Lobbying, pratiques et méthodes

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Publié le 05/05/2011

Les représentants d'intérêts ont eu tendance à multiplier les techniques afin de parvenir à influencer les milieux politiques. En général, ces techniques proviennent des différents métiers, du marketing, de la communication et des relations publiques. Il s'agit donc de méthodes transversales nécessitant des compétences provenant de différentes matières telles que le droit, la science politique, l'économie et la finance.

La stratégie dite des « 4 P » est par ailleurs très utilisée. « Cette formule, calquée sur celle du mix marketing, renvoie aux quatre éléments clefs de toute action de lobbying: procédures, problèmes, personnes, positions. Les procédures, car il convient d’organiser le travail de veille et de vigilance, et de prévoir l’intervention la plus en amont possible ; les problèmes, car il faut être conscient des risques à éviter et des intérêts à sauvegarder ; les personnes, car, il est nécessaire de connaître les cibles à toucher à tous les niveaux de prise de décision ; les positions, car il convient d’apprécier les possibilités d’alliance et les capacités de négociations de chacun des interlocuteurs, qu’ils soient des alliés, des rivaux, ou des cibles. »

 

Le travail type d'un représentant d'intérêt se divise en plusieurs tâches:

Le monitoring ou la veille juridique
Il s'agit essentiellement de consulter les sites internet des institutions ou de connaître les volontés de la Commission européenne sur les modifications législatives qu'elle entreprendrait mais aussi de lire les revues de presse, les courriers émanant d'autres lobbies, de suivre les dossiers en cours, de rédiger des notes de synthèse.

La détermination d'une position, élément central
La rédaction de position papers, sous forme de communiqué à fournir aux institutions est indispensable de même qu'un dossier argumentatif.

La position choisie doit être claire et compréhensible par les institutions et ne doit pas être modifiée en cours de route afin d'éviter de perdre le consentement de ces dernières.

Rencontre avec les institutions
Une fois qu'une stratégie a été mise en place, il faut aller la présenter aux institutions. Les représentants d'intérêt interviennent à tous les stades du processus législatif en se plaçant dans la position de pourvoyeurs d'expertises et d'informations.

Cette partie se scinde en plusieurs activités :
- Assistance aux réunions de groupes et intergroupes parlementaires,
- Rencontre avec les députés européens et les fonctionnaires de la Commission
- Organisation et animation de conférence. La présentation orale dans les auditions et autres conférences organisées par les institutions prouve que l'expertise est indispensable.

Les informations apportées par les représentants d'intérêt doivent être de qualité pour ne pas être contestées pour leur manque d'objectivité ou de réalisme et être disséminées au sein des institutions le plus rapidement possibles pour être utiles.

Recherche de financements européens
Le montage de projets permet aux lobbyistes d'avoir accès à des fonds communautaires. Il peut s'agir de travaux d'expertise, de rédaction de rapport, de participation à des conférences.

Networking, création de réseaux
La création et la mise à jour d'un carnet d'adresse ainsi que les rencontres et les prises de contact régulières sont très importantes pour pouvoir cibler les personnes d'influence qui pourraient être utiles pour faire "avancer la cause".

 

Une pratique mouvante à travers les âges

1957 - 1970 - «Le lobbying fusionnel»
Cette période est caractérisée par le début de la construction européenne et l'activité législative marquée par la mise en place de la PAC. «La PAC et ses règlements d'application ont été conçus main dans la main entre officiels et professionnels» .

1971 - 1987 - La fin de l'âge d'or
La construction européenne connaît un coup d'arrêt, l'Europe en panne n'est plus attractive pour les lobbyistes. Conséquences, ils se décentrent vers les conférences et les organisations internationales (GATT...). Un nouveau type de lobbyistes naît, les «lobbyistes internationaux».

1988 - 2005 - La relance de l'Europe par Jacques Delors
L'impulsion que donne Jacques Delors, alors Président de la Commission européenne, à la construction européenne laisse une place majeure aux lobbies. Beaucoup d'entre eux, basés à Paris, s'installent à Bruxelles où ils sont associés aux travaux de la Commission européenne et deviennent incontournables. C'est l'avènement du «lobbying stratégique».

2006 - Aujourd'hui
L'élargissement de l'Union et le recours croissant des institutions européennes aux activités des représentants d'intérêts ont permis la naissance d'un nouveau type de lobbying, dit «transversal». Il est organisé de telle sorte que les institutions ont accès aux positions de l'ensemble des acteurs de la chaîne de production du producteur au consommateur. Cette nouvelle méthode oblige les représentants d'intérêt à influencer les décideurs politiques par l'adoption d'une position de partenaire.

Sources :

Intervention de Marie-Laure Basilien, maître de conférences en droit public à l’Université de Paris III Sorbonne nouvelle, lors de la première partie du colloque du 14 février 2009, L'Europe au défi de la crise : "Le fonctionnement de l'Union". http://www.fondation-res-publica.org/Le-Lobbying-europeen-ou-le-clair-obscur-du-dessein-communautaire_a385.html   

Lobbying européen, Daniel Guéguen, Europolitiques, "Guide pratique"

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