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TVA sur la restauration : un régime minceur remis aux calendres grecques...
Décembre 2005

"Les promesses des hommes politiques n'engagent que ceux qui les reçoivent". A croire que nos gouvernants ont fait leur cette maxime vu le nombre de promesses lancées mais jamais tenues...

Ainsi, depuis 1995, date de son premier mandat présidentiel, le candidat Chirac promet aux professionnels de la restauration traditionnelle une baisse du taux de TVA de 19,6 % à 5,5 %, comme cela se pratique déjà pour la restauration à emporter et la restauration collective. Or, depuis dix ans, toujours rien... Et pour cause : cette décision n'est pas du ressort du candidat Chirac mais entre les mains de Bruxelles ! Mme Colonna, actuelle ministre déléguée aux Affaires européennes, déclarait encore récemment "que la baisse de TVA pour la restauration doit obtenir l'accord de tous les pays européens" (Nouvel Obs.com, 30.11.05) ! En cette matière fiscale, il faut en effet une décision à l'unanimité des 25 pays membres dont certains y sont farouchement opposés (Allemagne, Autriche, Danemark, Slovénie, Suède, Estonie, Slovaquie)... C'est dire combien la partie sera serrée.

Alors les restaurateurs auront beau joué à "l'opération escargot" dans Paris, menacé le gouvernement en arborant un tee-shirt au commentaire acide "Mieux vaut un tee-shirt en 2006 qu'une veste en 2007" et lancé des appels désespérés comme le fait M. Daguin, Président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie, en déclarant "La filière est bloquée (...) on assiste à 3000 dépôts de bilan par an" (Nouvel Obs.com, 30.11.05) rien n'y fera... La France qui avait une grande influence dans l'Europe des Six puis celle des Quinze, est complètement diluée dans celle des Vingt-Cinq. Ses intérêts essentiels propres - défendus de plus très mollement par nos gouvernants - ne sont qu'une goutte d'eau dans le flot des intérêts communs. Et même si cette baisse de TVA est porteuse de répercussions très positives pour la France comme l'affirme M. Daguin : "Si nous obtenons une baisse du taux de TVA (...), c'est 40 000 emplois que nous allons créer" (Nouvel Obs.com, 30.11.05) qui cela intéresse-t-il en Europe, si ce n'est les Français eux-mêmes ? Un récent sondage BVA pour "Les Echos" et BFM (réalisé les 2 et 3 décembre 2005) nous informe en effet que près de 9 Français sur 10 étaient favorables à une baisse de TVA à 5,5 %, que 87 % demandaient au Président de la République de respecter sa promesse électorale et 31 % souhaitaient même que le Chef de l'Etat aille au "clash" avec la Commission sur cette question s'il n'obtenait pas satisfaction ! Et cela s'est déjà vu...

Ainsi en 1966, le Général de Gaulle, afin d'affirmer son opposition farouche à une décision européenne allant à l'encontre des intérêts vitaux de son pays, avait pratiqué la politique de la "chaise vide" et instauré le compromis de Luxembourg, permettant ainsi à un membre de brandir un droit de veto afin de ne pas participer à une réglementation qui ne lui conviendrait pas. Pourquoi nos dirigeants actuels ne suivraient-ils pas cet exemple, réaffirmant ainsi leur courage politique ?

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