> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES >
Février 2003
Négociations de l'OMC en matière
de commerce agricole
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 10 février
2003
Entrée et séjour des ressortissants
de pays tiers aux fins d'un emploi salarié ou de
l'exercice d'une activité économique indépendante
Intervention sur le rapport Terron i
Cusi
par Georges Berthu, le 11 février
2002
Liberté de circulation et de séjour
des citoyens de l'Union
Explication de vote sur le rapport Santini
par Georges Berthu, le 11 février
2003
Préparation du Sommet de printemps 2003
(Bruxelles, 21/22 mars)
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Situation en Irak
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Santé et droits en matière de
reproduction et de sexualité des pays en développement
(aides)
Intervention sur le rapport Sandbaek
par Elizabeth Montfort, le 12 février
2003
Préparation du Sommet de printemps 2003
(Bruxelles, 21/22 mars)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Entrée et séjour des ressortissants
de pays tiers aux fins d'un emploi salarié ou de
l'exercice d'une activité économique indépendante
Explication de vote sur le rapport Terron
i Cusi
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Négociations de l'OMC en matière
de commerce agricole
Explication de vote
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Santé et droits en matière de
reproduction et de sexualité des pays en développement
(aides)
Explication de vote sur le rapport Sandbaek
par Thierry de La Perrière,
le 13 février 2003

Négociations de l'OMC en matière de commerce
agricole
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 10 février
2003
Monsieur le Président, Monsieur
le Commissaire, sur ces négociations agricoles qui
s'engagent dans le cadre de l'OMC, sans préjuger
de leur résultat, je le rappelle, je voudrais faire
trois remarques.
Première remarque: ces négociations interviennent
dans un contexte d'évolutions divergentes entre les
États-Unis et l'Union européenne en matière
agricole. Alors que les États-Unis, constatant les
effets négatifs sur leur agriculture du fair act,
l'ont remplacé par un farm bill ambitieux
qui accroît de 70% leur soutien financier au secteur,
l'Union européenne plafonne ses dépenses agricoles,
s'engage dans une politique de découplage, au moment
où les États-Unis l'abandonnent, et répugne
à appliquer la préférence
communautaire, comme on l'a vu dans l'affaire des céréales
de la mer Noire. Cette divergence reflète bien entendu
des volontés politiques d'intensité inégale.
Les États-Unis veulent garder une agriculture forte.
C'est pour eux une priorité stratégique de
conserver la maîtrise de ce qu'ils appellent l'arme
alimentaire, et il y mettent les moyens. Les Européens
sont, quant à eux, là comme ailleurs, divisés.
Ils sont divisés sur l'opportunité même
d'une politique agricole publique. Ils sont divisés
sur les moyens dont elle doit disposer. En tout cas, l'offre
agricole faite par les États-Unis dans le cadre de
Doha préserve un soutien public très puissant
à leur agriculture. Il serait donc paradoxal et inadmissible
qu'en fin d'exercice, l'agriculture européenne se
retrouve seule désarmée.
Deuxième remarque. À propos
du groupe de Cairns, il est essentiel de ne pas laisser
des pays qui ne sont pas en développement et qui
n'ont de cesse depuis le début du cycle de l'Uruguay,
d'obtenir par tous les moyens possibles la destruction de
toute politique agricole européenne, transformer
les PED en de véritables boucliers humains servant
à masquer cet objectif, alors même que l'Union
européenne est le premier importateur mondial de
produits agricoles en provenance des PVD, qu'elle absorbe
à elle seule les deux tiers des exportations agricoles
africaines et qu'elle est la seule à avoir bâti
un système de préférence non réciproque
dans le cadre des accords de Lomé puis de Cotonou.
N'ayons pas de complexe.
Troisième et dernière
remarque. Il est essentiel de subordonner tout accord éventuel
à la prise en compte effective, et non pas seulement
formelle, des préoccupations non commerciales qui
sont pour nous des questions de société fondamentales.
L'exigence de traçabilité, le refus du dumping
social, le respect de l'environnement ou la protection sanctionnée
des applications d'origine ne doivent pas être traités,
Monsieur le Président, comme des préoccupations
secondaires dont l'examen pourrait être repoussé.
Ces sujets doivent être au centre des négociations.
J'espère que vous y veillerez, Monsieur le Commissaire.

