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Plan de réunification de
Chypre : des conditions iniques imposées aux Chypriotes
grecs au profit de la Turquie - Vive protestation des députés
MPF au Parlement européen
par Dominique Souchet, le 22
avril 2004
Le 21 avril 2004, le Parlement européen
a voté une résolution soutenant le plan de
réunification de Chypre préparé avec
l'aide de la Commission européenne. Les députés
MPF ont refusé d'approuver cette résolution,
estimant que ce plan impose des conditions iniques aux Chypriotes
grecs, pour le plus grand bénéfice de la Turquie.
Du côté de Bruxelles, la pression
est orchestrée par le Commissaire européen
chargé de l'élargissement : le socialiste
allemand Günter Verheugen, l'un des plus ardents avocats
de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne,
qui presse les Chypriotes grecs d'accepter un plan piétinant
leurs droits.
Ce plan prévoit en effet d'accorder
la citoyenneté chypriote aux colons turcs transplantés
sur l'île par le gouvernement d'Ankara, tandis que
les Chypriotes grecs réfugiés dans le Sud
ne pourraient pas récupérer les biens dont
ils ont été spoliés, se verraient interdire
tout recours devant la Cour des Droits de l'Homme et subiraient
des restrictions durables à leur liberté de
circulation. Quant à l'armée d'occupation
turque, elle serait certes un peu réduite, mais sa
présence serait pérennisée.
Pourquoi un tel zèle de la part de
Bruxelles ? C'est que les partisans de l'entrée de
la Turquie dans l'Union européenne pensaient pouvoir
faire disparaître, à la faveur de ce plan,
un obstacle gênant : l'occupation militaire illégale
par la Turquie du nord de Chypre, c'est-à-dire d'un
Etat qui sera membre de l'Union européenne à
compter du 1er mai prochain.
Mais voilà : les Chypriotes
grecs résistent et ils ont raison. La population
et ses dirigeants n'entendent pas se faire hara-kiri sur
l'autel de la candidature turque à l'Union. Ils pourraient
bien voter "non" au référendum du
25 avril, au grand dam de Bruxelles. Il faudra respecter
leur choix et non les faire voter à nouveau, comme
on l'a fait pour les Irlandais.
Les députés MPF considèrent
que la réunification de Chypre ne doit pas intervenir
à n'importe quel prix. Elle ne doit certainement
pas prendre la forme d'une prime accordée à
l'envahisseur ni d'un déni de justice envers la population
chypriote grecque.
Il est navrant de constater au passage
le double jeu des députés français
de l'UMP, qui ont voté "oui" à la
résolution du Parlement européen, soutenant
ainsi les menées pro-turques de la Commission, tout
en se proclamant à Paris opposés à
la candidature de la Turquie.