Stratégie pour le développement durable de l'aquaculture européenne
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Agriculture, Pêches et Développement
Stratégie pour le développement durable de l'aquaculture européenne Publié le 23/03/2009
L’aquaculture désigne toutes les activités de production animale ou végétale en milieu aquatique. L'aquaculture se pratique en bord de mer (on parle dans ce cas de « cultures marines »), des rivières ou des étangs. Certains systèmes de récifs artificiels ou dispositifs attracteurs peuvent être assimilés à de l'aquaculture, dès lors qu'il y a offre en nourriture ou en support.
L'aquaculture fournit 60 % des poissons d'eau douce, 40% des mollusques, 30 % des crevettes et 5 % des poissons d'eau de mer consommés par l'Homme.
L'aquaculture comprend :
* Pisciculture. Elevage de poissons ;
* Conchyliculture : Elevage de coquillages. Les types les plus courants sont :
- l'ostréiculture (élevage des huîtres),
- la mytiliculture (élevage des moules),
- la pectiniculture (élevage de coquilles Saint-Jacques ou de pétoncles) ;
* Elevage de crustacés :
- L'astaciculture est l'élevage des écrevisses,
- La pénéiculture (élevage de crevettes de mer et de crevettes d'eau douce) est pratiquée en France
* Algoculture. Culture d'algues.
En quelques chiffres :
- Augmentation annuelle de l'aquaculture : 6 à 8% dans le monde - inférieur en Europe (environ 4%).
- L'aquaculture fournit 60 % des poissons d'eau douce, 40% des crustacés et 10 % des poissons d'eau de mer.
- Principaux acteurs sur le marché: Asie & Amérique du Sud.
- Budget accordé au développement durable de l'aquaculture européenne en 2008 : 98 millions d'euros.
- 60 000 employés dans le secteur en Europe.
- Création annuelle de valeur: environ 3 milliards d'euros.
- Les importations représentent 12 millions de tonnes alors que la production européenne ne représente que 2 millions de tonnes.
Répartition des groupes d'espèces débarquées en 2005 (Monde)
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Source FAO 2007 (données 2005)
En 2005, l'aquaculture européenne représente :
* une production de 2.140.000 tonnes (4.4 % de la production animale mondiale)
* une valeur de 6.26 milliards de $ (8.8 % de la valeur mondiale)
La France avec 222 000 tonnes se trouve en première position devant l'Espagne. La production en France stagne et pour 2005, la production espagnole - liée majoritairement à la mytiliculture - décroît de 25 %.
La France métropolitaine, avec une part aquacole de 27 % (31 % en 2000), se situe dans la moyenne mondiale1.
Problématiques:
- Pas de réglementation européenne sur le sujet pour le moment mais une réglementation européenne complexe sur des questions secondaires (protection des côtes...).
- Nécessité de tenir compte de la réforme de la PCP (Politique Commune de la Pêche)
- Concilier le développement de l'aquaculture avec le respect de l'environnement, le tourisme, l'urbanisme.
- Prendre en considération la dimension locale qui est cruciale - Principe de subsidiarité
- Opter pour un règlement ou directive ? - Directive plus appropriée, selon le rapporteur afin de permettre aux Etats membres de remédier plus aisément aux contraintes locales. Toutefois, il y a un réel problème de transposition des directives techniques du fait de la géographie européenne très variée.
- Accès aux sites de production et planification de l'espace.
- Prédation par des espèces protégées (cormorans)
Les autres problématiques sont :
- L'augmentation de la production
- Le développement du marché, du marketing et de l'information (Accroître l'utilisation de marques de qualité officielles, améliorer l'image du secteur et développer des campagnes promotionnelles, développer de nouveaux outils permettant la collecte d'informations statistiques sur l'évolution de la production et des marchés, développer davantage les partenariats entre éleveurs)
- La formation
- La sécurité des produits aquacoles
- Les questions de santé publique
- Les questions de santé animale
- Le bien-être des animaux
- Les aspects environnementaux
- La recherche
Etats membres qui rencontrent le plus d'obstacles :
- France
- Grèce
- Italie
- Espagne
- Royaume-Uni
C'est Etats membres ont des problèmes communs mais aussi plus spécifiques. Ce sont:
- une multiplication des agences
- une différence de réglementation au sein même de l'Etat
- un manque de définition des zones éligibles pour l'aquaculture
Les pays tiers avec les meilleurs pratiques sont la Norvège et le Chili.