Entrée et séjour des ressortissants de pays
tiers aux fins d'un emploi salarié ou de l'exercice
d'une activité économique indépendante
Intervention sur le rapport Terron i
Cusi
par Georges Berthu, le 11 février
2002
Monsieur le Président, la proposition
de directive que nous examinons aujourd'hui vise à
harmoniser à l'échelle européenne les
règles d'octroi de permis de travail à des
ressortissants de pays tiers. Elle pose un premier problème
de taille : à quoi sert-elle exactement ?
Dans l'exposé des motifs, on lui trouve trois raisons.
D'abord, les règles actuelles relatives à
l'admission de travailleurs de pays tiers différeraient
d'un État membre à l'autre. Mais où
est la difficulté ? Au contraire, il est bon, il
est conforme à la subsidiarité que chaque
État puisse adapter les règles d'acceptation
des travailleurs étrangers en fonction des besoins
de sa société et de son marché du travail.
Seconde raison invoquée par l'exposé des motifs
: les demandeurs et les employeurs se heurteraient à
des procédures administratives nationales parfois
- nous dit-on - très complexes. Mais là encore,
c'est un problème qui relève des pays membres
et dont les instances communautaires n'ont pas à
se mêler.
Troisième raison invoquée: la réglementation
de l'immigration de travailleurs de pays tiers serait une
pierre angulaire de la politique générale
d'immigration. Cela ne prouve rien, car le traité
d'Amsterdam n'a pas communautarisé la politique d'immigration
dans sa généralité. De plus, la pierre
angulaire serait plutôt, à mon avis, Monsieur
le Commissaire, la lutte contre l'immigration clandestine
et non l'octroi des permis de travail.
Au total, cette harmonisation communautaire des permis de
travail n'est pas fondée. Elle ne servirait qu'à
ouvrir un peu plus la politique d'immigration alors que
nous avons déjà trop de chômeurs. Par
exemple, je citerai cette disposition étonnante de
l'article 29, paragraphe 4, de la proposition qui prévoit
que le refus par un État membre d'un permis de travail
à un ressortissant de pays tiers devrait contenir
- je cite - "une motivation fondée sur des critères
objectifs et vérifiables". Je crois que l'octroi
d'un permis de travail à un ressortissant de pays
tiers est un droit régalien et qu'il ne faut pas
entraver les
États dans ce domaine surtout dans la situation économique
actuelle, où ils ont besoin de sauvegarder leurs
intérêts essentiels. De plus, cette proposition
de directive poserait les bases d'une centralisation ultérieure
encore plus grande. La commission des libertés publiques
de notre Assemblée l'a si bien compris qu'elle s'engouffre
dans la brèche en proposant d'enlever
d'autres pouvoirs aux États, par exemple le droit
d'interrompre la délivrance de permis pour des raisons
liées à l'absence de capacité d'accueil.
On voit où tout cela nous mènerait si cette
directive était adoptée. Mais elle viole si
ouvertement les principes de subsidiarité et de proportionnalité
dont on nous berce pourtant tous les jours que, je l'espère,
quelqu'un au Conseil saura l'arrêter.

Liberté de circulation et de séjour des citoyens
de l'Union
Explication de vote sur le rapport Santini
par Georges Berthu, le 11 février
2003
La proposition de directive relative
au droit des citoyens de l'Union et de leurs familles à
circuler et séjourner librement sur le territoire
des États membres opère un glissement progressif,
sur tous les chapitres, dans la signification de ce droit.
En effet, dans le Traité, il signifie que les citoyens
de chaque pays membre peuvent a priori circuler ou séjourner
sur le territoire des autres, mais il ne signifie pas que
les États de résidence n'ont pas un droit
de contrôle, ou un droit de refus motivé.
Or la directive proposée par la Commission passe
d'une signification à l'autre, en s'appuyant sur
une jurisprudence de la Cour de Justice, mais en la dépassant,
et sans que les précisions nécessaires aient
été apportées dans le Traité
après un débat démocratique.
Ce texte aboutirait à désarmer les États
membres, et à leur faire perdre un peu plus la maîtrise
de leur territoire, ce que nous refusons. Même le
gouvernement français, pourtant indulgent d'habitude
envers les institutions communautaires, a protesté
en particulier contre la suppression, prévue par
la directive, du droit d'expulsion d'un ressortissant communautaire
après un séjour permanent de quatre ans.
Dans ces conditions, nous avons voté contre ce texte.

