LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
P. de Villiers
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ACTUALITES GENERALES> NOUVELLES BREVES

La présidence autrichienne (vue de Pologne)
Le journal "Rzeczpospolita" du 28 juin 2006 nous présente à quelques jours de son terme, le bilan de la présidence autrichienne, dans un article intitulé "Centralisme à la Viennoise". Les Autrichiens ont conduit l'UE efficacement mais sans "feux d'artifices". Nous avons un budget, une constitution légèrement dégelée et la directive sur les services est en place. Le souci premier des Polonais est donc bien le budget car l'article commence ainsi : Pour la Pologne, la réussite de la présidence autrichienne se chiffre en dizaines de milliards d'euros. Sur la Constitution, la citation de Bronislaw Geremek (ancien bras droit de Lech Walesa) est déconcertante : "Personne ne dit plus que la Constitution est morte, mais que se termine la période de réflexion et qu'il faut commencer à agir". L'article traite enfin de la directive Bolkestein, affirmant que grâce aux efforts autrichiens pour parvenir à un accord, le plombier polonais a enfin obtenu le droit de réparer librement les robinets dans toute l'Europe !

Vers une équipe de foot européenne
Nous assistons (comme tous les quatre ans) lors de cette coupe du Monde à de belles démonstrations du sentiment d'appartenance nationale voire de patriotisme. Quand un homme (ou une femme) brandit son drapeau national, chante son hymne, et affiche fièrement son identité d'italien, d'anglais ou de suédois... La Coupe du Monde est un des rares moments où une nation entière se rassemble, vibre, crie et pleure suivant les résultats de son équipe. Ce sentiment national d'appartenance est naturel, mais ne devrait-on pas le faire disparaître ? Nous avons une monnaie, un Parlement, bientôt une Constitution, alors à quand l'équipe de foot de l'UE ? Imaginez une équipe dont les joueurs ne parlent pas la même langue, qu'ils jouent tantôt "physique", tantôt "tactique", tantôt "technique", qu'ils évoluent tous dans le championnat européen, qu'ils respectent la parité hommes/femmes et les quotas de minorités et enfin, qu'ils approuvent l'élargissement qui leur fera perdre leur place. Non, cette belle équipe au maillot bleu orné de 12 étoiles d'or s'alignera contre la Suisse en chantant l'hymne à la Joie de Beethoven. Il y a fort à parier que les supporter seront moins nombreux...

Culture et éducation au pays des "Islamistes modérés"
Tout le monde connaît les aventures de Winnie l'Ourson. Pourtant les enfants turcs en seront privés, la télévision publique ayant, en effet, décidé de retirer des programmes la version animée de l'œuvre (animée par les studios Disney). La raison ? La présence dans l'entourage du fameux Ourson de son ami Porcinet. L'animal peut paraître bien inoffensif, bien sûr, mais le cochon est un animal impur ! Déjà Miss Piggy du "Muppets Show" avait subit le même sort il y a quelques années. Que le chemin est encore long pour la Turquie...!

Illogisme du Parlement européen...
Le service de presse du Parlement européen prépare pour chaque session une petite plaquette pour en présenter les enjeux. Bien entendu, rien n'est laissé au hasard mais quand l'illogique frise le ridicule, on peut lire : "Diversité culturelle : l'Union européenne devrait bientôt s'exprimer d'une seule voix à l'Unesco." Mais alors, où donc est la diversité ?

Un débat sans contradictions !
La Commission européenne cherche, on le sait, à faire renaître la Constitution européenne morte mais toujours pas enterrée. Cette propagande payée par nos impôts à hauteur de 25 millions d'euros se nomme "Plan D" comme Dialogue, Débat et Démocratie. Il s'agit en fait d'un simple Détour pour arriver à faire passer le texte. De soi-disant débats sont donc organisés sous l'appellation "forums citoyens", dont un s'est tenu à Clermont-Ferrand le 20 avril. La question était de savoir comment rapprocher l'Europe de "ses" citoyens. La simple logique serait de répondre : que l'Europe respecte les aspirations des citoyens. Il n'en est rien ! La conclusion du forum, au cours duquel aucun représentant du "NON" n'a pu prendre part, est que "le NON n'est pas encore évacué". Or le NON (de droite comme de gauche) résulte précisément du projet européen et de la surdité bruxelloise.

Il n'y aura pas que le plombier !
Dans la presse polonaise (Rzeczpospolita, 14 mars 06), après l'annonce du gouvernement français d'ouvrir progressivement le marché du travail aux ressortissants des nouveaux Etats membres, on a pu lire : "France : à partir du 1er mai, 250 mille places de travail attendent les Polonais". La suite de l'article est tout aussi saisissante. On y apprend que "le manque de personnel nuit à la croissance de l'économie française. En conséquence, la nuit d'hôtel ou la restauration d'un appartement sont plus chers qu'ils ne pourraient être si la France permettait aux Polonais de travailler légalement." De même on apprend que la légalisation du travail des Polonais qui travaillent actuellement au noir rapporterait 50 millions d'euros. Cet exemple démontre une nouvelle fois la surdité du gouvernement. Celui ci, au lieu de remettre les Français au travail, va ouvrir un peu plus nos frontières aux travailleurs de l'Est. Cela va à l'encontre du choix des Français qui ont dit NON à cette Europe sans frontières le 29 mai dernier.

Bruxelles met en demeure la France de transposer dans sa législation nationale la directive européenne sur les OGM...
La France rechigne depuis 1990 (!) à transposer dans son droit national la directive européenne 90/219/CE relative aux organismes génétiquement modifiés (OGM) tant ceux-ci font l'unanimité contre eux dans notre pays : ainsi un sondage BVA pour l'association "Agir pour l'environnement", mené fin janvier 2006, révèle que 72 % des Français sont "favorables à un référendum sur la réglementation des OGM en France" et que 74 % attendent de leur député "qu'il interdise les cultures d'OGM en appliquant strictement le principe de précaution". Mais c'était sans compter avec les sanctions bruxelloises qui aujourd'hui pointent leur nez : la Commission européenne, perdant patience, a déposé auprès de la Cour de justice une nouvelle plainte contre la France demandant cette fois une astreinte de 168 800 euros par jour ! Énorme dilemme pour nos gouvernants qui ont toutefois, comme d'habitude, capitulé devant les institutions bruxelloises : ainsi, un projet de loi, élaboré dans le secret et sans concertation préalable des professionnels du secteur, a été présenté en Conseil des ministres le 8 février dernier. De nombreuses critiques peuvent d'ores et déjà être mentionnées : il ne notifie pas l'obligation de "précaution" alors même que la directive européenne la mentionne ; il renvoie la responsabilité de contamination des cultures traditionnelles par des OGM aux seuls exploitants et non aux multinationales qui fabriquent ces produits ; il protège le "caractère confidentiel" des informations communiquées par les producteurs d'OGM à l'administration, acceptant d'emblée de ne pas rendre publiques les analyses toxicologiques menées sur les animaux (comme on a déjà pu le voir avec le MON 863) ; enfin, il pourra faire l'objet de décrets ultérieurs, laissant à la seule administration la possibilité de prendre de nouvelles décisions, sans consultation préalable des parlementaires... Ce projet de loi sera ensuite présenté en mars au Sénat puis débattu à l'Assemblée Nationale en mai. Certes il n'est pas question de se tenir par principe à l'écart d'une technique qui peut être porteuse d'espoir pour l'alimentation de l'humanité ; toutefois, il s'agit d'être très prudents face à l'insuffisance de nos connaissances sur la manipulation du génome à long terme afin de ne pas de nouveau placer nos agriculteurs dans une situation dans laquelle l'opinion publique les rendrait responsables d'un risque sur la santé humaine, comme on a déjà pu le voir avec les farines animales et le Gaucho.

