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Charte des droits fondamentaux
de l'Union européenne
Opinion minoritaire sur le rapport
Duff
par Georges Berthu, le 7 octobre 2002
Le rapport Duff demande principalement que la Charte des
droits fondamentaux de l'Union européenne soit incorporée
dans les traités, et qu'elle devienne ainsi d'application
obligatoire.
Au Conseil de Nice, en décembre 2000, devant les
multiples difficultés et les effets pervers d'une
éventuelle "légalisation" de la
Charte, les chefs d'Etat et de gouvernement avaient décidé
de conserver à ce document, pour le moment, le statut
d'une simple référence politique. Or les objections
alors émises sont toujours valables aujourd'hui.
Nous pensons donc que le statut non obligatoire doit être
conservé.
En effet, l'incorporation de la Charte dans les traités
reviendrait à imposer une définition unique
des droits fondamentaux dans toute l'Union, en théorie
pour les seules activités européennes, mais
en réalité pour tout. La Charte actuelle le
cache si peu, d'ailleurs, qu'elle traite directement de
nombreuses compétences nationales.
Cette réforme élèverait au niveau de
l'Union la compétence "droits fondamentaux",
inhérente jusqu'ici aux Constitutions nationales,
et associée très étroitement à
l'histoire et à la culture de chaque peuple. En élevant
cette compétence, elle rendrait les définitions
uniformes et rigides ; elle les éloignerait des peuples
; elle donnerait un pouvoir immense à la Cour de
Justice, au détriment des démocraties nationales.
Il nous semble que c'est le principe même d'une Charte
uniforme qui est inadapté à la réalité
d'une zone où coexistent des peuples distincts. Une
telle Charte correspond bien aux idées de Constitution,
de centralisation, d'Etat européens, mais pas du
tout à une Europe où coopèrent librement
des peuples souverains.