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La "gestion intégrée" des frontières extérieures
le 17 juin 2002

La Commission vient de publier une communication proposant d'aller vers une "gestion intégrée" des frontières extérieures de l'Union, qui implique selon elle une harmonisation des procédures, une formation commune des personnels nationaux, des mécanismes de concertation, une coopération opérationnelle, une solidarité financière et, à terme, la création d'un "corps européen de garde-frontières". On voit là, au moins, une intention de protection qui contraste avec le laxisme antérieur.

Mais nous apportons deux réserves :

1) Cette mesure reste très en deçà d'une véritable réponse au défi

La suppression des contrôles aux frontières intérieures par Schengen (intégré à l'Union depuis le traité d'Amsterdam) a créé un profond déséquilibre en Europe, qui va être accentué encore par l'élargissement : celui-ci va augmenter considérablement l'espace sans frontières intérieures, tout en étirant la frontière extérieure. Les effets négatifs de Schengen vont s'en trouver démultipliés. C'est très dangereux. Voilà pourquoi, s'il est très bien de vouloir renforcer les frontières extérieures, il faut aussi poser clairement la question des contrôles aux frontières intérieures. Cela nécessitera évidemment de douloureux "mea culpa".

2) Il ne faut pas confondre intégration et efficacité

Nous sommes tout à fait d'accord pour mettre en place des mécanismes de coopération entre égaux, et de solidarité financière envers ceux des pays membres qui assument la charge la plus lourde de protection des frontières extérieures. Ils assurent en quelque sorte notre garde avancée. Nous avions nous-mêmes proposé, d'ailleurs, des formules de ce genre.

Mais il est inutile de tout centraliser. Il est inutile de créer de nouvelles administrations et un corps européen de garde-frontières. Il est même dangereux de coiffer le tout par un pouvoir de décision supranational, qui subordonnera les nations et que personne ne contrôlera.

Au contraire, il sera plus efficace, et psychologiquement plus motivant, de s'appuyer sur les nations en laissant à chacune la responsabilité de ses frontières. Il faut d'abord soutenir politiquement, bien financer, coordonner et motiver les douanes et les polices nationales des frontières. Il faut avoir le courage de renvoyer immédiatement dans leurs pays les clandestins et les faux demandeurs d'asile. C'est-à-dire l'exact opposé de ce que nous faisons depuis des années.

 

 

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