Préparation du Sommet de printemps 2003 (Bruxelles,
21/22 mars)
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Dans son rapport au Conseil européen
du 21 mars prochain, la Commission a invité les États
membres à intensifier leurs efforts en vue de respecter
l'objectif qu'ils s'étaient fixé à
Lisbonne au printemps 2000: créer en dix ans l'économie
la plus compétitive et la plus dynamique. Cet appel
est bienvenu car aujourd'hui, nous ressemblons plutôt
à une vieille Europe qui s'enfonce dans le marasme.
Pour réagir, la Commission et
le Conseil viennent de présenter des plans d'action
intéressants, notamment pour l'Espace européen
de recherche, qui devraient nous permettre d'attirer les
meilleurs cerveaux de la planète et aussi de les
garder, j'ajoute, grâce à une fiscalité
non dissuasive. Mais les responsabilités principales
relèvent des États et l'Union européenne
doit mieux les aider dans plusieurs domaines.
Par exemple, premièrement, il
faut veiller à ce que des règles européennes
uniformes n'ajoutent pas des rigidités à celles
qui existent déjà. L'uniformisation génère
sur le papier des économies d'information et de transaction
mais dans la pratique, elle génère aussi de
nombreux coûts car une règle unique risque
de n'être bien adaptée à personne. C'est
sans doute ce qui est en train de nous arriver avec l'euro.
Ne multiplions pas trop ce genre d'erreur. En particulier,
préservons les flexibilités, préservons
des coordinations économiques et sociales réellement
ouvertes, c'est-à-dire qui n'imposent pas sournoisement
à tous des solutions standard.
Deuxièmement, il faut arrêter
la dérive de la Convention vers un super État
qui serait lourd et contraignant. Il faut, en particulier,
refuser absolument l'impôt européen qui se
profile et qui alourdirait encore nos prélèvements
obligatoires, immédiatement ou quelque temps plus
tard.
Troisièmement, l'Union européenne
doit aider les États membres à n'accueillir
qu'une immigration utile sur le marché du travail.
Les flots d'immigrants de toutes catégories pèsent
très lourdement sur nos finances publiques et sur
les rouages de nos sociétés. Oui, il faut
aider davantage les plus pauvres, mais chez eux et dans
notre intérêt mutuel. À cet égard,
il faut que la Commission change radicalement sa politique
comme je l'ai dit hier à l'occasion du rapport Terrón
i Cusí.
Quatrièmement, sur la scène
internationale, l'Union doit défendre nos intérêts
avec davantage de pugnacité. Nous sommes épouvantés
de voir que la Commission vient encore d'offrir à
l'OMC, avec l'accord du Conseil, une réduction de
36% de nos tarifs douaniers agricoles, détruisant
un peu plus la préférence communautaire. Au
contraire, si l'on veut réduire les soutiens budgétaires
en douceur, il faut parallèlement renforcer la préférence
communautaire. Les États doivent faire de grands
efforts de réforme, c'est vrai, mais il faut que
l'Union les soutienne et qu'elle ne leur complique pas la
tâche.

Situation en Irak
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 12 février
2003
Monsieur le Président, la déclaration
commune franco-germano-russe de lundi dernier commence par
une phrase que, je pense, tout le monde approuvera. Les
trois parties réaffirment, je cite, que "le
désarmement de l'Irak, conformément aux résolutions
pertinentes de l'ONU, est l'objectif commun de la communauté
internationale et qu'il doit être mené à
son terme dans les meilleurs délais possibles".
Cette phrase contient quatre affirmations: oui, Saddam Hussein
est armé; oui, sous-entendu, il est dangereux; oui,
il doit être désarmé; oui, cela doit
être fait le plus vite possible.
Pour que ce désarmement soit
effectif, il ne faut surtout pas se laisser enfermer dans
l'attentisme et les tergiversations des dix dernières
années. Or, pour ne pas nous y laisser enfermer,
il n'y a qu'un seul argument nouveau: la menace d'une intervention
armée. Cet argument doit absolument rester crédible.
On ne doit rien faire pour le décrédibiliser
si l'on veut faire avancer les discussions, par ailleurs,
comme nous le souhaitons. C'est pourquoi je crois profondément,
Monsieur le Président, que les stratégies
apparemment différentes des pays d'Europe et des
États-Unis ne sont pas contradictoires mais complémentaires.
Il vaudrait mieux organiser cette complémentarité
si nous ne voulons pas faire le jeu de Saddam Hussein.

