LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
P. de Villiers
INTERVENTIONS ET TRAVAUX
Interventions en séances plénières
Autres travaux parlementaires
Interventions hors Parlement
BIBLIOGRAPHIE
COMMUNIQUES DE PRESSE
ARTICLES DE PRESSE


> AUTRES TRAVAUX PARLEMENTAIRES

L'annulation de la réunion de l'Assemblée Parlementaire Paritaire ACP/Union européenne à Bruxelles : un exemple d'amateurisme diplomatique de la part du Parlement européen
Intervention de Dominique Souchet à la réunion des membres européens de l'Assemblée Paritaire ACP/UE
Bruxelles, le 25 novembre 2002

Madame la co-Présidente,

En décidant de refuser l'accès du Parlement à deux membres d'une délégation d'un pays ACP, la Conférence des Présidents a pris une mauvaise décision, qui est à la fois contestable juridiquement et contre-productive politiquement.

La Conférence des Présidents a agi comme s'il appartenait au Parlement européen de dire qui doit et qui ne doit pas figurer au sein des délégations des pays ACP. Sa décision ne respecte ni l'indépendance des Etats souverains membres de notre Assemblée, ni le caractère paritaire de cette dernière. Cet unilatéralisme devait fatalement déboucher sur une rupture avec les Etats ACP.

L'Assemblée Paritaire UE/ACP constitue un exercice sans équivalent de diplomatie interparlementaire nord-sud. Le "b.a.ba" de la diplomatie, c'est de permettre à ses pires adversaires de s'exprimer, d'être entendus dans les forums internationaux, même si l'on conteste radicalement les positions qu'ils expriment et les politiques qu'ils incarnent. Mais si l'on commence par contester le droit des Etats, le droit des Parlements à désigner librement leurs représentants, on s'engage dans un processus qui rend impossible le dialogue international.

La voie choisie par la Conférence des Présidents est en outre politiquement désastreuse. De nombreux représentants ACP, vous le savez, avaient prévu de critiquer avec beaucoup de sévérité la politique qu'incarnent les ministres zimbabwéens qui ont été récusés par la Conférence des Présidents. Beaucoup d'entre nous l'auraient également dénoncée avec vigueur. Cette dénonciation de la politique suicidaire du Zimbabwe dans l'enceinte de l'Assemblée Paritaire aurait eu beaucoup plus de force, beaucoup plus d'impact, beaucoup plus d'efficacité qu'un refus d'admettre des personnalités controversées, mais désignées par un Etat-membre. L'erreur diplomatique grave commise par la Conférence des Présidents, que vous appuyez, Madame la co-Présidente, a naturellement amené l'ensemble des pays ACP à se solidariser autour du Zimbabwe au nom du non-respect de la souveraineté d'un Etat-membre. C'est donc le gouvernement du Zimbabwe qui retire le bénéfice politique de cette erreur diplomatique du Parlement européen. Superbe résultat !

Il faut bien évidemment tirer d'urgence la leçon de cet impair qui a provoqué une rupture constituant hélas une "première" dans l'histoire de notre Assemblée Paritaire.

Cet incident déplorable reflète l'état d'esprit dominant au sein de notre Assemblée, où l'on a perdu le sens du respect de la souveraineté les uns des autres et où l'on s'est attribué, de manière irresponsable, un droit absolu d'ingérence.

Si nous continuons à l'avenir à procéder ainsi, à vouloir nous attribuer unilatéralement un droit de regard sur la composition des délégations ACP, nous allons dans le mur et nous préparons tout simplement la fin de l'Assemblée Paritaire.

 

Retour Autres travaux parlementaires