LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
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P. Louis
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> INTERVENTIONS PARLEMENTAIRES > Novembre 2002


Résultats du Conseil européen (Bruxelles, 24/25 octobre 2002)

Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 6 novembre 2002

Politique Agricole Commune (PAC)
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 6 novembre 2002

Résultats du Conseil européen (Bruxelles, 24/25 octobre 2002)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 7 novembre 2002

Publicité et parrainage en faveur des produits du tabac
Intervention sur le rapport Medina Ortega
par Thierry de La Perrière, le 18 novembre 2002

Protection de l'environnement dans la Politique Commune de la Pêche (PCP)
Intervention du rapporteur
Dominique Souchet, le 18 novembre 2002

Calendrier de mise en oeuvre de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP)
Intervention sur le rapport Stevenson
par Dominique Souchet, le 18 novembre 2002

Débat extraordinaire sur l'avenir de l'Europe élargie
Déclaration annexée au débat
par Georges Berthu, le 19 novembre 2002

Débat extraordinaire sur l'avenir de l'Europe élargie
Déclaration annexée au débat
par Dominique Souchet, le 19 novembre 2002

Rapport d'étape sur l'élargissement
Intervention sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 19 novembre 2002

Programme législatif et de travail de la Commission pour l'année 2003
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 20 novembre 2002

Résultat du Sommet UE/Russie
intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 20 novembre 2002

Rapport d'étape sur l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 20 novembre 2002

Rapport d'étape sur l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Brok
par Dominique Souchet, le 20 novembre 2002

Sciences du vivant et la biotechnologie
Intervention sur le rapport Damiao
par Elizabeth Montfort, le 20 novembre 2002

Naufrage du pétrolier "Prestige" près des côtes de Galice
Intervention dans le débat
par Alexandre Varaut, le 21 novembre 2002

Naufrage du pétrolier "Prestige" près des côtes de Galice
Explication de vote suite à la déclaration de la Commission
par Georges Berthu, le 21 novembre 2002

Aides d'Etat (2001)
Explication de vote sur le rapport Herzog
par Georges Berthu, le 21 novembre 2002

Conditions de travail des travailleurs intérimaires
Explication de vote sur le rapport van den Burg
par Elizabeth Montfort, le 21 novembre 2002


Résultats du Conseil européen (Bruxelles, 24/25 octobre 2002)

Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 6 novembre 2002

Monsieur le Président, au Conseil européen de Bruxelles, le Président de la Convention est intervenu pour présenter la préparation de ce qu'il a appelé un "traité constitutionnel". Mais trois jours plus tard, devant la Convention, il a présenté un avant-projet qui s'intitule "traité instituant une Constitution pour l'Europe". De l'un à l'autre, il y a un glissement très important et il est dommage qu'on n'en ait pas parlé au Conseil. Le glissement est encore plus grand par rapport au mandat de Laeken, qui posait seulement la question de savoir si la simplification des traités qu'il demandait ne devrait pas, je cite: "conduire à terme à l'adoption d'un texte constitutionnel". Je souligne les mots "à terme". Et encore ce mandat de Laeken était-il lui-même en évolution par rapport au mandat de Nice qui ne mentionnait même pas un éventuel aspect constitutionnel. Ces glissements successifs s'expliquent aisément par les manoeuvres de couloir des fédéralistes et par l'absence à la Convention d'une opposition souverainiste proportionnée à son poids dans l'opinion publique. L'irréalisme fleurit facilement quand il n'y a personne pour dire le contraire.


Politique Agricole Commune (PAC)
Intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 6 novembre 2002

Monsieur le Président, après les décisions du sommet de Bruxelles, seuls certains éléments de notre débat antérieur restent d'actualité. C'est le cas de ceux qui touchent aux principes directeurs autour desquels devra s'articuler une PAC à long terme. Quatre principes me paraissent particulièrement importants.

Le premier est celui de la défense des prix. Comme toute entreprise, l'exploitation agricole doit vivre principalement de la vente de ses produits et non d'aides des contribuables, toujours précaires et révocables. Elle a besoin de prix rémunérateurs qui doivent en outre intégrer le coût des exigences écologiques, sociales, de qualité et de sécurité, exigences qui sont celles de nos concitoyens. Cette logique de couplage redevient pleinement d'actualité après que le sommet de Bruxelles a plafonné le budget des aides directes à un niveau qui ne garantit même pas la compensation de l'inflation. Sauf à accepter une baisse sensible du revenu agricole, notamment à partir de 2007, cette érosion ne pourra pas être compensée par autre chose que par des prix qui assurent, comme le prévoit l'article 33 du traité, un niveau de vie équitable à la population agricole. C'est de là qu'il faut partir pour négocier à l'OMC, et non l'inverse.

