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Motion de censure rejetée
- Les souverainistes votent pour, UMP et socialistes français
soutiennent la Commission
par Georges Berthu, le 5 mai
2004
Le 4 mai 2004 à Strasbourg, a eu lieu le vote final
sur la motion de censure visant la Commission pour sa gestion
de l'affaire Eurostat. Le résultat était connu
d'avance, puisque la majorité fédéraliste
était restée soudée face au danger.
De plus, des pressions s'étaient exercées
sur certains députés critiques, menacés
de se voir retirer leurs investitures aux prochaines élections
européennes s'ils ne soutenaient pas la Commission.
Enfin, il était évident que les députés
des nouveaux pays membres, qui votaient pour la première
fois, n'allaient pas inaugurer leur mandat par un vote de
défiance aussi radical.
Le résultat est le suivant : pour
la motion de censure : 88 - contre 515 - abstentions 63.
Côté français, les souverainistes ont
voté la motion ; mais l'UMP, l'UDF et les socialistes
ont soutenu la Commission. Parmi les 63 abstentionnistes,
on trouve une partie des députés objets de
pressions, notamment des conservateurs britanniques. Le
total montre quand même une nette défiance
envers la Commission.
En effet, au-delà du vote sur
Eurostat, c'est la dérive du collège qui inquiéte
aujourd'hui. Au fur et à mesure que son mandat s'avançait,
la Commission donnait l'impression de maîtriser de
plus en plus mal son environnement et ses propres services.
La non-gestion de l'affaire Eurostat en est une illustration.
Mais il y en a d'autres beaucoup plus graves dans l'application
des différentes politiques européennes, qui
résonnent souvent comme des discours creux, par exemple
la stratégie de Lisbonne sur la compétitivité.
Tout cela explique peut-être la fuite actuelle des
commissaires dans toutes les directions, vers d'autres fonctions.
C'est un problème majeur qu'aura
à traiter la prochaine législature : comment
reprendre en mains l'administration européenne ?