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Une nouvelle théorie de
la Commission pour l'immigration : la naturalisation avant
l'intégration
par Georges Berthu, le 19 janvier
2004
Le 15 janvier 2004 à Strasbourg,
le Parlement européen a voté le rapport Moraes
qui approuve chaudement la communication de la Commission
sur l'immigration, l'intégration et l'emploi (COM
(2003) 336 final). Dans ce document peu ordinaire, la Commission
prend acte des difficultés de l'intégration
des immigrés, et propose pour y remédier une
nouvelle théorie : la naturalisation anticipée.
Elle expose en effet que pour les immigrants
de la deuxième ou de la troisième génération,
les législations nationales devraient prévoir
un "accès automatique ou semi-automatique"
à la nationalité du pays d'accueil, type droit
du sol. Pour les immigrants de la première génération,
la formule de la naturalisation serait maintenue, mais elle
"devrait être rapide, assurée et non
discrétionnaire" (page 23). Pour justifier
des conditions de facilité aussi grandes, la Commission
explique que "la naturalisation est une stratégie
qui peut contribuer à promouvoir l'intégration"
(page 30).
Ainsi, la naturalisation ne serait plus le
couronnement d'un effort d'intégration réussi
de la part de l'immigré. Elle serait au contraire
un encouragement que la société d'accueil
devrait donner très vite pour inciter l'immigré
à s'intégrer.
Nous ne connaissons aucun pays au monde
qui applique une théorie aussi absurde. La Commission
ne recule devant rien dans sa politique pro-immigration,
et tout ce qu'elle va réussir à faire, c'est
démolir les sociétés des pays d'Europe.
Mais après tout, n'est-ce pas son objectif inavoué,
afin d'établir une société européenne
intégrée qui ne ressemble à rien de
ce que nous connaissons ?
Certes, la Commission n'a pas encore de pouvoir
dans les politiques de la nationalité, mais, du fait
d'Amsterdam, de Nice et bientôt du projet de Constitution,
elle va en acquérir de très grands pour la
politique de l'immigration. Elle va donc, à l'évidence,
s'appuyer sur la seconde pour influencer les premières.
D'ailleurs elle le dit clairement : "La Commission
accueille favorablement l'assouplissement des conditions
imposées aux candidats à la naturalisation
intervenu dans plusieurs Etats membres...". Elle
annonce qu'elle va s'efforcer de promouvoir ces "bonnes
pratiques", dans la mise en oeuvre des codes de la
nationalité, et qu'elle en fera même une priorité
au sein du 6ème programme-cadre de recherche (2002-2006).
Dans l'hémicycle du Parlement
européen, Georges Berthu a protesté contre
ces théories aberrantes. Il a demandé au Commissaire
Vitorino (sans obtenir de réponse) comment de tels
documents étaient préparés au sein
de la Commission :
"Je voudrais donc vous demander,
Monsieur le Commissaire, dans quelles conditions ce genre
de communication, ce genre de document, est rédigé
au sein de la Commission. Qui sont les apporteurs d'idées
? Les Parlements nationaux sont-ils consultés ? Et
aussi, qui tient la plume ? Est-ce les bureaux de la Commission,
ou bien une partie du travail est-elle sous-traitée,
ce que je n'ose imaginer ?
Ces questions sont capitales car les pouvoirs de la Commission
vont être augmentés bientôt, du fait
des traités de Nice et d'Amsterdam. Il convient de
travailler dans la transparence pour que les peuples ne
soient pas trompés."
(Voir interventions des députés
européens MPF sur ce site, à la rubrique "Interventions
parlementaires").