Le deuxième principe consiste en une définition renouvelée de la préférence communautaire, fondée sur la dissymétrie entre les exigences qui s'imposent aux producteurs européens et à ceux des pays tiers. Cette dissymétrie légitime la protection de notre marché intérieur contre le dumping social ou environnemental du marché mondial.

Le troisième principe est celui de la stabilité. On ne doit plus s'amuser à bouleverser radicalement les règles du jeu tous les trois ans. Un exploitant agricole, et en particulier un jeune exploitant, a besoin, comme tout entrepreneur, d'une visibilité suffisante pour faire des choix stratégiques et procéder à des investissements dont la durée de vie l'engage pour quinze ans
au moins, et parfois pour toute sa carrière.

Le quatrième principe, enfin, est celui de la sécurité alimentaire. Il ne faut pas seulement le proclamer, mais se donner les moyens de le mettre en oeuvre. Un ensemble économique comme l'Union européenne ne doit pas dépendre massivement des importations, comme c'est aujourd'hui le cas pour le secteur stratégique des protéines fourragères. Revenir sur les désastreux accords de Blair House, qui ont abandonné aux Américains la domination absolue sur le secteur des oléo-protéagineux, devrait être au coeur des préoccupations d'une Commission qui défendrait véritablement les intérêts européens. Pour le moment, Monsieur le Président, on en est loin.


Résultats du Conseil européen (Bruxelles, 24/25 octobre 2002)
Explication de vote
par Georges Berthu, le 7 novembre 2002

Le traité de Nice, juste adopté, est déjà dépassé sur certains points. C'est l'enseignement que l'on tire des conclusions du Conseil européen de Bruxelles, qui nous apprennent notamment que:

- le traité de Nice n'avait donné la nouvelle pondération des voix au Conseil qu'à partir du 1er janvier 2005 (article 3 du protocole sur l'élargissement). Mais, l'élargissement ayant lieu courant 2004, que se passe-t-il dans la période
intermédiaire ?

- il apparaît préférable de prévoir une dérogation à la règle du traité selon laquelle les membres exercent la présidence à tour de rôle, afin que les nouveaux puissent mieux s'y préparer;

- enfin, il convient d'adapter les règles de pondération, de majorité qualifiée et de nombre de députés européens pour tenir compte de 10 nouveaux membres, et non de 12.

On se contentera ici de deux remarques générales. 1) Ce ne sont pas les seuls points sur lesquels le traité de Nice est déjà inadapté. On le verra encore mieux demain. 2) Puisqu'il faut maintenant le réviser, que fait-on des règles prévues à cet effet par l'article 48 TUE, qui ont notamment pour objet d'assurer le débat et la transparence? Le Conseil de Bruxelles n'en a dit mot.


Publicité et parrainage en faveur des produits du tabac
Intervention sur le rapport Medina Ortega
par Thierry de La Perrière, le 18 novembre 2002

Monsieur le Président, bien qu'insuffisant, le rapport de M. Medina Ortega a le mérite de revenir sur la décision d'annulation de la directive de 1997 sur le tabac et nous nous en réjouissons.

Le tabac, qui tue des centaines d'Européens par jour, est un fléau qu'il nous faut combattre au nom de la défense de la santé de nos concitoyens. Nous ne pourrons pas nous contenter de demi-mesures. Ou bien le tabac est un poison mortel et il faut tout mettre en œuvre pour en diminuer l'usage, voire l'éradiquer totalement, ou bien le tabac est considéré, à tort, comme un banal bien de consommation et alors, il n'y a pas matière à légiférer. C'est d'ailleurs la persistance de cette incohérence, relevée par M. Matten, qui pousse à dire que notre Parlement soutient la culture d'un produit qu'il réprime par ailleurs.

Le texte présenté par M. Medina va dans le bon sens, mais les amendements proposés l'affaiblissent considérablement et nous les rejetterons. Il va dans le bon sens parce qu'il a été prouvé que l'interdiction de la publicité influençait à la baisse la consommation du tabac et qu'un lien existait effectivement entre publicité et surconsommation. Curieusement, les amendements font la part belle aux problèmes transfrontaliers. Ainsi certains semblent retrouver, pour des motifs économiques, des vertus aux frontières alors que dans bien des cas, ce sont les mêmes personnes qui prônent, sans se soucier des conséquences, une grande ouverture de ces mêmes frontières.

Aujourd'hui, étant donné le niveau très élevé des connaissances sur les méfaits du tabac, il serait criminel de ne rien tenter pour dissuader des consommateurs de plus en plus jeunes de tomber dans la dépendance vis-à-vis d'un produit dont la publicité vante les bienfaits. La négligence, l'indifférence et le manque de courage politique en matière de santé publique sont les prémisses de crimes contre l'humanité. C'est ce laxisme irresponsable qui a provoqué le scandale du sang contaminé en France et celui de la vache folle en Grande-Bretagne. Aujourd'hui, personne ne peut dire qu'il ne sait pas et la responsabilité de chacun est engagée. C'est pourquoi nous soutiendrons le rapport de M. Medina.


