ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR
DE L'EUROPE
Débat extraordinaire sur
la Convention au Parlement européen - Georges Berthu
explique pourquoi le projet de VGE va éloigner encore
un peu plus l'Union des citoyens
par Georges Berthu, le 20 juin
2003
Lors du débat extraordinaire qui s'est tenu au
Parlement européen le 18 juin 2003 pour préparer
le Conseil de Thessalonique, Georges Berthu a fait la déclaration
suivante :
Les conclusions de la Convention qui vont
être remises au Conseil de Thessalonique devaient
répondre à une question globale : "Comment
rapprocher l'Europe des citoyens?". Or aujourd'hui,
on ne voit pas du tout en quoi le texte présenté
répond à la question. Pis encore, on peut
prévoir qu'avant longtemps, il faudrait un autre
traité pour dénouer les conflits de pouvoirs
ou clarifier les procédures obscures que le nouveau
texte veut instituer, par exemple pour la politique étrangère
commune.
Mais surtout, ce texte prend la direction
exactement opposée à celle qu'il faudrait.
Pour rapprocher l'Europe des citoyens, il faut davantage
de vraie démocratie. Or la Convention prend la direction
de la supranationalité renforcée, c'est-à-dire
de la fausse démocratie, en généralisant
les votes à la majorité qualifiée et
la codécision, sans filet de sécurité
pour les démocraties nationales en tant que telles,
en instituant une Constitution européenne supérieure
aux Constitutions nationales, en transférant à
l'Union la compétence "droits fondamentaux"
par l'intégration de la Charte. Dans ces conclusions,
je ne vois rien qui va rapprocher l'Europe de ses peuples,
et je vois tout qui va l'en éloigner.
Au lendemain du nouveau traité, s'il
suit les propositions de la Convention, nous serons exactement
dans la même situation qu'avant, et la démocratie,
la compréhension, l'affection des peuples pour l'Union
n'auront pas progressé d'un iota.
Si l'on veut rétablir le contact entre
l'Europe et ses peuples, je le redis encore une fois, il
faut lutter contre les sentiments d'éloignement et
d'impuissance qu'ils ressentent face à Bruxelles.
Et pour cela, il n'y a qu'un seul moyen : redonner un rôle
actif aux démocraties nationales dans les décisions
européennes, par exemple en leur donnant le droit
de contrôler la subsidiarité, ou en contrebalançant
les mécanismes communautaires par un droit de veto
ou de non-participation, qu'il faudrait reconnaître
à chaque Parlement national.
Toutes les timides propositions qui allaient
dans ce sens ont été systématiquement
réduites à néant par la Convention.
Il faudra un jour les reprendre.