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Le système Schengen, facteur
de délinquance
par Max Tancy, le 3 février
2004
Max Tancy est le pseudonyme d'un spécialiste
des questions de sécurité
L'amélioration des chiffres de la
délinquance annoncés par M. Sarkozy lors de
sa conférence de presse du 14 janvier est à
bien des égards un progrès en trompe l'il
(1). Le ministre indique une diminution des crimes et
délits constatés de -3,38 % (+1,84 % en
2002). En fait, cette statistique porte sur l'évolution
globale des crimes et délits constatés et
recèle des évolutions contrastées :
une relative amélioration de la sécurité
des biens qui cache une nouvelle dégradation de la
sécurité des personnes.
Les vols représentent 60 % du total
des crimes et délits constatés, donc de l'ensemble
des chiffres de la délinquance. C'est leur baisse
légère, de 5 % en 2003, qui permet une diminution
du taux global de délinquance (2).
En revanche, d'autres chiffres demeurent
extrêmement préoccupants et soulignent que
la violence urbaine, la délinquance des cités
continue à s'aggraver de manière très
rapide. Les atteintes contre les personnes, les agressions
physiques, sont en augmentation de 8,19 %, et de 20,52%
dans la seule région Ile-de-France.
Deux caractéristiques de la délinquance
en 2003.
I/ L'augmentation de la délinquance
« importée »
Sur un plan général, même
si le sujet est profondément tabou, nul ne peut nier
le lien global qui existe entre délinquance et immigration.
Les personnes de nationalité étrangères
sont , selon les statistiques, les auteurs de 25% des actes
de délinquance (en zone police) alors qu'elles
représentent officiellement 5 % de la population.
La suppression totale des contrôles
aux frontières dites "intérieures",
dans la logique Schengen explique sans doute en partie la
poursuite de l'augmentation de certaines formes de délinquance
(3).
L'ouverture des frontières Schengen
a entraîné une augmentation massive de l'immigration
clandestine, qui fait que la France est aujourd'hui le premier
pays d'accueil en Europe pour les migrants illégaux.
En 2003, elle a reçu 90 000 demandeurs d'asile,
(18 000 en 1997) dépassant la Grande Bretagne (60
000) et l'Allemagne (70 000). Ces 90 000 demandes ne représentent
qu'une partie de l'immigration illégale, peut-être
2 fois plus importante.
Or, l'immigration illégale nourrit
différentes formes de criminalité : drogue,
prostitution, travail clandestin, filières d'immigration
illégale, trafics d'objets volés racket (4).
Les affaires liées au trafic de
drogue, caractéristiques de la délinquance
importée, sont en augmentation de +15 % en 2003.
Elles sont dues à l'arrivée, massive, incontrôlée
de stupéfiants sur le territoire : cannabis marocain
par l'Espagne, drogues synthétiques fabriquée
au Pays-Bas, par la Belgique et le Luxembourg, héroïne
- filière des Balkans - en provenance du Pakistan
et d'Afghanistan par l'Italie.
Le Maroc est devenu le premier producteur
au monde de cannabis selon une enquête de l'ONU publiée
le 15 décembre « Enquête sur le cannabis
». Cette production et ce trafic font vivre 800 000
personnes dans le nord du Maroc et produisent un chiffre
d'affaire de 12 milliards de dollars. Or le Maroc
fournit 85 % du cannabis écoulé en France.
50 tonnes ont été saisies par la police en
2003. Ces marchandises sont écoulées en France
à travers l'Espagne en moins de 24 heures (filières
« go fast ») acheminées depuis Malaga
et Séville directement dans les banlieues française,
grâce à la fluidité des communications
et à l'absence de tout risque de contrôle.
Le lien est très fort entre l'augmentation
du trafic de drogue -cannabis en provenance du Maroc, 1er
producteur mondial) et la montée de l'insécurité
et de l'économie mafieuse dans les « quartiers
» qui sont alimentés par ce trafic de stupéfiants.
Le proxénétisme, autre forme
de délinquance importée, est en forte augmentation
de + 11,82 % en 2003. Cette statistique reflète
une augmentation phénoménale de la prostitution
en provenance d'Europe de l'Est que l'on retrouve à
travers les chiffres du proxénétisme. Plusieurs
centaines de milliers de prostituées, notamment Bulgares
sont installées en Europe occidentale, et en particulier
dans certaines grandes villes françaises. 40 % de
la prostitution est due aux filières d'Europe de
l'Est selon l'OCTRIEST. La traite des êtres humains
concerne en particulier des jeunes femmes d'origine roumaine,
bulgare et albanaise, au nombre de plusieurs dizaines de
milliers en France ; de même, on observe un foisonnement
de filières de mendicité, en provenance de
Roumanie qui touche les handicapés et les jeunes
mineurs.