Protection de l'environnement dans la Politique Commune de la Pêche (PCP)

Intervention du rapporteur
Dominique Souchet, le 18 novembre 2002

Madame la Présidente, Monsieur le Commissaire, mes chers collègues, à l'approche d'échéances décisives pour l'avenir de la PCP avec la redéfinition de ses objectifs et de ses modalités, il me semble important que notre Parlement puisse affirmer avec force les cinq principes qui ont servi de fil conducteur à mon rapport et que votre commission de la pêche a voulu mettre en exergue en vue d'intégrer pleinement les exigences de la protection de l'environnement dans la nouvelle politique commune de la pêche.

Le premier principe est que rien ne se fera sans les pêcheurs. Les professionnels de la pêche et de la mer sont, en effet, les premiers concernés par la protection de l'environnement marin et les premiers conscients de la nécessité de le sauvegarder. Ils sont aussi les premières victimes de sa dégradation comme l'atteste, hélas, la nouvelle marée noire qui fait aujourd'hui le désespoir des pêcheurs de Galice. Trois ans après la catastrophe de l'Erika, qui avait frappé la Vendée et la Bretagne, il n'aurait pas dû être possible pour le "Prestige", navire poubelle, d'être admis dans les eaux communautaires. Notre rapport insiste sur la nécessité de mettre en œuvre de manière rapide et rigoureuse les paquets de directives dénommées, précisément, Erika I et Erika II.

Refusant de considérer les pêcheurs comme des prédateurs comme on le fait parfois à tort, votre commission leur reconnaît, au contraire, la qualité d'acteurs de plein droit de la protection de l'environnement et souligne que des mesures qui seraient prises sans leur concours auraient toutes les chances d'être inappropriées et inopérantes.

Le deuxième principe est qu'il convient d'asseoir les décisions concernant la gestion des stocks halieutiques sur des connaissances scientifiques aussi solides et précises que possible. Les conséquences économiques et sociales de ces décisions sont d'une telle ampleur qu'il n'est pas acceptable qu'elles puissent être prises à la légère.

C'est pourquoi je me félicite que la commission de la pêche ait retenu la demande visant à charger la Commission européenne d'élaborer un plan d'action précis en vue de perfectionner l'actuel dispositif très lacunaire d'évaluation des stocks en y intégrant les connaissances pratiques, empiriques et pragmatiques des pêcheurs à côté des contrôles des débarquements et en plaçant l'interdisciplinarité des sciences biologique et socio-économique, au cœur même du processus d'élaboration des avis scientifiques.

Le troisième principe propose de retenir, pour ajuster en permanence les prélèvements à la ressource disponible, des instruments de gestion souples et réversibles comme le sont les TAC et les quotas et non des instruments brutaux et irréversibles aux effets sociaux dramatiques comme la destruction des navires.

Le quatrième principe demande que soit privilégiée l'amélioration des engins et des techniques de pêche, en vue d'assurer la réduction des rejets, des prises accessoires et des incidences sur les habitats.

Naturellement, de telles mesures ne peuvent pas être arrêtées de façon uniforme et centralisée. Elles doivent laisser une large part aux initiatives émanant des milieux professionnels. Un droit à l'expérimentation doit être reconnu aux pêcheurs, à leurs associations professionnelles et aux collectivités territoriales du littoral. Les initiatives dans ce domaine doivent être reconnues et encouragées. C'est ainsi que sur le littoral atlantique des expériences très prometteuses sont en cours. Je citerai, à titre d'exemple, celles visant à adapter des navires et des engins de pêche pour recueillir des macro-déchets ou des nappes d'hydrocarbure ou encore l'aménagement de récifs artificiels en vue de faciliter le développement de zones de reproduction et de repos pour la faune maritime, ou bien encore des techniques de fécondation assistée en pleine mer pour le bar. Mon rapport propose que de telles expérimentations puissent être éligibles à des financements publics.

Le cinquième principe, enfin, affirme que les aides publiques à la modernisation de la flotte, qui ont pour but d'améliorer les conditions de travail, la sécurité à bord, les économies d'énergie et la qualité des produits, sont parfaitement compatibles avec la protection de l'environnement marin.

Je suis heureux d'avoir été largement suivi par la commission de la pêche qui a retenu l'ensemble de ces propositions positives et constructives, rejetant ainsi la vision très négative de l'activité de pêche, qui imprégnait fortement la communication de la Commission européenne. Je souhaite que le Parlement, par un vote massif en faveur de ce rapport, fasse comprendre à tous que la protection de l'environnement marin se fera avec les pêcheurs et qu'elle ne se fera pas contre eux. C'est pourquoi plutôt que de camper sur des positions accusatrices, plutôt que de parler sans cesse d'activité en déclin et de politique palliative, votre commission de la pêche a préféré adresser aux professionnels un message de confiance et d'espoir pour conforter leur respect croissant de la qualité de l'environnement marin, qualité qui est un des objectifs importants que la nouvelle politique commune de la pêche se doit de poursuivre.


