Les chantiers navals de Saint-Nazaire

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Publié le 15/12/2009

En France, sur les chantiers de l’Atlantique, à Saint-Nazaire, plusieurs centaines de soudeurs polonais travaillent à la construction des paquebots. Deux raisons essentielles de travailler avec les Polonais :

La Pologne est un pays de construction navale, ils ont donc une qualification de haute qualité. Ensuite les polonais sont des travailleurs motivés et flexibles.

Les salariés polonais y trouvent leur compte parce qu’ils sont mieux payés que dans leur pays. L’employeur français, lui aussi, y gagne car cette main-d’Å“uvre est moins chère, les charges étant payées en Pologne. Ces migrations temporaires des soudeurs polonais ont un effet sur les chantiers navals polonais. A Gdansk, il y a pénurie de main d’Å“uvre, les chantiers ne peuvent pas prendre de nouvelles commandes alors que le secteur se porte bien. A Gdansk, la direction cherche maintenant à faire venir des employés ukrainiens qui travaillent à Odessa. Des sous-traitants serviront d’intermédiaire, comme sur les chantiers navals français

Les chantiers de Saint-Nazaire s'inquiète de l'avenir1

Fleuron de la construction navale en France, Saint-Nazaire s'inquiète pour l'avenir de ses chantiers, dont le carnet de commandes se tarit sous l'effet conjugué de la crise et de la concurrence mondiale. Alors que 9.000 personnes travaillaient ici il y a un an et demi, nous ne sommes plus que 6.000 aujourd'hui : la plupart des sous-traitants sont partis", note Joël Cadoret, délégué syndical CGT de STX France, qui emploie 2.600 personnes.

L'avenir est sombre pour les chantiers de Saint-Nazaire, qui avaient déjà vu partir vers l'Asie la construction de cargos. Pendant des années, l'Union européenne a frappé de droits anti-dumping les navires construits dans des pays comme la Corée du Sud qui, selon l'UE, vendaient à perte pour ravir des marchés à leurs concurrents européens ou américains. Même si les pays asiatiques se défendent de telles pratiques, l'exode vers l'Orient est une réalité et les chantiers navals européens, particulièrement français, se sont tournés vers la construction de luxueux navires de croisière qui emploient des artisans spécialisés, comme des ébénistes. Mais l'industrie de la croisière, un marché florissant, a subi un brutal coup d'arrêt depuis la crise économique mondiale et les nouvelles commandes se font de plus en plus rares.

Désormais, hormis deux autres bateaux de croisières en cours de finition, les chantiers navals de Saint-Nazaire n'ont plus qu'un navire de la Marine française à se mettre sous la dent. Le gouvernement français a en effet tenté d'apporter un ballon d'oxygène à Saint-Nazaire dans le cadre du plan de relance en faisant démarrer dès le 16 avril dernier, dix ans avant la date prévue, la construction du troisième Bâtiment de projection et de commandement (BPC) de la Marine. Tout à la fois porte-hélicoptères, navire de transport de troupes et de blindés ou encore hôpital embarqué, le troisième BPC, d'un coût de 400 millions d'euros, sera le plus gros navire de la Marine française après le porte-avions Charles-de-Gaulle.

Les syndicats en appellent maintenant à l'Etat. L'Etat, qui est l'un de nos actionnaires, doit tout faire pour intervenir dans les montages financiers." Dans la région, les emplois ne sont pas légion. Le bassin de Saint-Nazaire a vu son nombre de demandeurs d'emploi augmenter de 36,5 % entre avril 2008 et avril 2009, selon les statistiques de Pôle emploi, un chiffre qui grimpe même à 65 % chez les moins de 25 ans.

Chantiers navals polonais : Szczecin Gdynia et Gdansk

La saga des chantiers navals polonais de Szczecin (nord-ouest) et de Gdynia (nord), dont les aides ont été contestées par Bruxelles, est loin d'être terminée après l'échec de leur vente (87 millions d'euros) à un mystérieux acquéreur du Qatar.

Bruxelles avait ouvert en 2005 une enquête sur des aides versées à trois grands chantiers polonais, ceux de Gdansk, Gdynia et Szczecin.

Faute d'une restructuration suffisante à ses yeux pour les chantiers de Gdynia et Szczecin, la commissaire européenne à la concurrence Neelie Kroes avait obtenu en novembre leur liquidation, la vente des actifs devant permettre de rembourser les aides d'Etat jugées illégales.

Dans un premier temps, la finalisation de la vente des deux chantiers devait intervenir le 21 juillet 2009. Mais les acquéreurs avaient demandé un délai au 17 août pour enquêter sur des accusations de malversations.

Slawomir Nowak, un proche collaborateur du Premier ministre Donald Tusk, a déclaré mardi matin que le gouvernement allait demander à Bruxelles un nouveau délai pour trouver un autre investisseur.

"Nous sommes effondrés, complètement abattus", a déclaré Janusz Petrynski, 59 ans, syndicaliste qui a fait toute sa carrière aux chantiers navals de Szczecin. "On espérait qu'au moins 2.000 personnes des 4.000 qui y travaillaient l'année dernière seraient réembauchées par le nouvel investisseur", a-t-il ajouté. Sur les 5.200 salariés des chantiers de Gdynia, quelque 3.000 ont compté sur une réembauche.

Fin juillet, la Commission européenne a garanti la survie du chantier naval de Gdansk, en approuvant les 251 millions d'euros d'aides publiques octroyées au site depuis l'entrée de la Pologne dans l'UE en 2004. Cette survie doit cependant se payer au prix fort: Bruxelles a exigé une restructuration garantissant la viabilité du chantier à long terme sans aide supplémentaire.

Le groupe ukrainien Donbass, qui avait racheté le chantier de Gdansk lors de sa privatisation en 2007, prévoit une importante réduction de ses capacités de production.

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