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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Janvier 2004

Mini-session additionnelle à Bruxelles des 28 et 29 Janvier 2004 :

Le programme de la présidence irlandaise et la Constitution européenne
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 28 janvier 2004

Relations UE/ONU
Déclaration annexée au débat sur le rapport Laschet
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Relations UE/ONU
Intervention sur le rapport Laschet
par Dominique Souchet, le 29 janvier 2004

Relations UE/ONU
Explication de vote sur le rapport Laschet
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Observations suite à la décharge 2001
Explication de vote sur le rapport Casaca
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Programme de la présidence irlandaise et la Constitution européenne
Explication de vote
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Session plénière à Strasbourg du 12 au 15 Janvier 2004 :

Sécurité maritime
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 12 janvier 2004

Services d'intérêt général
Intervention sur le rapport Herzog
par Georges Berthu, le 13 janvier 2004

Perspectives pour le Programme de Doha suite à la réunion du Conseil général de l'OMC le 15 décembre 2003
Déclaration annexée au débat
par Georges Berthu, le 13 janvier 2004

Perspectives pour le Programme de Doha suite à la réunion du Conseil général de l'OMC le 15 décembre 2003
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 13 janvier 2004

Thon
Intervention sur le rapport Varela
par Dominique Souchet, le 13 janvier 2004

Programme de la présidence irlandaise
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 14 janvier 2004

Immigration, intégration et emploi
Intervention sur le rapport Moraes
par Georges Berthu, le 14 janvier 2004

Services d'intérêt général
Explication de vote sur le rapport Herzog
par Georges Berthu, le 14 janvier 2004

Services d'intérêt général
Explication de vote sur le rapport Herzog
par Dominique Souchet, le 14 janvier 2004

Thon
Explication de vote sur le rapport Varela
par Dominique Souchet, le 14 janvier 2004

Immigration, intégration et emploi
Explication de vote sur le rapport Moraes
par Georges Berthu, le 15 janvier 2004

Politique commune en matière de circulation des personnes
Explication de vote sur le rapport Pirker
par Georges Berthu, le 15 janvier 2004


Sécurité maritime
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 12 janvier 2004

Monsieur le Président, nous sommes évidemment d'accord avec l'objectif du nouveau volet réglementaire qui nous est proposé aujourd'hui et le constat sur lequel il repose. La menace de sanctions financières et pénales lourdes encourues de manière crédible par l'ensemble des acteurs de la chaîne du transport maritime constitue certainement la forme de prévention la plus efficace pour dissuader les intervenants de recourir à des navires dangereux. Le constat qui en est à la base, c'est un certain laxisme en matière d'observation des règles relatives aux rejets, tant de la part d'une partie du secteur maritime que de certains États du port et surtout d'États du pavillon.

En revanche, sur le dispositif retenu, nous avons de fortes réserves. En premier lieu, il est toujours dangereux d'édicter des normes, dont certaines ne sont pas conformes à la convention MARPOL et qui ont des incidences financières lourdes, à l'encontre des seuls navires battant pavillon des États membres de l'Union, alors que ce sont eux qui sont les moins susceptibles de polluer. Proposer ainsi la confiscation d'un bateau battant pavillon européen sans que celle d'un navire tiers soit possible, c'est se tirer dans le pied.

Nos flottes, qui sont le plus aux normes, seraient ainsi discriminées par nous-mêmes. Elles n'en ont, je vous l'assure, nul besoin. C'est la raison pour laquelle nous devons toujours privilégier, en matière de sécurité maritime, le niveau international par rapport au niveau européen. Les États, parmi les Quinze, qui le souhaitent doivent donc être les avocats ardents et inlassables d'un haut niveau d'exigence, mais s'appliquant à tous dans le cadre de l'OMI.

Seconde remarque, il est curieusement peu question de la responsabilité de l'État du pavillon dans les textes qui nous sont proposés. Pourtant, nous le savons, tant que des pavillons de complaisance pourront prospérer en couvrant des navires non contrôlés ou contrôlés par des sociétés de classification elles-mêmes de complaisance, la principale menace qui pèse sur la sécurité maritime subsistera.