Calendrier de mise en oeuvre de la réforme de la Politique Commune de la Pêche (PCP)
Intervention sur le rapport Stevenson
par Dominique Souchet, le 18 novembre 2002

Madame la Présidente, je voulais dire un mot sur le rapport Struan Stevenson. Je me réjouis qu'il demande la pérennisation du régime d'accès aux eaux et aux ressources ainsi que du principe fondamental de la stabilité relative. Je regrette néanmoins que la proposition initiale de M. Nogueira, qui souhaitait replacer au premier plan la dimension économique et sociale de la politique commune de la pêche et, donc, l'examiner en même temps que la question de l'effort de pêche, n'ait pas été retenue.

Ce que je note, c'est que la proposition de la Commission européenne sur le calendrier de réforme de la politique commune de la pêche reflète le caractère non prioritaire que celle-ci accorde aux conséquences sociales de son projet puisque celles-ci n'interviennent qu'au septième rang des mesures proposées.

Quant à la communication de la Commission du 6 novembre sur les soins palliatifs liés à la réforme, elle confirme la planification d'une destruction de 28 000 emplois sur trois ans, entre 2003 et 2006, due au déchirage massif de navires tel qu'il est prévu par la Commission. Nous nous réservons naturellement d'interpeller le Commissaire sur ces chiffres dramatiques, le moment venu, Madame la Présidente, lorsque nous examinerons cette communication.


Débat extraordinaire sur l'avenir de l'Europe élargie

Déclaration annexée au débat
par Georges Berthu, le 19 novembre 2002

En ce grand jour, nous saluons la présence, pour la première fois dans cet hémicycle, des représentants des pays candidats, qui treize ans après la chute du mur de Berlin, viennent célébrer avec nous le rassemblement de l'Europe.

Cette journée solennelle permet de rappeler ce qui nous réunit, non pas seulement la recherche de la sécurité ou de la prospérité, mais d'abord la défense d'une civilisation. L'Europe se définit en effet par une civilisation à l'histoire millénaire, dont les racines puisent aux cultures de l'antiquité classique, et des premiers peuples, Germains, Celtes, Slaves ou autres, fécondées par leur conversion à la religion chrétienne.

Cette conception religieuse de l'homme est à la source des valeurs qui ont produit la liberté, l'Etat de droit, le respect de la diversité des peuples, et aussi le développement économique. Car n'oublions pas que ce développement économique lui-même repose sur nos valeurs ancestrales, et qu'il disparaîtrait sans doute si elles n'étaient plus là.

C'est pourquoi nous souhaitons, et nous le disons solennellement aujourd'hui, que le futur pacte fondateur de la nouvelle Union européenne - quel que soit le nom définitif qu'on lui donnera - se place sous l'invocation de cet héritage, que nous entendons faire prospérer.


Débat extraordinaire sur l'avenir de l'Europe élargie

Déclaration annexée au débat
par Dominique Souchet, le 19 novembre 2002

L'évènement important que nous célébrons aujourd'hui, ce n'est pas l'élargissement d'un petit club qui n'admettrait de nouveaux membres qu'avec une extrême réticence, c'est la grande réunification continentale qui s'opère, beaucoup trop tardivement hélas, sur la base de valeurs communes partagées par les 27 pays conviés à s'exprimer dans ce débat.

Mais pour que cette réunification puisse être durable et pacifique, il est essentiel que chaque Etat membre se sente représenté au sein de ce nouvel ensemble avec équité et qu'il soit en mesure d'y défendre ses intérêts fondamentaux.

Il est essentiel d'éviter que ne se développe, parmi des peuples qui ont récemment recouvré leur souveraineté et leur indépendance, un sentiment de dépossession, dont les conséquences pourraient être désastreuses pour l'Union tout entière. Il est donc urgent de clarifier la nature de l'Union, qui ne peut être que confédérale : c'est l'évidence qui ressort du débat de ce matin. Il faut également conférer un rôle majeur aux Parlements nationaux en matière de contrôle de la subsidiarité, comme l'ont suggéré des parlementaires baltes. Seule cette possibilité d'un droit de veto des Parlements nationaux sur la législation européenne sera de nature à établir entre tous les Etats membres une égalité fondamentale qui conditionne l'avenir de la grande Europe.


Rapport d'étape sur l'élargissement
Intervention sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 19 novembre 2002

Monsieur le Président, mes collègues de la délégation MPF et moi-même souhaitons une chaleureuse bienvenue aux représentants des États qui vont bientôt entrer dans l'Union, réintégrant ainsi leur famille naturelle, la grande famille européenne dont le communisme les avait séparés. C'est dans cet esprit que nous approuverons le rapport Brok. Je voudrais à cette occasion exprimer un regret et un espoir.

