Entrée de l'Estonie dans la zone euro

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Publié le 05/01/2011

L'Estonie avec ses 1,3 million d'habitants a rejoint l'Union européenne le 1er mai 2004 et le 1er janvier 2011, elle est le premier pays de l'ex-URSS à avoir adopté l'euro. Malgré une forte symbolique, le respect des critères du Pacte de stabilité et un enthousiasme relatif des Estoniens, il n'est de secret pour personne que l'intégration à la zone euro présente des risques car il y a, d'une part, la "crise" la monnaie unique et, d'autre part, une santé économique estonienne en déclin.

Données générales 2010

- Dette publique : 7,2 % du PIB
- Déficit public: 1,7 % du PIB
- Croissance du PIB: 0,5 %
- Taux de chômage: 15%

 

Contexte

Une malédiction semble planer sur les pays européens qui, un temps, se sont vus décerner le suffixe "tigre", pour mettre sur un piédestal un modèle économique en pleine expansion. En effet, depuis un certain temps plus personne ne parle des félins irlandais ou estoniens et pour cause ils ne sont plus.

Alors que l'Union Européenne loue les résultats excellents relatifs aux critères du Pacte de stabilité de ce pays balte, d'autres données ternissent sa force et son avenir. La croissance du PIB est passée de 7,2 % en 2007 à -14,1 % en 2009 avant de reprendre légèrement en 2010. Le taux de chômage est passé, quant à lui de 4,7 % en 2007 à 15% en 2010 soit une augmentation de plus de 10 points en trois ans. Le système de rigueur mise en place pour refaire surface après la crise a également touché les salaires avec, dans certains cas, une baisse de 20% entre l'avant et "l'après" crise. La Coface s'inquiète également du poids de l'endettement extérieur privé et de la perte de compétitivité du pays.
Au regard de ces chiffres, on peut s'interroger si les critères de stabilité de l'Union Européenne reflètent d'une stabilité économique du pays.

Les journaux et les autorités voient cette adhésion comme une avancée qui les protège de la dévaluation et ils affirment que si le système euro tombe, c'est tous les Etats membres, appartenant ou non à la zone euro, qui vont tomber. Ils rassurent donc et se déresponsabilisent de l'importance des conséquences qu'un échec de la monnaie pourrait engendrer. Ces propos ne semblent pas convaincre la population car les différents sondages montrent que les Estoniens sont divisés équitablement entre les sceptiques et les enthousiastes.

 

Conclusion

L'Estonie a le mérite de ne pas vivre au-dessus de ses moyens mais cela ne veut pas dire pour autant qu'elle arbore une stabilité économique et sociale hors-pair. Il s'agit de se demander si, alors que les nouveaux Etats membres ne semblent pas vouloir et/ou pouvoir adopter l'euro avant la fin de la décennie, l'adhésion de l'Estonie à la zone euro n'est pas uniquement un acte symbolique pour le pays, tirant un trait définitif sur son passé, mais aussi pour l'Union Européenne qui veut montrer que malgré les turbulences, la monnaie unique a la confiance des peuples ou plutôt des dirigeants. Et puis au fond, l'adoption de l'euro par 1,3 million d'Estoniens (équivalent de la population du Val-de-Marne), ne va pas vraiment changer la donne dans le paysage économique et monétaire européen

 

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