Evaluation de l'impact de la "Stratégie pour le développement durable de l'aquaculture européenne" parue en 2002 - Propositions
Deux organisations promeuvent l'aquaculture en Europe :
* EAS : European Aquaculture Society
* FEAP : Federation of European Aquaculture Producers
Depuis 2002, la production aquacole a cru de 4%.
Propositions visant à l'amélioration de la production aquacole et à la rendre homogène selon des critères européens
Respect de l'environnement
Propositions de la Commission européenne :
* "Atténuer l'incidence des rejets.
* Gérer la demande de poissons sauvages destinés à l'engraissement.
* Élaborer des instruments permettant de réduire l’impact des poissons échappés, des espèces non indigènes et des OGM.
* Assurer une prévention et une réduction intégrées de la pollution.
* Adopter des critères et des lignes directrices spécifiques pour l'évaluation de l'incidence de l'aquaculture sur l'environnement.
* Reconnaître et renforcer l'effet positif de la culture extensive et du repeuplement.
* Trouver des solutions contre la prédation par des espèces sauvages protégées".
Propositions spécifiques :
Respect de l'environnement par la création d'une certification européenne et par la mise en place d'une campagne d'information institutionnelle au sein de l'Union européenne.
Aménagement de l'espace côtier ou offshore (en pleine mer, là où les courants marins sont les plus importants). Des mécanismes de localisation des espaces dédiés à l'aquaculture doivent être favorisés afin de vérifier et quantifier les effets sur les écosystèmes.
Favoriser le développement durable de l'aquaculture en Europe par l'application de la préférence communautaire. Produire durablement coutant plus cher, la production des pays tiers en deviennent beaucoup plus intéressantes pour les consommateurs. La préférence communautaire serait un moyen de conserver une production de qualité reconnue.
Mise en place d'un système de licence
Il faut pour les Etats membres qui n'en ont pas encore, mettre en place un système de licence, et pour les Etats qui ont déjà ce système en facilité l'accession au niveau administratif.
Atténuation des effets des cormorans
Trois espèces en Europe: le grand cormoran, le cormoran pygmée et le cormoran huppé. Le cormoran est un animal sociable vivant en colonie, pêchant en groupe.
Un oiseau protégé, la polémique
A la fin des années 1960, la France comptait moins de 1 000 cormorans. Prise de conscience et 1979, la Communauté européenne leur attribue le statut d'animaux protégés. Aujourd'hui, leur population a explosé pour atteindre entre 90 000 et 100 000 individus. Et que les aménagements de nouveaux plans d'eau, soit pour la pisciculture, soit pour les loisirs, ont multiplié les écosystèmes de sédentarisation.
A raison de plus d'un demi-kilo par volatile et par jour, les attaques des exploitations piscicoles et des fleuves et rivières relèvent de l'hécatombe. De fait, de nombreuses zones françaises souffrent de cette surpêche.
Solutions en vue de maintenir la croissance exponentielle du nombre de cormoran
Des autorisations de chasse avec quotas ont été instaurées, malgré le statut protégé dont ils bénéficient. Ainsi, en France, un peu plus de 32 000 individus peuvent être abattus chaque année. Mais les chasseurs ne sont pas captivés par ce gibier non comestible. Toutefois, la chasse au cormoran est une mesure qui affecte les défenseurs des animaux et qui, techniquement, semble inefficace, la population, au mieux, se stabilisant. Tous les pays qui l'ont essayée, en Europe comme en Amérique du Nord, le reconnaissent.
Les mesures d'«effarouchement» (pétards) ne sont que partiellement efficaces et sont assimilés rapidement par ces «corbeaux de mer».
Le prélèvement des œufs serait sans doute la meilleure technique afin de réduire ou de maintenir la population, seulement elle demande d'importants moyens humains, techniques et financiers.
Reconnaissance de l'aquaculture biologique
L'aquaculture biologique demeure marginale mais commence à se faire connaître en Europe. La mise en place d'un label serait la reconnaissance de la qualité développée par les producteurs et un moyen pour les consommateurs de cerner les produits achetés.
Compétitivité
L'avantage concurrentiel majeur pour les produits de l'Union européenne est la qualité. Pour ce faire, il faut étendre la réglementation de l'alimentation des stocks, de la taille des bassins et de traçabilité des animaux.
Conclusion
Le secteur aquacole européen est face à trois obstacles qu'il va devoir surmonter :
* Créer des emplois à long terme, en particulier dans les régions dépendant de la pêche;
* Assurer aux consommateurs la disponibilité de produits sains, sûrs et de qualité, ainsi que promouvoir des normes élevées en matière de santé et de bien-être des animaux;
* Garantir une activité respectueuse de l’environnement2.
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