Le regret, d'abord, c'est que ce rassemblement de l'Europe ait tant tardé après la chute du Mur de Berlin, alors qu'il est inscrit avec tant d'évidence dans les valeurs de notre civilisation, dans notre héritage commun aux racines chrétiennes. Aujourd'hui encore deux pays, la Roumanie et la Bulgarie, en sont exclus pour quelques années. Alors, pourquoi ne pas leur faire un signe dès maintenant, pourquoi ne pas les faire adhérer sans attendre au traité sur l'Union européenne stricto sensu, ce qui ne poserait pas de problème puisque c'est un traité intergouvernemental flexible, par opposition au traité sur la Communauté ?

En second lieu, nous exprimons aussi un grand espoir. Cette nouvelle Europe, nous allons la construire ensemble. Si l'on poursuivait dans la ligne de la tendance actuelle, ce serait bientôt un super-État centralisateur, uniformisateur, méprisant à l'égard des démocraties nationales. C'est un réel danger. Et d'ailleurs, ce matin encore, nous avons entendu l'intervention de ceux qui pensent qu'après l'élargissement, il faudra un verrouillage central plus serré afin de répondre à la diversité accrue. Cette tendance, beaucoup des prochains nouveaux membres la réprouvent, et nous aussi. Nous voulons, au contraire, inventer une Europe nouvelle, diverse, plus flexible, plus libre, articulée sur des démocraties nationales respectées. Ce matin, nous avons entendu un représentant de la Lettonie s'inquiéter de ce que deviendrait la liberté de décision de son pays lorsqu'il serait représenté par 8 députés dans un Parlement européen de 732 membres. C'est une vraie question que beaucoup de pays devraient se poser, même parmi les grands. Le seul moyen pour éviter à l'avenir cette dilution de la démocratie, cette impression de ne plus rien contrôler, c'est d'impliquer fortement les parlements nationaux dans la prise de décision européenne en leur donnant un vrai droit de dire "oui" ou "non" à l'implication de leur pays dans telle ou telle décision. Pour parvenir à cette Europe plus libre et plus démocratique, Monsieur le Président, ceux qui aiment la liberté de leur pays, ceux qui aiment leur démocratie nationale, et donc ceux qui aiment la vraie Europe, devront s'unir pour défendre leurs valeurs.


Programme législatif et de travail de la Commission pour l'année 2003
Intervention dans le débat
par Georges Berthu, le 20 novembre 2002

Monsieur le Président, le programme de travail de la Commission pour 2003 est mieux présenté qu'auparavant. En effet, il est clairement articulé autour de grandes priorités et c'est un point positif. Une grosse ambiguïté demeure toutefois quant à la forme. On nous dit que ce programme constituera un apport au programme opérationnel annuel du Conseil pour 2003 que ce dernier devrait adopter en décembre prochain, donc dans un second temps. Mais quel est le statut exact de cet apport de la Commission ? Le Conseil doit-il le prendre tel quel ou a-t-il le droit de le modifier pour y introduire de nouvelles priorités ? Seule la seconde hypothèse est cohérente avec la hiérarchie des institutions. Certes, nous ne doutons pas que, dans la pratique, le dialogue au sein du triangle institutionnel permettra d'aplanir cette difficulté. Elle n'en pose pas moins un problème de principe qui a son importance.

Sur le fond, le programme de la Commission pose en première priorité la préparation de l'élargissement. On ne peut qu'être impressionné, à la lecture des actions à entreprendre à ce titre, par leur multiplicité qui montre l'ampleur de l'acquis communautaire à reprendre par les candidats. Après avoir écouté hier les représentants de ces pays, après avoir senti leurs réactions, nous voyons bien que ces pays ont envie d'entrer dans l'Union. Ils ont envie de réintégrer la famille européenne et ils sont prêts à faire beaucoup d'efforts pour cela. Évitons cependant de les lasser par un excès de législations et d'autorité. Ayons la sagesse de parfois les laisser aller à leur rythme, en admettant plus largement la géométrie variable.

Une seconde priorité de ce programme s'intitule "Stabilité et sécurité" et elle présente notamment des mesures relatives à l'immigration. Ayant lu à plusieurs reprises la liste des initiatives clés, je dois vous dire que j'ai bien trouvé celle qui concerne l'intégration des immigrés légaux, mais que je cherche encore celle qui devrait concerner le retour des immigrés illégaux. Si elle existe, elle est bien cachée. Cela montre tout simplement que la Commission a encore beaucoup de chemin à faire avant de prendre la mesure de l'immensité du problème qui se pose aujourd'hui.

