LES DEPUTES MPF AU PARLEMENT
PM. Coûteaux
P. Louis
P. de Villiers
INTERVENTIONS ET TRAVAUX
Interventions en séances plénières
Autres travaux parlementaires
Interventions hors Parlement
BIBLIOGRAPHIE
COMMUNIQUES DE PRESSE
ARTICLES DE PRESSE


ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE


Petit exemple de manipulation : le document du Praesidium sur le rôle des Parlements nationaux(1)
1er juin 2002

Le Praesidium de la Convention a fait distribuer une "note de réflexion" préparée par son secrétariat (c'est-à-dire les fonctionnaires), qui est censée, dit la présentation, "servir de base aux débats de la séance plénière de la Convention des 6 et 7 juin 2002 pour ce qui est du rôle des Parlements nationaux".

Cette note résume les propositions faites ici ou là sur les possibilités d'évolution du rôle des Parlements nationaux dans l'architecture européenne. Seul ennui : elle ne recense que les propositions jugées "acceptables" par les eurocrates :

- Quant au contrôle politique des Parlements nationaux sur leurs gouvernements respectifs : rien n'est dit sur les effets pervers du vote à la majorité au Conseil, qui affaiblit, ou rend inefficace, le contrôle des Parlements nationaux ; rien n'est dit sur la proposition de SOS Démocratie (et même de certains fédéralistes) pour un droit de veto national "parlementarisé".

- Quant aux propositions de "consultation" obligatoire des Parlements nationaux. Les eurocrates n'ont trouvé que des propositions consistant à donner aux Parlements nationaux le droit d'être "consultés" dans certains cas, c'est-à-dire des propositions qui les confirment dans un rôle subordonné. Si les eurocrates avaient mieux cherché (nous pouvons leur dire où), ils auraient trouvé de nombreuses propositions visant à donner des droits de décision aux Parlements nationaux dans l'adoption des textes européens.

- Quant aux propositions "impliquant des modifications dans l'architecture institutionnelle prévue par les traités". Les eurocrates n'ont recensé ici que des propositions tendant à coincer les Parlements nationaux dans des procédures collectives : création d'un Congrès, renforcement du rôle de la COSAC, création d'une deuxième chambre du Parlement européen... Ces propositions ont toutes un point commun : les Parlements nationaux, ou leurs représentants, décident collectivement à la majorité, de sorte que chaque Parlement national devient - c'est le comble - un rouage dans un mécanisme de nature supranationale.

L'intérêt de faire intervenir les Parlements nationaux dans le processus de décision européen, rappelons-le, c'est surtout de donner à chacun d'eux la possibilité de défendre la souveraineté de la démocratie nationale qu'il représente.

Ainsi, même si c'est très difficile à imaginer pour les eurocrates, nous maintenons qu'il faut reconnaître à chaque Parlement national le droit de s'opposer en toute indépendance à des texte européens qui ne conviendraient pas à son pays. C'est la condition sine qua non pour renouer le lien entre l'Europe et ses peuples.

Par ce document CONV 67/02, le Praesidium rend un très mauvais service à l'équilibre des travaux de la Convention. Et en plus, cela se voit !

Ceux qui voudront s'informer honnêtement sur le sujet liront aussi le rapport de SOS Démocratie : "Les Parlements nationaux, piliers de la démocratie en Europe".


-------------------
(1) Référencé CONV 67/02, du 29 mai 2002.

Retour Commentaires