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Interventions de Georges Berthu
au Parlement européen concernant les OGM pendant
le mandat 1999-2004
- Explication de vote du 15 décembre
1999
- Intervention dans le débat
du 11 avril 2000
- Explication de vote du 12 avril
2000
- Explication de vote du 25 octobre 2000
- Explication de vote du 16 novembre 2000
- Intervention dans le débat du 13
février 2001
- Explication de vote du 14 février
2001
- Explication de vote du 12 juin 2001
- Explication de vote du 30 mai 2002
- Explication de vote du 3 juillet 2002
- Explication de vote du 3 juillet 2002
- Explication de vote du 3 septembre 2002
- Intervention dans le débat du 13
mai 2003
- Explication de vote du 14 mai 2003
- Explication de vote du 2 juillet 2003
- Explication de vote du 2 juillet 2003
- Intervention dans le débat du 15
décembre 2003
- Explication de vote du 18 décembre
2003
- Explication de vote du 5 mai 2004

Explication de vote du 15 décembre
1999
Jai voté contre
le projet de résolution sur létiquetage
de denrées alimentaires produites à partir
dorganismes génétiquement modifiés,
car il a pour seul but de donner un feu vert à la
Commission en vue de proposer un règlement établissant
que lorsque les OGM sont présents dans un aliment
en dessous dun seuil de 1 %, létiquetage
signalant leur présence ne serait pas obligatoire.
Cette mesure serait contraire à la
position quavait prise le Parlement européen
le 14 mai 1998, lorsquil avait demandé létiquetage
obligatoire en cas de présence dOGM, quel que
soit le pourcentage de ceux-ci.
Aujourdhui, le Conseil demande un assouplissement
à la Commission sous prétexte que, dans certains
cas, des industries ne peuvent échapper à
une contamination minimale accidentelle de leurs produits
par du matériel génétiquement modifié,
lors du transport ou de la transformation. Le problème
est réel, mais la solution quon nous propose
me paraît inacceptable, même à titre
temporaire.
La véritable solution réside
non dans la tolérance dune absence dinformation
du consommateur, mais dans des efforts accrus pour séparer
les produits génétiquement modifiés
et les produits conventionnels tout au long du processus
de production. Je maintiens que létiquetage
doit être obligatoire, quelle que soit la quantité
dOGM présente dans les aliments, et même
si elle est minime. Lorsque lindustriel a un doute,
il faut alors apposer la mention : "cet aliment peut
contenir des organismes génétiquement modifiés".

Intervention dans le débat du
11 avril 2000
Monsieur le Président,
le projet de directive relatif aux procédures d'autorisation
d'organismes génétiquement modifiés
revient en seconde lecture devant notre Assemblée,
alors que les événements survenus depuis la
première lecture n'ont fait que renforcer les craintes
que nous avions alors exprimées.
Le 11 février 1999, en première
lecture, nous nous étions en effet opposés
à ce projet en estimant que les risques engendrés
par les OGM pour l'environnement comme pour la santé
animale et humaine n'étaient nullement maîtrisés
et que la simple application du principe de précaution
devait conduire, sinon à l'interdiction définitive
de la dissémination de ces organismes, du moins à
un moratoire de plusieurs années. De plus, nous critiquions
les procédures d'autorisation prévues par
le projet, qui nous semblaient à la fois insuffisamment
sévères et beaucoup trop centralisées.
Or, depuis un an, les études ont montré
encore mieux les dangers des disséminations d'OGM.
Pas plus tard que la semaine dernière, une commission
d'enquête de l'assemblée nationale française
vient de conclure, je cite :"qu'elle estime prématurée
la mise sur le marché de nouveaux produits issus
d'organismes génétiquement modifiés".
Dans ces conditions, le texte qui nous est
présenté en seconde lecture nous paraît
de plus en plus dépassé. Toutes nos objections
de principe sont plus que jamais d'actualité, y compris
la demande d'un moratoire formel. Et, comme dans l'affaire
de la vache folle, nous voulons qu'un pays convaincu de
courir un grave danger ait le droit de prendre des mesures
nationales d'interdiction et de sauvegarde.
Comment se fait-il que nous en soyons
réduits, aujourd'hui, à réclamer un
droit aussi évident ?