Santé et droits en matière de reproduction
et de sexualité des pays en développement
(aides)
Intervention sur le rapport Sandbaek
par Elizabeth Montfort, le 12 février
2003
Monsieur le Président, le rapport
de Mme Sandbæk sur l'aide que l'Union européenne
peut apporter dans le domaine de la santé et des
droits en matière de reproduction et de sexualité
dans les pays en développement procède d'une
bonne intention.
En effet, nous, femmes européennes,
avons la chance de pouvoir mener à terme une grossesse,
d'avoir accès à l'information et de concilier
une vie familiale et une vie professionnelle. Comment pouvons-nous
accepter que tant de femmes vivent des difficultés
qui nous sont épargnées ici en Europe? Cependant,
nous devons nous garder de conditionner notre aide à
notre vision du planning familial. Il serait absurde d'imposer
à ces femmes un modèle, le nôtre. Il
est indispensable d'aider ces femmes à organiser
leur société, leur vie de femme et de mère,
en fonction de leurs traditions, de leurs valeurs et de
leur culture.
En outre, on ne peut d'ailleurs réduire
les questions des droits des femmes aux questions de reproduction
et de sexualité. Ces femmes sont les piliers de leur
société. Il faut donc qu'elles aient davantage
accès à l'éducation, à l'information,
à l'apprentissage et qu'elles puissent transmettre
à leurs enfants tous ces acquis qui permettront à
leurs pays un vrai développement où l'accès
à la santé et à l'information aura
toute sa place.
Si la grossesse et l'accouchement sont les causes principales
de décès ou d'infirmité chez les femmes
vivant dans ces pays en développement, si les maladies
sexuellement transmissibles sont plus fréquentes
dans ces pays, ce n'est certainement pas en supprimant la
grossesse que nous réglerons ces problèmes.
En effet, il faut traiter les causes et pas seulement les
conséquences, par l'accès à l'information,
comme je l'ai dit, et par l'accès aux médicaments,
en particulier génériques, comme nous l'avons
dit lundi soir, pour que les soins ne soient pas le luxe
des pays industrialisés.
Madame le Rapporteur, vous nous dites
que l'avortement ne sera jamais un moyen de contraception.
Pour nous en convaincre, il aurait fallu que votre texte
soit plus précis. Il aurait fallu soutenir les amendements
que j'avais déposés en commission et qui étaient
précisément une alternative à l'avortement,
un lieu d'accueil pour ces femmes qui font le choix de la
maternité en dépit des difficultés
de la vie. Je remercie mon collègue Ribeiro qui les
a repris, car la santé et les droits en matière
de reproduction et de sexualité seront toujours liés
à la liberté et à la responsabilité
de chacun. Ainsi, je souhaite que ces femmes puissent exercer
leurs responsabilités en toute liberté et
sans pressions de notre modèle occidental.

Préparation du Sommet de printemps 2003 (Bruxelles,
21/22 mars)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 12 février
2003
L'ordre du jour du Conseil européen
de mars prochain, qui vient de nous être présenté,
comporte une telle multitude de priorités économiques
et sociales qu'il engendrera forcément la confusion.
Nous y voyons en particulier trois effets négatifs.
D'abord, une absence totale de visibilité par l'opinion
publique, d'autant que beaucoup de sujets considérés
comme prioritaires au niveau européen sont en réalité
très secondaires aux yeux de nos concitoyens. Ensuite,
l'envoi d'un message subliminal que nous n'acceptons pas:
l'Union européenne est un super-État qui s'occupe
de tout et touche à tout. Enfin et surtout, une inefficacité
garantie, car devant tant de priorités, l'action
de l'Union et des États ne peut que se disperser.
Comme je l'ai dit dans le débat, beaucoup d'actions
proposées sont fort intéressantes, mais il
faut se concentrer sur quelques idées-forces: l'Union
européenne ne doit pas ajouter un niveau supplémentaire
de gestion lourd et contraignant; elle doit rester flexible
et différenciée; elle doit faciliter la vie
des États membres sur la scène internationale
en les aidant à limiter l'immigration et en se battant
à l'OMC pour que nous puissions maintenir notre sécurité
comme l'identité de nos sociétés.

