La construction navale militaire

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Publié le 15/12/2009

Un secteur insuffisamment consolidé, essentiellement national et dont les acteurs sont dispersés et la production excédentaire.

L'éparpillement de l'industrie européenne en de nombreux pôles nationaux apparaît d'autant plus marquant au regard des importantes concentrations réalisées aux Etats-Unis. Alors que l'Europe compte douze groupes et vingt-deux chantiers de construction de taille importante, seulement deux grands acteurs navals, Northrop Grumman et General Dynamics, comprenant chacun trois chantiers, dominent le paysage industriel américain. Ces deux géants ont émergé à l'issue d'un vaste mouvement d'acquisitions conduit à la fin des années 1990.

 

Coexistence de plusieurs schémas industriels

Au sein de l'industrie navale, doivent être distingués d'une part les constructeurs de coques propulsées, c'est-à-dire les chantiers proprement dits, d'autre part les électroniciens de défense, qui fournissent les systèmes de combat (38), les équipements de détection et les systèmes d'armes. L'articulation de ces deux types d'acteurs s'avère variable selon les Etats et permet de dégager plusieurs modèles d'organisation industrielle, lesquels recoupent la distinction entre les chantiers présents dans les domaines civils et militaires et ceux uniquement militaires.

* L'Italie, l'Espagne, l'Allemagne : un modèle civilo-militaire fondé sur la complémentarité des chantiers navals et des électroniciens
* Le modèle anglo-saxon : la constitution d'acteurs globaux uniquement militaires

A la différence des chantiers espagnols, italiens et allemands, ces acteurs présentent la particularité de n'avoir qu'un secteur civil négligeable, ou du moins largement minoritaire par rapport à l'activité militaire, la construction de navires marchands ne semblant plus qu'un héritage du passé.

* La situation intermédiaire de la France

A l'instar des acteurs globaux, DCN n'intervient pas dans le secteur civil, mais les Chantiers de l'Atlantique, tournés pour l'essentiel vers la production de navires marchands, réalisent également certains bâtiments militaires. Si leur activité dans ce domaine a connu une grande expansion entre 1861, date de la création de l'entreprise, et les années 1960 - 120 navires militaires, dont la coque du porte-avions Foch, avaient alors été réalisés -, elle a fortement décru jusqu'aux années 1990, pour reprendre à nouveau, avec notamment la construction de frégates de surveillance Floréal pour la marine française, puis pour le Maroc.

DCN et Thales coopèrent étroitement sur de nombreux programmes et cette alliance a été renforcée par la création de la filiale commune Armaris, puis d'une société commune pour la conduite du programme du deuxième porte-avions. Néanmoins, leur partenariat diffère de celui mis en œuvre entre constructeurs et électroniciens en Italie ou en Espagne, du fait de leurs compétences respectives.

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