Explication de vote du 12 avril 2000
Le vote en seconde lecture des
amendements au projet de directive sur les procédures
dautorisation dorganismes génétiquement
modifiés (OGM), tel quil vient de se dérouler,
apparaît extrêmement décevant.
Certes, nous savions déjà depuis
la première lecture que le principe dune interdiction
des OGM, ou au moins dun moratoire destiné
à permettre des études plus approfondies,
était rejeté. Mais on aurait pu attendre au
moins que le Parlement décide maintenant la mise
en place de protections sérieuses en faveur des consommateurs.
Or il nen a rien été.
Sur trois points essentiels, le Parlement européen
vient dabdiquer, dans des conditions que jestime
honteuses :
sur linterdiction des disséminations
dOGM contenant des gènes de résistance
aux antibiotiques : les amendement 11 et 37 qui demandaient
que de tels OGM ne soient pas disséminés dans
lenvironnement ont été rejetés.
À leur place, a été voté un
amendement qui demande simplement quune attention
particulière soit accordée à ce problème
afin didentifier et déliminer progressivement
dici 2005, les marqueurs de résistance aux
antibiotiques contenus dans les OGM, et susceptibles davoir
des effets négatifs sur la santé humaine et
lenvironnement;
sur le risque de transferts involontaires
de gènes à dautres organismes :
lamendement 12, qui demandait que des mesures soient
prises pour empêcher de tels transferts involontaires,
na pas été adopté. A sa place,
a été voté un amendement 38 beaucoup
plus vague, qui demande simplement que lon essaie
dévaluer les différentes formes de risques
que ces transferts peuvent comporter ;
sur la responsabilité et lobligation
dassurance des personnes effectuant des disséminations
volontaires dOGM : à notre grande indignation,
a été rejeté lamendement 33 qui
demandait que les personnes juridiquement responsables de
ces disséminations dOGM assument la responsabilité
totale de tous dommages causés à la santé
humaine ou à lenvironnement, et qui exigeait
quelles contractent des assurances suffisantes pour
indemniser les dommages éventuels. À sa place
ont été votés des amendements beaucoup
plus faibles qui souhaitent, pour le futur, linstauration
dune législation générale en
matière de responsabilité environnementale,
et qui demandent à la Commission de présenter
une proposition qui traitera de limpact de la biotechnologie
dans tous les domaines relevant de lUnion européenne.
Malheureusement, nous savons déjà, par le
Livre blanc que la Commission a préparé sur
le sujet, quelle nest pas favorable à
lobligation dassurance dans ce domaine.
Nous sommes particulièrement révoltés
par le rejet de lamendement 33, car si lon veut
autoriser la mise sur le marché de produits contenant
des OGM, au moins faudrait-il que ceux qui les vendent acceptent
de prendre leurs responsabilités. Les groupes de
pression de lindustrie biotechnologique nous expliquent
à la fois quil ny a pas de risque, et
que lobligation dassurance est impossible parce
que le risque est inassurable. Il faudrait savoir. Car je
nai jamais vu un assureur refuser de garantir un risque
inexistant.
Un des aspects obscurs de cette affaire
est que le gouvernement français, qui, aux dernières
nouvelles, comprend des écologistes, avait exprimé
officiellement un avis réservé sur cet amendement
33. Une fois de plus les groupes de pression de lindustrie
des biotechnologies ont bien fait leur travail à
tous les niveaux, loin des yeux des citoyens.

Explication de vote du 25 octobre 2000
Le livre blanc de la Commission sur la sécurité
alimentaire paraît au premier abord pétri de
bonnes intentions, puisquil propose principalement
de créer une Agence européenne de la sécurité
alimentaire, chargée de gérer un réseau
dalerte rapide, et de donner en toute indépendance
des avis aux autorités de gestion.
Mais lorsquon lit le rapport, ou quon
prend connaissance de la résolution du Parlement
européen sur le même sujet, on a une impression
beaucoup plus désagréable.
Il apparaît en effet clairement que
lagence a pour but de capter les pouvoirs de défense
nationaux, ou de les paralyser, pour les mettre au service
des objectifs de la Commission. Or, cela est absolument
intolérable. Les Français doivent se souvenir
quen dépit des belles déclarations de
la Commission sur sa volonté de "veiller
au plus haut niveau de sécurité alimentaire
dans lUnion", cest bien elle, et personne
dautre, qui fait prévaloir les impératifs
de libre circulation des produits sur ceux de la santé
publique ; cest bien elle, et personne dautre,
qui vient, par exemple, de traîner la France devant
la Cour de justice pour avoir maintenu son embargo sur la
viande bovine britannique. Il est inadmissible que nous
abandonnions en quoi que ce soit notre droit de décision
national, et notre droit de sauvegarde, sur les questions
de sécurité alimentaire. Or, cest bien
vers cet objectif que nous guide insensiblement la création
de lAgence.
Tout dabord, il faut rappeler que le
pouvoir de donner des avis joue un rôle capital. Dans
laffaire de la vache folle, si le gouvernement français
a maintenu lembargo, cest parce quil pouvait
sappuyer sur lavis indépendant de lAgence
française pour la sécurité sanitaire
des aliments (AFSSA), alors même que le comité
européen prétendument scientifique ne voyait
pas dinconvénient à la liberté
dimportation de la viande britannique en France. Par
conséquent, si une agence européenne est nécessaire,
elle doit agir à titre complémentaire, et
namoindrir en rien la légitimité des
agences nationales. Ce nest pas du tout lorientation
du livre blanc, qui veut faire de lagence européenne
"la référence scientifique pour lensemble
de lUnion" (page 5).
En second lieu, lAgence européenne
doit être complètement indépendante.
Le directeur de lagence ne doit certainement pas être
désigné par la Commission, contrairement à
ce que propose le Parlement européen (paragraphe
21 de la résolution). Les experts scientifiques ne
doivent pas non plus être nommés par elle,
même si cest à lissue dune
procédure de sélection en apparence rigoureuse.
Enfin, lagence doit pouvoir être critique envers
la Commission elle-même. Ce nest pas du tout
loptique du livre blanc, qui demande que les services
de lagence et ceux de la Commission travaillent en
liaison étroite, car précise-t-il avec un
certain aplomb, "cela permettra à lAutorité
(lAgence) de se montrer réceptive aux besoins
des services de la Commission" (page 22).
En troisième lieu, lagence ne
doit pas empiéter sur la gestion des risques et le
pouvoir réglementaire. Le livre blanc de la Commission
a la bonté de ladmettre, mais quand on le lit
plus attentivement, on saperçoit que le pouvoir
réglementaire quil tient tant à protéger
est celui de
la Commission, et non celui des États.
Cela nempêche pas la Commission et le Parlement
de baptiser cette agence "Autorité européenne",
nom qui est totalement contraire à la philosophie
qui est censée linspirer. Le Parlement européen
ajoute même, au paragraphe 6 de sa résolution,
que "les compétences à transférer
doivent faire lobjet dun examen approfondi",
alors même quon croyait quil ny
avait aucune compétence à transférer.
Le livre blanc et le rapport du Parlement
nous paraissent donc piégés, et cest
pourquoi nous nous y opposons. Les États membres
doivent conserver leur pleine responsabilité en matière
de sécurité alimentaire, car ils sont proches
de leurs peuples, et réagiront plus vite que la Commission,
qui est en plus aveuglée en permanence par ses préjugés
libre-échangistes. Une agence destinée à
prendre une vue européenne de la situation est sans
aucun doute nécessaire, mais elle doit être
strictement consultative et totalement indépendante.
Le mieux serait quelle soit uniquement lémanation
des agences nationales, et quelle travaille en réseau
avec ces dernières.