Des fonds pour les envahisseurs...
Comme chacun sait, Chypre est divisée entre un sud indépendant et un nord occupé illégalement par la Turquie, et ce malgré de nombreuses condamnations internationales. A toute fin de réunifier ces deux territoires, un référendum a été proposé en avril 2004 aux Chypriotes turcs et aux Chypriotes grecs. Or ces derniers ont rejeté massivement le plan de réunification proposé par les Nations unies et l'Union européenne au motif que non seulement il leur imposait des conditions iniques mais de plus il était extrêmement favorable au camp turc. Cela n'a pas empêché la Commission européenne de montrer clairement ses préférences et d'allouer quand même à la partie turque l'aide de 259 millions d'euros initialement prévue en cas de réunification, allant même jusqu'à ouvrir un bureau de représentation dans cette partie du territoire occupée illégalement par la Turquie ! Mais les signes accordés à l'envahisseur ne s'arrêtent pas là : le Conseil de l'Union européenne vient d'approuver, sans débat, un règlement qui met en place un instrument de soutien financier au développement économique de la communauté chypriote turque pour un montant de 139 millions d'euros, règlement qui a recueilli, bien entendu, l'assentiment du commissaire à l'élargissement, Olli Rehn...

Prolifération de la "sous-traitance" en Europe...
La directive Bolkestein n'a pas encore été adoptée officiellement par le Parlement européen qu'on voit déjà fleurir avant l'heure quelques uns de ses effets pervers. Ainsi, en Belgique, de "faux indépendants", détachés par des entreprises polonaises ou issus des nombreuses sociétés d'intérim qui s'implantent sur le sol belge, se font embaucher sur les chantiers à la moitié du salaire minimum local (5 ou 6 euros de l'heure). Des prospectus vantant les mérites des travailleurs polonais ont même été distribués aux PME sur le thème : "Nous vous proposons des ouvriers polonais à un tarif extrêmement bas, dans un cadre légal. Nos ouvriers sont motivés et travaillent dur" (Le Figaro, 8.02.2006). Voilà un exemple qui illustre bien le dogme de la Commission européenne d'une Europe libérale dans laquelle les législations des 25 Etats membres sont mises en concurrence, donnant lieu à un dumping social inacceptable.

La troisième force du Parlement européen ?
Le clivage gauche/droite bien connu des citoyens en France ne peut avoir son pendant au Parlement européen au sein duquel la seule distinction lisible pour les peuples ne peut être que fédéraliste/souverainiste. C'est pourquoi l'initiative du nouveau leader des Tories, David Cameron, paraît tout à fait légitime : il souhaite en effet que les 27 députés européens eurosceptiques de sa formation quittent au plus vite le groupe du Parti Populaire Européen et des Démocrates Européens (PPE-DE, UMP en France) dont les aspirations sont en contradiction flagrante avec les leurs. Il est vrai que si les Britanniques siégeaient jusqu'à présent au sein du PPE, ce n'était que pour des raisons bassement financières et de pouvoir, le PPE étant le premier groupe du Parlement européen en terme de députés (264), ce qui lui procure un financement plus important, des postes de responsabilités tant à la tête de l'assemblée que dans les commissions parlementaires, des personnels en plus grande quantité, un temps de parole plus élevé, des rapporteurs en plus grand nombre etc... Toutefois, pour être en adéquation avec les valeurs qu'il défend, David Cameron souhaite constituer avec d'autres souverainistes un grand groupe - qui pourrait devenir la troisième force du Parlement européen - susceptible de mieux influer sur les décisions de l'assemblée. Ce serait, à n'en pas douter, un signe fort en direction des citoyens qui ont besoin de repères faciles et visibles !

Les députés européens n'ont qu'à bien se tenir...
A-t-on jamais vu un hémicycle parlementaire sans débats un peu houleux, sans échanges verbaux virulents d'un banc politique à l'autre, sans interruption de séances due à un mécontentement généralisé d'une frange parlementaire ? Les débats à l'Assemblée Nationale en sont un exemple type : c'est bien parce qu'il y a un débat démocratique ouvert, donc un échange d'avis, de propositions diverses, d'intérêts divergents que le ton monte de temps en temps, permettant à chacun des élus de laisser s'exprimer la défense des intérêts de ses électeurs. Mais le Parlement européen ne l'entend pas de cette oreille : les débats au sein de son hémicycle doivent être dénués de tous sentiments, et notamment "souverainistes". Or depuis l'entrée des dix nouveaux pays au 1er mai 2004, le souverainisme a largement progressé au sein de l'assemblée européenne et ce n'est pas du tout du goût des fédéralistes qui souhaitent au plus vite cadenasser les voix de ces gens qui n'ont de cesse de critiquer la fuite en avant de l'Union ! Rien de plus simple : il a suffi de modifier le règlement de l'institution et de réprimer les incidents en les sanctionnant par des blâmes, des suspensions temporaires du député incriminé, voire la perte de son indemnité de séjour... A bon entendeur, salut ! Vous n'avez qu'à entrer dans le moule ou vous taire.

Les Italiens se rebiffent contre l'unification linguistique...
Les institutions bruxelloises grignotent un peu plus chaque jour les langues officielles de l'Union, tentant d'instituer un régime linguistique aussi réduit que possible, voire unilingue. C'est ainsi que de très nombreux documents de travail et de recrutement du personnel, les avis de concours et autres communications d'intérêt général des citoyens ne sont plus disponibles qu'en anglais ! Cet état de fait a tendance à froisser, pour ne pas dire énerver, les Italiens qui ont ouvertement et publiquement rappelé la Commission européenne à ses devoirs en insérant sur la page d'accueil du site Internet de la Représentation permanente italienne auprès de l'UE une rubrique intitulée "L'italiano nell'UE". Le message délivré est éminemment clair : "La traduction vers sa propre langue est un droit prévu par le Traité qui fonde la Communauté européenne ; les Pays membres et leurs citoyens s'attendent également à recevoir ce service en échange des contributions versées au budget communautaire"... (http://www.italiaue.it). Saluons cette heureuse initiative qui remémore une fois de plus à la Commission européenne que l'objectif de l'Union n'est pas de tout unifier au mépris des peuples, de leurs coutumes et de leurs traditions !

Amende disproportionnée pour la France...
En 1991, ayant constaté en France des insuffisances dans les contrôles des maillages des filets de pêche et la vente de poissons sous-taille, notamment du merlu, la Commission européenne avait saisi la Cour européenne de justice. Par un arrêt rendu le 12 juillet 2005, cette dernière a condamné la France à une amende de 20 millions d'euros, déjà versée, et l'a mise en demeure de respecter la législation communautaire sous peine d'une astreinte de 57 millions d'euros par période de six mois. Seulement sept mois après cette condamnation, et bien que "la Commission ait reconnu les progrès accomplis par la France", elle vient de demander la mise en oeuvre de l'astreinte, l'accusant de n'avoir pas rempli toutes ses obligations ! Encore un bel exemple d'une Europe disciplinaire et incohérente...

Des normes européennes au rabais...
En France, la marque "NF" est bien connue du public : elle est le gage d'un label de qualité, de sécurité, de fiabilité et de performances élaboré en concertation avec les prestataires de services, les associations de consommateurs et les pouvoirs publics. En effet, l'Association Française de Normalisation (l'AFNOR) soumet les produits à des normes très exigeantes, obligeant les professionnels à un contrôle régulier et à un suivi rigoureux, ce qui est d'autant plus important quand il s'agit de la sécurité des installations domestiques au gaz. Or la Commission européenne a décidé de mettre en oeuvre sa propre norme gaz, intitulée "EN 14800", qui répondra bien entendu à un ensemble de prescriptions techniques définissant les caractéristiques du produit mais qui sera édictée dans le seul but de standardiser et de garantir les modes de fonctionnement du produit sans aucun contrôle ultérieur, ce qui inquiète grandement les professionnels du secteur. Ainsi Thibault Lanxade, Président de Gazinox, filiale de Butagaz et de Gaz de France, déclarait-il récemment : "Un vrai danger se profile avec la norme européenne sur la sécurité des installations domestiques" ajoutant que "les tuyaux de gaz auront la marque "CE" mais ce n'est qu'un simple visa de sécurité et non un véritable label de qualité" (La Tribune, 10.01.2006). De plus, les professionnels ont eu beau intervenir auprès du commissaire en charge des entreprises et de l'industrie, Günter Verheugen, leurs préoccupations n'ont pas été prises en compte et la norme verra bientôt le jour... Voilà bien la politique qui prévaut en Europe, celle du "moins-disant" !

