être précédée par une étude d'impact, sérieuse et contradictoire, ainsi que par une clarification des obligations de services publics à imposer à tous les opérateurs. Et, mieux encore, nous souhaiterions qu'il soit acté, Monsieur le Président, que chacun des services publics, dans leur ensemble relevant de la compétence de chaque État membre, restera libre de l'organisation finale de son service postal.


 

 


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