Entrée et séjour des ressortissants de pays
tiers aux fins d'un emploi salarié ou de l'exercice
d'une activité économique indépendante
Explication de vote sur le rapport Terron
i Cusi
par Georges Berthu, le 12 février
2003
J'ai déjà dit dans le débat
que la proposition de la Commission sur l'harmonisation
des permis de travail des ressortissants de pays tiers viole
la subsidiarité et ferait remonter à Bruxelles
des compétences essentielles aux États pour
réguler leurs marchés du travail respectifs.
Plus précisément, cette centralisation aurait
plusieurs inconvénients. Elle rendrait rigide un
système qui doit rester flexible, et souplement adaptable
aux besoins locaux de chaque État. Elle placerait
les États membres en position d'accusés perpétuels,
comme en témoigne cette disposition de l'article
29, paragraphe 4, de la proposition de directive, que j'ai
citée dans le débat, qui prévoit la
motivation obligatoire des refus de permis de travail.
Enfin, elle ouvrirait la porte à d'autres harmonisations
en chaîne comme l'a très bien compris le Parlement
européen, qui a surenchéri par ses amendements,
dans une perspective laxiste. La preuve en a été
donnée par le rapporteur lui-même qui demande,
au début de son exposé des motifs, de "mettre
fin à la politique d'arrêt de l'immigration
largement pratiquée jusqu'ici". Au moins, avec
de telles déclarations, les intentions cachées
du texte deviennent claires. Nous dénonçons
cette politique qui centralise pour mieux nous désarmer,
et nous avons évidemment voté contre.

Négociations de l'OMC en matière de commerce
agricole
Explication de vote
par Georges Berthu, le 12 février
2003
J'ai voté contre la résolution
du Parlement européen relative à l'ouverture
prochaine de négociations agricoles dans le cadre
de l'OMC et cela pour deux raisons.
Premièrement, la résolution approuve la démarche
générale de la Commission qui accepte d'engager
des négociations globales dans le domaine agricole,
avec une perspective de libéralisation accélérée,
alors même que le contenu de la réforme de
la PAC européenne ne sera décidé qu'ultérieurement.
Autrement dit, la Commission cherche à nous forcer
la main . Deuxièmement, l'offre de négociation
déposée par la Commission au nom de l'Union
européenne propose de réduire les subventions
à l'exportation (ce qui est acceptable, compte tenu
du tort qu'elles peuvent causer aux pays pauvres), mais
aussi d'abaisser de 36 % en moyenne nos protections contre
les importations. Autrement dit, nous démantèlerions
encore un peu plus la préférence communautaire.
Au contraire, il faudrait établir un principe général
de préférence régionale, chaque pays
ou groupe de pays ayant le droit de préserver son
modèle agricole. Pour cela, il faudrait sortir l'agriculture
des règles de l'OMC. Encore une fois, la Commission
est en train de nous manoeuvrer, et on ne peut que déplorer
l'approbation donnée par le gouvernement français
au Conseil "Affaires générales"
du 27 janvier dernier.

Santé et droits en matière de reproduction
et de sexualité des pays en développement
(aides)
Explication de vote sur le rapport Sandbaek
par Thierry de La Perrière,
le 13 février 2003
C'est une bonne chose que l'Union européenne
aide les pays en développement à prendre soin
de leur santé. Cependant, qui dit aide ne dit pas
placage de nos modèles européens à
des pays de cultures et traditions différentes. Il
est moralement inacceptable de conditionner notre aide à
la négation de l'identité des peuples et à
l'adoption obligatoire de notre conception du planning familial.
Par ailleurs, il est inconcevable d'ériger l'avortement
en nouveau mode de contraception. C'est pourtant ce à
quoi conduit ce rapport, même si Mme Sandbaek s'en
défend. L'avortement est un crime qui tue l'enfant
et détruit la mère. En offrant aux femmes
comme unique choix l'avortement, au lieu de les aider, on
ajoute à leurs difficultés un nouveau traumatisme.
C'est pourquoi, je soutiens les amendements visant à
développer une politique d'accueil et d'accompagnement
des futures mères en détresse afin de les
soutenir dans leur choix de maternité. C'est comme
cela que l'on pourra leur procurer l'aide
morale et matérielle dont elles ont besoin.
C'est aussi pourquoi je voterai contre ce rapport, qui loin
d'aider les populations en difficulté, ne pourra
qu'ajouter à leur désarroi.