Des partis politiques européens en quête de légitimité...
Avez-vous déjà entendu parler d'un "parti politique européen", de son action, de ses membres ? Et pourtant ils existent depuis janvier 2004, date de la mise en oeuvre d'un règlement définissant leur statut et leur financement qui est du ressort des contribuables. Or, le Parlement européen souhaite aujourd'hui apporter une série de modifications à ce règlement afin de rendre plus souples encore les règles s'appliquant au financement : le rapporteur propose de porter le versement des crédits à 80 % de l'aide financière dès la signature de l'accord de paiement (au lieu de 50 % aujourd'hui), d'introduire plus de flexibilité dans l'utilisation des fonds, c'est-à-dire de pouvoir reporter une partie des crédits d'une année sur l'autre et de transférer des dépenses d'une catégorie éligible sur l'autre (personnel, administration, infrastructures, réunions, représentation et information), enfin de prévoir plus de souplesse dans l'utilisation interne des crédits. Rappelons que pour devenir un "parti politique européen", il suffit d'avoir des élus dans des parlements nationaux ou régionaux dans au moins un quart des pays membres et d'en faire tout simplement la demande ! De plus, le rapporteur souhaite élargir le débat sur les partis politiques à la possibilité de constituer des "listes transnationales" pour les élections du Parlement européen afin de contribuer à la formation d'une opinion publique européenne ! Non seulement le financement de "partis politiques européens" nous paraît discriminatoire à l'égard des partis politiques nationaux et gaspiller l'argent des contribuables alors que personne ne sait véritablement à quoi ils servent, qui les contrôlent, quels en sont les adhérents, mais de plus comment croire un seul instant que des "partis politiques européens" ou des "listes transnationales" puissent trouver une certaine légitimité aux yeux des peuples alors même que ceux-ci considèrent l'assemblée de Strasbourg comme trop éloignée de leurs préoccupations et qu'ils n'en reconnaissent que très peu d'élus - pour qui ils votent pourtant au suffrage universel ?

L'euro au banc des accusés...
Le résultat du sondage réalisé en octobre 2005 par TNS Sofres c/o EOS Gallup Europe à la demande de la Commission européenne est sans appel : 93 % des Européens de la zone euro déclarent que l'introduction de la monnaie unique "a accentué la hausse des prix" et 75 % des citoyens des nouveaux Etats membres, avant même d'intégrer la zone euro, redoutent des "abus et des tricheries sur les prix". De même, alors que les promoteurs de la monnaie unique affirmaient qu'elle serait non seulement un instrument économique permettant une embellie de la croissance, une réduction du chômage - ce qui s'est avéré totalement faux ! - mais également un instrument politique capable de créer une identité européenne, 18 % seulement des citoyens de la zone euro ont le sentiment que l'euro leur a permis de se sentir "un peu plus européens" alors que 78 % pensent que cela n'a "rien changé". Voici un bien piètre résultat pour une unification monétaire qui se devait être, selon les thuriféraires de l'Europe, un symbole de puissance. Et que ces thuriféraires auraient bien fait d'écouter Philippe de Villiers qui les avait mis en garde contre les tensions que l'euro ne manqueraient pas de faire naître, l'unification monétaire étant inadaptée à la situation de l'Europe où coexistent des peuples distincts avec des économies spécifiques !

Ingérence de la Commission européenne dans la politique d'immigration
Alors que la France souffre de deux grands maux, le chômage et l'immigration, la Commission européenne, qui veut avoir une main mise dans tous les domaines, vient de relancer sa vieille idée de "quotas d'immigrés". Elle a ainsi adopté, le 21 décembre dernier, un "programme d'action" pour la période 2006-2009 par lequel elle entend encadrer et organiser "l'immigration légale". Même si le Commissaire en charge de la justice, de la liberté et de la sécurité, Franco Frattini, s'est empressé de reconnaître, devant la levée de boucliers de certains Etats membres, qu'il s'agit "d'une stratégie politique qui respecte totalement le principe de subsidiarité, laissant aux Etats membres le soin de déterminer la quantité de travailleurs migrants à admettre", il y aura tout lieu d'être vigilants quant au devenir de cette ingérence, ledit Commissaire ayant par ailleurs déclaré que cette politique "ne pourra être mise en place que progressivement, ce qui signifie que, au moins dans un premier temps, la législation laissera une grande marge d'action aux Etats membres" !

L'euroscepticisme gagne du terrain...
Une enquête d'opinion réalisée entre le 10 octobre et le 5 novembre 2005 par TNS Opinion&Social pour la Commission européenne (Eurobaromètre 64) dans 30 pays (25 Etats membres, les deux pays adhérents (Bulgarie et Roumanie) et les deux pays candidats (Croatie et Turquie)) fait entrevoir une nouvelle baisse de confiance des citoyens à l'égard de l'Union européenne. 44 % seulement des sondés ont une image positive de l'Europe (- 3 points depuis le printemps et - 6 depuis l'automne 2004). L'étude révèle également que l'Autriche, pays qui vient de prendre la présidence de l'UE au 1er janvier dernier, se classe désormais en tête des pays dont les citoyens sont les plus eurosceptiques (seulement 32 % pensent que l'appartenance de leur pays à l'Union est "une bonne chose", - 5 points) alors que ce classement de tête était jusqu'alors réservé au Royaume-Uni (34 %, - 2 points). Certains pays enregistrent même une baisse très forte de bonnes opinions par rapport au printemps 2005, et ce même parmi les nouveaux Etats membres : la Belgique (59 %, - 8 pts), l'Estonie (41 %, - 7 pts), la Finlande (38 %, - 7 points), la Slovénie (43 %, - 6 pts), la Lettonie (36 %, - 6 points), la France (46 %, - 5 pts), la Suède (39 %, - 5 points). On apprend enfin que 26 % seulement des sondés ont le sentiment d'être impliqués dans les affaires européennes, tandis que 47 % souhaiteraient être impliqués davantage ! C'est bien le reflet du vote du 29 mai qui apparaît ici : les citoyens ont le sentiment que l'Europe se construit sans eux.

OGM : les études scientifiques, même accablantes, n'empêchent pas leur mise sur le marché ...
Comme d'habitude, le 2 décembre dernier, les ministres de l'Environnement de l'Union européenne ne sont pas arrivés à réunir la majorité qualifiée requise pour approuver ou rejeter la mise sur le marché du maïs génétiquement modifié de la multinationale américaine Monsanto, l'hybride MON 863x810 (notons que la France a voté "pour" !). Ce sera donc la Commission européenne, comme la procédure le prévoit, qui statuera en dernier ressort, ayant d'ores et déjà laissé entendre qu'elle autoriserait dans les plus brefs délais l'importation et la mise sur le marché de ce maïs à des fins d'alimentation animale. Or, cette décision serait d'autant plus scandaleuse que la Commission européenne sait pertinemment que le MON 863 a fait l'objet d'une étude d'évaluation des risques particulièrement accablante (étude que Monsanto exigeait de tenir secrète mais que la Cour supérieure administrative de justice de Münster (Allemagne) lui a imposé de rendre publique par décision du 20 juin 2005). Ce rapport a en effet révélé que le MON 863 a des effets particulièrement nocifs sur les rats qui ne l'ont pourtant ingéré que sur une durée très courte (90 jours) : augmentation des globules blancs indiquant des infections et inflammations, ainsi que des changements dans la structure des reins et du foie des animaux. On n'ose imaginer les effets à plus long terme sur les métabolismes des animaux et des humains !
"Nous ne connaissons pas les effets à long terme des aliments à base d'OGM et en l'absence d'informations sur ces effets, notre position est de ne pas accepter même une semence" affirmait récemment le ministre zimbabwéen de la Santé, David Parirenyatwa, ajoutant "que le Zimbabwe effectuait des recherches sur les aliments à base d'OGM". Que voilà une sage décision et une précaution bien utile que nos gouvernants européens devraient méditer avant qu'un nouveau fléau ne s'abatte sur les populations !

