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Projet de réforme du mode
de scrutin aux élections européennes :
inutile et contreproductif
par Georges Berthu, le 27 août
2002
La préparation de la "régionalisation"
du mode de scrutin aux élections européennes
semble faire son chemin dans les ministères. Le
22 août dans le Figaro, Philippe de Villiers
a protesté contre le risque de "verrouillage
de la vie politique" que cette réforme impliquerait.
En effet, l'élection des députés
européens dans le cadre de circonscriptions régionales,
telle que préparée aujourd'hui par le gouvernement,
présenterait trois graves inconvénients :
- les députés européens
auraient tendance à représenter leur région,
et non la France tout entière comme aujourd'hui :
la réforme favoriserait donc l'établissement
d'une Europe des régions, et la marginalisation de
l'Etat français;
- cette réforme fausserait "l'image
fidèle" de l'opinion française, dans
toutes ses composantes, que le scrutin proportionnel donne
lorsqu'il est appliqué dans le cadre national ;
- elle ferait des députés européens
"régionalisés" des hommes d'appareil,
encore plus qu'aujourd'hui, puisque les listes hétérodoxes
se trouveraient éliminées presque systématiquement.
Il existe effectivement, à l'heure
actuelle, un malaise croissant dans les relations des Français
avec l'Union européenne. Mais la solution ne réside
pas dans des manipulations du mode de scrutin. Elle consiste
d'abord à mieux soumettre les institutions européennes
au contrôle des Parlements nationaux. C'est la mission
prioritaire que devraient recevoir les représentants
de la France à la Convention présidée
par Valéry Giscard d'Estaing.
Accessoirement aussi, on rappellera
que les Français se sentiraient peut-être plus
impliqués dans les affaires européennes s'ils
étaient mieux informés. Par exemple, il faudrait
que le Journal officiel de la République française
publie : 1) les votes des ministres français au Conseil,
2) leurs positions orales ou écrites au Conseil,
3) les votes des députés français au
Parlement européen, 4) les interventions de ces mêmes
députés au cours des sessions.