Or, cette question est d'une actualité brûlante, au moment où le directeur de l'autorité maritime de Malte, responsable de l'immatriculation de l'Erika, refuse, sur ordre de son gouvernement, de se rendre à la convocation du juge chargé du dossier et où les autorités des Bahamas manifestent la plus évidente mauvaise volonté en retardant sans cesse la publication de leur rapport sur la catastrophe du Prestige, qui arborait leur pavillon. Notre commission temporaire devra absolument aborder cette question décisive.

Enfin, je voudrais écarter l'idée de garde-côtes européens, qui me paraît davantage correspondre à un affichage idéologique qu'à une approche opportune et réaliste des problèmes. Personne ne peut dire qui serait habilité à mobiliser et à mettre en œuvre un tel instrument qui concerne très directement la sécurité des États membres, si jamais son financement pouvait être trouvé.


Il convient au contraire de conforter les modes de commandement opérationnels et de coordination des moyens d'intervention dont se sont dotés des pays comme la France ou la Grande-Bretagne, de les étendre éventuellement et de mutualiser les coûts des équipements lourds dont se dotent les États membres qui contribuent plus que d'autres, et pour le bénéfice de tous, à la gestion des routes de navigation maritime qui relient le monde à l'Europe. Ce serait là, Monsieur le Président, une belle manifestation de solidarité européenne concrète.


Services d'intérêt général

Intervention sur le rapport Herzog
par Georges Berthu, le 13 janvier 2004

Monsieur le Président, le rapport sur les services d'intérêt général, tel que voté en commission, a provoqué le mécontentement du rapporteur, M. Philippe Herzog, et, d'une certaine manière, on le comprend, car, indépendamment de toute prise de position politique, ce texte n'est pas très cohérent. De nombreux paragraphes sont contradictoires. Par exemple, on trouve à la fois un paragraphe 36, qui fait appel à la mise en place d'une directive-cadre avec des règles communes au niveau européen, et un paragraphe 20, qui condamne fermement cette démarche.

Pour notre part, et là nous nous séparons du rapporteur, nous pensons que la directive-cadre, qui était une idée de la précédente présidence française, n'aboutirait qu'à enlever aux États des pouvoirs de réglementation essentiels, car les services dont il est question sont étroitement liés au caractère propre de chaque société. De plus, elle serait trop générale, inadaptée à chaque cas et créatrice de difficultés sans fin.

Ces problèmes sont très délicats et doivent être réglés au plus près des citoyens, par chaque État, dans le cadre de sa démocratie nationale. Et je ne m'étonne qu'à moitié, à cet égard, que la gauche se montre ici favorable à la centralisation et à l'uniformisation.

C'est pourquoi nous ne sommes pas favorables non plus à l'article III-6 du projet de Constitution européenne, qui prévoit que la loi européenne, donc la majorité au Conseil et la majorité au Parlement, pourrait définir les principes et conditions des services d'intérêt économique général. Si cet article était adopté, il se retournerait rapidement contre la liberté de choix des démocraties nationales et contre la subsidiarité.


Perspectives pour le Programme de Doha suite à la réunion du Conseil général de l'OMC le 15 décembre 2003

Déclaration annexée au débat
par Georges Berthu, le 13 janvier 2004

La Commission européenne est-elle sourde ? C'est la question qui vient inévitablement à l'esprit lorsqu'on prend connaissance de ses orientations pour le redémarrage des négociations commerciales internationales de l'OMC dans le cycle de Doha.

En effet, il nous semblait clair au lendemain de l'échec de Cancún - nous l'avions dit dans l'hémicycle du Parlement européen - que l'impasse des négociations montrait la nécessité de réviser l'objectif du libre-échangisme mondial et de réintroduire l'idée d'une mondialisation maîtrisée par les peuples.