La liberté d'expression en danger en Europe et en Turquie
La liberté de s'exprimer est fondamentale, il suffit d'en être privé pour s'en rendre compte. Or il devient de plus en plus difficile de s'exprimer librement. Le directeur de la rédaction de France-Soir vient d'en faire les frais de manière ahurissante. Nous n'encourageons personne à caricaturer les croyances religieuses mais relater de simples faits à ce sujet n'est pas une offense. Ce qui frappe également dans cette affaire est que les musulmans paraissent plus zélés que les chrétiens lorsqu'il s'agit de défendre l'honneur de leur religion. Il faut dire que les restrictions de la liberté d'expression dans le monde musulman réduisent notoirement ce type de conflits. A titre d'exemple l'écrivain turc Orhan Pamuk vient d'échapper de très peu à un procès pour "offense à la nation turque" (article 301 du nouveau code pénal). Cette affaire médiatisée en Occident en cache probablement bien d'autres plus graves dont on n'a pas connaissance.

Du défini à l'indéfini
Les étrangers qui apprennent notre langue vous le diront: une des grandes difficultés pour eux est l'usage des articles définis et des indéfinis. Le Parlement européen dans sa propagande pour nous faire avaler LA constitution nous montre qu'au contraire il manie ces articles à la perfection. Le site internet de cette institution nous apprend en effet que les "eurodéputés" souhaitent UNE constitution en 2009. C'est bien là un jeu de mots car les Français et les Néerlandais en repoussant LE "traité établissant UNE constitution pour l'Europe", ont rejeté l'idée même d'UNE constitution pour l'Europe.

La langue allemande, facteur de l'unité de l'Allemagne
Cette affirmation pourrait paraître assez superficielle si elle ne cachait pas un véritable problème qu'ont à résoudre nos voisins allemands. Dans nombre d'établissements scolaires les écoliers d'origines étrangères ne se comprennent pas puisqu'ils ne parlent pas la même langue. Une école en accord avec les parents d'élève a imposé l'usage de l'allemand dans la cour de récréation. Les résultats après quelques mois sont assez positifs avec une baisse des comportements violents. Il est quand même temps de s'apercevoir que le strict minimum de l'intégration (sans parler d'assimilation) est de connaître la langue de son pays d'accueil. C'est entre autres une condition pour obtenir la nationalité suisse (test à l'appui), et c'est également ce que vient de mettre en place le Land de Bade-Wurtemberg. D'autres chiffres en provenance d'Allemagne sont également très riches d'enseignements. On apprend par exemple que pour 20% des musulmans vivant en Allemagne, la seule source du droit est le Coran, cela représente donc près de 2 millions de personnes. 25 % des adolescents musulmans estiment qu'il est légitime de recourir à la force contre sa femme pour régler un différend conjugal (contre 5% dans le reste de la population). Enfin selon les mêmes analyses les plus jeunes (de la troisième génération) sont les plus rebelles aux programmes d'intégrations et restent les plus acharnés pour défendre leurs traditions et coutumes.

Les professions libérales dans le collimateur de Bruxelles...
La "concurrence libre et non faussée", ce thème si cher à la Commission européenne, continue sa progression. Ainsi, l'institution bruxelloise a publié, le 5 septembre dernier, une communication dans laquelle elle dénonce des "restrictions à la concurrence" dans six professions libérales : avocats, notaires, ingénieurs, architectes, pharmaciens et comptables, pointant du doigt les prix fixes ou recommandés, les règles en matière de publicité, les conditions d'accès et les droits réservés, les réglementations régissant la structure des entreprises et les pratiques multidisciplinaires. De plus, et comme pour donner raison à la Commission, la Banque mondiale, dans son rapport "Doing Business", met en cause les systèmes judiciaires de tradition latine (droit civil), s'élevant contre leur lenteur, leur complexité et leurs coûts élevés, par rapport à ceux des pays de tradition anglaise ("common law"). Voilà tout est dit ! Car ce qui est en cause en réalité ce sont bien les modèles de société, le modèle français contre le modèle anglais ultra-libéral. Face à ces attaques en règle, 1 300 notaires européens se sont réunis, pour la première fois, les 10 et 11 novembre derniers à Rome sous la présidence de Maître Claude Jaquet, notaire à Paris. Ce dernier a vivement critiqué l'incohérence de Bruxelles déclarant : "D'un côté on nous dit haro sur le notaire ! Libéralisez, ouvrez les professions, mais de l'autre on compte de plus en plus sur lui, officier public représentant de l'Etat, pour participer par exemple à la lutte contre le blanchiment". Il poursuit en indiquant : "On reconnaît aussi l'intérêt de l'acte authentique en lui donnant partout dans l'Union européenne la même force qu'à un jugement". Il conclut en affirmant : "Il faut savoir ce que l'on veut". Mais il reconnaît explicitement que le problème réside surtout dans le fait que l'on est "en présence de deux conceptions juridiques qui s'opposent, celle des pays de droit romano-germanique, de droit écrit fonctionnant sur la preuve écrite, et celle des pays anglo-saxons, de droit jurisprudentiel et de preuve libre (...) chacun correspondant à des cultures différentes". C'est bien le conflit dans lequel se démène l'Europe actuellement : quelle Europe voulons-nous, celle ultralibérale que Tony Blair essaie actuellement d'imposer à l'occasion de sa présidence de l'Union européenne, ou celle d'une Europe respectueuse de ses nations ? Mais également, de quel niveau d'Europe avons-nous besoin ?

La cour de justice contre les Etats
Suite à deux décisions de la Cour Européenne de Justice (CEJ) prises au mépris des règles communautaires et démocratiques et visant à accroitre les compétences de l'Union, le Chancelier autrichien, dont le pays vient de prendre la présidence tournante de l'UE pour 6 mois, a vivement réagit. Cette réaction passée sous silence en France a été commentée dans divers pays. Le quotidien polonais "Rzeczpospolita" du 16 janvier, précisant que chaque année sans publicité, les juges de Luxembourg prennent de nouvelles compétences aux Etats, rapporte les propos suivant de Wolfgang Schüssel : "Si nous ne disons pas STOP maintenant, nos pays cesseront finalement d'être souverains". Cependant, ce même Chancelier ajoute qu'il souhaite "joindre aux discussions sur l'avenir de la constitution européenne le problème de la limitation des compétences des juges de Luxembourg". Malgré sa prétention à faire renaître un texte qui devrait être bel et bien mort, il pose la question fondamentale de la place de la CEJ dans le système communautaire et de l'importance des ses décisions. Il était temps que quelqu'un le fasse.

Ancrage libéral de la Commission et perte d'influence de la France...
Force est de constater que la Commission européenne, pour sa part, a choisi la voie qu'elle souhaite pour l'Europe : un ancrage libéral que les dernières nominations confirment amplement et pour lesquelles les Britanniques crient victoire, le Daily Telegraph titrant "Les Thatchériens prennent le pouvoir en Europe". Ainsi, le jeu de chaises musicales auquel vient de se livrer l'institution européenne pour 17 de ses 35 plus hauts fonctionnaires a eu pour conséquence de donner les rênes des plus importants portefeuilles à un aréopage anglo-saxon aux convictions libérales accentuées : l'Irlandaise Catherine Day, ancienne collaboratrice du très libéral Sir Leon Brittan, est nommée Secrétaire Générale alors que son prédécesseur à ce poste, David O'Sullivan, prend la direction générale du Commerce ; la DG Élargissement est confiée au britannique Michael Leigh, partisan de l'adhésion turque, alors que 4 autres DG clés sont déjà aux mains de ses compatriotes : Concurrence, Justice et Affaires intérieures, Santé et Protection des consommateurs, et enfin Politique régionale. Par contre, le Français, François Lamoureux, patron de la DG Transports et Énergie qui s'opposait à la libéralisation à tout prix de son secteur, a été mis sur la touche alors que Françoise Le Bail, qui occupait jusqu'à présent le poste très envié de porte-parole de la Commission, est rétrogradée au poste de directrice adjointe de la DG Entreprise. Seule consolation pour la France, dont la perte d'influence est flagrante, elle obtient la DG Agriculture qui a été confiée à Jean-Luc Demarty. Toutefois, pour certains experts, c'est une erreur stratégique de la France que de s'être battue pour ce poste car "ce département était influent autrefois, quand il fixait les prix et les quotas, mais aujourd'hui c'est fini ! Sur le plan tactique, l'avenir de l'agriculture se joue ailleurs : à la direction du commerce" ! Un constat qui laisserait à penser que la France est tombée dans les oubliettes de l'Europe grâce à une stratégie parisienne complètement dénuée de sens !