Explication de vote du 16 novembre 2000
Le débat qui sest tenu hier
dans cet hémicycle sur la maladie de la vache folle
et la sécurité des aliments pour animaux a
surtout montré lextrême confusion des
responsabilités et des esprits.
Les compétences actuelles sont partagées
entre la Communauté, qui a déjà édicté
quelques réglementations partielles (linterdiction
des farines animales pour lalimentation des ruminants,
les règles de chauffage des farines, la séparation
obligatoire des "matériels à risque spécifique"),
et les États, qui veulent préserver leur droit
de prendre des réglementations adaptées à
leur situation propre, ainsi que leur droit de sauvegarde
et de réaction rapide pour protéger la santé
de leurs populations.
Sur cette base déjà peu claire,
la confusion est aggravée par une double difficulté
: la difficulté duniformiser davantage en direction
de contrôles élevés, car certains États,
comme lAllemagne, ne veulent pas faire supporter des
coûts supplémentaires à leurs éleveurs,
alors quils sont peu touchés par la maladie
; en sens inverse, la difficulté de gérer
des règles nationales diversifiées, car les
contrôles aux frontières ayant quasiment disparu,
et létiquetage ne mentionnant pas lorigine
nationale, on risque fort de manger de la viande de porc
nourri avec des farines animales, même dans un pays
où elles sont interdites.
Nous nous trouvons en ce moment au comble
de la confusion, comme lont bien montré les
interventions dhier du ministre français Patriat
et du commissaire européen Byrne, qui paraissaient
complètement désorientés.
Cette situation révèle à
quel point lunification du marché intérieur,
ces dernières années, a été
menée de manière irresponsable. La première
des initiatives à prendre consisterait à tout
remettre à plat, à réviser les règles
détiquetage, à restaurer certains contrôles
nationaux, à en créer dautres, et à
toujours bien articuler, de manière claire et praticable,
la réglementation européenne minimale avec
le droit indispensable de chaque État soit daller
plus loin, soit de prendre des mesures de sauvegarde.
Si l'on ne commence pas par mener à
bien cette uvre de clarification des compétences,
de rationalisation, de reconnaissance du droit premier des
nations, lEurope ne fera que jouer, comme aujourdhui,
un rôle néfaste de dilution des responsabilités.
Sur le fond de laffaire, mon groupe
a recommandé les mesures les plus sévères
pour lutter contre lépidémie. Mais il
ne faut pas sarrêter là. Il est très
bien déteindre les incendies, mais il serait
encore mieux déviter quils ne se déclenchent.
Cest pourquoi nous voulons tirer quatre grandes leçons,
dont il faudra tenir compte à lavenir.
Première leçon. Il faut refuser
des méthodes de production contre nature, qui conduisent
fatalement, un jour ou lautre, à de tels drames.
Une agriculture de qualité coûte peut-être
un peu plus cher, mais en réalité, les économies
apparentes de lagriculture productiviste se transforment,
à terme, en coûts terribles pour toute la société.
À cet égard, nous sommes effrayés de
voir que la Commission est en train de chercher tous les
moyens pour réintroduire une autorisation des OGM,
alors que leurs conséquences ne sont nullement maîtrisées,
et quils risquent peut-être, dans dix ou vingt
ans, de provoquer de nouveaux drames du type "vache
folle".
Deuxième leçon. Une agriculture
de qualité, assurant une certaine indépendance
alimentaire, ne pourra pas survivre en Europe dans un contexte
de libre-échangisme mondial. Pourtant, nous sentons
en ce moment que le commissaire Lamy piaffe dimpatience
de faire redémarrer après Seattle un nouveau
cycle de négociations commerciales internationales,
et dy introduire un volet agricole, dans lintention
damener, une fois de plus, à un nouvel alignement
sur le marché mondial. Cela nest pas admissible.
Troisième leçon. La Commission
doit être plus étroitement surveillée
par les États dans les négociations internationales,
afin que ne se renouvellent pas des fausses manuvres
- je devrais dire des trahisons - comme les accords de Blair
House et de Marrakech qui, en limitant nos productions de
protéines végétales au profit des Américains,
nous ont poussé à développer en contrepartie
les farines animales qui sont à lorigine des
problèmes actuels. Nous pensons que le futur traité
de Nice devrait, non pas donner davantage de pouvoirs à
la Commission dans les négociations internationales,
comme il est prévu actuellement, mais au contraire
la placer plus étroitement sous le contrôle
des gouvernements et des parlements nationaux.
Quatrième leçon. Il faudrait
réviser profondément la politique dabrogation
totale des contrôles aux frontières intérieures,
car elle favorise tous les trafics, et rend plus difficile
la maîtrise sanitaire. De même, il faudrait
tempérer le dogme de la libre circulation à
tout prix, qui a conduit la Commission à menacer
les États désireux, en 1996, dinstituer
un embargo sur la viande bovine britannique, et qui la
conduit en 1999 à traîner la France devant
la Cour de justice pour avoir refusé de lever ce
même embargo. Malgré tout ce qui se passe aujourdhui,
la Commission a laudace de maintenir sa plainte, montrant
ainsi à quel point la libre circulation des produits
constitue pour elle un dogme supérieur. Si les États
membres veulent en finir avec ces aberrations, ils doivent
profiter du traité de Nice pour réinstituer
clairement un droit de sauvegarde national pour des raisons
de santé publique.

