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ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE


Rapport de VGE à Séville (1) : premières touches pour dessiner un projet fédéraliste
27 juin 2002

Au Conseil de Séville, Valéry Giscard d'Estaing a présenté un rapport oral sur l'état d'avancement des travaux de la Convention. Certains commentateurs ont prétendu que, dans cette intervention, il n'y avait rien de nouveau. Ce n'est pas notre avis. Si l'on examine attentivement ce texte, on voit que VGE a esquissé un double mouvement :

- d'une part, il abonde dans le sens du fédéralisme classique. Par exemple, il déclare avoir enregistré une "demande" pour "la généralisation de la procédure de codécision et du vote à la majorité qualifiée" dans la législation communautaire. Dans l'esprit du super-Etat, il propose aussi, sous couvert de simplification, de remplacer les termes "directive" et "règlement" par "loi-cadre" et "loi européenne". Il termine enfin son intervention en déclarant que "la Convention avance dans le chemin qu'elle s'est tracée (à quel moment ? NDLR) en vue de l'élaboration d'un traité constitutionnel" ;

- d'autre part, il insiste sur la "mauvaise perception" de la légitimité européenne; à deux reprises, il a souligné que cette légitimité doit avoir deux sources : le Parlement européen et les Parlements nationaux, qu'il se propose de réconcilier et de rendre plus "complémentaires".

On craint de voir ici VGE dessiner les premières touches d'un projet fédéraliste rénové dans lequel les Parlements nationaux viendraient apporter un renfort de légitimité à un super Etat européen.

Ce n'est pas à notre avis la bonne direction. S'il est exact qu'il existe dans l'Union un déficit grandissant de démocratie et de légitimité, il ne pourra être comblé qu'en redonnant à chaque peuple la maîtrise de ses décisions. Ce principe exclut les votes à la majorité qualifiée, sauf à instaurer parallèlement un compromis de Luxembourg "parlementarisé", comme nous l'avons proposé(1).

Quant aux Parlements nationaux, ils doivent effectivement être revalorisés. Cela signifie notamment que, organisés en réseau dans un "pilier interparlementaire", ils seraient amenés à prendre directement des décisions européennes. Mais cela ne peut pas signifier qu'ils devraient collaborer en tant que subordonnés au travail supranational d'un Etat européen.


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(1) Voir le rapport de l'intergroupe SOS Démocratie "Les Parlements nationaux, piliers de la démocratie en Europe"


 

 

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