La Constitution est morte, vive la Constitution !
Le rejet massif de la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas n'aura pas provoqué de choc chez les "eurodéputés" qui sans perdre une minute ont remis le texte sur la table. Le Parlement européen se prononçait jeudi 18 janvier sur un rapport de deux députés fédéralistes. Ce fameux rapport Duff et Voggenhuber n'a pas de valeur juridique contraignante mais une portée symbolique non négligeable. Plus des trois quarts des députés ont voté pour. Or que dit-il ce rapport ? Tout simplement que l'on ne peut pas se passer de la Constitution et par conséquent que l'on se passera de l'accord des principaux concernés, à savoir les peuples souverains. Le texte méprisant les électeurs et la démocratie en général propose de "garantir en tout état de cause l'entrée en vigueur du texte en 2009" On croît rêver! Seules indications absentes du rapport; les subterfuges et tours de passe-passe vicieux destinés à nous faire avaler la couleuvre en douceur. Dès à présent les députés souverainistes (notamment au sein du groupe Indépendance et Démocratie) veilleront à contrer toute tentative de résurrection forcée du texte mort en France et enterré au Pays-Bas au printemps 2005.

OGM : la Commission ayant les mains libres pour autoriser les mises sur le marché...
Connaissant parfaitement les risques politiques liés aux OGM, les consommateurs y étant très largement opposés, les Etats membres avaient décidé d'introduire, en 2002, dans le texte de la directive, une procédure leur permettant de se défausser. Ainsi, si le Conseil ne parvient pas à s'entendre, c'est la Commission qui statue en dernier ressort... C'est par ce biais hypocrite mais bien pratique pour les gouvernements que l'institution bruxelloise vient d'autoriser de son propre chef l'importation et la mise sur le marché du maïs génétiquement modifié 1507 du groupe américain Pionner Hi-Bred International/Mycogen Seeds. Voici donc un nouveau venu dans la liste déjà longue d'OGM mis sur le marché : le maïs NK 603, le maïs MON 863, le colza GT 173, le maïs BT-11... Encore une décision prise à l'encontre des peuples qui ont pourtant exprimé clairement leur farouche opposition à ces organismes dont l'incertitude quant aux risques sur la santé humaine demeure !

Le Président Chirac pris au piège
On connaît depuis longtemps les talents du président de la République pour faire des promesses électorales. Bien souvent, on connaît la suite... Or il est de ces promesses dont on savait, dès l'origine, qu'elles ne pourraient pas être tenues. C'est le cas de la baisse de la TVA sur la restauration. Le candidat Chirac n'ignorait pas qu'une telle décision, engageant le budget communautaire (même pour une part infime), serait subordonnée à l'accord des autres Etats européens. Cet accord étant pour le moment impossible le Président nous annonce avec un certain culot qu'il n'est pas responsable. Mais qui a promis ? Qui s'engage sans cesse pour plus d'Europe ? Chirac est tombé dans son propre piège, mais qu'importe, le déclin politique du Président date de sa réélection. Lors des prochaines présidentielles, il s'agira plutôt de ne pas se laisser bercer par de belles promesses dont on nous dira par la suite et par commodité que la réalisation est impossible à cause...de Bruxelles. Soyons donc vigilants !

L'Europe giscardienne, du rêve au cauchemar
Le genre littéraire qui réussit le mieux à M. Giscard d'Estaing - après des essais hasardeux dans le genre du roman ou du traité constitutionnel - semble être le bon mot. On rapporte qu'il a récemment lancé celui-ci : "au Ciel, le policier est anglais, le mécanicien allemand, le cuisinier français, l'amant italien, et l'administrateur suisse. En enfer, le policier est allemand, le mécanicien français, le cuisinier anglais, l'amant suisse, et l'administrateur, italien !"...et le garde-frontière, turc ?

Pédagogie
On sait que l'Assemblée nationale vient d'adopter une enveloppe budgétaire conséquente pour financer la "pré-adhésion" de la Turquie, avec le soutien des élus de l'UMP et de l'UDF. A l'autre bout du tuyau, le Parlement européen, jugeant que 270 millions d'euros n'étaient pas suffisants, vient d'augmenter ce montant de 70 millions d'euros supplémentaires. Echaudés par la volée de bois vert qu'ils venaient de recevoir à Paris, les eurodéputés UDF et UMP ont préféré, cette fois-ci, voter contre cet amendement ou s'abstenir.

Lost in translation
On peut se demander parfois s'il n'existe pas une 21ème langue officielle de l'Union européenne, celle de la Commission. Une conférence était prévue le 25 novembre, sur le thème "L'adhésion de la Turquie et les frontières ultimes de l'EU" ("EU" pour... European Union, on appréciera la "traduction"). L'intervention de M. Jean Durieux, conseiller spécial de la Commission et ancien directeur général des Relations extérieures, est ainsi annoncée : "L'option turque est-elle le test d'une vocation européenne renaissante à l'exercice d'une fonction active dans le jeu des puissances globales du XXIème siècle ?".

Nouvelle frontière
Le cinquième comité de coopération parlementaire entre l'UE et l'Azerbaïdjan, les 17 et 18 novembre à Strasbourg, a conclu à l'intérêt mutuel des deux parties à l'intégration de l'Azerbaïdjan dans les structures communautaires. Les citoyens azerbaïdjanais et européens partageraient, en effet, toujours selon ce comité, une destinée commune. On n'ose imaginer laquelle... pas plus que l'on ne sait quel mot les concepteurs de ce projet ne comprennent pas dans "limites orientales de l'Europe".

Objectivité
Tandis que l'Europe se dilatait à Strasbourg, au même moment à Bruxelles, la session plénière du Comité des Régions de l'UE apportait à la "Constitution européenne" un "oui massif et déterminé", selon les termes de son président, M. Peter Straub. Celui-ci, dans le même souffle, appelle maires et présidents de collectivités locales en Europe à organiser des campagnes d'"information" et d'"explication" sur ce texte. C'est à peine désormais si la volonté d'embrigader les institutions dans les actions de propagande se cache.

Paniers percés
La Commission européenne s'est toujours montrée soucieuse, lors des processus d'adhésion, de vérifier les capacités de bonne gestion des candidats. C'est aujourd'hui la Cour des comptes européenne qui doute, dans son rapport du 16 novembre, des capacités de la Commission à gérer les programmes européens. La fraude au budget communautaire aurait doublé en 2 ans. Accusés : les nouveaux Etats membres. Par exemple, de graves problèmes persistent sur l'Initiative Interreg pour la coopération transfrontalière (de loin la plus importante financièrement pour la période 2000-2006), du fait des manques de la Commission : absence d'évaluation préalable des besoins, documents de travail pour les Etats publiés trop tard, objectifs vagues et non mesurables, zones trop étendues pour une coopération effective, critères d'appréciation des propositions des Etats insuffisamment préparés, durée d'examen de ces propositions plus longue que prévue, financement de projets se résumant à des échanges d'expériences sans débouchés concrèts... Le contribuable européen appréciera.

Clairvoyance
Comme vient de le découvrir M. Barrot, certains, au Parlement européen ont un peu de mémoire, et les déclarations des commissaires, comme certains vins, développent à la longue une saveur que rien ne laissait présager. Prenons par exemple, cette déclaration de Jacques Santer, l'ancien Président luxembourgeois de la Commission européenne, parue dans le Financial Times du 1er décembre 1996 : "... Londres sera soumis de la part du patronat et des institutions financières britanniques à des pressions irrésistibles pour entrer dans l'Union économique et monétaire,(...) aucun gouvernement britannique - travailliste ou conservateur, ne pourra résister à ces pressions", et, visonnaire, d'ajouter "à l'horizon 2003 l'union monétaire existera et la Grande-Bretagne en fera partie" mais que "l'élargissement ne pourrait concerner qu'un ou deux des pays d'Europe centrale et orientale". Un aigle.