Or le programme de la Commission recommande textuellement "une révision de la stratégie pour atteindre les objectifs de l'UE, sous la forme d'une position de négociation rafraîchie...". Cette phrase autocontradictoire annonce qu'il n'y aura pas de révision en profondeur, mais de simples ajustements à la marge.

La Commission conserve ses objectifs prioritaires de libre accès aux marchés, de libre concurrence mondiale et de libres investissements (sujets dits de Singapour) qui sont certes intéressants, mais elle devrait à présent accorder une juste place à d'autres préoccupations, dans notre intérêt comme dans celui des pays en développement.

Il faut désormais poser les règles d'un commerce international respectant mieux les souverainetés des peuples et plus compatible avec la sauvegarde de l'environnement comme de la santé publique.


Perspectives pour le Programme de Doha suite à la réunion du Conseil général de l'OMC le 15 décembre 2003

Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 13 janvier 2004

Monsieur le Président, je constate que l'échec, combien éclatant, de la réunion de Cancun, qui aurait dû avoir un effet d'électrochoc, notamment sur les Européens, n'a engendré en fait aucune véritable réflexion de fond sur la nature même du processus de libéralisation du commerce mondial tel qu'il a été engagé. Aucune proposition véritablement novatrice n'a été faite depuis lors pour le corriger de manière substantielle.

Compte tenu de l'importance que revêt la question agricole, il aurait été bon de s'interroger notamment sur la pertinence de son intégration dans un processus qui, dans sa conception actuelle, ne permet pas de prendre en compte ses spécificités, alors même qu'il s'agit d'un secteur qui conditionne la souveraineté alimentaire et constitue le socle du développement.

On aurait pu penser que les pays européens, compte tenu de l'importance qu'ils ont attachée à ces deux paramètres, avaient vocation à poser cette question centrale. Ce n'est pas le cas. Nous le constatons. Nous le déplorons, car cette omission fait peser une hypothèque grave sur l'avenir même du processus.


Thon

Intervention sur le rapport Varela
par Dominique Souchet, le 13 janvier 2004

Madame le Président, l'excellent rapport d'initiative de notre collègue Varela constituera désormais un document de référence sur une activité dont les Européens ont tendance à sous-estimer l'importance et où ils occupent pourtant la première place dans le monde. Cette activité est génératrice de très nombreux emplois, directs et indirects, tant en Europe que dans les pays en développement avec lesquels nous sommes liés par des accords internationaux et où nos industriels ont consenti d'importants investissements.

Or, ce qui ressort de l'analyse très complète à laquelle s'est livré notre rapporteur des différentes politiques communautaires ayant une incidence sur le secteur, ce n'est nullement une stratégie communautaire globale et cohérente d'encouragement au développement de cette activité, c'est au contraire comme si la Communauté s'ingéniait à pénaliser sa propre flotte thonière et sa propre industrie de transformation et à favoriser flottes et industries des États tiers.

Ainsi, alors que l'on voit s'accroître considérablement, dans le monde, les capacités de pêche incontrôlées relevant de pavillons peu soucieux du respect du droit maritime international, la Commission a proposé de proscrire toutes les aides publiques destinées aux constructions nouvelles en Europe et de subordonner la construction de nouveaux navires à la destruction des anciens sans aucune compensation d'aucune sorte. On voudrait inciter les armateurs de la Communauté à naviguer sous pavillon tiers que l'on ne s'y prendrait pas autrement.

Par ailleurs, on procède à des abaissements considérables des droits de douane sur les conserves de thon des pays tiers et, dans le même temps, on multiplie les exigences de toutes sortes pesant sur nos propres transformateurs, sans prendre en considération l'incidence de ces contraintes sur la compétitivité de nos entreprises. Il est donc temps de procéder à une révision des politiques communautaires qui risquent de compromettre l'avenir d'un secteur qui représente pourtant une réussite exemplaire. Ne laissons pas l'incohérence des politiques, l'absence de vision d'ensemble et de stratégie déterminée la remettre en cause.