Intervention dans le débat du
13 février 2001
Monsieur le Président, nous refusons
d'approuver le projet de directive qui établit la
procédure d'autorisation des organismes génétiquement
modifiés, pour des raisons de fond que j'exposerai
dans mon explication de vote, mais aussi pour une raison
de stratégie toute simple. La voici : on nous dit
qu'il faut approuver la mise en place de cette procédure
d'autorisation, bien qu'imparfaite, et en même temps
on nous laisse entendre que le moratoire sur les autorisations,
décidé par les gouvernements en juin 1999,
sera prorogé en attendant les compléments
nécessaires.
Dans ces conditions, nous disons qu'il
serait bien plus prudent de la part du Parlement d'attendre
la mise en place effective de toutes les garanties complémentaires
que la Commission lui promet pour demain, par exemple un
futur texte sur la responsabilité et l'obligation
d'assurance - j'y insiste - des disséminateurs d'OGM,
ou encore une future amélioration des dispositions
sur l'étiquetage et la traçabilité.
En revanche, si nous approuvons aujourd'hui la procédure
d'autorisation, nous risquons fort de nous retrouver floués
si, demain, le moratoire est levé en catimini, comme
la Commission en meurt d'envie.

Explication de vote du 14 février
2001
Comme lors des deux premières lectures
au Parlement européen, le 11 février 1999
et le 12 avril 2000, j'ai refusé aujourd'hui d'approuver
le projet de directive relatif à la dissémination
volontaire d'organismes génétiquement modifiés,
tel qu'il résulte maintenant des travaux du "comité
de conciliation" Conseil-Parlement européen.
Indépendamment de la raison d'ordre stratégique
que j'ai déjà exposée au cours du débat
principal (nous risquons de nous trouver floués si
nous acceptons la mise en place d'une procédure d'autorisation
et que, demain, le moratoire est levé sans autres
garanties), le texte actuel nous paraît encore, sur
le fond, très insatisfaisant.
On enregistre certes quelques avancées,
par exemple sur le calendrier d'élimination des marqueurs
de résistance aux antibiotiques. Mais il reste aussi
d'inquiétantes zones d'ombre. En premier lieu, rien
sur la responsabilité et sur une éventuelle
obligation d'assurance des disséminateurs d'OGM.
La Commission a seulement promis assez vaguement de "faire
des propositions", mais ce ne sera certainement pas
sur l'obligation d'assurance, dont elle ne veut pas (et
les producteurs d'OGM non plus). Par ailleurs, les autorisations
de mise sur le marché portent sur une durée
beaucoup trop longue (dix ans), par la faute du Parlement
européen, qui s'est laissé circonvenir par
les groupes de pression. La clause de sauvegarde nationale
de l'article 23 n'est pas assez forte, car un État
membre peut se voir imposer une autorisation de mise sur
le marché qui serait valable sur tout le territoire
de la Communauté.
Enfin, parmi les dispositions attristantes,
on relève celles qui concernent l'information du
public : les sites de culture de plantes OGM à des
fins commerciales devront être notifiés aux
autorités compétentes et "communiqués
au public d'une manière jugée appropriée
par ces dernières". Autrement dit, dans
ce cas-là, il n'y aura pas d'obligation d'information
franche et transparente. Cette méthode de minimisation
de l'information nous rappelle celle que la Commission a
déjà utilisée au début des années
1990, au moment où se développait l'épidémie
de la "vache folle". Décidément,
les autorités européennes sont des récidivistes.