Prix de camaraderie
Lors de sa session plénière du 17 novembre, le Parlement européen a approuvé une proposition d'aide financière de 259 millions d'euros à la communauté chypriote turque. Ceci revient à financer d'autant les forces turques d'occupation installées dans cette partie de l'île depuis 1974 au mépris du droit international, et à soutenir ce faisant l'occupation d'une partie du territoire d'un membre de l'Union européenne. Principal motif invoqué : ne pas pénaliser la communauté turque qui avait, contrairement à la partie grecque, massivement voté pour la réunification de l'île le 24 avril dernier. A 259 millions d'euros, le prix de camaraderie devient intéressant...

Fumeux
Dans son rapport du 16 novembre, la Cour des comptes européenne critique la réforme de l'organisation commune des marchés (OCM) du tabac opérée en 1998. Cette réforme repose sur des données peu fiables, entraînant des analyses biaisées qui débouchent sur des mesures "largement inadaptées dès le départ" et "inefficaces dans de nombreux domaines". Elle a de plus fait l'objet, toujours selon la Cour des comptes, d'un suivi insatisfaisant par la Commission. La Commission n'en a pas moins estimé que cette réforme avait atteint son but, preuve que les eurocrates savent parfois se fixer des ambitions modestes.

Bon voisinage
Un rapport de la fondation allemande Friedrich Ebert Stiftung ("Exporter la stabilité à une Europe élargie : d'une Union défaillante à des Etats délabrés") souligne la très faible capacité de l'Union européenne à transformer ses voisins en économies de marché démocratiques. L'instrument de loin le plus efficace à cette fin, l'intégration, est loin de donner pleine satisfaction, et n'est pas adapté à tous les pays. Les autres instruments (libéralisation, aides, dialogue politique, politique d'immigration, etc) sont quant à eux inadéquats. Gageons, après cela, que l'adhésion turque serait la démonstration de la capacité de ses voisins à transformer l'UE.

L'Histoire communautarisée
L'enseignement de l'histoire est un enjeu politique majeur, et cela n'a pas échappé aux europiomanes les plus instruits. Ceux du Ministère de l'Education nationale ont entrepris de réaliser pour 2006 un manuel d'histoire franco-allemand. Cet ouvrage qui sera publié, avec le même contenu, dans les deux langues est destiné aux classes de seconde, première et terminale. Il est actuellement mis au point par huit historiens, quatre Allemands, quatre Français. L'objectif est clair, comme le déclare Jean-Louis Nembrini, inspecteur général de l'Education nationale : "De la même manière qu'en France la réflexion autour de l'histoire nationale a contribué à l'installation de la République, ce concept d'un manuel commun ne peut qu'aider à cimenter encore davantage le sentiment d'une unité européenne". Et d'ajouter "Dans l'idéal, il faudrait bâtir un ouvrage commun aux vint-cinq pays qui composent désormais l'Union européenne". Dans l'idéal ou dans le meilleur des mondes ?

Chômage linguistique
Le Président de la Commission des Transports vient d'annoncer que le Conseil a officiellement informé le Parlement européen qu'il est impossible de lui transmettre le moindre texte législatif traduit dans toutes les versions linguistiques, comme l'impose la procédure, avant... 6 mois. En clair, si le Parlement européen veut respecter la démocratie, qui impose que chaque parlementaire puisse étudier les propositions législatives qui lui sont soumises dans sa propre langue, il devrait cesser de fonctionner durant les six prochains mois. Il est difficile de croire, alors que l'élargissement a été programmé dans ses moindres détails depuis plus de dix ans, qu'il ne s'est trouvé personne pour prévoir ce genre de difficulté. Il est à craindre que cette crise ne soit en fait organisée afin de contraindre les parlementaires à travailler, comme d'autres institutions communautaires, dans trois ou quatre langues seulement.

Euro : la rigidité de Trichet
Comme la réalité, on ne le dira jamais assez, n'a pas de prise sur les eurolâtres, le lendemain même de l'aveu du déficit camouflé grec, Jean-Claude Trichet, Gouverneur de la Banque centrale européenne a rejeté par avance toute proposition d'assouplissement du fameux Pacte de stabilité. Certains milieux communautaires proposaient en effet qu'en période de crise, les Etats membres puissent développer des politiques contre-cycliques, afin de relancer leurs économies. Trichet, devant le Parlement européen, a rappelé que c'était là un tabou absolu. Il a également affirmé que la Banque centrale européenne n'avait pas l'intention d'entreprendre quoi que ce soit pour agir sur le taux de change euro/dollar.

Constitution : le Parlement européen se lance dans la bataille
Certains naïfs peuvent imaginer qu'un Parlement est le lieu où s'expriment et s'affrontent des idées variées et souvent opposées, et qu'il s'agit également d'une institution neutre qui n'a pas à promouvoir une position plus qu'une autre. Rien de tout cela au Parlement européen. Son Bureau vient en effet d'adopter un plan d'action pour marquer l'adoption de son rapport sur la Constitution européenne (Rapport Mendez de Vigo-Leinen) prévue en janvier 2005. Ce plan comporte : la promotion dans la presse européenne de tribunes signées de députés européens favorables au texte constitutionnel ; l'organisation, lors de la session qui vera l'adoption de ce rapport d'une "Semaine de la Constitution", comprenant le débat parlementaire lui-même, un débat avec des jeunes, des invitations adressées à des journalistes influents (comprendre notes de frais) ; des "actes symboliques", encore à définir, devant se dérouler à l'extérieur du bâtiment de Strasbourg, et bénéficiant d'une couverture télévisuelle adéquate afin de "marquer l'approbation de la Constitution européenne par le Parlement européen" ; ainsi qu'un concert donné par l'Orchestre Européen de la Jeunesse pour un coût d'environ 50.000 euros. Il est prévu que cette opération ne soit que le lancement d'une plus ample campagne de promotion, devant se dérouler entre la fin 2004 et 2006, destinée à faciliter la ratification de la Constitution européenne. Ce plan prévoit en particulier un volet de "lutte contre les contre-vérités et les distorsions sur la Constitution", qui comprend un suivi constant de la presse écrite et audiovisuelle dans les 25 Etats membres, une unité de réaction rapide sur les "erreurs et inexactitudes", et l'élaboration d'une série de réponses-type aux critiques les plus souvent émises.

Eurobalais
Le rapporteur du Parlement européen sur le budget 2005 cherche à faire des économies. Et, en matière de subvention européenne, quand on cherche, on trouve. Ainsi, ce dernier suggère de supprimer les subventions accordées à un certain nombre d'associations qui, selon les règles en vigueur, ne devraient pas en recevoir. Il propose donc de supprimer la subvention de 40500 euros allouée à "Euroballet", d'annuler les 60750 euros de la "Saint Boniface Memorial Foundation", ainsi que les 100000 euros alloués à "Routes Cisterciennes".

Swinging Europe
Dans ce même rapport sur le budget 2005, l'on découvre l'amour des europiomanes pour la musique. L'Orchestre des Jeunes de l'Union européenne, l'Orchestre Baroque de l'Union européenne, l'Académie Européenne de chant choral, la Fédération européenne des choeurs de l'Union, Europa Cantat, l'Orchestre de Jazz des Jeunes de l'Union européenne ("Swinging Europe"), l'Orchestre de chambre de l'Union européenne, etc.... engrangeront pour la seule année 2005 une somme totale de près de 28 millions d'euros. La ligne budgétaire sur laquelle elle est prélevée est intitulée : "Subventions des associations culturelles promouvant l'idée européenne".