Programme de la présidence irlandaise

Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 14 janvier 2004

Monsieur le Président, Monsieur le Président du Conseil, la présidence irlandaise reçoit aujourd'hui la lourde tâche de poursuivre la Conférence intergouvernementale et d'essayer de rapprocher des positions qui ne divergent pas simplement sur des points techniques, mais aussi pour des raisons de conception de la souveraineté.

Vous avez dit tout à l'heure, Monsieur le Président du Conseil, que la nouvelle Constitution devrait combler les attentes des citoyens et permettre à l'Union de jouer un rôle plus cohérent dans le monde. S'il ne s'agissait que de cela, tout le monde serait bien d'accord. Mais il y a une autre question essentielle et beaucoup plus difficile : comment coopérer en préservant la démocratie ? Faut-il tendre à éliminer l'indépendance des souverainetés nationales, notamment par des votes à la majorité, selon la formule du projet de Constitution, ou bien au contraire faut-il, comme nous le pensons, préserver les souverainetés, donc les démocraties nationales des pays membres ?

Nous devons exposer cette question clairement aux citoyens et, dans ce but, nous demandons avec insistance à la présidence irlandaise, pour commencer, de faire un bilan public et précis des points d'accord et de désaccord de la CIG.
Bien entendu, ce bilan ne préjugerait pas de la suite, car nous savons bien qu'il n'y a d'accord sur rien aussi longtemps qu'il n'y a pas d'accord sur tout, mais il permettrait au moins d'engager un débat concret et d'informer sérieusement les citoyens.

Nous espérons aussi que les gouvernements vont mettre à profit les mois à venir pour mieux évaluer les conséquences du projet. Par exemple, on lit dans les priorités de la présidence irlandaise, publiées par le site "Sources d'Europe", que vous espériez - j'ai bien dit "espériez" - que les négociations d'adhésion avec la Turquie pourraient débuter à la fin de l'année 2004. Pourriez-vous nous dire, par conséquent, quelle serait la place de la Turquie dans les institutions de la future Constitution, qui serait faite pour durer - tout le monde nous le dit tous les jours ? Quelle serait sa place au Conseil dans quarante ans ? Quelle serait sa place au Parlement européen ? Quelle serait sa place dans la nouvelle formule de décision à la majorité ? Vos réponses permettraient, Monsieur le Président du Conseil, d'alimenter vraiment le débat.


Immigration, intégration et emploi

Intervention sur le rapport Moraes
par Georges Berthu, le 14 janvier 2004

Monsieur le Président, la communication de la Commission sur l'immigration, l'intégration et l'emploi commence par un hymne à l'immigration et se poursuit par l'exposé de mesures de toute nature pour favoriser l'intégration, sans jamais se demander si tout cela est matériellement possible, et, en particulier, quel en est le coût global pour nos sociétés.

C'est à cause de rapports comme celui-là que les gouvernements des pays d'Europe se sont laissé endormir depuis des décennies et qu'ils sont en train de se réveiller devant un vaste échec et un immense gâchis. La Commission en portera sa part de responsabilité, qui sera lourde.

Je voudrais donc vous demander, Monsieur le Commissaire, dans quelles conditions ce genre de communication, ce genre de document est rédigé au sein de la Commission. Qui sont les apporteurs d'idées ? Les parlements nationaux sont-ils consultés ? Et aussi, qui tient la plume ? Est-ce les bureaux de la Commission, ou bien une partie du travail est-elle sous-traitée, ce que je n'ose imaginer ?

Ces questions sont capitales car les pouvoirs de la Commission vont être augmentés bientôt, du fait des traités de Nice et d'Amsterdam. Il convient de travailler dans la transparence pour que les peuples ne soient pas trompés.