En revanche et pour conclure, nous adresserons plutôt des compliments pour le paragraphe intitulé "Repenser les relations avec les voisins de l'Union élargie", sur lequel le président Prodi a d'ailleurs insisté tout à l'heure. Ces relations doivent effectivement être redéfinies et à cet égard le partenariat euroméditerranéen pourrait aboutir à la naissance d'une nouvelle communauté, distincte de l'actuelle, faut-il le dire. La Turquie y trouverait naturellement sa place, davantage que dans l'Union européenne elle-même.


Résultat du Sommet UE/Russie
intervention dans le débat
par Dominique Souchet, le 20 novembre 2002

Monsieur le Président, c'est avoir une vision singulièrement réductrice des relations multiples et multiformes que nous devons développer très activement avec la Russie dans toute une série de domaines stratégiques, de la lutte contre le terrorisme à la situation au Moyen-Orient, de l'énergie à l'espace, que de vouloir en indexer le cours sur les modalités successives selon lesquelles le gouvernement russe traite la difficile question tchétchène.

Nous sommes fondés à dénoncer la brutalité manifestement disproportionnée des méthodes utilisées par les autorités russes, mais nous serions certainement mieux entendus si nous n'occultions pas en même temps les véritables fondements de la réaction de Moscou, qui ne recouvrent pas exclusivement des préoccupations russes. La Russie invoque, sur le territoire de sa propre fédération, je le rappelle ici, un droit de légitime défense face aux forces qui, après avoir attisé le séparatisme tchétchène, entendent le capter et l'instrumentaliser au profit d'un islamisme radical qui porte le terrorisme jusqu'au cœur de Moscou. Et qui osera nier que la Tchétchénie soit devenue, après l'Afghanistan des taliban, un des champs privilégiés d'entraînement et d'exercices d'une internationale terroriste islamiste qui nous menace tous ? Ceux qui persistent à nier ou à relativiser ces réalités nous mènent dans une impasse. Sachons, Monsieur le Président, leur résister et être responsables.


Rapport d'étape sur l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Brok
par Georges Berthu, le 20 novembre 2002

Depuis le Conseil d'Helsinki, l'Union européenne feint de considérer la Turquie comme un candidat "normal", du même type que les autres, et se voile les yeux sur les problèmes de fond que pose cette candidature. Le rapport Brok y ajoute quelques ambiguïtés puisque, après le rejet d'un amendement qui aurait confirmé le statut de la Turquie comme candidat à part entière, il demande néanmoins au Conseil européen de "faire progresser le processus
d'adhésion
".

Nous pensons qu'il serait totalement prématuré que le Conseil de Copenhague fixe une date pour l'ouverture des négociations d'adhésion avec la Turquie. Nous pensons qu'il serait tout autant prématuré de fixer dès à présent la date d'une réunion future où l'on fixerait la date d'ouverture. Il ne faut pas se laisser enfermer dans le piège des calendriers préétablis, que les eurocrates utilisent avec dextérité, en misant sur la faiblesse des États membres.

Le Conseil d'Helsinki a commis une grave erreur, en 1999, en reconnaissant la Turquie comme un État "européen" susceptible d'adhérer à l'Union. En réalité, la Turquie n'entre pas dans le cadre prescrit par l'article 49 TUE pour les adhésions. En revanche, elle trouverait parfaitement sa place dans le cadre d'un grand partenariat euro-méditerranéen renouvelé.


Rapport d'étape sur l'élargissement
Explication de vote sur le rapport Brok
par Dominique Souchet, le 20 novembre 2002

J'ai voté en faveur du rapport Brok tel qu'amendé, en dépit de ses ambiguïtés sur la question de la Turquie, pour manifester clairement l'importance historique que revêt la réunification du continent européen, même si, sous le nom d'élargissement, celle-ci est engagée trop tardivement et dans des conditions très imparfaites.

À propos de la Turquie, M. Brok demande que l'Union européenne fasse preuve d'une plus grande cohérence. En effet, il est urgent de reconnaître que la malheureuse décision du Sommet européen d'Helsinki, lors duquel a été conféré à la Turquie le même statut d'État candidat qu'à la Pologne ou à la Hongrie, par exemple, ne repose sur aucun fondement géographique, historique, culturel ou juridique.

Le Sommet de Copenhague offre une occasion de sortir d'une ambiguïté qui, si elle n'est pas levée, empoisonnera durablement et profondément les relations entre les États membres et la Turquie.

Au lieu de fixer, directement ou indirectement, une date d'ouverture pour une négociation d'adhésion qui n'aurait pas de sens, il conviendrait de placer clairement nos relations avec la Turquie dans le cadre d'un partenariat euro-méditerranéen auquel on donnerait une véritable substance politique, au lieu de le cantonner à une simple plateforme faisant la promotion du libre-échange.


