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Opinion minoritaire de Georges
Berthu annexée au rapport Gil-Robles-Tsatsos du Parlement
européen, sur le projet de Constitution européenne
et l'ouverture de la Conférence Intergouvernementale
9 septembre 2003
Le rapport sur le projet de traité instituant une
Constitution européenne se félicite de la
perspective d'un ordre constitutionnel nouveau, "contraignant
pour les Etats membres", fondé sur des procédures
de décision supranationales et l'inscription, pour
la première fois dans le traité, de la supériorité
du droit communautaire sur les Constitutions et les droits
nationaux.
Ainsi, au lieu de chercher à combler le déficit
démocratique en renouant avec les démocraties
nationales, le projet de Constitution poursuit-il sur la
lancée de la construction d'un super-Etat unitaire,
contrôlé par une "démocratie européenne"
largement artificielle, à laquelle les citoyens n'accordent
qu'une légitimité secondaire.
Le rapport du Parlement européen répète
à plusieurs reprises que ce projet traduirait la
"volonté politique des citoyens européens".
Rien n'est moins sûr, et cette anticipation sur des
ratifications populaires encore hypothétiques en
dit long sur les manoeuvres d'intoxication dont les peuples
risquent d'être l'objet.
En réalité, la Convention n'était pas
représentative de l'ensemble des opinions publiques
; elle a été dominée par l'influence
des institutions européennes ; et le prétendu
"consensus" qui s'y est formé montre bien
les préférences des groupes fédéralistes,
mais non celles des peuples. Les gouvernements prochainement
réunis à la CIG feraient bien de s'en souvenir.