Services d'intérêt général

Explication de vote sur le rapport Herzog
par Georges Berthu, le 14 janvier 2004

En votant le rapport Herzog, le Parlement européen vient d'adopter d'excellentes déclarations sur "le caractère primordial du principe de subsidiarité" et sur la nécessité de respecter le libre choix des États membres pour les missions, l'organisation, le financement des services d'intérêt général au niveau national (voir paragraphe 18).

Mais en même temps, il a laissé la porte ouverte à un processus de réglementation européen qui, s'il se développait, violerait cette subsidiarité et provoquerait une fois de plus, dans quelques années, des manifestations de protestation contre l'interventionnisme de Bruxelles.

Comme je l'ai dit dans le débat, je regrette de constater que la précédente présidence française avait été à l'origine de l'idée d'une réglementation européenne-cadre. L'actuel gouvernement français semble revenu sur des positions plus prudentes puisque, s'il demande toujours un "instrument juridique transversal", il veut en limiter le contenu au partage de responsabilités entre les États et l'Union, aux financements autorisés et aux procédures de contrôle.

C'est encore trop, et la Commission trouvera encore des arguments pour s'infiltrer et vouloir tout réglementer. Selon nous, il suffit d'affirmer que les services d'intérêt général relèvent de la compétence des États qui sont juges de leurs missions, de leur organisation et de leurs limites.


Services d'intérêt général

Explication de vote sur le rapport Herzog
par Dominique Souchet, le 14 janvier 2004

Ancien élève de la section "Service public" de l'Institut d'Études Politiques de Paris, élu local particulièrement attaché au maintien des services publics de proximité, je considère que la meilleure voie pour préserver la notion de service public n'est pas celle d'une directive-cadre européenne qui porterait atteinte à la liberté des États membres de définir les missions qu'ils entendent confier au service public, conformément au voeu de leur population. Il n'appartient pas à des pays qui n'ont pas historiquement de culture du service public d'empêcher ceux qui en ont une de disposer de tels services lorsqu'ils l'estiment justifié.

Le texte incohérent et contradictoire qui résulte du vote sur le rapport Herzog ne clarifiera malheureusement pas le débat. S'il comporte de bonnes choses, comme le rappel du "caractère primordial du principe de subsidiarité, selon lequel les autorités compétentes des États membres sont libres du choix des missions, de l'organisation et du mode de financement des SIG", il laisse en même temps ouverte la possibilité d'imposer une définition européenne uniforme de ces services, qui déposséderait les États de leur pouvoir de réglementation et serait nécessairement inspirée par une majorité étrangère à la notion de service public. C'est la raison pour laquelle je me suis abstenu sur le texte final.


Thon

Explication de vote sur le rapport Varela
par Dominique Souchet, le 14 janvier 2004

Tout devrait sourire à la pêche et à l'industrie thonière communautaires. Elles disposent de professionnels entreprenants, de grande qualité, notamment en France et en Espagne, et proposent un aliment sain et naturel, qui fait l'objet d'une demande forte et croissante. Pourtant, la compétitivité européenne est fragilisée du fait même de la Commission, bien que celle-ci prétende incarner seule le "bien commun européen".

Les contraintes draconiennes et sans cesse croissantes de la législation communautaire touchant notamment la sécurité, le contrôle, les conditions sanitaires de production, la protection de l'environnement et la protection sociale entraînent pour la flotte et les transformateurs communautaires des coûts très supérieurs à ceux de leurs concurrents.

L'idéologie de l'ouverture systématique et intégrale qui anime la Commission s'applique aux produits de la mer, avec l'extension permanente de la liste des pays bénéficiaires de préférences tarifaires, jouissant d'un système de certificats d'origine particulièrement opaque, ainsi que le contingent filets de thon et le contingent conserves de thon ouverts à la Thaïlande, aux Philippines et à l'Indonésie. "L'ouverture du marché communautaire, relève notre rapporteur, à des produits étrangers soumis à de moindres exigences et à des contrôles insuffisants mine la compétitivité du secteur".

Il est temps de faire cesser ces discriminations imposées par la Commission au détriment de nos économies et de nos emplois.