Sciences du vivant et la biotechnologie
Intervention sur le rapport Damiao
par Elizabeth Montfort, le 20 novembre 2002

Monsieur le Président, Monsieur le Commissaire, chers collègues, même s'il a besoin d'être modifié, le rapport de ma collègue Damião est un excellent rapport. Tout en soulignant les contraintes qui en freinent le développement, il démontre avec pertinence le rôle et l'importance des biotechnologies et des sciences du vivant dans nos sociétés. Il s'inscrit en effet parfaitement dans les perspectives et les stratégies définies lors du Conseil européen de Lisbonne. Les biotechnologies et les sciences du vivant sont indiscutablement les éléments-clés pour une économie de la connaissance plus compétitive et plus dynamique. Enfin ce rapport donne tout son poids au Sixième programme-cadre de recherche et développement auquel je suis particulièrement attachée. Les biotechnologies représentent une dimension nouvelle et considérable de l'économie de demain, qu'on les envisage sous leur aspect agricole, nutritionnel, environnemental et, bien entendu, médical et thérapeutique. Élément de compétitivité ainsi que de développement quantitatif et qualitatif de l'emploi, elles ne doivent pas pour autant bénéficier de blancs-seings en matière de recherche. Le "tout biologique" n'est pas de mise. Nous sommes face à un champ scientifique d'une richesse extraordinaire dont de très nombreux aspects demeurent encore inconnus, donc inexploités. Mais ce champ scientifique a deux visages, et l'un n'exprime pas toujours ce qu'il y de meilleur pour l'homme et pour le bien-être de nos sociétés. Méfions-nous des apprentis sorciers.

Les sciences du vivant méritent d'être soutenues et encouragées, mais elles doivent être encadrées. Elle ne peuvent grandir et s'épanouir que dans un cadre strictement réglementé qui mette inlassablement en avant les principes de santé publique, de prévention, de précaution et de respect de la vie et de la dignité humaine. Je pense, vous l'avez compris, aux problèmes que posent les OGM et la recherche sur les embryons humains. C'est pourquoi je me réjouis de constater que ce rapport reflète ce souci, tout comme je salue le travail réalisé par la commission de l'industrie pour mieux encadrer la recherche et
mieux informer le consommateur.

Dans cet esprit, il est nécessaire de tout mettre en oeuvre pour améliorer le financement des entreprises et leur permettre d'accéder au capital à risque. En effet, ces entreprises sont en général très jeunes, souvent petites et donc vulnérables. Nous devons aussi favoriser l'émergence des chercheurs dans nos universités et faciliter leur travail en laboratoire, dans l'esprit de la charte européenne des petites entreprises. La recherche est le terreau de notre compétitivité de demain.

Souvenons-nous cependant qu'il n'y a pas de science sans conscience. Toute science digne de ce nom doit avoir conscience de son rôle dans nos sociétés. Les biotechnologies constituent très certainement les clés d'une nouvelle société qui, si nous la gérons bien, sera une société plus juste et mieux équilibrée.

J'évoquerai, enfin, les pays en développement. Si nous devons nous mobiliser pour contribuer à la lutte contre la faim, la pauvreté et les maladies qui empêchent leur développement, nous n'avons le droit d'imposer de modèle scientifique ou de modèle de pensée à aucun d'entre eux. C'est un principe de respect. Aussi ne pouvons-nous envisager d'imposer ces sciences et ces technologies en tant que moyen de développement. Il appartient à chacun de choisir comment il veut se nourrir et sur quel modèle il veut vivre.

Mes chers collègues, les biotechnologies représentent la troisième révolution technologique de notre civilisation après la révolution industrielle et la révolution informatique. Je souhaite ardemment que nous relevions ce superbe défi et que, pour la grandeur de l'Europe et l'avenir de nos enfants, nous le fassions dans le respect des règles fondamentales de l'éthique et de la dignité de toute être humain.


Naufrage du pétrolier "Prestige" près des côtes de Galice
Intervention dans le débat
par Alexandre Varaut, le 21 novembre 2002

Monsieur le Président, tout ici a été dit, durant les mois qui ont suivi le naufrage de l'Erika, sur les bateaux poubelles, la faiblesse des contrôles, les complaisances des États du pavillon. Nous avons voté deux blocs de mesures.
Beaucoup sont bonnes. Pourtant, rien n'a changé. Et tandis que le Parlement parle, chaque jour s'engagent sur le rail d'Ouessant des navires prêts à verser leur pétrole sur les côtes de Vendée ou de Galice, au hasard d'un coup de mer.

Comme avocat, avant de rejoindre notre Parlement, j'ai passé des centaines d'heures auprès des victimes de l'Erika, de professionnels ou de collectivités locales. Demain, dois-je retourner leur dire: "nous sommes émus, très émus, mais nous ne pouvons pas être efficaces en moins de trois ans à cause de la codécision"? Madame la Commissaire, vous disiez tout à l'heure: "je le veux hic et nunc", mais le système vous répond: "non possumus".

