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La théorie du référendum
déstabilisateur
par Georges Berthu, le 29 janvier
2004
Lors du dîner d'Etat offert le
26 janvier 2004 en l'honneur du Président chinois,
M. Hu Jintao, le Président de la République
française a pris une initiative inattendue en condamnant
fermement la décision des autorités de Taïwan
d'organiser bientôt un référendum en
vue d'officialiser l'indépendance de l'île.
Jacques Chirac l'a fait en ces termes : "Rompre
le statu quo par une initiative déstabilisatrice,
quelle qu'elle soit, y compris un référendum,
serait privilégier la division sur l'union. Ce serait
une grave erreur".
Les connaisseurs des affaires européennes
ne manqueront pas de faire le rapprochement avec une opinion
souvent exprimée par les fédéralistes
devant la perspective d'un référendum sur
le projet de Constitution européenne. Selon eux,
ce référendum, s'il était négatif,
déstabiliserait l'Union, engendrerait des divisions,
et entraverait la nécessaire progression de l'unité
européenne. Bien entendu, Jacques Chirac ne parlait
pas de l'Europe devant Hu Jintao. Mais on se demande si
finalement il n'y a pas quelque part une cohérence
dans tout cela...
Le plus étonnant est que le Président
de la République a cru devoir ajouter : "Le
respect des droits de l'homme est une condition nécessaire
du développement des sociétés et des
économies modernes. Je sais que c'est là l'une
de vos priorités".
Du rapprochement de ces deux citations, on
déduit donc que la consultation directe des citoyens
sur leur destin ne serait pas un des droits de l'homme.
Décidément, tout cela
ressemble furieusement à la philosophie de l'Europe
d'aujourd'hui.