Immigration, intégration et emploi

Explication de vote sur le rapport Moraes
par Georges Berthu, le 15 janvier 2004

J'ai voté contre le rapport Moraes, qui reprend les orientations irréalistes de la communication de la Commission sur l'immigration, l'intégration et l'emploi.

Dans ce document, tout est biaisé en faveur de la plus large immigration, "source d'enrichissement culturel et social", qui contribuerait à l'esprit d'entreprise, à la diversité et à l'innovation, avec une incidence économique positive sur l'emploi et la croissance (page 10).

Si tout va si bien, on se demande pourquoi le rapporteur, comme la Commission, est préoccupé par "les immigrants de la deuxième et de la troisième générations qui restent confrontés à l'exclusion sociale, économique ou politique" (considérant F), et pourquoi il est nécessaire de prendre tant de mesures volontaristes d'intégration (dont beaucoup ne feraient qu'augmenter le nombre d' immigrants).

La vérité est que l'immigration que nous recevons ne correspond pas aux besoins de notre économie et aux capacités d'accueil de notre société. Elle ne pourrait être intégrée sans coûts énormes – dont personne, et surtout pas la Commission, dans sa communication – n'ose parler aux citoyens. De toute façon, personne n'est prêt à assumer ces coûts, de sorte que, dans le mensonge et l'inconscience, l'immigration dérive vers un désastre social général, pour nous et pour les pays d'origine.


Politique commune en matière de circulation des personnes

Explication de vote sur le rapport Pirker
par Georges Berthu, le 15 janvier 2004

La communication de la Commission sur l'immigration clandestine, objet du rapport Pirker, veut à juste titre intégrer dans une même démarche des documents éparpillés sur divers sujets : lutte contre l'immigration illégale, contre la traite des êtres humains, gestion des frontières extérieures, politique des retours, etc. Il n'est que temps.

Dans ce cadre, bon nombre de propositions avancées sont dignes d'être approuvées. On notera en particulier celle qui concerne l'établissement d'un système d'information sur les visas (VIS), destiné à déjouer la fraude, notamment par l'utilisation de données biométriques. Là encore, il n'est que temps. D'ailleurs ce système d'information devrait aller beaucoup plus loin, et permettre de vérifier que les visiteurs entrés sont bien repartis à l'expiration du visa.

De même, apparaissent excellentes les mesures visant à établir une aide mutuelle des pays pour soutenir ceux dont les frontières extérieures sont les plus menacées.

En revanche, l'ensemble est pollué par l'obstination de la Commission à mettre en place un système intégré de gestion des frontières extérieures, dont le projet de Constitution (article III-166) est destiné à fournir la base juridique. Au contraire, il faut le réaffirmer, les États doivent s'entr'aider, mais chacun doit rester maître de ses frontières.


Le programme de la présidence irlandaise et la Constitution européenne

Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 28 janvier 2004

Monsieur le Président, alors que nous ne savons toujours pas où nous en sommes sur les compromis ponctuels obtenus ou pas obtenus à la CIG avant le blocage de décembre dernier, certains, et notamment le Parlement européen, demandent une accélération et une clôture rapide des négociations. Nous refusons cette idée pour deux raisons.

Tout d'abord, il vaudrait mieux mettre à profit le délai procuré par le blocage de la négociation pour réfléchir davantage à cette Constitution. Le point de blocage – la formule de vote à la double majorité – n'était pas anodin. Il était même crucial pour les souverainetés nationales, comme beaucoup d'autres dispositions de ce projet. Le président de la délégation pour l'Union européenne de l'Assemblée nationale française, qui soutient ce texte, a reconnu que, concernant la double majorité, je cite: "d'un point de vue national, notre pays avait pourtant autant intérêt au statu quo que l'Espagne et la Pologne". Je crois que les négociateurs devraient considérer cet aveu comme un avertissement.