Explication de vote du 12 juin 2001
La proposition de la Commission sur lAutorité
alimentaire européenne a pour objectif officiel de
mieux prévenir des crises telles que celle de la
vache folle. Mais en réalité, on voit se mettre
en place un système parfaitement étudié,
destiné à entraver les États membres
qui voudraient faire usage de leurs pouvoirs de sauvegarde
nationaux en cas de crise de la santé publique (comme
la France la fait en maintenant, à la fin de
1999, au grand dam de la Commission, un embargo unilatéral
sur la viande bovine britannique) et à préserver
ainsi au maximum la sacro-sainte liberté de circulation
des produits.
En effet, bien que le nouvel organisme européen
nait pour but que de donner des avis scientifiques
aux institutions de la Communauté et aux États
membres, il est clair quil est destiné à
contourner ou neutraliser les avis dagences nationales
de la sécurité alimentaire, comme lAFSSA
en France, pour éviter que les gouvernements aient
quelque légitimité à sappuyer
sur eux.
Le nouvel organisme est dirigé par
un conseil dadministration de 16 membres, dont 4 désignés
par le Parlement européen, 4 par le Conseil, 4 par
la Commission, les 4 derniers étant des représentants
des consommateurs et de lindustrie désignés
par
la Commission (article 24). La moitié des
membres est donc désignée par la Commission,
et la totalité par des institutions européennes.
Aucun nest désigné par les agences nationales
de la sécurité alimentaire, ce qui aurait
été nécessaire pour faire travailler
lensemble en réseau. Mais à lévidence,
tel nest pas le but.
Pour verrouiller le tout encore mieux, le
directeur exécutif est nommé par le conseil
d'administration sur proposition
de la Commission
(article 25), et les membres des groupes scientifiques sont
nommés par ce même conseil sur proposition
du directeur exécutif (article 27). Qui pourrait
croire quun tel montage ne soutiendra pas les positions
de la Commission ?
Larticle 22 précise que le nouveau
système rendra "les meilleurs avis scientifiques
possibles", de façon à être
bien sûr de dévaloriser tous les autres. Lorgane
central est dénommé "Autorité
alimentaire européenne" (en abrégé
"lAutorité", avec un "A"
majuscule). Le nom aurait dû être "Agence",
puisque cet organisme ne donne en théorie que des
avis, mais la Commission tient absolument à "Autorité",
on devine pourquoi. Il sagit dautre part dune
"Autorité alimentaire", et non dune
"Autorité de la sécurité alimentaire",
afin détendre son champ daction à
de vastes domaines énumérés à
larticle 21. Parmi ceux-ci, on découvre dailleurs,
modestement placés en queue de liste, les organismes
génétiquement modifiés. Qui peut douter
quun des premiers "avis" de "lAutorité"
va consister à conseiller de reprendre loctroi
dautorisations pour les OGM ?
Nous sommes consternés, une
fois de plus, de voir que les États nationaux se
laissent enfermer dans des pièges aussi grossiers,
qui les amèneront demain à ne plus protéger
leurs citoyens. Mais après tout, cest peut-être
ce quils veulent.

Explication de vote du 30 mai 2002
Le commissaire Fischler vient de déclarer
dans cette assemblée que l'initiative européenne
d'accepter en franchise de droits les importations de produits
des pays les moins avancés - dite initiative "Tout,
sauf les armes" - risquait d'inclure l'acceptation
d'importations de produits agricoles OGM. En effet, selon
lui, ces pays seraient obligés de produire des OGM
pour accroître leur productivité, ils ne pourraient
pas faire autrement, et nous, de notre côté,
nous serions obligés de les acheter et de les manger
pour aider au développement !
S'il en allait ainsi, on voit bien le danger
: l'aide au développement servirait de prétexte
pour nous amener à importer des OGM, et pour subvertir
les protections dont les peuples européens ont voulu
se munir à leur égard. Et dans un deuxième
temps, il serait sans doute tiré argument de ces
importations dérogatoires pour dire que, par cohérence,
nous devons abolir toutes nos interdictions de culture et
de commercialisation d'OGM.
Nous connaissons ce genre de manuvre
depuis longtemps de la part de la Commission. Ces manuvres
sont dirigées par on ne sait quels intérêts,
mais en tout cas on sait bien qui en seront les victimes
: les peuples d'Europe.

