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Politique européenne de l'immigration
POURQUOI LE SYSTEME ACTUEL EST VICIE
le 17 juin 2002

Devant l'exaspération des peuples d'Europe, les institutions européennes commencent à dire, au moins pour la façade, qu'il faut changer de politique d'immigration. La Commission, qui pendant des années a exercé un véritable terrorisme intellectuel sur le thème de la liberté de circulation des personnes et la nécessité de l'accueil, baisse d'un ton sa propagande, et cherche tout d'un coup à montrer qu'elle se préoccupe aussi de contrôles et de sécurité. Parallèlement, le Conseil des ministres européens se souvient que c'est lui le chef, et demande un durcissement.

Jusqu'à présent, les pouvoirs en matière d'immigration sont partagés entre les Etats et les institutions européennes. Donc les responsabilités aussi. Mais, au 1er mai 2004, cette politique va se trouver complètement communautarisée en application du traité d'Amsterdam. Quand on voit les comportements européens actuels, il y a de quoi s'inquiéter.

1) La politique de l'immigration est devenue, selon une excellente étude parue récemment, un "grand bazar" que personne ne maîtrise plus(1) , notamment parce que, malgré nos avertissements, Schengen a supprimé les contrôles aux frontières intérieures avant de s'assurer d'une étanchéité raisonnable des frontières extérieures.

2) La Commission ressemble à un paquebot qui ne change de direction qu'avec une lenteur désespérante. On n'efface pas si facilement les mauvaises habitudes prises par les eurocrates, avec des dizaines d'années d'application consciencieuse du dogme anti-frontières.

3) L'appel des peuples d'Europe est amorti, ici comme ailleurs, par le montage institutionnel propre à Bruxelles. Tout le sens caché de l'intégration européenne consiste à enlever des pouvoirs aux nations pour les centraliser auprès d'institutions supranationales mal contrôlées, qui finissent par les utiliser pour des objectifs non voulus par les peuples, et parfois même contre eux.

C'est pourquoi il est impératif que la Convention actuellement présidée par Valéry Giscard d'Estaing fasse des propositions qui maintiennent la politique de l'immigration fermement dans le domaine de compétence des souverainetés nationales, et sous le contrôle des Parlements nationaux.

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(1) Maxime Tandonnet - "Le grand bazar, ou l'Europe face à l'immigration" - L'Harmattan - Novembre 2001.

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