En second lieu, nous entendons ici et là des déclarations sur un aboutissement possible de la négociation juste avant les élections européennes. Je mets en garde à cet égard ceux qui, une fois de plus, voudraient prendre les citoyens en traîtres. Il semble en effet que certains souhaiteraient ce compromis juste avant les élections pour écourter le débat et pouvoir invoquer ensuite le résultat électoral, s'il est suffisamment favorable aux partis fédéralistes, pour esquiver le référendum sur la Constitution. Cette manoeuvre serait illégitime, car les élections européennes sont faites pour élire des représentants au Parlement européen en vue de traiter de sujets fort divers, mais pas de l'éventuelle Constitution, qui relèverait d'autres modes de décision.

Nous lutterons contre toute tentative de détournement de la loi. J'espère aussi, Monsieur le Président, qu'on va laisser à ce débat un minimum d'honnêteté et de dignité.


Relations UE/ONU

Déclaration annexée au débat sur le rapport Laschet
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Le rapport Laschet sur les relations entre l'Union européenne et l'ONU a été présenté solennellement, et couplé avec la remise du prix Sakharov à Kofi Annan, pour bien montrer son importance. Il participe en effet de la mise en place d'une "diplomatie hors sol", soutenue par un réseau d'organisations faiblement contrôlées par les démocraties nationales. Certes, les intentions affichées (multilatéralisme pour la méthode, respect des droits de l'homme, préservation de la paix, conservation de la nature pour le fond) paraissent excellentes. Mais comment les contrôles démocratiques seront-ils exercés ?

Le rapport Laschet n'a de cesse, en effet, de limiter la marge d'action des Etats membres à l'ONU, pour les remplacer par l'Union européenne, contrôlée par le Parlement européen, qui en profite pour se hausser du col. Mais cela revient à dire que l'on préfère les "démocraties à substance faible", comme la démocratie européenne, aux démocraties nationales à contenu réel.

En particulier, le rapport Laschet se félicite des réformes qu'opèrerait la Constitution européenne, si elle était adoptée, avec notamment la personnalité juridique de l'Union et le ministre européen des affaires étrangères, qui permettraient de réaliser ce programme. C'est un motif de plus pour refuser et la Constitution et le rapport Laschet.


Relations UE/ONU

Intervention sur le rapport Laschet
par Dominique Souchet, le 29 janvier 2004

Monsieur le Président, on peut supposer que le rapport Laschet était animé de bonnes intentions : renforcer le rôle des Nations Unies et y accroître le poids de l'Europe. Mais force est de reconnaître que la méthode proposée va à l'encontre de ces deux objectifs. Les articles 10 à 12, le coeur de la résolution, proposent de gonfler le Conseil de sécurité et d'affaiblir l'actuel système de veto, en lui substituant une exigence de double veto dès qu'il s'agit de la question essentielle des menaces contre la paix, le chapitre 7. C'est s'en prendre aux deux règles de base qui conditionnent l'efficacité du dispositif, le nombre restreint de membres et l'aiguillon du veto dont dispose chaque membre permanent.

Quant au poids de l'Europe, on voit mal comment il pourrait se trouver renforcé en divisant par deux le nombre de ses membres permanents au Conseil de sécurité. C'est pourtant ce qu'implique la proposition de faire de l'Union européenne, "aussitôt que sa personnalité juridique aura été reconnue", un membre permanent. Ce siège nécessairement unique serait occupé par le fameux ministre des affaires étrangères européen qui, au demeurant, ne disposerait plus, à lui seul, du droit de veto.

Compliquer et affaiblir l'existant, telle apparaît donc la double caractéristique de la proposition qui nous est soumise. C'est la méthode communautaire appliquée aux Nations Unies. Nous ne pouvons donc la soutenir. Nous voterons, en revanche, en faveur de l'amendement 1, amendement de bon sens, proposé par nos amis britanniques.