Explication de vote du 3 juillet 2002
Le rapport Scheele avalise une procédure
européenne centralisée très critiquable
pour autoriser les OGM, conformément à la
proposition de la Commission COM (2001) 425 final. En effet,
cette proposition renvoie de manière obscure à
une décision 1999/468/CE sur la comitologie, selon
laquelle:
1) les décisions d'autorisation sont
prises par la Commission sur avis conforme de la majorité
qualifiée d'un "Comité de réglementation"
composé de représentants des États
membres ;
2) si le comité n'est pas d'accord,
l'affaire remonte au Conseil lui-même ; mais si le
Conseil n'adopte pas la proposition de la Commission (à
la majorité qualifiée), ou s'il ne s'y oppose
pas (à l'unanimité), la décision revient
à la Commission, qui la prend seule.
Ainsi, l'autorisation d'un OGM peut être
donnée contre la volonté d'une minorité
d'États membres et même, dans certains cas,
contre la volonté d'une majorité. Aucune clause
de sauvegarde nationale n'est prévue à ce
niveau même si, par exemple, un pays exprimait par
référendum son opposition à un OGM.
Cette procédure est visiblement
destinée à laisser les mains libres à
la Commission pour donner des autorisations dont les gouvernements
diront ensuite "Nous n'y pouvons rien, c'est la règle
européenne". Ainsi va la démocratie à
Bruxelles.

Explication de vote du 3 juillet 2002
Les rapports Trakatellis et Scheele se réfèrent
à deux propositions de règlements imbriquées
l'une dans l'autre, qui traitent en se chevauchant des questions
d'autorisation, de traçabilité et d'étiquetage
des organismes génétiquement modifiés.
Cette présentation, qui rend le sujet
encore plus difficilement compréhensible, n'est due
semble-t-il qu'à des rivalités de compétences
au sein de la Commission. À l'égard des citoyens
qui ont déjà du mal à comprendre l'Europe,
cette méthode est intolérable, et aurait dû
justifier à elle seule un renvoi de ces textes. Le
Parlement européen n'ayant pas eu cette dignité,
il en a été réduit à voter dans
une certaine confusion.
Sur le fond, l'idée consiste à
donner certaines garanties de rigueur dans la procédure
d'autorisation et d'étiquetage des OGM. Dans l'ensemble,
j'ai soutenu les amendements tendant à durcir le
texte, qui ont souvent été adoptés,
de sorte que, de ce point de vue, le résultat ne
paraît pas mauvais.
Malheureusement, la Commission a inséré
dans les deux règlements une méthode de vote
et de décision qui va balayer le libre choix des
États. Je l'exposerai dans mon explication de vote
sur le rapport Scheele. C'est pourquoi je me suis abstenu
sur ces deux rapports.

Explication de vote du 3 septembre 2002
Nous soutenons les orientations du rapport
Stevenson, qui veut promouvoir dans l'Union européenne
la culture des protéines végétales,
essentielles pour l'alimentation du bétail (soja,
mais aussi pois, fèves, féveroles, lupins,
ou encore, à un moindre degré, légumineuses,
céréales, graminées...). Il apparaît
en effet que nous sommes aujourd'hui très dépendants
des importations (à plus de 77 %), alors même
que la production de protéines végétales
se développe dans le monde et que nous pourrions
faire beaucoup mieux.
Cette dépendance nous pose de graves
problèmes stratégiques, mais aussi de santé
publique, car il est difficile, dans ces conditions, d'établir
une traçabilité du produit, ce qui peut nous
amener, par exemple, à acheter volens nolens, des
sojas OGM.
Mais d'où vient la limitation
de la production européenne dans ce domaine ? Des
accords de Blair House, qui ont eu en plus un autre effet
désastreux puisqu'ils ont incité en contrepartie
à utiliser des farines animales, d'où a découlé
la maladie de la vache folle. Il faut impérativement
réviser ou contourner ces accords. Malheureusement
la Commission n'y semble pas prête. Une fois de plus,
on se demande dans quel camp elle joue, et si le système
communautaire n'aboutit pas encore à nous affaiblir.

