ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR
DE L'EUROPE
Valéry Giscard d'Estaing
pour un "traité constitutionnel"
28 juin 2002
Au début des travaux de la Convention,
Valéry Giscard d'Estaing a hésité sur
la définition de l'objectif. Il a parlé de
"Constitution", de "traité constituant",
de "traité constitutif", ce qui n'était
pas du tout la même chose. Aujourd'hui, il semble
avoir fixé son vocabulaire, puisqu'il ne mentionne
plus qu'un "traité constitutionnel", selon
l'expression qu'il a utilisée devant les chefs d'Etat
et de gouvernement réunis à Séville.
Au cours de la conférence de presse
qu'il a tenue le 25 juin 2002, à l'issue de la session
spéciale de la Convention consacrée aux demandes
de la société civile, Valéry Giscard
d'Estaing a déclaré qu'il avait (comme par
hasard) relevé "de nombreuses propositions
en faveur d'un traité constitutionnel pour l'Europe".
Puis, endossant cette idée sans autre
forme de procès, et la présentant comme un
fait acquis, VGE a conclu qu'à l'issue de la Convention,
il faudrait obtenir "le consensus le plus large
possible sur une proposition unique de traité constitutionnel".
Le "traité constitutionnel"
est un nouvel "oxymore" (alliance de mots contradictoires,
comme l'était déjà la "fédération
d'Etats-nations" de Jacques Delors) : un traité
suppose en effet plusieurs peuples distincts qui contractent
entre eux, tandis qu'une Constitution suppose une certaine
unité populaire.
En l'occurrence, l'oxymore "traité
constitutionnel" n'a pour objet que d'atténuer
le choc du mot qui aurait été le plus approprié
: une Constitution pure et simple. D'ailleurs, dans un lapsus
révélateur, VGE a cru bon de préciser
pour étayer son raisonnement que, selon le dernier
"Eurobaromètre" publié par la Commission
(n° 57), "63 % des personnes interrogées
seraient en faveur d'une Constitution pour l'Europe".
Ce qu'il n'a pas dit en revanche, c'est qu'un
tel sondage est dépourvu de sens, la plupart des
gens ignorant les implications juridiques d'une "Constitution",
et ignorant notamment qu'elle aurait pour but d'enlever
leurs derniers pouvoirs souverains aux nations.
Voir
analyse du sondage Eurobaromètre dans la rubrique
suivante : "Les citoyens sont-ils en faveur d'une "Constitution
européenne" ?