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Intervention sur la situation
en Afrique de l'Ouest prononcé lors de l'Assemblée
paritaire Union européenne/ACP
par Dominique Souchet
le Cap, 19 mars 2002
Je crois, Madame la Présidente,
après le triste constat que nous avons dû dresser
à propos de l'Afrique australe, et notamment de la
parodie d'élection qui vient de se dérouler
au Zimbabwe, que nous devons prendre acte et nous réjouir
qu'en Afrique de l'Ouest le tableau soit très différent
et beaucoup plus positif, comme le souligne le projet commun
de résolution auquel nous sommes parvenus.
Notre résolution salue tout naturellement
la démocratie sénégalaise et la mémoire
de la haute personnalité qui en a été
le fondateur, le Président Senghor. Démocratie
sénégalaise qui a administré, à
l'occasion des dernières élections présidentielles,
la preuve de son début de maturité avec l'accès
au pouvoir, dans les urnes, d'une opposition qui a su se
préparer, s'organiser, résister aux pressions,
attendre l'heure du succès et une ex-majorité
qui a su accepter l'alternance dans la dignité.
Dans deux autres Etats d'Afrique de
l'Ouest, la démocratie montre des signes d'enracinement
très encourageants : le Bénin et le Mali.
Le Bénin tout d'abord où, lors des dernières
élections présidentielles, malgré les
différents appels au boycott lancés à
la suite des irrégularités relevées
lors du scrutin, l'ensemble des composantes politiques a
finalement accepté le verdict des urnes. Quant au
Mali, nous espérons qu'il fera à nouveau preuve
en 2002 de son sens fort de la cohésion nationale
et poursuivra sur la voie du dialogue politique qu'il a
choisi et qui a permis jusqu'ici de désamorcer les
crises.
En ce qui concerne la Côte d'Ivoire,
nous devons nous réjouir de la tenue du forum de
réconciliation nationale qui a favorisé le
retour au pays de personnalités politiques importantes
et dont nous espérons qu'il préfigure une
normalisation de la vie politique dans la "patrie de
la vraie fraternité".
S'agissant du Togo, la libération
récente de personnalités d'opposition est
un signal positif, un prélude, nous le considérons
ainsi, à l'organisation des élections législatives
en concertation avec toutes les forces politiques du pays
et à la reprise complète de notre coopération
qui doit accompagner ce processus.
Nous avons là, Madame la Présidente,
un ensemble de signaux positifs en Afrique de l'Ouest. Il
y en a certes d'autres, moins positifs ceux-là, au
Libéria notamment. Mais notre rôle n'est-il
pas de braquer le projecteur sur ces signes d'espoir d'un
enracinement d'une véritable vie démocratique
en Afrique de l'Ouest et de faire en sorte que ceux qui
choisissent la voie difficile de la démocratie réelle
bénéficient d'une attention toute particulière
de notre coopération, afin qu'aux yeux de tous démocratie
rime avec éradication de la pauvreté.