Le français malmené par la Commission européenne...
Anna Maria Campogrande, fonctionnaire européenne, s'est insurgée le 13 mai dernier contre la décision de la Commission qui impose aux opérateurs de sa centrale téléphonique de répondre uniquement en anglais, à compter du 1er mai 2004. Mme Campogrande a rappelé que "depuis la fondation des institutions européennes, on répondait en français, par respect au pays d'accueil, et on passait à une autre langue dès que l'interlocuteur en faisait sentir le besoin". Elle estime que ce passage à l'anglais ne se justifie pas, "encourage le monolinguisme et discrimine les pays latins qui sont plus à l'aise en français (...)" (Agence Europe, 13.05.2004). Il faut que ce soit une italienne qui défende le français ! Où sont nos commissaires français, Jacques Barrot et Pascal Lamy ? Comme l'a très bien dit Madame Campogrande, en défendant le français on défend le multilinguisme... mais il est vrai qu'on contrarie la Commission, qui est une obsédée de l'unification. Unification par les réglements, unification par la monnaie, demain unification par la langue... Il serait temps de rappeler à la Commission que l'objectif de l'Union n'est pas de tout unifier.

Proposition de Bruxelles pour éliminer complètement les subventions agricoles à l'exportation...
MM. Lamy et Fischler, commissaires européens respectivement chargés du commerce et de l'agriculture, viennent d'adresser une lettre aux 148 pays membres de l'OMC dans laquelle ils se disent prêts à éliminer totalement les subventions agricoles à l'exportation, en vue de relancer les négociations sur le "cycle de Doha" ouvert en 2001. Le ministre français de l'Agriculture, Hervé Gaymard, a accusé la Commission "d'outrepasser le mandat de négociations qui lui est imparti. Cela nous semble également être tactiquement très dangereux d'afficher des marges de flexibilité alors qu'aucun de nos partenaires n'en a fait autant". La France considère la lettre des commissaires comme un acte de "trahison" (Le Figaro Economie, 11.05.2004). Encore un bel exemple de l'arrogance de la Commission européenne. Elle n'a pas hésité à mettre en péril l'équilibre précaire des négociations, alors même que l'agriculture en France est un sujet très sensible, alors même que les Australiens viennent, pour leur part, de décider de subventionner leus producteurs de sucre et que les Etats-Unis n'ont pas bougé de position sur les aides qu'ils accordent à leurs producteurs. Ce n'est pas une négociation que proposent ces deux commissaires, c'est bien un recul...

Le principe du découplage de M. Fischler fait des mécontents en Espagne...
La réforme des aides à la production agricole sur le principe de "découplage", promue par le commissaire Franz Fischler, selon laquelle les subventions aux agriculteurs ne sont plus liées à la quantité produite, n'a pas été bien accueillie par les Espagnols. En effet, dans le secteur de l'huile d'olive, pour lequel l'Espagne est le premier producteur mondial avec 1,1 million de tonnes annuelles, le découplage des aides sera de 60 % au moins, alors que l'Espagne demandait 20 % au maximum. Le ministère de l'agriculture espagnol ayant menacé de déposer un recours devant la Cour de justice européenne, une aide supplémentaire de 20 millions d'euros a été débloquée en faveur de l'Espagne. Rafael Sanchez, le directeur de la Fédération andalouse des coopératives agricoles (Faeca) a estimé que cette aide était "un pur symbole" et qu'il aurait fallu dix fois plus, soit 200 millions d'euros d'aides, pour combler la perte de rentabilité, les abandons ou les reconversions de cultures et le chômage. La situation est encore plus grave pour le coton, où cette réforme pourrait faire carrément disparaître tout le secteur dès sa première année d'application en 2006, notamment dans la région du bas Guadalquivir qui regroupe 80 % de la production nationale (La Tribune, 11.05.2004). Cette réforme, dite réforme "Fischler", hypothèque gravement, comme ces deux exemples l'illustrent, l'avenir des agriculteurs européens, démantelant des secteurs entiers de l'agriculture. De plus, il est particulièrement irresponsable et incohérent de déconnecter les aides de l'activité agricole, d'autant que les contribuables européens accepteront sans doute difficilement, à terme, de verser des aides sans lien avec la production, à des sortes "d'agriculteurs rentiers". Les députés MPF, et notamment Dominique Souchet, se sont fortement élevés contre cette réforme tant au Parlement européen qu'auprès du Ministre français de l'agriculture. Apparemment, leurs voix n'ont pas été entendues... et la réforme va pouvoir continuer son oeuvre de destruction.

Les pouvoirs du Parlement européen vus par les Français
Selon un sondage CSA pour France Info-France Europe Express du 10 mai 2004, près d'un Français sur deux (49 %) pense que l'Assemblée Nationale française a plus de pouvoirs que le Parlement européen, et 47 % pensent l'inverse ! En fait, les opinions divergent selon les préférences partisanes : ainsi les sympathisants souverainistes sont convaincus du rôle important du Parlement européen à 72 %, 51 % pour les Verts et 49 % pour les socialistes. A contrario, les moins convaincus de la puissance de l'assemblée de Strasbourg sont les sympathisants de l'extrême droite avec seulement 38 % de personnes considérant que le Parlement européen possède plus de pouvoirs que l'Assemblée Nationale (Libération, 11.05.2004). Apparemment nos concitoyens n'ont toujours pas pris conscience du rôle accru des institutions de Bruxelles. Les souverainistes en sont les plus conscients, et c'est sans doute pourquoi ils sont... souverainistes. Pourtant, plusieurs exemples concrets ont récemment illustré ce rôle grandissant de Bruxelles : Jacques Chirac n'a pu mettre en oeuvre sa promesse de TVA réduite sur la restauration, la Commission l'en ayant empêché ; la plupart des directives européennes sont transposées dans le droit français sans débat parlementaire préalable afin de transposer dans le temps imposé par Bruxelles, et surtout afin de ne pas être sanctionné ; la Commission va lever le moratoire sur les OGM, qui vont rapidement se retrouver dans les rayons de nos magasins alors que la France a voté "contre" la mise sur le marché du maïs transgénique BT-11, et que les Français y sont opposés, etc... Alors ne laissons pas les nations se faire dépouiller de leurs compétences. Il y a va de l'intérêt de tous !

Encore une tentative de la Commission en faveur de l'effacement de toutes références aux nations
La Commission européenne a récemment indiqué, dans un rapport transmis aux quinze et au Parlement européen, son intention d'apporter quelques adaptations techniques aux règles de traçabilité et d'étiquetage, notamment pour la viande bovine. Elle propose, par exemple, d'indiquer une mention d'origine UE, à la place des origines nationales, sur les produits de viande bovine vendus directement au consommateur, afin d'éradiquer "la renationalisation du commerce de la viande bovine" (Agra Presse Hebdo, 03.05.2004). Au lendemain de l'affaire de la "vache folle", le système d'étiquetage permettait pourtant au consommateur de connaître la provenance exacte de la viande. Avec cette nouvelle mention "UE", la transparence ne serait plus aussi grande et si une nouvelle épidémie intervenait, il ne serait plus possible au consommateur de faire le choix en toute connaissance de cause. Mais l'information complète du consommateur n'est pas la priorité de la Commission dont le seul véritable objectif est l'effacement de toutes références aux nations... En voilà encore un bel exemple.

Numéro d'urgence européen
Cela fait 13 ans que le "numéro d'urgence européen" existe et pourtant il ne fonctionne toujours pas ! Ce numéro avait paraît-il pour but d'apporter aux citoyens des réponses rapides aux problèmes urgents (?), voire de lutter contre la criminalité. L'EENA (European Emergency Number Assocation) a donc décidé de saisir le Médiateur européen de ce problème dû selon elle à l'absence d'information auprès des citoyens, aux problèmes linguistiques, à la coexistence de multiples numéros de services divers (urgences, ambulances, police...). L'association accuse en effet la Commission européenne de n'avoir pas pris les mesures nécessaires à l'information des citoyens, afin de contraindre les à mieux le diffuser (Agence Europe, 03.05.2004). Pour une fois que la Commission recule devant une action ridicule, ne la critiquons pas.

