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Intervention sur le retraitement nucléaire
par Dominique Souchet
le 18 avril 2002
Monsieur le Président,
Je voudrais, en tant que membre du Comité
STOA, commencer par déplorer les modalités
surprenantes du choix du prestataire de l'étude retenue
par le STOA pour effectuer l'analyse sur les incidences
du retraitement : un cabinet affichant ouvertement des options
politico-idéologiques antinucléaires très
marquées...
Je voudrais ensuite souligner l'intérêt
de la démarche de retraitement par rapport au simple
stockage. Le retraitement s'inscrit parfaitement dans la
logique de protection environnementale croissante que nous
préconisons pour tous les secteurs industriels
: on trie ; on recycle le maximum et on rejette le minimum.
On ne voit pas au nom de quoi on exclurait l'industrie nucléaire
de cette logique générale. Donc, dans le secteur
nucléaire comme dans les autres, l'objectif doit
être, me semble-t-il, non pas de stocker sans rien
faire l'ensemble des déchets, mais plutôt de
rechercher systématiquement les avancées technologiques
qui permettront de nouveaux progrès en matière
de réduction des rejets et des déchets finaux,
en volume et surtout en niveau de toxicité.
Je suis frappé (je parle de La Hague,
que je connais bien ; je ne connais pas Sellafield) par
la qualité des données dont nous disposons
du fait de la multiplicité des contrôles croisés
effectués en continu, non seulement par le laboratoire
de contrôle de l'usine (près de 100 000 analyses
par an disponibles sur Internet), mais aussi par les autorités
de contrôle départementales, nationales et
internationales.
Je suis frappé ensuite par l'ampleur
des réductions d'impact qui ont été
obtenues grâce aux progrès technologiques successifs
intervenus dans les techniques de retraitement mises en
oeuvre à La Hague depuis 1966, puisque l'on est aujourd'hui
très en-dessous des niveaux de rejets autorisés.
Cela dit, il y a naturellement toujours des
progrès à faire. Je voudrais donc demander,
en particulier à MM. Pradel et Clark si les recherches
actuellement en cours en matière de retraitement
permettent d'espérer, à une échéance
relativement proche, de nouveaux progrès, aussi bien
en ce qui concerne les rejets dans l'air et la mer que les
déchets ultimes à stocker.
Je voudrais également que nous nous
demandions, en tant que parlementaires, si au-delà
du rôle d'inspection et de vérification confié
à la Communauté par le traité Euratom,
les compétences communautaires en matière
de recherche ne devraient pas être activement mobilisées
dans le domaine qui nous intéresse aujourd'hui. A
cette fin, il paraîtrait pleinement justifié
que les recherches portant notamment sur la réduction
des déchets finaux, dont l'importance apparaît
tout à fait prioritaire, disposent de financements
publics d'origine communautaire substantiels, ce qui n'est
malheureusement pas le cas aujourd'hui.