Conférence sur l'avenir du secteur du lait et des produits laitiers
Notes thématiques
Agriculture, Peches, et Developpement
Conférence sur l'avenir du secteur du lait et des produits laitiers Publié le 21/04/2010
Cette conférence organisée le 26 mars, dans les locaux de la Commission européenne de Bruxelles, a réuni plus de 400 délégués de toute la chaîne de production laitière, les producteurs et transformateurs étant les plus représentés, des politiques et représentants des administrations nationales et européennes.
Cette conférence organisée le 26 mars, dans les locaux de la Commission européenne de Bruxelles, a réuni plus de 400 délégués de toute la chaîne de production laitière, les producteurs et transformateurs étant les plus représentés, des politiques et représentants des administrations nationales et européennes.
Objectifs, réfléchir aux perspectives qui s'offrent au secteur laitier dans le contexte de l'extrême volatilité des prix constatée récemment et de discuter de l'avenir de la production laitière après la suppression des quotas en 2015.
Parmi les thèmes abordés : les relations contractuelles, le pouvoir de négociation et la transparence dans la chaîne d'approvisionnement en produits laitiers ; les instruments de marché, contrats à terme et problème de la volatilité des prix.
Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, a ouvert cette conférence.
L'utilisation des instruments de marché et les prix de vente encore en discussion
Les instruments de marché, l'intervention publique et les aides au stockage privé, ainsi que les aides directes aux agriculteurs, ont permis de limiter les pertes des agriculteurs. Toutefois, la baisse des prix n'a pas réellement été stoppée et la tendance ne s'infléchit toujours pas. Les données du mois de mars 2010 nous montrent que les prix moyens à la production dans les principaux pays producteurs ont légèrement augmenté pour atteindre environ 28 cents par litre.
Création d'un groupe de haut niveau au sein de la Commission européenne
La Commission européenne a créé un « groupe de haut niveau chargé d'étudier des dispositions à moyen et à long terme de nature à stabiliser le marché et les revenus des producteurs et à améliorer parallèlement la transparence du marché ».
Au cours de cette conférence, Jean-Luc Demarty, directeur général à la Commission, a présenté un rapport de synthèse sur le travail que le groupe de haut niveau a effectué. Toutefois, ses conclusions finales ne seront connues qu'au mois de juin.
Le Groupe à haut niveau sur le lait a été établi par la Commission européenne pour étudier les arrangements envisageables à moyen et long termes dans le secteur laitier étant donné l'expiration des quotas laitiers au 1er avril 2015. Son travail sera en parallèle avec les mesures de la Commission pour aider le secteur laitier à court terme. Le groupe sera présidé par M. Jean-Luc Demarty, directeur général de la direction générale de l'agriculture et du développement rural de la Commission, et sera composé de représentants à haut niveau des États membres. Le groupe se réunira en règle générale une fois par mois et remettra un rapport final fin juin 2010.
Le groupe est chargé d'examiner les questions suivantes, dont la liste n'est pas nécessairement exhaustive :
• Relations contractuelles entre les producteurs de lait et les laiteries en vue de mieux équilibrer l'offre et la demande sur le marché
• Mesures possibles pour renforcer le pouvoir de négociation des producteurs de lait
• Adéquation des instruments de marché existants
• Transparence et information des consommateurs, questions de qualité, de santé et d'étiquetage
• Innovation et recherche dans la perspective d'une amélioration de la compétitivité du secteur
• Création éventuelle d'un marché à terme dans le secteur laitier
Dacian Ciolos tente de modérer la position de la Commission européenne sur le secteur
Si Dacian Ciolos soutient toujours la fin des quotas de production pour 2015, il fait un geste en prônant le maintien de filets de sécurité « efficaces et réactifs » sans toutefois donner plus d'indications sur les moyens à mettre en œuvre.
« Je suis prêt à envisager des initiatives de la Commission pour le secteur laitier sans attendre le grand rendez-vous des négociations pour la PAC (politique agricole commune) d'après 2013 ». La situation du secteur laitier est en effet critique et le Commissaire tend à en comprendre les enjeux même si, la précipitation ne permettra peut-être pas aux producteurs de faire entendre leur voix.
Utilisation des outils d'aides aux secteurs - Intervention sur les marchés
« La crise du lait l'an dernier a eu pour conséquence de mettre à contribution la plupart des outils dont nous disposons pour intervenir » (achats de beurre et de lait écrémé en poudre à l'intervention, stockage privé pour le beurre étendu, restitutions à l'exportation, avance de paiement des aides directes et enveloppe exceptionnelle de 300 millions d'euros).
L'UE a rétabli les aides à l'exportation entre janvier 2009 et octobre 2009, au moment où la crise était la plus forte, en respectant les engagements internationaux, avec l'OMC notamment, et les règlements européens (pas d'aide à l'exportation au-delà de la différence entre le prix intérieur et le prix mondial).
L'orientation vers le marché doit être « raisonnée ». Le commissaire estime qu'elle « doit s'accompagner d'une forme d'encadrement rénovée et de relations renouvelées entre les différents acteurs de la filière ». L'exposition accrue des exploitations à la volatilité des prix doit être maîtrisée par la préservation des outils de marché efficaces. En créer de nouveaux ou les adapter aux exigences des marchés, serait minimum dans le contexte actuel.
La place des organisations de producteurs doit être redéfinie afin de « renforcer la solidarité entre producteurs ». Aujourd'hui, le pouvoir de négociation collectif des producteurs est limité par les règles de la concurrence. Alors que pour les pêcheurs; ce droit a été reconnu parce qu'ils ne dépendent pas de la DG MARE mais de la DG TRADE.
Questions d'importances toujours en discussion
Faut-il accorder des dérogations aux règles de concurrence aux producteurs ? Des dérogations temporaires ou durables ? Faut-il permettre aux producteurs de se regrouper dans des organisations plus vastes que ce qui est généralement admis à l'échelle de leur marché ? Quel est le périmètre des marchés qu'il faut prendre en compte en matière de concurrence ?
Faut-il étendre au lait les mesures appliquées au secteur des fruits et légumes ? Faut-il étendre le champ des interprofessions pour le secteur laitier ?
Pour Dacian Ciolos, « ces questions restent ouvertes, il nous faut avancer dans nos réflexions ». Il a préconisé aussi de renforcer la solidité et la transparence de la filière lait, de travailler le sujet des relations entre les producteurs et les autres acteurs de la filière, transformateurs et distributeurs.
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