Le Pacte de stabilité appliqué également aux nouveaux entrants...
La Commission européenne, par la voix de son commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, vient de signifier qu'elle appliquera les dispositions du pacte de stabilité aux dix nouveaux entrants sur un pied d'égalité avec les Quinze ! Mais que l'entrée dans l'Union européenne sera considérée comme "une circonstance spéciale", ce qui impliquera qu'ils ne devront pas nécessairement réduire leur déficit public au-dessous de 3 % du PIB au bout d'un an (Europe Information Service, 04.05.2004). Heureusement pour ces nouveaux entrants, la Commission leur laisse une certaine marge de manoeuvre ! Pourtant six vont d'ores et déjà être critiqués dans un rapport qu'elle rendra le 12 mai prochain pour non respect du pacte de stabilité. Il s'agit de Chypre (avec un déficit de 6,3 % du PIB en 2003), la République tchèque (12,9 %), la Hongrie (5,9 %), Malte (9,7 %), la Pologne (4,1 %) et la Slovaquie (3,6 %). Il paraît improbable que ces pays puissent réduire leurs déficits en-dessous de la barre fatidique des 3 % avant longtemps, puisque leur entrée dans l'Union va les obliger à procéder à de nombreuses dépenses publiques pour se mettre à niveau. Cela montre bien que les nouveaux membres préfèrent préserver leur croissance que d'appliquer les critères du pacte de stabilité. Ils ont raison ! Cela confirme aussi ce que nous disions dans une récente brève : on ne parviendra jamais à établir un pacte de stabilité intelligent car s'il était difficile de trouver une règle unique pouvant s'appliquer à douze pays dont les situations sont différentes, il sera encore plus difficile d'en trouver une qui s'appliquera également aux nouveaux entrants ! Raison de plus pour assouplir le pacte de stabilité...

Des pressions à l'ordre du jour pour la ratification du projet de Constitution européenne
Comme on peut prévoir que certains pays seront réticents à ratifier le projet de Constitution européenne, et comme il faut pourtant l'unanimité pour que ce dernier soit adopté, certains pays membres, et notamment l'Allemagne et la France, envisagent une nouvelle porte de sortie : imposer un laps de temps au bout duquel le pays réticent devrait soit ratifier le projet, soit sortir de l'Union. Jacques Chirac lors de sa conférence de presse du 29 avril dernier a ainsi déclaré : "Théoriquement, la Constitution ne serait pas adoptée, on en reviendrait à la situation de Nice, dont chacun sait qu'elle n'est pas satisfaisante (...) Alors, il y a actuellement, notamment chez nos amis allemands, l'idée (...) que l'on pourrait peut-être, en allant un peu plus au-delà de ce que prévoit l'actuel traité de la Convention, à savoir la saisine du Conseil européen dans cette hypothèse (...), considérer qu'au bout d'un certain temps, par exemple deux ans, les pays qui n'auraient pas ratifié seraient conduits soit à ratifier, soit à sortir. Ce qui est évidemment un couperet un peu rude (...). Cela devra être négocié dans la Constitution. Moi, je ne suis pas contre l'idée qu'il y ait un moyen de pression amicale sur des pays qui refuseraient la Constitution, parce qu'à ce moment-là, on bloque tous les autres" (Agence Europe, 30.04.2004). Nous ne savons pas qui verra ici un "moyen de pression amicale" ?! C'est très clair : soit vous faites ce que l'on vous dit, soit vous n'êtes plus membre. Malheureusement pour le Président de la République, ce scénario ne tient pas. Si un pays ne ratifie pas la Constitution, elle n'entre pas en vigueur, l'ancien traité reste en vigueur, et personne ne peut obliger le récalcitrant à partir...

Amende pour la France épinglée par la Commission dans le domaine de la pêche
La Commission européenne, ayant constaté en France des insuffisances dans les contrôles des maillages des filets de pêche et la vente de poissons sous-taille, avait récemment saisi la Cour de Justice. L'avocat général Geelhoed vient de présenter ses conclusions en demandant que la France soit condamnée à payer une amende de 115,5 millions d'euros pour avoir manqué à ses obligations en matière de pêche et à payer une astreinte de près de 58 millions d'euros par période de non-exécution de six mois (Agence Europe, 30.04.2004). Encore un bel exemple d'Europe disciplinaire qui sait mieux que les Etats ce qui est bon pour eux...

La Turquie déjà un peu dans l'Europe...
"La Commission européenne doit absolument ouvrir une représentation auprès de la communauté chypriote turque, après l'échec de la réunification de l'île" a récemment déclaré le Commissaire à l'élargissement, Günter Verheugen. Il a justifié cette prise de position par le fait que la Commission va devoir gérer les 259 millions d'euros d'aide qu'elle va allouer à la partie turque de Chypre qui a bien voulu voter "oui" lors du référendum relatif au plan Annan de réunification de l'île le 24 avril dernier (Libération, 28.04.2004). On s'étonne que ces 259 millions d'euros qui avaient pour objet d'aider la partie turque à la réunification soient versés même sans réunification. Par ailleurs, ce n'est pas parce que les Chypriotes grecs n'ont pas accepté le plan Annan qu'ils ne souhaitent pas la réunification et que l'on ne doit pas les aider ! Enfin, alors même que la Turquie n'est pas encore entrée dans l'Union, les institutions ont d'ores et déjà officialisé la langue turque (voir page d'accueil du site Internet du Parlement européen), et voici maintenant que l'on va ouvrir un bureau de représentation dans un territoire occupé illégalement par la Turquie. Si on voulait une preuve supplémentaire que la Commission souhaite à tout prix faire entrer la Turquie dans l'Union, on ne peut pas avoir mieux...

Les Français sont pour un référendum sur le projet de Constitution européenne
Dans un sondage CSA réalisé les 21 et 22 avril pour France-Info et France-3, près de trois Français sur quatre (74 %) se prononcent en faveur de l'organisation d'un référendum sur le projet de Constitution européenne. En cas de vote au jour d'aujourd'hui, 57 % des Français se disent prêts à approuver le projet contre 25 % affirmant qu'ils le rejetteraient et 18 % ne se prononçant pas. Par contre, seulement 24 % des sondés sont favorables à l'adoption du projet de Constitution par la voie parlementaire (Nouvel Observateur, 29.04.2004). On espère qu'au vu des résultats de ce sondage, le Président de la République, Jacques Chirac, qui ne s'est toujours pas prononcé sur le mode de ratification du projet de Constitution en France, va enfin donner la parole au peuple... et que nous pourrons expliquer les pièges de cette Constitution. Gageons que les Français seront moins favorables au projet lorsqu'ils en connaîtront un peu le contenu, par exemple lorsqu'ils sauront qu'il prévoit la supériorité du droit communautaire sur la Constitution nationale !

Le nouveau Commissaire français, Jacques Barrot, solidaire de la Commission face à la France
Jacques Barrot, qui a été désigné par Paris pour succéder au sein de la Commission européenne à Michel Barnier, devenu ministre français des Affaires étrangères, a effectué un réel revirement lors de son audition par les parlementaires européens. En effet, alors qu'il a toujours défendu le gouvernement français, il est allé contre l'avis de la France sur la délicate question des perspectives financières de l'Union, déclarant d'emblée : "Il faut que nous tenions la ligne de 1,14 % du revenu brut de l'Union européenne consacré au budget communautaire à partir de 2007. Je serai totalement solidaire de la Commission en me posant en ardent défenseur de cette ligne incontournable" (La Tribune, 27.04.2004). Rappelons que la France était cosignataire avec cinq de ses partenaires, en décembre dernier, d'une lettre demandant à Bruxelles le gel des dépenses communautaires à hauteur de 1 % du PIB. Question : il y a bien un moment où Jacques Barrot ne croit pas ce qu'il dit. Etait-ce hier ? Ou est-ce aujourd'hui ?

Le grave problème de la corruption pointé du doigt chez les nouveaux entrants
Même si la Commission européenne a minimisé le problème, la corruption est une réalité chez les dix nouveaux entrants dans l'Union européenne. En effet, un demi-siècle de communisme, la pénurie et la bureaucratie ont poussé les pays de l'Est à des systèmes de débrouille, de pot-de-vin, de coups de pouce monnayés sur fond de complicités politiques et d'Etat de non-droit. La corruption se retrouve partout et notamment jusque dans l'élaboration des lois et des règlements. Un rapport publié en 2002 par l'Open Society Institute montre qu'elle affecte surtout la sphère publique : passation des marchés publics, conflits d'intérêt, financement des partis politiques. Mais elle s'étend également dans la vie de tous les jours : pot-de-vin pour obtenir une place &ag