La présidence espagnole de l'Union européenne : A quoi s'attendre?
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La présidence espagnole de l'Union européenne : A quoi s'attendre? Publié le 19/01/2010
Depuis le 1er janvier 2010, l'Espagne a pris la tête de la présidence de l'Union européenne, en remplacement de la Suède. Le test de l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne se fait maintenant pour l'ensemble des institutions.
L'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne : Confusions et lutte de pouvoir
Suite à la ratification du Traité de Lisbonne, entré en vigueur le 1er décembre 2009, l'Union européenne a maintenant un président, l'ancien premier ministre belge, Herman Von Rompuy, choisi par les Etats membres pour 2, 5 ans. Alors que le Traité de Lisbonne reste très flou concernant ses compétences, il présidera les sommets du Conseil européen qui regroupe les chefs d'Etats et de gouvernements.
Avec ces changements, les Etats membres ayant la présidence vont avoir moins de pouvoir. Toutefois, ils continueront à avoir de l'influence, et la position de l'Espagne est à cet égard éloquente. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les signaux qu'elle renvoie tendent à montrer qu'elle ne souhaite pas laisser le champ libre à Herman Von Rompuy. De plus, en tant que premier pays à la tête de la présidence sous Lisbonne, c'est elle qui va donner le ton et l'espace de liberté qu'auront les Etats membres suivants.
Le Ministre des Affaires européennes espagnol, Diego Lopez Garrido a, d'ores et déjà annoncé qu'il avait prévu l'organisation de 14 sommets européens en 6 mois, un record. Cependant, des tensions sont d'ores et déjà apparues quand au rôle de chacun au sein de ces rencontres.
L'opposition Zapatero - Von Rompuy
Une rencontre a eu lieu le 15 décembre en Espagne, entre Herman Von Rompuy et José Luis Zapatero. Le premier ayant expliqué au second, qui voulait recevoir personnellement les chefs d'Etats Sud américains et Barack Obama, parce qu'il était le "chef" de l'Europe.
La personnification de l'Europe tant promue vient ainsi de prendre du plomb dans l'aile. D'aucun ne saurait dire exactement la définition des rôles des uns et des autres de cette nouvelle présidence avec les effets du traité de Lisbonne.
L'Espagne défend une Europe plus politique et intégrée
José Luis Zapatero est un fédéraliste convaincu. Lors d'un discours en décembre, il a déclaré qu'il voulait que la Présidence espagnole soit "une présidence qui donne une impulsion à la construction de l'Europe". L'application du traité de Lisbonne est pour lui une priorité, comme la mise en place rapide du Service européen d'Action extérieur qui donnera à l'Union européenne, une diplomatie active remplaçant peu à peu celle des Etats.
Une relance des négociations d'adhésion avec la Turquie
L'Espagne souhaite l'ouverture du plus grand nombre de chapitres thématiques de discussion en vue de l'intégration de la Turquie dans l'Union européenne.
"L'Espagne est fermement partisane de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Nous avons toujours maintenu fermement cette position. C'est le cas aujourd'hui et ce sera le cas demain" a déclaré M. Zapatero au terme d'une rencontre avec son homologue turc Recep Erdogan, le 22 février 2010.
"La Turquie envisable l'ouverture de quatre nouveaux chapitres de négaciation. Cela paraît un objectif compréhensible de la part de la Turquie" a estimé le chef du gouvernement socialiste espagnol.
Deplus le début des pourparlers fin 2005, douze chapitres thématiques de négociations sur trente-cinq ont été ouverts. La France, l'Allemagne ou l'Autriche préfereraient un partenariat privilégié tandis que l'Espagne souhaite une adhésion pleine et entière de ce pays dans l'UE.
Autre priorité : un gouvernement économique européen
Un gouvernement économique de l'Union européenne serait, selon José Luis Zapatero, capable de sanctionner les Etats membres qui ne rempliraient pas les objectifs fixés par les traités en matière de gouvernance économique et financière. Il a appelé pour ce faire à doter la Commission européenne de nouveaux pouvoirs.
Le Premier ministre espagnol veut aussi faire de l'Union européenne, une "usine à droits" afin de renforcer le concept de citoyenneté européenne au travers de la nouvelle législation sociale européenne.
Cette Présidence bicéphale va sans doute rendre encore plus difficile la compréhension qu'ont les citoyens européens des institutions européennes qu'ils sont censés avoir choisies.
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