2/ Les chiffres dénotent une aggravation
de la « fracture ethnique »
Les formes de délinquances les plus
représentatives de la violence urbaine, de l'anarchie
des « cités interdites », de la tribalisation
de la société et de la « guerre civile
ethnique » - agressions, violence, racket- continuent
à s'accroître rapidement, et même de
plus en plus vite dans la région parisienne. Ainsi
les coups et blessures volontaires contre les personnes
sont en augmentation (+7,08 %). Ce chiffres est particulièrement
révélateurs des violences gratuites commises
par les « bandes » contre les enfants, les personnes
âgées, les personnes seules. Les « rixes
entre bande », à 60 % dans la région
parisienne sont en forte augmentation : plus de 600 en 2003.
L'augmentation des violences contre les
« personnes dépositaires de l'autorité,
c'est-à-dire les policiers, symboles de l'autorité,
cibles privilégiées de la haine et de la rage
dans les « cités interdites », est particulièrement
significative du chaos urbain qui ne cesse de s'aggraver
: +2,93 %.
L'un des chiffres de la délinquance
les plus dramatique est celui des violences physique
commises en milieu scolaire : +25 % en 2003. Il traduit
sans doute là aussi en grande partie une aggravation
des tensions ethniques dans la société française
et de la montée des actes antisémites commis
essentiellement par certains « jeunes issus de l'immigration
». L'aggravation de la violence scolaire s'inscrit
dans la logique de montée du communautarisme, d'absolutisation
de la différence qui débouche sur la violence.
Enfin, l'aggravation des infractions contre
la famille et l'enfant (+6,74%) souligne la profondeur
du malaise de notre société et le déclin
de ses valeurs les plus fondamentales. Un tel chiffre devrait
à lui seul pousser les pouvoirs publics à
un examen de conscience plutôt qu'au triomphalisme.
*
L'argument des européistes consiste
à dire : on ne peut pas instaurer une « ligne
Maginot » autour la France et entraver la circulation.
Ce discours est d'autant plus infondé
que la France, à la suite de la fermeture de Sangatte,
déploie des moyens considérables pour protéger
la frontière britannique de l'immigration illégale.
La ligne Maginot existe mais elle sert à protéger
les autres
Les frontières que l'on a supprimées
entre la France et le reste du monde se reconstituent à
l'intérieur de son territoire à travers nos
deux cents cités interdites, enclaves à forte
population immigrée, livrées au règne
de la violence, de l'économie mafieuse, de la drogue,
bantoustans français auxquelles les autorités
françaises - la police - n'ont quasiment plus accès
en raison de la terreur qui y règne.
Ce que nous demandons n'a aucun rapport avec
l'image de fermeture, de ringardise, de repli, mise en exergue
par les Schengenistes.
L'objectif doit être de mettre en
place un système flexible, efficace, aléatoire
(non systématique) de contrôles aux frontières,
qui aurait un effet dissuasif considérable, sans
entraver les flux de personnes et de marchandises. C'est
une manière de protéger les libertés
en évitant le durcissement des outils de lutte contre
la criminalité sur le territoire national.
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(1) Les chiffres officiels de la délinquance sont
d'ailleurs fortement minimisés. Ils correspondent
à la totalisation des procédures judiciaires
(plaintes, affaires sur initiative) recensées dans
un outil statistique commun à la police et à
la gendarmerie : « l'état 4001 ». Sous
la pression de la « « culture de résultats
» mise en exergue par le ministre, les policiers et
les gendarmes sont évidemment incités à
minimiser leurs chiffres de la délinquance par des
moyens divers : demander aux victimes à ne pas déposer
plainte mais à inscrire les faits sur main courante,
amalgamer différentes affaires (une seule procédure
pour plusieurs vols de voiture).
(2) Baisse marquée des « vols d'automobile
» : -18%.
(3) Dans le cadre de l'article 2 de la convention de
Schengen, la France a progressivement supprimé ses
contrôles aux frontières avec ses partenaires
européens depuis le 26 mars 1995. Tous les contrôles
aux frontières avec l'Italie, l'Espagne, l'Allemagne,
le Luxembourg et l'Espagne ont été démantelés.
Les effectifs des douanes et de la PAF étant affectés
à d'autre missions (par exemple la protection de
la Grande-Bretagne contre l'immigration illégale).
(4) 43 affaires de ce type concernant des ressortissants
chinois traitées en situation illégale ont
été traitées par la police judiciaire
en 2002.