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Motion de censure contre la Commission
déposée par 67 députés signataires,
dont les députés MPF - Le débat s'est
tenu mercredi soir 21 avril - Vote lors de la session solennelle
de mai
par Georges Berthu, le 22 avril
2004
La motion de censure contre la Commission
européenne sur l'affaire Eurostat et ses suites a
enfin été déposée, avec 67 députés
signataires, malgré les pressions diverses exercées
de toutes parts. Dans cette affaire la Commission aura réussi
à obtenir le résultat le plus mauvais pour
elle :
- sur le fond : elle n'a jamais réussi
à donner l'impression qu'elle menait des réformes
internes convaincantes, et qu'elle voulait réellement
faire prévaloir la transparence,
- sur la stratégie : à
force de différer les débats, et de retarder
la transmission de documents au Parlement européen,
elle a réussi à faire exploser la motion de
censure juste à la veille des élections, avec
en plus un vote lors de la session solennelle qui accueillera
début mai les nouveaux pays membres de l'Union européenne.
Ils seront vite mis dans l'ambiance !
On trouvera sur ce site :
1) le texte complet
de la motion de censure et la liste des signataires
;
2) l'intervention
de Georges Berthu dans le débat du mercredi 21 avril
pour défendre la motion de censure ;
3) le communiqué
transmis à la presse par les députés
MPF à l'issue du débat.
Globalement, on est bien obligé de
reconnaître que la critique majeure qui avait fait
tomber la Commission Santer en 1999 est toujours valable
aujourd'hui : irresponsabilité générale
à la Commission. Visiblement, tout le monde se lave
les mains de l'affaire Eurostat et de ses suites. Les Commissaires
fuient leurs responsabilités politiques. Le président
Prodi, trop intéressé sans doute par la campagne
électorale en Italie et ses démêlés
mesquins avec Silvio Berlusconi, ne s'était même
pas dérangé pour défendre la Commission
devant le Parlement européen.
Beaucoup de députés, notamment
des pays nordiques, sont épouvantés par ce
mépris de la démocratie et cette absence de
sens des responsabilités, qui leur semblent en eux-mêmes
condamner le système bruxellois. D'ailleurs la présidence
du Parlement européen s'était arrangée
pour que le débat sur la motion de censure se tienne
mercredi soir à 21 heures, et qu'il ne dure que 50
minutes exactement. "Finalement, nous aurons eu au
moins 50 minutes de démocratie dans ce mandat"
disait en sortant le député conservateur britannique
Christopher Heaton-Harris.
Les députés fédéralistes,
dont Mme Grossetête (PPE), sont montés au créneau
pour défendre la Commission, avec toujours le même
argument éculé : ne votez pas la motion de
censure, n'écoutez pas les critiques, car elles sont
téléguidées par des eurosceptiques
qui veulent du mal aux institutions européennes.
Le malheur c'est que cette attitude aboutit en pratique
à cautionner des comportements inadmissibles, et
à permettre au mal de se perpétuer et de s'amplifier.
On n'évitera pas un jour de regarder la situation
en face, et cela fera très mal.
L'issue du vote n'est guère douteuse,
d'autant qu'à la session plénière de
mai prendront part les députés des nouveaux
pays adhérents qui n'ont pas participé aux
débats de ces dernières années, et
probablement hésiteront à prendre d'emblée
une position radicale.
Quoiqu'il en soit, la question de la réforme
de la Commission reste posée. Et le projet actuel
de Constitution européenne, qui place une fois de
plus cette institution sur un piédestal en la décrivant
comme porteuse de l'intérêt général
européen, va dans la mauvaise direction. Il faudrait
au contraire la traiter comme une organisation identique
aux autres, tenue à rendre dans la transparence des
services vérifiables, et soumise à de véritables
contrôles démocratiques.