Intervention dans le débat du
13 mai 2003
Monsieur le Président, la proposition
de directive sur la responsabilité environnementale
qui nous est présentée aujourdhui nous
déçoit beaucoup. Nous voulons bien dune
harmonisation européenne dans le domaine des dommages
causés à lenvironnement, qui sont souvent
transfrontiers, mais encore faudrait-il quelle apporte
un progrès sérieux.
Or, ce texte se caractérise par un
nombre impressionnant de lacunes, dexonérations,
dexclusions, de limitations de responsabilité,
qui feraient de la nouvelle réglementation un trompe-lil,
et souvent même une occasion de confusion et de recul
de la protection du citoyen, à moins quon fasse
appel au contribuable pour boucher les trous. En voici deux
exemples. Premier exemple: on découvre à larticle
3 que la directive ne sappliquerait pas au transport
par mer de substances dangereuses, aux dommages dus à
la pollution par les hydrocarbures et aux dommages causés
par le nucléaire. Le motif serait quil existe
déjà des conventions internationales réglementant
la responsabilité civile sur tous ces points. Mais,
précisément, ces conventions sont limitatives,
insuffisamment protectrices ou totalement défaillantes,
comme nous le voyons ces jours-ci avec les indemnisations
dérisoires accordées par le FIPOL après
la catastrophe du Prestige. Nous demandons par conséquent
que cette directive ne fuie pas devant le problème,
mais quelle le traite et quelle apporte une
vraie protection.
Deuxième exemple: les OGM. La Commission
nous avait promis, lors de la discussion de la directive
sur la dissémination volontaire dOGM, que les
questions de responsabilité et dassurance seraient
traitées dans la directive générale
sur la responsabilité environnementale, celle dont
nous discutons aujourdhui. Or, nous avons été
trompés. Les OGM sont bien couverts en théorie
par ce texte, mais ils ressortent aussitôt grâce
à larticle 9, qui exonère les activités
bénéficiant dune autorisation administrative,
dont feraient partie les OGM en raison, précisément,
de la directive sur la dissémination volontaire.
Tout cela est intolérable, surtout
au moment où la Commission cherche à se décharger
sur les États membres du problème de la coexistence
des cultures OGM et non-OGM quelle veut autoriser.
Dans ces conditions, nous demandons au Conseil de ne pas
lever le moratoire jusquà ce que les questions
de responsabilité et dassurance en matière
dOGM soient clairement résolues pour la meilleure
protection du citoyen et de lenvironnement.

Explication de vote du 14 mai 2003
Jai voté en faveur du rapport
Manders sur la responsabilité environnementale parce
que les amendements adoptés finalement répondaient
assez bien aux objections que javais soulevées
lors du débat dhier. Une très large
majorité de députés (312 contre 179)
a suivi le même raisonnement.
Les amendements qui mont particulièrement
déterminé à voter pour sont: 1) les
amendements 85 et 99 qui demandent notamment à la
Commission délaborer des propositions pour
appliquer la directive aux dommages environnementaux résultant
du nucléaire et du transport maritime; 2) les amendements
86 et 103 qui suppriment lexonération de responsabilité
liée à la délivrance préalable
dune autorisation administrative ou à létat
insuffisant des connaissances scientifiques et techniques;
3) lamendement 107 qui demande que les exploitants
prennent des garanties financières appropriées
pour couvrir leur responsabilité.
En outre, a été voté
un amendement 54 qui nest pas parfait, mais dont je
me contente. Il demande une législation supplémentaire
concernant la responsabilité pour les dommages causés
par des OGM, notamment la contamination que pourraient subir
des produits non-OGM. Bien entendu, je demande que le moratoire
sur les autorisations dOGM soit maintenu jusquà
ce que cette législation ait été approuvée.

Explication de vote du 2 juillet 2003
Au cours de cette deuxième lecture
du projet de règlement sur les denrées alimentaires
et aliments pour animaux génétiquement modifiés
(rapport Scheele), jai voté pour les amendements
suivants, sensiblement plus sévères que ceux
retenus par le Conseil:
- amendements abaissant de 0,9 à 0,5%
le seuil détiquetage pour les OGM autorisés,
en particulier lamendement 19;
- amendements supprimant la tolérance
dOGM non autorisés dans la chaîne alimentaire,
lorsque leur pourcentage est inférieur à 0,5%,
en particulier lamendement 43 (au passage, on se demande
comment le Conseil peut proposer ici un seuil de 0,5%, alors
quil le prétend techniquement impossible lorsquil
sagit du seuil détiquetage des OGM autorisés);
- amendements demandant aux États
membres de prendre des mesures évitant la non-contamination
des cultures traditionnelles par des cultures OGM (amendements
de compromis 44 et 45);
- amendements autorisant les États
membres à prendre des mesures durgence pour
la restriction ou linterdiction de lutilisation
dun OGM autorisé, lorsque celui-ci savère
ensuite présenter un risque (par exemple lamendement
40).
Au-delà de ces questions techniques,
jexposerai ma position de principe dans mon explication
de vote sur le rapport parallèle relatif à
la traçabilité des OGM.

