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Alstom : les pouvoirs souverains
de la Commission doivent être remis en cause
par Georges Berthu, le 18 mai
2004
Les discussions entre le commissaire européen
à la concurrence, Mario Monti, et le ministre français
des finances, qui ont commencé l'été
dernier avec Francis Mer et se poursuivent aujourd'hui avec
Nicolas Sarkozy, approchent aujourd'hui de leur conclusion,
après bien des rebondissements. Nous ne connaissons
pas encore tous les détails du plan qui va être
retenu, mais ce qui est sûr c'est que : 1) même
si le démantèlement est évité,
la Commission va obliger Alstom à des cessions importantes
et douloureuses ; 2) ces discussions auront duré
presque un an, et ce délai est de toute façon
très mauvais pour l'entreprise Alstom.
Ce qui nous amène à deux
observations :
- Il semble que Nicolas Sarkozy soit en train
d'apprendre par l'expérience, après Francis
Mer et Jean-Pierre Raffarin, à quel point les pouvoirs
discrétionnaires de la Commission sont étendus,
et à quel point la marge de manoeuvre des ministres
nationaux, pourtant démocratiquement responsables,
est réduite. Il est triste de constater que nos dirigeants
découvrent cette situation d'abaissement national
seulement une fois installés derrière leur
bureau ministériel. S'ils en étaient davantage
conscients avant, peut-être comprendraient-ils mieux
notre démarche.
- Il apparaît aujourd'hui inadmissible
que la politique des aides publiques relève de pouvoirs
souverains de la Commission. Nous sommes d'accord pour reconnaître
que les aides publiques sont souvent condamnables, quand
elles servent à soutenir des "canards boîteux"
à la charge des contribuables. Mais ce n'est pas
le cas d'Alstom, qui est une magnifique entreprise n'ayant
rencontré des difficultés qu'en raison d'erreurs
de gestion accidentelles de ses dirigeants précédents.
Il revient aux Etats démocratiquement responsables
de faire le partage entre les aides souhaitables et celles
qui ne le sont pas. De toute façon, ils sont tous
immergés aujourd'hui dans la concurrence mondiale,
et ils ne peuvent plus faire n'importe quoi. Dans ces conditions,
les pouvoirs souverains de la Commission ne paraissent pas
justifiés, et il faut réformer complètement
la partie du traité concernant les aides publiques.