Ainsi, tandis que les Américains se protégeaient, en quelques mois, par des mesures à effet immédiat, nous prenons quant à nous des années à adopter des mesures à effet différé dont le contenu s'avérera finalement insuffisant. Insuffisant pour deux raisons. D'abord, parce que les traités interdisent aux pays menacés, comme la France et l'Espagne ou le Portugal, de se protéger unilatéralement et rapidement lorsque les circonstances l'exigent, et également parce que ces pays doivent passer sous les Fourches Caudines de certains pays pour lesquels la sécurité maritime n'est pas prioritaire. Ensuite, parce que nous n'aurons rien fait tant que nous n'aurons pas contraint les compagnies pétrolières à assumer elles-mêmes, en première ligne, le transport de leurs marchandises, afin que la sécurité soit assurée par des compagnies riches, connues et engageant leur réputation et non plus par des armateurs sans identité et sans nationalité.


Naufrage du pétrolier "Prestige" près des côtes de Galice
Explication de vote suite à la déclaration de la Commission
par Georges Berthu, le 21 novembre 2002

Le naufrage du "Prestige" n'est pas un accident. C'est la conséquence logique d'un système de décision mixte, national et européen, qui paralyse les États sans arriver lui-même à imposer les mesures radicales qui seraient nécessaires. Il laisse ainsi la voie libre à certaines mafias du transport maritime qui agissent en zone de non-droit... Et d'ailleurs tout est peut-être fait pour cela.

Certains collègues pensent qu'il faut sortir de ce mauvais système par le haut, en imposant une autorité européenne centrale et supranationale. Cette solution peut paraître séduisante, mais elle risque d'être éloignée des peuples, mal contrôlée démocratiquement, et donc perméable aux pressions des intérêts financiers.

De plus, il ne sert à rien de mettre ensemble des États européens qui sont concernés par le problème, et d'autres qui ne sont pas concernés. On ne fera que ralentir les décisions.

Sans exclure a priori les directives européennes, il faut les compléter en rétablissant le droit de sauvegarde des États. Il faut aussi admettre que les États menacés doivent pouvoir prendre des mesures ensemble, en dehors des procédures communautaires. Et sur le fond, il faut bannir de nos eaux tout navire dont le responsable n'est pas clairement identifié, localisable, solvable, et complètement assuré.


Aides d'Etat (2001)
Explication de vote sur le rapport Herzog
par Georges Berthu, le 21 novembre 2002

Ces dernières années, la Commission a rempli sa mission de chasse aux aides d'État avec un zèle quelque peu aveugle, voyant des aides condamnables un peu partout.

Pour la première fois, le Conseil a récemment essayé de la modérer, en faisant usage de l'article 88, paragraphe 3, qui lui permet, statuant à l'unanimité dans des circonstances exceptionnelles, d'exonérer certaines aides de toute poursuite. On regrette d'ailleurs qu'il n'ait pas eu ce courage plus tôt, par exemple quand la Commission avait condamné les aides publiques à l'emploi dans le secteur textile français.

La Cour de justice a également donné un autre coup de frein par l'arrêt Ferring du 22 novembre 2001 qui exonère les aides publiques lorsqu'elles ne font que compenser le surcoût d'une contrainte de service public. Nous espérons que cette jurisprudence sera confirmée.

Il nous semble qu'aujourd'hui, la partie correspondante du traité (articles 87 à 89) devrait être actualisée pour mieux définir les aides publiques acceptables, par exemple pour l'emploi, l'environnement ou la compensation des contraintes de service public. De plus, des pouvoirs exclusifs et discrétionnaires ne doivent pas être laissés à la Commission : les démocraties
nationales doivent quand même, elles aussi, avoir leur mot à dire.


Conditions de travail des travailleurs intérimaires
Explication de vote sur le rapport van den Burg
par Elizabeth Montfort, le 21 novembre 2002

Par cette proposition de directive, la Commission cherche à réglementer les conditions de travail des travailleurs intérimaires dans les États membres. Le choix de cette mesure contraignante va imposer aux États membres une réglementation qui ne sera pas nécessairement adaptée à leurs spécificités nationales et qui risque par conséquent de pénaliser ce mode de travail, alors que l'objectif était de le favoriser.

En effet, si l'on ne peut contester que la promotion du travail intérimaire, facteur de souplesse pour les entreprises et d'intégration ou de réintégration sur le marché du travail de certains types de travailleurs, est tout à fait louable, il n'est en aucun cas question de le faire à n'importe quel prix. Or il apparaîtrait que cette proposition de directive ne repose pas sur des bases suffisament solides.

Par ailleurs, ce domaine relève de la souveraineté des États, qui sont incontestablement les plus à même d'apprécier la situation sur leur marché du travail.

C'est pourquoi je ne peux voter pour un texte qui, loin d'atteindre les objectifs qu'il s'est fixés, va à leur encontre.


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