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ACTUALITES > LA CONVENTION SUR L'AVENIR DE L'EUROPE


Conclusions du groupe de travail "Personnalité juridique" : à grands pas vers le super-Etat
par Georges Berthu, le 7 octobre 2002

Lors de la réunion plénière de la Convention tenue le 3 octobre 2002, le groupe de travail "Personnalité juridique" a remis ses conclusions, qui sont sans surprise : oui, il faut donner la personnalité juridique à l'Union ; oui, il faut en profiter pour fusionner les personnalités juridiques de l'Union et de la Communauté ; oui, il faut fusionner les traités correspondants ; oui, il faut fusionner les "piliers" (mais sans fusionner les procédures de décision distinctes - allez comprendre). Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin ? Le groupe de travail, sortant encore plus de son mandat, propose aussi que l'Union conclue désormais des accords internationaux en son nom propre (et non plus au nom des Etats), que les articles pertinents du traité soient unifiés sur cette base, que l'Union soit représentée sur la scène internationale de manière unique, et même que l'on abandonne la règle de l'article 24 TUE, selon laquelle un gouvernement peut, au sein du Conseil, réserver son accord à un traité international en attendant d'avoir résolu des problèmes constitutionnels internes. A bas le respect des Constitutions nationales ! Et pourquoi se gêner d'ailleurs ? Le groupe de travail note justement qu'à l'issue de toutes ses propositions, "les procédures nationales de ratification (des accords internationaux) ne se justifient pas" (page 9, dernière ligne).

Effectivement, quand les bornes sont franchies, il n'y a plus de limite... Le groupe de travail "Personnalité juridique" nous a ramenés aux heures les plus noires des négociations d'Amsterdam et de Nice, quand les fédéralistes battaient l'estrade, avec les résultats que l'on sait.

De ce groupe de travail, les souverainistes doivent tirer une leçon : la personnalité juridique donnée à l'Union n'entraînerait pas nécessairement le super-Etat européen, mais elle lui ouvrirait la voie. Il en a besoin.

D'un autre côté, ne pas donner la personnalité juridique à l'Union présenterait un grand avantage : elle serait toujours obligée d'obtenir l'accord préalable de tous les Etats membres avant de conclure un traité international. Ce serait très positif. En effet, l'enjeu est majeur. Chaque démocratie nationale doit conserver sa liberté de dire "oui" ou "non" sur la scène internationale, les autres partenaires étant libres, en contrepartie, d'agir en géomérie variable.

Les travaux de la Convention nous confirment donc dans l'argumentation que nous avons déjà eu l'occasion de développer au Parlement européen (1) : il ne faut pas ouvrir la porte au super-Etat en donnant la personnalité juridique à l'Union européenne.

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(1) Voir intervention dans le débat sur le rapport Carnero Gonzalez (13 mars 2002) ; explication de vote sur le même rapport (14 mars 2002).

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