Explication de vote du 2 juillet 2003
Le rapport Trakatellis sur la traçabilité
et létiquetage des OGM, comme le rapport Scheele,
sont pour nous loccasion dadresser un avertissement
sérieux à la Commission et aux États
membres.
Nous sentons bien, en effet, quils
nattendent que ladoption finale des règlements
sur la traçabilité pour lever le moratoire
imposé actuellement aux OGM en Europe. Cette adoption
servirait donc de caution, alors même que deux autres
conditions essentielles ne sont toujours pas remplies: lexistence
dune claire définition des responsabilités
(accompagnée de garanties financières correspondantes)
pour les dommages susceptibles dêtre causés
par les OGM et lentrée en vigueur de règles
- inexistantes à ce jour - garantissant de manière
sûre la non-contamination des cultures traditionnelles
par les cultures OGM.
Ce dernier point est essentiel: on
se souvient que le dirigeant syndical José Bové
a été condamné en France pour avoir
arraché des plants de maïs transgénique,
acte considéré comme une violation dun
droit de propriété privée. Mais cette
violation navait-elle pas été précédée
par une autre, beaucoup plus grave: la violation que le
risque de contamination par les OGM fait subir aux propriétés
privées voisines, et à lenvironnement
naturel en général, qui est une propriété
commune ?

Intervention dans le débat du
15 décembre 2003
Monsieur le Président, la proposition
de directive dont nous débattons ce soir sur la prévention
et la réparation des dommages environnementaux nous
paraît très importante, car elle développe
un régime de responsabilité fondé sur
le principe pollueur-payeur pour toute une série
de dommages susceptibles dêtre causés,
par les activités économiques, au patrimoine
naturel. Ce patrimoine est notre bien collectif et nous
devons être extrêmement vigilants pour le protéger.
Il ne faut pas fermer les yeux sur des dommages qui, parfois,
risquent de paraître insensibles parce quils
ne portent pas directement atteinte à des patrimoines
privés.
Cest pourquoi, dans cette seconde
lecture, nous ne sommes pas daccord en particulier
avec lamendement 9 du Parlement européen, qui
exclut du champ de la directive les activités bénéficiant
dune autorisation administrative ou celles qui nétaient
pas considérées comme dangereuses en létat
des connaissances au moment où le dommage sest
produit. Il faut que ceux qui prennent le risque lassument.
Et, à cet égard, nous ne sommes pas daccord
non plus avec lamendement 39, qui tend à compléter
lamendement 9 pour exonérer davance les
OGM ou atténuer la responsabilité de leurs
exploitants. En revanche, nous soutenons lamendement
22 qui, à la différence des précédents,
va plutôt dans le sens dune meilleure protection
puisquil réintroduit lidée dune
garantie financière obligatoire à mettre en
place progressivement. Sur ce point, en effet, on ne peut
pas se satisfaire, Monsieur le Président, des formulations
vagues du texte actuel.

Explication de vote du 18 décembre
2003
Je soutiens entièrement les conclusions
du rapport Graefe zu Baringdorf, ainsi que celles de mon
collègue, M. Souchet, dans son intervention dhier,
sur la coexistence des cultures OGM et non OGM. Cest
un problème majeur, quon na pas le droit
de laisser de côté en donnant immédiatement
des autorisations de culture et de commercialisation dOGM,
comme laurait voulu la Commission.
Il faudrait dabord étudier soigneusement
les risques de contamination des cultures traditionnelles,
que 70% des consommateurs veulent au moins préserver.
Il faudrait ensuite établir (si cest possible)
des règles de coexistence prudentes, et faire peser
les responsabilités et les coûts dintroduction
des OGM sur les entreprises bénéficiaires
dautorisations. Enfin, il faudrait prévoir
lexistence de garanties financières pour couvrir
ces responsabilités.
Or rien de tout cela nest éclairci
aujourdhui. Cest pourquoi il est révoltant
de voir la Commission prête à donner des autorisations,
en prenant prétexte de la subsidiarité pour
rejeter sur les États la tâche quasi-impossible
détablir les règles de coexistence,
et tout en interdisant à ces mêmes États
de déclarer certaines zones régionales exemptes
dOGM (décision du 2 septembre 2003 de la Commission
à lencontre de lAutriche). Ce dossier
est traité avec un intolérable mépris
des citoyens.

Explication de vote du 5 mai 2004
Nous accueillons avec joie les
dix commissaires issus des nouveaux États membres,
et j'approuve donc la composition de la nouvelle Commission.
Toutefois, la résolution votée me laisse une
grande insatisfaction car a été rejeté
un amendement qui demandait fort opportunément à
la Commission de ne prendre, pendant la période à
venir d'ici l'entrée en fonctions du prochain Parlement,
aucune initiative ou décision concernant une éventuelle
levée du moratoire sur les autorisations d'OGM.
Comme il était prévisible en effet, le Conseil
n'a pas réussi à se mettre d'accord sur le
maïs transgénique BT-11, et en application des
procédures en vigueur, c'est la Commission qui va
décider seule. Je proteste contre l'attitude des
États, qui ont accepté sciemment cette procédure.
Et je proteste aussi contre le mépris de la Commission
envers nos concitoyens, puisque le commissaire Byrne répète
tous les jours qu'elle va lever le moratoire, alors même
que les opinions publiques, dans les pays d'Europe, y sont
très majoritairement opposées.
Nous avons là un bel exemple du fonctionnement d'une
Europe sans les peuples, dont les citoyens doivent avoir
conscience s'ils ne veulent pas être bafoués
tous les jours, et qu'il faut absolument corriger.