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Vers un assouplissement du Pacte de Stabilité - Où l'on reparle de l'euro
par Georges Berthu, le 25 septembre 2002

La Commission européenne vient d'annoncer le 24 septembre qu'elle allait proposer un certain assouplissement du Pacte de Stabilité : d'un côté, l'objectif d'équilibre des finances publiques en 2004 serait repoussé à 2006 ; d'un autre, une rigueur plus grande serait apportée au cheminement vers cet objectif, puisque des réductions annuelles du déficit moyen d'environ 0,5 % seraient rendues obligatoires... Mais il est vrai que cette rigueur accrue serait elle-même assouplie par la possibilité d'une adaptation des 0,5 % selon la conjoncture...

La Commission fait donc enfin preuve de réalisme devant la dégradation des finances publiques des plus grands Etats de l'Union. Il se peut même qu'en outre cet assouplissement soit accompagné de certaines "réinterprétations" du Pacte.

Le commissaire Mario Monti vient en effet de lancer un ballon d'essai en ce sens, lorsqu'il a proposé de distinguer dans les budgets nationaux, d'une part les dépenses de fonctionnement, d'autre part les investissements, ou du moins certains d'entre eux, utiles aux générations suivantes. Ces derniers, peut-on supposer, ne seraient pas comptés, en tout ou partie, dans le déficit annuel, lequel rétrécirait alors comme par enchantement.

Mais attention ! Il ne s'agit pas de modifier la substance du Pacte, dont le caractère intangible est indispensable à la crédibilité de l'euro. Le commissaire Monti l'a bien précisé : "En mettant l'accent sur les investissements publics dans l'application de Maastricht et du Pacte, on n'affaiblit pas le Pacte, mais on l'approfondit dans le sens structurellement correct" (1). Ouf !

Cette évolution doit amener quelques réflexions. On nous avait dit qu'un Pacte de stabilité rigoureux, ainsi qu'un "gouvernement économique" de l'Europe plus formalisé, étaient nécessaires à la bonne gestion future de l'euro. Or le Pacte est réinterprété dans le sens de l'assouplissement, et le groupe de travail "gouvernance économique" réuni au sein de la Convention, ne produit rien de fort (il n'y a pas d'accord, notamment, sur l'idée d'intégrer le Pacte et "l'Eurogroupe" dans un futur "traité constitutionnel"). Alors que devient le rééquilibrage qu'on nous disait indispensable entre le pilier économique et le pilier monétaire de l'euro ? Quelle est la conséquence pour la gestion de l'euro?

Autre question : la rigidité de l'unification monétaire ne risque-t-elle pas d'aggraver dans les mois à venir les problèmes de pays comme l'Allemagne ? Aussi longtemps que l'euro était outrageusement sous-évalué, la question ne se posait pas. L'effet "dévaluation" gommait l'effet "rigidité". Mais aujourd'hui où l'euro redresse la tête, l'Allemagne souffre. Et pas question de dévaluer la partie allemande de l'euro, évidemment ! Il va falloir que l'Allemagne intensifie encore son effort d'augmentation des ressources publiques, ou de réduction des dépenses, pour respecter le Pacte. Le comble, c'est que les premières dépenses qui tomberont sous le couperet pourraient être les dépenses européennes : politique agricole commune et fonds structurels... Ironie de l'histoire...


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(1) Agence Europe - 13 septembre 2002.

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