Relations UE/ONU

Explication de vote sur le rapport Laschet
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

J'ai voté contre le rapport Laschet qui s'appuie sur le projet de Constitution européenne, même pas encore adopté, pour exposer au grand jour les vieilles ambitions des institutions de Bruxelles en matière de politique étrangère : faire de l'Union européenne un acteur international à part entière "aussitôt que sa personnalité juridique aura été reconnue par la Constitution" (paragraphe 10), c'est-à-dire en faire un partenaire international égal à un Etat, ayant tous les attributs d'un Etat, avec même un siège de membre permanent à l'ONU.

Visiblement d'ailleurs, la cérémonie d'aujourd'hui ressemblait à un pacte d'appui mutuel d'institutions complices pour se légitimer mutuellement.

Bien entendu, le rapport Laschet se garde bien de préciser ce qu'il adviendrait des sièges de la France et de la Grande-Bretagne au Conseil de Sécurité. Evidemment, la logique du système, tel que le rapport le propose, les éliminerait tôt ou tard.

Le projet de Constitution européenne, quant à lui, ne proclame pas l'unicité de la représentation européenne sur la scène internationale, mais il met en place toutes ses conditions juridiques préalables. Il y a donc une grande hypocrisie à soutenir cette Constitution et à prétendre en même temps conserver le siège français de membre permanent à l'ONU.


Observations suite à la décharge 2001

Explication de vote sur le rapport Casaca
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Je soutiens entièrement le rapport Casaca qui constate que des informations importantes n'ont pas été portées à la connaissance du Parlement européen, notamment sur l'affaire Eurostat, lorsqu'il avait accordé sa décharge budgétaire pour l'exercice 2001. Je dénonce avec lui la rétention d'information de la part de la Commission, sa "culture de secret, de complexité et de manque de transparence", ainsi que la fuite des commissaires devant leurs responsabilités politiques (paragraphe 24).

Il faudrait toutefois aller jusqu'au bout du raisonnement, et dire aussi d'où vient cette culture du manque de transparence, voire de l'arrogance : elle vient de la position privilégiée accordée à la Commission au sein des institutions, et du sentiment de supériorité qui en découle, que l'on veut justement renforcer encore demain par la Constitution européenne.

Le rapport Casaca met aussi l'accent sur deux autres situations intolérables :

D'abord, l'absence de pouvoir hiérarchique clair et fort des commissaires sur leurs directeurs généraux (paragraphe 29), qui transforme les services de la Commission en véritables féodalités.

Ensuite, le refus persistant de la Commission d'enquêter sur l'actionnariat réel des entreprises candidates à ses contrats ou à ses subventions, notamment lorsqu'on soupçonne des fonctionnaires d'en être les véritables propriétaires (paragraphe 47).


Programme de la présidence irlandaise et la Constitution européenne

Explication de vote
par Georges Berthu, le 29 janvier 2004

Dans sa résolution sur le programme de la présidence irlandaise, le Parlement européen essaie de précipiter la négociation de la CIG en demandant une conclusion sur le texte de la Constitution avant le 1er mai 2004, date de l'élargissement. Je n'ai pas approuvé cette demande, car il est nécessaire de laisser aux pays membre le temps de voir exactement où les mènerait ce mauvais texte.

Par ailleurs, les déclarations du Conseil nous ont montré qu'il était soudain saisi de scrupules sur la question du projet de statut unifié des députés européens. Je ne puis qu'en être satisfait, car depuis des années, je m'oppose inlassablement à ce projet pour toutes les raisons que l'on trouvera dans mes interventions antérieures, notamment celles du 17 décembre dernier.

Le Conseil, qui était resté sourd à ces arguments depuis des années, les a entendus brusquement à l'approche des élections. Alors que jusqu'à présent, il semblait admettre l'idée de voir les députés européens détachés financièrement de leurs pays, la perspective d'un mécontentement des électeurs devant cette captation l'a ramené à la raison.

Finalement, c'est un peu la même chose qui se passe avec le projet de Constitution européenne. Les élections sont le commencement de la sagesse.

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