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Intervention en commission de l'agriculture
sur le rapport Stevenson, relatif aux protéines végétales
par Dominique Souchet
le 28 mai 2002
Monsieur le Président,
La proposition de rapport élaboré
par notre collègue Stevenson améliore significativement
celle de la Commission qui n'était manifestement
pas à la hauteur du défi que nous avons à
relever. La Commission n'a pas répondu aux recommandations
du Conseil européen, rappelées aux Sommets
de Berlin et de Nice, visant à réduire notre
énorme déficit : nous importons les 3/4 de
nos besoins de protéines végétales.
C'est une situation de vulnérabilité extrêmement
dangereuse et la Commission n'envisage nullement de la corriger
en proposant comme elle le devrait un véritable plan
stratégique. Elle se borne à préconiser
un approvisionnement quasi-exclusif sur le marché
mondial.
Les améliorations apportées
par M. Stevenson portent notamment sur l'accord de Blair
House, en posant clairement la question de sa validité
et en s'affranchissant du tabou de sa renégociation.
Elles portent également sur la nécessité
d'accroître l'aide aux producteurs de protéines
végétales. Sans doute faudrait-il être
plus précis et envisager notamment la mise en place
d'une aide complémentaire de l'ordre de 20 euros
par tonne, ainsi que la création d'un système
de filet de sécurité ou d'assistance récoltes.
Faut-il rappeler que les Etats-Unis ont accru sensiblement
au cours des récentes années, l'aide apportée
à leurs producteurs de soja et que le Farm Bill
ne modifie guère cette tendance, puisque ce dernier
résorbe l'écart entre les aides au maïs
et au blé et l'aide au soja en remontant les premières
beaucoup plus qu'en diminuant la seconde.
Un point du rapport de M. Stevenson me paraît
poser problème. Il s'agit de son article 1 qui préconise
d'autoriser à nouveau les farines de poisson dans
l'alimentation des ruminants. Même si les farines
de poisson ne posent pas les mêmes problèmes
que les farines carnées, les consommateurs les considèreront
bien évidemment comme des farines animales et je
doute qu'il s'agisse là d'un bon signal à
envoyer pour permettre la poursuite de la reprise de la
consommation de la viande bovine, qui reste très
laborieuse.
Mais en dehors de ce dernier point, il est
clair que le rapport Stevenson va dans la bonne direction.